Locke & Key vol. 4: Keys to the Kingdom

Le pitch : De plus en plus de clés apparaissent, mais la clé Omega continue d’échapper à Zack malgré toutes ses tentatives pour l’obtenir des enfants Locke.

L’avis : Encore un excellent tome, dans la lignée des précédents. Le recueil se divise en cinq chapitres courts, relativement distincts, mais qui forment un tout cohérent. Le premier, centré sur Bode, est un hommage à Calvin & Hobbes. Le second aborde habilement la problématique du racisme au travers de la rencontre entre Kinsley et une ancienne amie de son père. Le troisième égraine les 28 jours d’un mois de février chez les Locke sous forme de courtes vignettes. Le quatrième nous fait voir la vie au travers des yeux de Rufus, l’enfant à l’autisme militaire. Tout cela débouche sur un cinquième et dernier chapitre riche en action, qui bouscule le status quo et se termine par un joli coup de théâtre. Bref, Joe Hill continue de développer une intrigue passionnante en expérimentant sur le plan narratif. On en redemande !

Pour voir : l’intégralité du premier épisode
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100 Bullets: The Deluxe Edition Book 2

Le pitch : L’agent Graves continue de distribuer ses mallettes à des individus en mal de vengeance et fait monter la pression sur le Trust par la même occasion.

L’avis : Un second volume à la hauteur du premier. Au fil des histoires qui s’enchainent, on commence à mieux connaître l’histoire qui lie Graves au Trust, même si de nombreuses zones d’ombre subsistent. C’est violent, sexy, mystérieux et diablement bien construit du point de vue narratif avec des dialogues de haute volée. Eduardo Risso n’est pas d’une constance absolue, mais ça varie entre le très bon et l’excellent. Qui pourrait bien se plaindre ? La longueur des histoires varient, avec des one-shot récurrents (le détective à Paris) et des récits plus longs, la palme allant à la dernière histoire avec ses 120 pages. Cette dernière est un polar noir à la facture assez classique, passionnant mais aussi un peu frustrant, car j’ai eu le sentiment tout le long de ma lecture qu’elle allait nous révéler une carte majeure du mystère 100 bullets. Or, ce n’est pas le cas. C’est un bémol tout-à-fait mineur cela dit. J’attends avec impatience la suite.

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Fear Agent vol. 6: Out of Step

Le pitch : Vieillissant, solitaire et traqué par ses ennemis, Heath découvre la vérité derrière l’invasion Tetaldiennne. Suite à cette révélation, il décide de mener un dernier acte de résistance pour inverser le cours de l’histoire.

L’avis : Après plus de deux ans d’attente, voici enfin la conclusion de Fear Agent. Il était temps, mais l’attente en valait la peine. Rick Remender clôt l’affaire de main de maître. Tout d’abord, il y a les révélations que j’évoque dans le pitch. Ne comptez pas sur moi pour vous les dévoiler, mais ce que je peux en dire, c’est que non seulement elles sont surprenantes, mais surtout elles apportent de la cohérence et même de la cohésion à l’ensemble de la saga. Fear Agent a toujours été une série à rebondissements, mais ce qu’on pouvait percevoir jusqu’ici comme des pirouettes du scénario pour relancer l’action prend du sens dans le chapitre final. C’est plutôt bien vu. Les toutes dernières pages de l’ouvrage sont également à mettre au crédit de Remender. Fear Agent, ce n’est pas qu’un grand récit de SF, c’est aussi l’histoire d’un homme rongé de l’intérieur par son histoire familiale et la culpabilité. Son alcoolisme faisait rire au début et a pris son sens, forcément beaucoup moins drôle, au fil de l’histoire. Tout ça a fait de Heath Huston un personnage avec une vrai épaisseur et j’ai trouvé que Remender l’a mené au bout de son chemin avec beaucoup de brio.

Bref, une fort belle conclusion dont le seul bémol réside dans un dessin pas désagréable, mais irrégulier. Mike Hawthorne et Tony Moore s’associent sur l’ensemble des cinq épisodes, même s’il est clair qu’Hawthorne a pris en charge en très grande partie certains passages. Sur le reste, on voit la contribution de Moore, mais ce n’est pas aussi bon que lorsqu’il se consacrait entièrement à la série. On est loin aussi du brio d’Opeña sur d’autres tomes. Ca reste correcte sur le plan graphique dans l’absolu, mais un peu décevant tout de même par rapport à ce que la série a connu.

Maintenant, je n’ai qu’une envie : relire les six volumes d’un trait avec en tête les révélations de la fin. Peu probable que j’ai le temps de le faire, mais ça le mériterait. En tout cas, si vous hésitez à vous lancer dans la lecture de cette série, je vous y encourage très vivement.

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6 cauchemars contemporains

La proposition était alléchante : un recueil de scénarios d’horreur avec pour seule contrainte un cadre contemporain écrits par des auteurs triés sur le volet. Livré sous la forme d’un livret de 80 pages par les XII singes, l’ouvrage est découpé en six scénarios indépendants plus une synthèse du système D6 pour le rendre auto-suffisant. Le résultat est plutôt décevant aussi bien sur la forme que sur le fond.

La première chose qui frappe c’est le prix : 19,90€ pour 80 pages ! Certes c’est du dos-carré collé avec un bon grammage et distribué en boutique, mais est-ce que le format est vraiment bien choisi pour un recueil de scénarios[1] ? Ensuite la mise en page n’est pas pénalisante pour la lecture, mais reste décevante, en particulier les illustrations —peut-on appeler illustration l’usage systématique de deux brushes photshop. Et pour finir, les 18 pages présentant le système D6 ne sont pas vraiment indispensables.

Passons au contenu. L’horreur contemporaine déclinée sous forme de cauchemars, un thème classique, mais une occasion pour les scénaristes de se faire plaisir en surprenant. Au final, ce n’est pas toujours original, certains vraiment prévisibles et pas sûr que l’horreur en jaillisse. Il y a quand même du bon, deux voire trois scénarios devraient donner quelques frissons aux joueurs.

Pour résumer : cher et au contenu inégal. À vous de choisir…

Les liens utiles :

[1] Difficile de ne pas le comparer en cette saison estivale avec le HS Di6dent qui pour la moitié du prix propose deux fois plus de contenu.