Xombi

Le pitch : Depuis que David Kim a le corps rempli de nanomachines, il est constamment au pic de ses capacités et littéralement immortel. Lui qui cherche à garder une vie ayant un semblant de normalité semble pourtant s’entourer d’amis qui naviguent au milieu de l’occulte et du supernaturel.

L’avis : Xombi est un personnage créé dans les années 90 dans le cadre de l’imprint Milestone. J’ai lu pas mal de ces séries à l’époque, mais j’étais totalement passé à côté de Xombi. Tout ça pour dire que je m’attendais à une mini-série libre de toute continuité et que j’ai été surpris de lire pas mal de références au passé du personnage. Plutôt que de faire un récapitulatif condensé, John Rozum distille les infos au fil du récit, ce qui n’est pas ultra-confortable pour le lecteur novice, mais c’est suffisamment bien fait pour que ça ne soit pas désagréable, voire même que ça pique la curiosité. De toute façon, le récit ne laisse pas le temps de s’ennuyer. L’intrigue se déroule au fil d’une succession de concepts et d’idées originales et totalement barrées, avec quelques pointes d’humour qui donnent un ton plutôt léger à l’ensemble. Difficile de ne pas penser à Grant Morrison par moment. L’étrangeté du récit est sublimée par les illustrations de Frazer Irving. J’avais un bon souvenir de son travail sur Seven Soldiers of Victory (avec Grant Morrison, tiens, comme quoi le monde est cohérent parfois). Son trait est vivant et élégant et ses mises en couleur éclatantes ne ressemblent à rien de commun. En tout cas, moi, j’ai vraiment beaucoup apprécié. Au final, le seul regret que je mentionnerai, c’est que cette mini-série appelle une suite et que rien ne se profile à l’horizon. Ça le mériterait pourtant.

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Liar’s Kiss

Le pitch : Nick Archer est un détective privé engagé par un riche homme d’affaire pour surveiller sa femme. En fait, l’épouse est infidèle avec Archer lui-même. Un soir de gaudriole entre les deux, le mari de fait assassiner. Mais qui a bien pu faire le coup, et pourquoi ?

L’avis : Comme vous pouvez le deviner d’après le pitch, Liar’s Kiss est un polar noir de facture archi-classique. La femme est sexy à souhait, le privé est mal rasé, picole un peu trop de Whisky, passe ses nuits sur le sofa de son bureau et a des relations houleuses avec les flics qui sont sur l’enquête. Bref, tous les clichés sont au rendez-vous. Cela dit, c’est un peu la règle du genre et Eric Skillman manie tout cela avec aisance. Le script n’est pas parfait, mais le rythme est enlevé jusqu’au coup de théâtre final qui arrive peut-être un peu brutalement, mais qui a au moins le mérite de ne pas être totalement prévisible. Au dessin, Jhomar Soriano propose lui aussi une prestation qui n’est pas exempte de défaut, mais qui, dans l’ensemble, est plutôt sympathique. Son trait est vivant, ses cadrages osés (un peu trop parfois) et l’alternance entre différentes techniques de dessin est plutôt réussie. Il n’y a guère que les visages qui sont moins maitrisés, avec quelques pains pas jolis-jolis sur certaines cases. Bref, Liar’s Kiss s’avère être un bon polar qui souffre de quelques défauts de jeunesse, mais qui vaut le détour. Si vous êtes fan du genre et/ou si vous souhaitez découvrir de jeunes auteurs prometteurs, je vous le conseille sans hésiter.

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Sweet Tooth vol. 4: Endangered Species

Le pitch : Gus, Jepperd et leur groupe file vers le grand nord et font des rencontres au passage dont il est difficile de dire si elles sont bonnes ou mauvaises

L’avis : Encore un très bon tome de Sweet Tooth. L’intrigue avance doucement, mais sûrement. Elle n’est pas en soi particulièrement originale, mais la galerie de personnages et leurs interactions sont vraiment intéressantes. Côté innovation narrative, Jeff Lemire nous réserve encore quelques surprises, notamment dans une scène de rêve particulièrement réussie où un des personnages frôle la mort. Cette scène est en outre mise en couleur à la peinture à l’eau de la plus belle façon. A noter également qu’un des épisodes contient trois scènes de flashback où Lemire laisse brièvement la place à Nate Powell, Emi Lenox et Matt Kindt, tous très inspirés, visiblement. Au final, j’ai encore très envie de lire la suite. Que demander de plus ?

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The Silence of Our Friends

Le pitch : En 1967, un journaliste blanc et un universitaire militant noir se retrouvent autour d’un procès qui pue le racisme. Leurs familles, et en particulier le jeune fils du journaliste, n’échappent pas au rapprochement entre les deux hommes.

L’avis : The Silence of Our Friends est un récit semi-autobiographique qui se veut être un témoignage historique sur un épisode méconnu de la lutte pour les droits civiques des noirs américains, mais aussi le récit d’une famille blanche tolérante perdue au milieu du Texas de l’époque où le KKK sévissait en toute impunité. Le scénario joue donc sa partition sur deux tableaux, de façon plutôt bien équilibré. Le récit est intéressant, mais n’a peut-être pas l’impact émotionnel que j’attendais. Le script souffre aussi à mon avis de quelques longueurs qui auraient été préjudiciables si elles n’avaient été occupées par les illustrations tout en finesse et sensibilité de Nate Powell. Car c’est bien au niveau du dessin que The Silence of Our Friends brille. Plus encore que sur Swallow Me Whole, l’expressivité du trait Nate Powell m’a subjugué. Rien que pour cela, je recommande vivement cette lecture.

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The Unwritten vol. 5: On to Genesis

Le pitch : Toujours à la recherche du sens de son existence, Tom Taylor s’empare des carnets de notes de son père. Ceux-ci vont le mener dans les années 30, à l’aube de l’apparition du comics de super-héros.

L’avis : The Unwritten se maintient avec ce cinquième volume au niveau excellence auquel elle nous a habitué ces derniers temps. La narration et les dialogues font preuve d’une grande maitrise, c’est évident, mais la série brille surtout par l’intelligence avec laquelle Mike Carey exploite son concept de base : la littérature et l’inconscient collectif des lecteurs du monde entier est source de magie. Dans ce contexte, l’apparition du comics, et de la littérature populaire en générale, est un évènement majeur, car elle permet de donner accès à une myriade de nouveaux lecteurs aux grands mythes classiques, revisités. C’est donc une source de pouvoir que la cabale, le groupe qu’affronte Tom, va chercher à contrôler, notamment en dépouillant les auteurs de leurs droits et en transformant les personnages en franchises. Bref, vous l’aurez compris, The Unwritten offre deux niveaux de lecture tout aussi passionnants l’un que l’autre. Outre l’intelligence du scénario de Mike Carey, la série bénéficie de l’élégance du dessin de Peter Gross, qui laisse la main à Vince Locke pour les séquences du passé. Comme dans le tome précédent, et peut-être même plus, la collaboration entre les deux dessinateurs fonctionne très bien. Une fois encore, je ne saurais trop recommander cette excellente série.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 2: Gods and Monsters

Le pitch : Abe et Devon recherchent une adolescente dont les dons divinatoires semblent avoir permis à ceux qui voyagent avec elle d’échapper à des attaques de monstres. Pendant ce temps, Liz, qui pensait s’être enterrée loin de son ancienne vie, se retrouve face à un culte sataniste.

L’avis : Après le reboot de la série (enfin, si on veut, comme je le soulignais la dernière fois), Mignola et Arcudi nous embarquent à la poursuite d’un nouveau personnage qui, à mon avis, a toute les chances d’intégrer le B.P.R.D. à plus ou moins long terme. Outre cette nouveauté plutôt intrigante, la relation entre Abe et Devon, toujours à couteaux tirés, donne lieux à quelques échanges intéressants. Tout cela est illustré par Guy Davis, dont c’est la dernière prestation sur la série. C’est très dommage, mais le regret est atténué par l’arrivée sur l’histoire suivante de Tyler Crook, au style à la fois très différent et prometteur. Difficile à dire pour l’instant comment il arrivera à s’approprier pleinement l’univers de la série, d’autant que cet arc est assez pauvre en monstres, mais j’apprécie clairement son style pour l’instant. Tout cela se termine par un coup de théâtre dont je suis très curieux de connaître les conséquences. La nouvelle série B.P.R.D., à défaut d’avoir pris véritablement un nouveau départ, continue donc sa mutation de fort belle manière.

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