Batman & Robin: Batman vs. Robin

Le pitch : Dick Grayson se rend à Londres à la recherche d’une fosse de Lazare pour y faire ressusciter ce qu’il croit être le corps de Bruce Wayne.

L’avis : Tout comme le tome précédent, ce recueil se divise en deux parties aux tonalités assez différentes. On commence par un arc assez loufoque par certains aspects, où Batman croise toute une galerie de personnages aussi british que barrés. Batwoman fait aussi une apparition et le scénario semble avoir un lien avec l’event DC Blackest Knight. Le mélange de tout ça se laisse lire d’autant que le style de Cameron Stewart est parfaitement adapté. Dans la seconde partie, Grant Morrison reprend un ton plus sérieux, développe mieux les éléments de l’intrigue principale et on sent qu’on converge vers le retour de Bruce Wayne. Côté dessin, Andy Clarke m’a fait une très bonne première impression avec son trait précis et ses mises en page efficaces, mais, au fil de la lecture, j’ai trouvé certaines postures très statiques, ce qui m’a un peu refroidi. Globalement, n’ayant pas lu run de Morrison avant Batman & Robin, certaines références m’ont échappé (qu’est-ce donc que le Black Glove, par exemple ?) et c’est ce qui m’a fait un peu hésiter avant de commander la suite, ce que j’ai finalement fait. J’espère juste que le dernier volet de Batman & Robin avant Batman, Incorporated restera relativement accueillant pour ceux qui ont pris le train en marche.

Pour voir : Cameron Stewart et Andy Clarke
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Olympos

Récompensé au festival de jeu du Cannes par l’As d’or, Olympos est un jeu de développement et de conquête dans la Grèce antique avec des bases très simples et classiques (occupation de territoire, développements, gestion de ressources). L’originalité provient surtout de son décompte des actions. En effet chaque action se paye en temps, ce qui déterminera l’ordre de jeu et la fin de la partie.

A cela s’ajoute une grande modularité du plateau et des développements, permettant un renouvellement des parties.  Plusieurs stratégies permettent de gagner et rien n’est joué jusqu’à la fin, même après un mauvais départ. Un côté aléatoire est présent avec l’intervention régulière des Dieux, mais plus qu’un désagréable effet du hasard, c’est surtout une autre dimension du jeu qu’il faut aussi gérer —les oracles sont là pour cela.

Olympos est un jeu de plateau proposant des mécanismes très simples, mais suffisamment variés pour se renouveler. On n’a pas l’impression d’en avoir fait le tour au bout de quelques parties et j’y reviens avec plaisir.

Des liens :

B.P.R.D.: Being Human

Le pitch : Quatre histoires ayant marqué le passé des membres du B.P.R.D.

L’avis : Comme le dernier tome d’Hellboy, Being Human est un recueil d’histoires courtes parues sous forme de mini-séries ou de one-shot. La première histoire est la plus longue. Elle met en scène Liz encore adolescente qui se retrouve au centre d’une histoire de fantôme. Ce la donne l’occasion à Mike Mignola et Scott Allie de nous livrer quelques détails sur les circonstances de l’incendie ayant causé la mort des parents de Liz. Le scénario et les dessins de Karl Moline tiennent la route, mais sans être franchement enthousiasmants. Les quelques pages qui suivent sont illustrées par Guy Davis et font écho à la première histoire, même si Liz partage la vedette avec Abe. L’histoire est trop courte pour être vraiment marquante, mais c’est un plaisir de retrouver Guy Davis, surtout sachant qu’on ne le verra plus sur la série régulière. Vient ensuite une nouvelle co-production Mignola/Corben, encore une fois très réussie. Elle met en scène l’homoncules Roger en plein questionnement existentiel lors de l’une de ses premières sorties avec Hellboy. Enfin, Mignola et Arcudi s’allient à l’excellent Ben Stenbeck pour nous livrer le récit de la mort de Johann Kraus et les raisons qui l’ont poussé à rejoindre le B.P.R.D. Au final, tout ça fait une lecture de plus en plus plaisante au fur et à mesure qu’on enchaine les histoires. Dans l’absolu, ce ne sont pas des récits indispensables, mais, étant donné qu’on en apprend plus sur les origines de deux des personnages principaux de B.P.R.D., les fans de la série auraient bien tord de faire l’impasse.

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Pour acheter : Publié dans B+, Ben Stenbeck, Dark Horse, Guy Davis, John Arcudi, Karl Moline, Mike Mignola, Richard Corben, Scott Allie

Fiasco (vf)

Edge vient enfin de publier la traduction d’une véritable tuerie dans le monde ludique : Fiasco de Jason Morningstar. Mieux que regarder un film des frères Cohen, jouer le votre en autant de temps. Grands moments assurés. Pas de préparation, quelques dés, des post-its et vous voilà prêts pour poser toutes les bases d’une situation qui ne demande qu’à finir en catastrophe. Mais que contient ce jeu pour susciter autant d’enthousiasme ?

Tout d’abord apprécions la qualité du livret. Graphismes impeccables de John Harper, mise en page réussie, un contenu plutôt bien écrit et du matériel de jeu pour des heures et des heures de partie. Un résumé des règles aurait été appréciable, mais ce n’est vraiment pas fondamental. Entrons maintenant dans le  vif du sujet.

La mécanique en est tellement simple que l’on se demande comment on y a pas pensé avant. Tout repose sur les relations entre les personnages. Au début de la partie, les joueurs choisissent dans une liste adaptée au contexte les types de relation que leur personnage aura avec les autres, là dessus s’y ajoute des besoins/lieux/objets liés aussi aux relations. Par exemple, deux personnages seront définis par leur relation « frères » et auront comme besoin « devenir riche en escroquant et en trichant ». Des listes étant fournies, cette étape de création est très rapide et en pratique se révèle d’une efficacité redoutable pour poser des situations explosives.

Le jeu se déroule ensuite sous forme de scènes dans lesquels les personnages doivent être mis en jeu. Tout le monde participe pour apporter des éléments et définir les enjeux de la scène. Le nombre de scènes étant très limité, cela oblige les joueurs à se focaliser sur l’essentiel et faire progresser rapidement l’action. Pas de temps mort ! A cela s’ajoute un événement qui survient en milieu de partie pour perturber ce qui se mettait en place. C’est l’étincelle qui va provoquer le désastre final.

Ce qui est remarquable dans ce jeu, c’est la simplicité et l’efficacité de la mécanique. Autour d’une table ça fonctionne incroyablement bien et sans avoir besoin de forcer. Pas besoin de talents d’improvisateurs, juste l’envie de raconter un beau fiasco !

Tout le jeu résumé en une image :

Rasl vol. 3: Romance at the Speed of Light

Le pitch : Rasl glisse entre mondes parallèles et amours pluriels sans savoir où ça va le mener.

L’avis : Rasl continue de proposer un mélange intéressant de SF, de thriller et de romance. Sur le dernier point, ce troisième volume s’inscrit dans la ligne droite du précédent, avec Rasl qui oscille entre les versions alternatives de ses anciens amours défuntes. Côté SF, la science, très présente jusqu’ici au travers de Tesla, s’efface au profit d’un certain mysticisme religieux, avec notamment cette petite fille intrigante et son compagnon franchement allumé. L’intrigue est solide et pose des questions intéressantes. Reste maintenant à savoir si les réponses seront à la hauteur dans le prochain et dernier tome de la série.

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Wasteland vol. 6: The Enemy Within

Le pitch : Les six mois ayant suivi l’attaque de la cité par les Sand-Eaters, vus par six acteurs différents.

L’avis : Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Antony Johnston ne facilite pas la tâche des lecteurs de Wasteland. Primo, le rythme de parution de la série a nettement diminué, le dernier TPB datant de plus d’un an. Sachant que celui-ci n’était qu’un recueil d’histoires courtes et que celui qui l’avait précédé concernait essentiellement Michael et Abi en vadrouille, ce tome 6 qui remet le projecteur sur les autres personnages resté dans la cité, est de fait la suite directe du tome 3, sorti il y a environ trois ans.

Pas facile dans ce cas de reprendre le fil de l’histoire. Comme si cela ne suffisait pas, Antony Johnston se livre à un exercice de style narratif assez osé. L’histoire est raconté par morceaux, chaque épisode livrant le point de vue de chaque protagoniste par tranches d’évènements sur une période de six mois. Il faut donc attendre la fin du TPB pour avoir l’ensemble des éléments nécessaires à la compréhension des évènements. Bref, autant dire que les méninges et les capacités mnésiques du lecteur sont sollicités. Dans l’ensemble, je dirais que l’exercice est plutôt réussi dans la mesure où Antony Johnston a réussi à maintenir mon intérêt sans me frustrer. Cela dit, et même si j’ai encore franchement envie de lire la suite, ce tome 6 reste l’un des moins gratifiant de la série à ce stade. Côté dessin, petite faiblesse aussi, puisque Christopher Mitten, qui jusqu’ici avait donné son identité à la série, laisse la main à partir de la moitié de l’ouvrage. Remington Veteto a du style et ne démérite pas malgré quelques pains techniques, notamment au niveau des visages, mais le fait est que la transition avec Mitten est brutale. Malheureusement, ce que j’ai vu des previews du nouveau dessinateur qui a pris la relève depuis ne me laisse guère d’espoir en ce qui concerne le retour de la série au niveau de qualité graphique qui était la sienne au début. Nous verrons…

Pour voir : Le travail de Christopher Mitten et celui de Remington Veteto
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The Boys vol. 10: Butcher, Baker, Candlestickmaker

Le pitch : Les origines de Butcher, de son enfance face à un père violent à son recrutement par Mallory, en passant par une guerre aux Malouines, un mariage et quelques enterrements.

L’avis : Pour la troisième fois après Herogasm et Highland Laddie, le nouveau tome de The Boys est en fait le recueil d’une mini-série publiée en parallèle à la série régulière. Pour la peine, cette fois-ci, le récit est véritablement déconnecté des évènements présents et les autres personnages de l’équipe sont totalement absents. Cela dit, ce n’est pas un hasard si Garth Ennis nous livre l’histoire de Butcher à ce moment précis, car il entre en résonance avec les derniers évènements.

Dans l’ensemble, je dirais que c’est un des meilleurs tomes de la série. La progression de l’intrigue est intéressante, avec des tonalités différentes selon les époques. Le choix de faire raconter tout cela par Butcher lui-même à son père reposant dans son cercueil est bien vu, jusqu’à la scène finale, entre rire et amertume, qui conclue parfaitement l’affaire. Etant donné que le tome est dédié à un personnage partriculièrement violent, on aurait pu s’attendre à une débauche de scènes trash. Or, ce n’est pas le cas, mais une scène en particulier (dont je ne dévoilerai rien) ne fait pas dans la dentelle et elle est particulièrement percutante. Finalement, le seul véritable bémol à mon enthousiasme concerne la partie romance du scénario. J’ai trouvé le coup de foudre un peu rapide, la femme un peu trop parfaite et la romance un peu mielleuse. Garth Ennis n’est pas aussi à l’aise sur ce terrain que sur d’autres. Côté dessin, j’ai retrouvé avec grand plaisir le trait de Darick Robertson. J’espère d’ailleurs qu’il rempilera pour la fin de la série régulière, que j’attends maintenant de pied ferme.

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The Boys vol. 9: The Big Ride

Le pitch : Retour sur le passé des Boys par Butcher et surtout par Mallory, qui vide son sac à Hughie.

L’avis : Ce neuvième tome de The Boys n’est pas un poids plume. Il rassemble pas moins de douze épisodes de la série, une grande partie dédiée aux origines des Boys, depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à la première confrontation avec l’équipe des Seven, en passant par le recrutement de Butcher par Mallory. Il a donc tout pour être un tome central riche en révélations, me direz-vous. Et bien, oui et non. Certes, le voile est levé sur beaucoup de détails qui jusqu’ici n’avait été qu’évoqués et on sent bien que Garth Ennis dirige doucement la série vers sa conclusion, mais on ne peut pas vraiment dire que l’histoire réserve beaucoup de surprises. Il y a d’ailleurs une scène très révélatrice où Hughie dit en substance à Mother Milk qu’il a apprit beaucoup de chose auprès de Mallory, mais qu’il n’est guère plus avancé. C’est un peu l’impression que j’ai eu en tant que lecteur et c’est un peu frustrant.

Ce tome a également deux particularités notables. La première, c’est la quasi-abscence d’humour. Tout cela est très sérieux, ce qui est quand-même assez regrettable. The Boys, c’était quand-même à la base une série satirique et burlesque ultra-trash, ce qui faisait en grande partie son originalité. La deuxième particularité, c’est la place substantielle donnée aux scènes de guerre. Il est indéniable que Garth Ennis est un maître dans le genre, et même si on est pas au niveau de ses War Stories ou encore de Dear Billy, on sent que Garth Ennis se fait plaisir, et nous aussi par la même occasion. Enfin, on regrettera que Darick Robertson soit absent de ce tome, si ce n’est au travers des couvertures de chaque épisode. Russ Braun et John McCrea ne s’en sortent pas mal, mais ça reste très nettement en deçà de ce que proposait le dessinateur initial de la série.

Bref, voilà encore un tome pas inintéressant, mais pas emballant non plus, et j’ai quand-même de plus en plus le sentiment qu’il faudrait que tout cela se conclue rapidement. Ca tombe bien, la fin est annoncée avec le n°72 de la série.

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