Officer Downe: Bigger Better Bastard Edition

Le pitch : Downe, officier de police pointure XXXL et ressuscitable à souhait, fait un carnage.

L’avis : Officer Downe commence avec une pleine page de cunnilingus et se termine par un « Pull over, cocksucker » retentissant. Entre les deux, un concentré d’ultraviolence bien gore. Autant dire que c’est loin d’être cérébral. Joe Casey décrit son œuvre comme le plus petit dénominateur commun du comics. Je pense qu’il veut dire par là qu’il n’a pas d’autre ambition que de titiller la zone du cerveau capable de prendre plaisir à voir la gueule d’un type se faire éclater de façon improbable. Paradoxal pour un scénariste qui écrit souvent avec une rare intelligence. En tout cas, c’est vrai que c’est con comme la lune et qu’on y prend plaisir. Objectif réussi donc. Côté dessin, Joe Casey retrouve Chris Burnham, son compère de Nixon’s pals. Son trait s’est affiné depuis et j’ai apprécié la façon dont il a mis en scène ce déchainement de violence. En grand format cartonné avec moult bonus, comme le propose cette réédition, c’est peut-être un peu cher payé pour ce qui reste un divertissement pop-corn. Il n’empêche que je ne regrette pas mon achat.

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Fables vol. 16: Super Team

Le pitch : Réfugiés à Haven avec tous les autres Fables, Pinocchio pense avoir trouvé le moyen de vaincre Mister Dark : former une équipe de super-héros sans peur.

L’avis : Comme peut le laisser penser la couverture et le titre, Bill Willingham a décidé pour ce seizième tome d’inviter le petit monde des héros en collant dans son univers contemporain de contes de fée. Sur la forme, c’est plutôt réussi. Willingham et Buckingham reprennent les codes narratifs et graphiques du super-héros et les intègrent au récit avec beaucoup d’aisance. Le ton est plutôt léger, malgré la menace qui plane sur les personnages. Cela dit, le jeu avec les archétypes du super-héros ne constituent qu’une partie de l’intrigue et d’autres clés sont tout aussi importantes, comme celles tournant autour du père de Bigby ou de Nurse Spratt. Et puis surtout, la résolution du face à face avec Mister Dark s’effectue de façon totalement inattendue. Un peu comme dans le tome précédent, Willingham prend le lecteur à contre-pied, ce que certains n’aimeront pas, j’en suis sûr. Personnellement, j’ai trouvé cela tout-à-fait satisfaisant, d’autant que, faut-il encore le préciser, Mark Buckingham fait un superbe travail.

A noter que ce tome inclus deux épisodes annexes. Le premier est centré sur Bufkin qui cherche l’aventure hors du bureau où il est coincé depuis maintenant longtemps et arrive dans une sorte de monde d’Oz. Pas étonnant dans ces conditions qu’on trouve Eric Shanower (en pleine forme) au dessin. Le dernier épisode nous ramène auprès de la Belle aux Bois Dormants et est illustré par Terry Moore, lui aussi très à l’aise dans le monde de Fables. Tout comme l’épisode avec Bufkin, cet épisode met en place des évènements qui seront sans aucun doute développés plus tard.

Au final, rien à reprocher à ce nouvel opus de Fables. Bien entendu, après dix ans de lecture, difficile d’être encore surpris par la série et de vraiment s’enthousiasmer, mais ça reste de la très bonne came à se mettre sous les yeux.

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Deadpool Max: Nutjob

Le pitch : Deadpool, tueur aussi efficace que cinglé, est envoyé éliminer divers assassins aussi branquignoles que lui.

L’avis : Jusqu’à peu, je n’avais pratiquement jamais croisé Deadpool dans l’univers Marvel, mais voilà qu’après le Uncanny X-Force de Remender, j’ai investi dans ce TPB tout entier consacré au personnage. Autant dire que c’est plus le tandem Lapham/Baker que Deadpool lui-même qui m’a décidé. Déjà, je peux dire que la rencontre des deux auteurs fonctionne très bien. A la limite, je dirais que ça ressemble plus à du Kyle Baker sous influence Lapham qu’à un comics de David Lapham à proprement parler, alors que Kyle Baker n’est pas crédité comme co-scénariste. Donc, de deux choses l’une, soit l’écriture s’est faite à quatre mains sans que ce ne soit officiellement reconnu, soit David Lapham a su adhérer au style et à la personnalité de Kyle Baker. Dans les deux cas, c’est le signe d’une bonne collaboration.

Alors, ça donne quoi, cette collaboration ? Et bien, un gros délire loufoque dans lequel un Deadpool totalement azimuté étripe une bande de vilains hauts en couleur comme Hammerhead ou Zemo. C’est violent, forcément, mais pas tant que ça. C’est cul aussi, mais pas tant que ça. C’est même gentiment scato par instant. C’est surtout totalement con. J’ai franchement rigolé sur les trois premiers épisodes, un peu moins ensuite. Sur le plan graphique, c’est du Kyle Baker, tendance Special Forces, de quoi défriser sérieusement les aficionados des univers super-héroïques. Moi, j’ai apprécié, même si c’est loin d’être ce que Baker a de mieux à proposer. Plusieurs cases dessinées à la va-vite m’ont fait grimacer.

Au final, j’ai apprécié cette lecture, mais, paradoxalement, je n’ai pas particulièrement envie de lire la suite. C’était bien le temps d’un tome, mais je ne suis pas bien sûr de renouveler l’expérience.

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The Walking Dead vol. 15: We Find Ourselves

Le pitch : Après avoir repoussé une horde de zombies, la communauté fait le ménage, enterre ses morts et essaie d’organiser le futur. De nouvelles relations se créent et des dissensions apparaissent.

L’avis : Après l’orgie de baston de la fin du tome précédent, Kirkman fait très nettement retomber la pression avec un volume pratiquement exempt de scènes d’action et majoritairement tourné vers la psychologie des personnages. Plusieurs lignes d’intrigue sont suivies en parallèle et s’entrecroisent. Certaines offrent des éléments de réflexion intéressantes (comment recommencer à penser à long terme dans un monde apocalyptique, comment faire pour que son enfant continue à penser comme un enfant), d’autres n’apportent pas grand chose (l’espèce de mini-rébellion à deux balles, par exemple). Du côté des développements psychologiques, là encore, l’impression est mitigée. Les évolutions de certaines relations entre personnages font sens, mais je n’ai pas trouvé tout très crédible, car Kirkman a parfois tendance à forcer le trait. Pour une fois, il n’a pas trop abusé de ses monologues à rallonge, mais il semble avoir un nouveau tic qui consiste à demander à Charlie Adlard de faire des gros plan en pleine page pour insister sur une réplique choc. C’est d’un lourdingue sur le plan narratif ! Au final, c’est pour moi le tome le moins réussi de la série jusqu’ici. Peut-être le coup de mou est-il transitoire, mais j’ai quand-même le sentiment que Kirkman et Adlard se sont un peu en roue libre sur ce coup. Peut-être aussi est-ce moi qui commence à me lasser du concept et à devenir plus intolérant aux maladresses des scripts de Kirkman. Je n’en suis pas encore à arrêter la série, mais mon enthousiasme s’émousse sensiblement. Nous verrons avec la suite comment ça évolue.

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Criminal vol. 6: The Last of the Innocent

Le pitch : Riley Richards a épousé une de ses amies d’enfance, la fille d’un riche patron, le père n’ayant pas plus d’estime pour lui que la fille. Au moins, leur fortune permet à Riley de financer ses dettes de jeu. Le retour dans sa ville d’origine et les retrouvailles avec d’autres amis restés sur place va inciter Riley à échafauder un meurtre qui va lui permettre de corriger ses erreurs passées.

L’avis : Jusqu’ici Criminal n’a jamais déçu, oscillant entre le très bon et l’excellent. The Last of the Innocent appartient sans aucun doute à la seconde catégorie. Je pense même que c’est le meilleur tome de la série. La réussite de Brubaker et Philips tient dans la façon dont ils mettent en scène les motivations du personnage principal, qu’on trouve dans son enfance et son adolescence jusqu’à son mariage raté. Tous les épisodes du passé sont illustrés dans un style daté, copié sur les comics Archie, une façon d’évoquer la nostalgie d’une époque plus heureuse, même si, peu à peu, on découvre que tout n’était pas si rose. En tout cas, le contraste avec le style noir auquel Sean Philips nous a habitué est très réussi. Autre signe d’un scénario très maitrisé, c’est qu’on en vient à espérer que Riley réussisse son coup, alors même que son plan implique mensonges et sacrifices pour ses amis les plus proches. Le malaise vis-à-vis de l’anti-héros est donc palpable, jusqu’à la conclusion douce-amère de l’histoire. Vraiment, je me suis régalé et j’en redemande. Malheureusement, pas de prochain tome de Criminal en perspective. A la place, ce sera Fatale, la nouvelle série du tandem Brubaker-Philips, publié par Image Comics. J’espère qu’on sera au même niveau de qualité.

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