Jack of Fables vol. 9: The End

L’histoire : Tous ceux qui ont côtoyé Jack converge vers son antre, certains pour en découdre, d’autres pour le défendre.

L’avis : Pour la conclusion de Jack of Fables, je m’attendais à une convergence de tous les personnages ayant animé la série et à la confrontation entre Jack père et Jack fils, tout ça dans un feu d’artifice de débilité. C’est exactement ce que j’ai eu. Malheureusement, la façon dont Willingham et Sturges ont décidé mettre en scène ce grand final s’avère décevante.

Première surprise, ce derniers tome se déroule plusieurs années dans le futur. Si cette ellipse temporelle a un certain sens pour Jack Frost, qui a acquis entre temps le status de héros légendaire, elle ne rend pas service au reste des personnages. Plus problématique, la fin de l’histoire se résume à une grosse baston où tout le monde se fait trucider, sans qu’on ressente la moindre empathie pour les personnages. De fait, l’intégralité du tome est une comédie burlesque sans aucune attention portée à ces protagonistes que les fidèles de la série avaient fini par apprécier. C’est comme si les auteurs en avaient marre de leur jouets et qu’ils avaient décidé en guise de conclusion de les tordre dans tous les sens pour rire (mais, franchement, moi, ça ne m’a guère fait que sourire occasionnellement) avant de les regrouper, puis de mettre un gros pétard au milieu pour les fracasser et les rendre inutilisables. D’une certaine façon, c’est cohérent avec le ton général de cette série qui ne s’est jamais prise au sérieux, mais ça manque quand-même franchement d’ambition. La série méritait mieux.

Tony Akins, lui, ne démérite pas. J’ai pris grand plaisir, comme d’habitude, à lire ses planches. Il n’y a guère que l’épisode final où il était moins à l’aise. Les grandes scènes d’action à coup de pleines pages, ce n’est visiblement pas son truc. Au final, je préfère garder en mémoire les bons moments de rigolade que m’a offert la série ces dernières années plutôt que cette conclusion plutôt ratée.

Pour voir : aucune preview trouvée pour ce dernier volume. Je vous renvoie aux critiques précédentes pour un aperçu du travil de Tony Akins
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Incognito vol. 2: Bad Influences

L’histoire : Le gouvernement qui emploie maintenant Zack Overkill l’oblige à accepter une mission d’infiltration chez ses anciens partenaires de crime.

L’avis : Dans la lignée du premier tome, Incognito continue d’exploiter le concept du super-criminel contraint à composer avec le gouvernement et amené à affronter ceux qu’il considérait avant comme les siens. Le personnage se retrouve à plusieurs titres dans une position très inconfortable, le cul entre deux chaises. Il n’a la confiance d’aucun des deux camps et il ne peut lui-même s’appuyer sur personne. Et puis, à force de naviguer entre deux eaux, il a lui même du mal à se situer sur la plan des valeurs morales, oscillant entre compassion et tentation de replonger dans ses anciens travers. Il faut dire que les eaux sont troubles pour tout le monde, loin de la vision manichéenne du bien contre le mal. Brubaker exploite plutôt bien le concept au travers d’un mélange des genre entre thriller, pulp et superhéros. Sean Philips est égal à lui-même, toujours très efficace dans ses mises en scène. Cela dit, même si Incognito diffère sur certains points de Sleeper, elle souffre un peu de la comparaison. On a quand-même un peu un sentiment de déjà-vu. Je trouve aussi qu’il y a moins d’intensité que dans les récits que nous propose Criminal. Autrement dit, sans pour autant démériter, Incognito n’est clairement pas le meilleur du tandem Brubaker-Philips. Ca n’en reste pas moins une lecture qui vaut le détour.

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Locke & Key vol. 3: Crown of Shadows

L’histoire : Alors que Dodge fait tout sont possible pour récupérer les clés dans la maison des Locke, ces derniers continuent à essayer de se remettre de la mort du père de famille. Pour la mère, c’est d’autant plus difficile que le chagrin se dissout mal dans l’alcool.

L’avis : Ce troisième volet de Locke & Key est peut être encore meilleur que les tomes 1 et 2, ce qui n’est pas peu dire vu le niveau de qualité dont fait preuve la série depuis le début. Plusieurs nouvelles clés apparaissent au fil d’une histoire dense et riche en rebondissements. Le fantastique est donc bien de la partie, et pourtant, c’est bien le versant humain qui prend le dessus. Les personnages sont de plus en plus attachants et les relations au sein de la famille remarquablement bien développées. Côté dessin, je crois que Gabriel Rodriguez a fini de me convaincre. J’avais jusqu’ici quelques réserves mineures, mais je dois bien dire qu’elles ont totalement disparu. L’épisode de la confrontation avec les monstres de la clé des ombres est superbement mis en scène. Le choix des pleines pages lorsque la clé des géants entre en jeu est aussi très judicieusement exploité. En prime, on a le droit à un beau cliffhanger final. Vivement la suite !

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Northlanders vol. 5: Metal and Other Stories

L’histoire : Le capitaine d’un navire marchand cherche à découvrir de nouveaux territoires ; un forgeron part en croisade contre les missionnaires chrétiens et pour les beaux yeux de sa belle ; un vieil homme découvre le corps d’une jeune fille inconnue dans un lac gelé.

L’avis : Ce nouvel opus de Northlanders commence plutôt bien par une histoire courte en un seul épisode. On y suit le capitaine d’un navire marchand qui se sent stagner dans les limites du commerce qu’il a l’habitude de pratiquer. Pris d’un désir d’aventure, il va entrainer son équipage dans un voyage vers la folie et la mort autant que vers de nouveaux rivages. Le scénario ne manque pas d’intérêt et la mise en scène de Fiona Staples est intéressante. Une bonne mise en bouche, donc.

Le plat de résistance arrive sous la forme d’un récit à la Bonnie & Clyde qui a ses qualités et ses défauts. Tout ce qui concerne la main mise de la chrétienté sur les territoires viking et la façon dont les personnages réagissent, qu’ils accompagnent ou qu’ils s’opposent, donne du grain à moudre au lecteurs. Pour le reste, on a le droit à une dose de romance, de surnaturel (une première pour Northlanders) et de grosses bastons. Je suis un peu resté sur ma faim après la conclusion. Côté dessin, Burchielli semble moins à l’aise que sur DMZ. Ce n’est pas désagréable à lire, mais ça manque parfois de finesse (ok, on est dans un monde de vikings, mais tout de même).

Le meilleur arrive à la fin avec deux épisodes narrant l’histoire d’un vieil ermite qui découvre une jeune femme congelée dont il ignore tout, mais dont l’histoire va finir par le rattraper. Brian Wood réussi cette fois à brosser une histoire prenante, très bien écrite, avec une réelle qualité émotionnelle. Il est aidé en cela par Becky Cloonan, remarquable pour l’expressivité de ses personnages et la fluidité de sa narration. Très clairement une des meilleures histoires de la série jusqu’ici.

Le bilan de tout cela, c’est que Northlanders conserve son rang. Sans jamais faire un sans faute, la série nous livre de très bons moments de lecture. J’ai presque envie de dire que c’est ce qui caractérise la production de Brian Wood en général. Un auteur doué, rarement totalement satisfaisant, mais capable d’instant de brillance et c’est déjà pas mal.

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The Sixth Gun vol. 2: Crossroads

L’histoire : Drake et sa bande s’installent à la Nouvelle Orléans, bien décidés à cacher les pistolets en leur possession. Drake s’aventure dans le bayou à la recherche d’une solution pour briser les liens qui le lient à quatre des armes.

L’avis : Après un premier tome diablement (c’est le cas de le dire) bien réussi, Cullen Bunn et Brian Hurtt remettent le couvert, avec toujours le même niveau de maîtrise. Le mélange de western et de fantastique est toujours aussi réussi, avec cette fois une atmosphère vaudou fort bien rendue dans le contexte de la Nouvelle Orléans de l’époque. Chaque épisode est bien construit, avec beaucoup de rythme. La narration a beau être plutôt classique, elle n’en est pas moins efficace et, encore une fois, on ne peut que constater la belle alchimie entre le scénariste et le dessinateur. Brian Hurtt fait un sans faute au dessin encore une fois. Bref, The Sixth Gun continue de fournir une lecture engageante et originale au milieu de la production comics actuelle. Vivement recommandée.

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