Green Wake vol. 2: Lost Children

Le pitch : Après avoir réussi à s’en échapper, Morley se retrouve à nouveau à Green Wake, avec des têtes nouvelles, mais avec toujours au centre de tout la culpabilité de ses habitants.

L’avis : J’ai un instant hésité à poursuivre la lecture de Green Wake malgré un premier tome à l’ambiance glauquissimement réussie, car je redoutais que l’intrigue ne traine en longueur. Mais, lorsque j’ai appris que ce second volume était également le dernier, la promesse d’une résolution rapide a balayé mes hésitations. Qu’en est-il de la satisfaction que j’ai pu tirer de cette conclusion ? Elle est toute relative. Le voile du mystère est levé, c’est certain, mais il y a une certaine confusion dans le récit qui rend la conclusion assez peu satisfaisante. Cela dit, le récit conserve les qualités du premier tome. Le mélange de thriller et d’horreur fantastique fonctionne bien, car il s’appuie sur le dessin inimitable de Riley Rossmo. Sur le plan strictement technique, ce n’est pas toujours sans reproche, mais Rossmo délivre des planches particulièrement évocatrices des tourments et du malaise qui caractérisent le village de Green Wake. Cela donne une lecture assez fascinante, même si l’intrigue en elle-même manque parfois d’accroche. Au final, je conseillerais à ceux qui hésitent à se lancer dans la lecture de Green Wake de prendre le temps de feuilleter l’ouvrage pour voir s’il se font happer par le dessin, car c’est bien ça qui déterminera le plaisir de lecture. Si vous aimer l’horreur et que vous accrocher au style de Rossmo, pas d’hésitation à avoir. A défaut, mieux vaut passer son chemin.

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Batman and Robin: Batman and Robin Must Die

Le pitch : Tandis que le retour de Bruce Wayne se profile à l’horizon, Batman et Robin affrontent directement le Dr Hurt, avec l’aide inattendue du Joker.

L’avis : Après un début plutôt enthousiasmant et un second tome un cran en dessous, le troisième et dernier TPB de l’intermède sans Bruce Wayne a fini par me décevoir. Certes, il y a de bonnes choses à souligner : le traitement du Joker est réussi, Robin continue de voler la vedette à Batman de fort belle façon et les illustrations de Frazer Irving ont cette grâce étrange qu’on leur connait. Tout cela sauve l’histoire. Malheureusement, Grant Morrison est un scénariste capable de m’irriter autant qu’il est capable de m’inspirer de l’admiration. J’ai retrouvé dans ce tome son versant obscur, avec une narration parfois confuse et ennuyeuse. De plus, le retour de Bruce Wayne tombe littéralement à plat. Le dernier épisode, s’il souffre des dessins sans grand intérêt de David Finch, a le mérite d’introduire Batman Incorporated, le nouveau concept de Grant Morrison, qui est suffisamment original pour donner envie d’en savoir plus. On verra lorsque le TPB sortira si la curiosité est toujours là.

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The Sixth Gun vol. 3: Bound

Le pitch : Drake et Becky rapatrient en train le corps du général Hume en lieu sûr, mais le voyage ne sera pas de tout repos. Pendant ce temps, Gord retourne sur les lieux de son passé qu’on découvre fortement lié aux six armes maléfiques.

L’avis : Après un second volume à la hauteur d’un premier tome excellent, c’est avec grand plaisir que je me suis replongé dans l’univers de western fantastique proposé par Cullen Bunn et Brian Hurtt. Dans un premier temps, j’ai bien cru que j’allais être déçu. En effet, les deux premiers épisodes sont essentiellement axés sur la baston, avec un enchainement de scènes d’action que j’ai trouvées assez peu crédibles et rapidement lassantes. Heureusement, passés ces deux épisodes d’entame, j’ai à nouveau retrouvé mon enthousiasme pour la série. Drake et Becky passent au second plan et ce sont des personnages secondaires qui en bénéficient. Ça commence par un épisode consacré aux origines d’une momie ayant été introduite dans l’épisode précédent. Brian Hurtt laisse la place pour cette fort agréable digression à Tyler Crook, récemment découvert sur sur B.P.R.D et qui assure bien là aussi. Ensuite, le projecteur est essentiellement braqué sur Gord dont on découvre le passé. L’intrigue est à la fois prenante et remarquablement bien illustrée, avec quelques trouvailles originales sur le fond comme sur la forme. Drake et Becky ne sont pas totalement oubliés de sorte à ce que le tome se termine par la promesse de leur retour fracassant au premier plan. En ce qui me concerne, pas d’hésitation, j’en serai.

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Animal Man vol. 1: The Hunt

Le pitch : De nos jours, Buddy Baker, alias Animal Man, est plus père de famille et acteur de film indépendant que super-héros. Mais sa petite fille, en montrant des aptitudes semblables et même supérieures aux siennes va changer radicalement la donne.

L’avis : Avant toute chose, je me dois de préciser que je n’ai jamais lu les aventures précédentes d’Animal Man, en particulier le fameux run de Grant Morrison. J’ai donc abordé cette histoire en toute naïveté et je dois bien dire que j’ai été très agréablement surpris. La surprise est d’autant plus forte que le bouquin est étiqueté DC Universe et que c’est du Vertigo pur jus. Vous me direz que c’est une demi-surprise puisque Jeff Lemire est au commande. Certes, mais tout de même, attendez vous à un récit d’horreur avec tout au plus une vague coloration super-héroïque.

Jeff Lemire met en place avec ce premier tome un univers glauque et violent, et ceci avec beaucoup d’efficacité dans la narration. Je pense qu’il est encore un peu tôt pour espérer que les éléments les plus métaphysiques de l’histoire soient pleins de potentiels, car, pour l’instant, ça se résume à une opposition assez manichéenne du bien contre le mal. En revanche, ce qui est beaucoup plus réjouissant et original, ce sont les visuels de Travel Foreman. Les scènes d’horreur sont vraiment très percutantes et tordues à souhait. Le soucis du détail est même tellement impressionnant qu’on lui pardonne quelques approximations sur l’encrage de certaines scènes plus banales (à moins que la faute n’incombe aux deux encreurs additionnels crédités en début d’ouvrage). A noter également que dans le dernier épisode le toujours excellent John Paul Leon met en image le début du film tourné par Buddy Baker. Je ne sais pas si on aura la suite, ce qui serait quelque part une histoire dans l’histoire, ou si c’est plus anecdotique, mais, en tout cas, j’ai beaucoup aimé aussi cette partie. Bref, tout ça fait une très belle entrée en matière pour Animal Man et j’espère que le crossover annoncé avec la nouvelle mouture de Swamp Thing tiendra toutes ses promesses.

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American Vampire vol. 2

Le pitch : En 1935 à Las Vegas, le shérif du coin enquête sur la mort de businessmen qui pourrait bien impliquer un certain Skinner Sweet, vampire de son état.

L’avis : Après un premier tome satisfaisant, mais loin d’être à la hauteur des louanges que j’ai pu lire par ailleurs, j’attendais ce second tome de pied ferme, en me demandant si ça allait vraiment décoller ou se crasher lamentablement. En fait, ni l’un, ni l’autre. Le tome 2 est dans la lignée directe du premier, c’est-à-dire globalement réussi, avec de bons passages très bien écrits, mais aussi quelques scènes beaucoup moins emballantes. Certains rebondissements tombent un peu à plat, comme la révélation de l’identité et des motivations du mystérieux vampire dans la première partie ou encore la découverte du trafic opérant dans le bar de jazz dans la seconde histoire. Côté dessin, c’est un peu la même impression. Rafael Albuquerque et Mateus Santolouco ont tout les deux des styles cohérents, plutôt énergiques et bruts de décoffrage, à l’encrage tout sauf propre. Dans l’ensemble, c’est plaisant à lire, mais certaines pages donnent l’impression d’un certain manque de travail, ce qui m’empêche d’être tout à fait enthousiaste. Bref, c’est loin d’être une mauvaise lecture et je viens même de commander le troisième tome, qui inclut, il faut le dire, une mini-série dessinée par Sean Murphy. Cela dit, au-delà, si la qualité du scénario ne monte pas d’un cran, je ne suis pas sûr de continuer.

Pour voir : le travail de Mateus Santolouco
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