Daredevil by Mark Waid vol. 1

Le pitch : Après une longue période de descente en enfer, Matt Murdock reprend le contrôle de sa vie et ses occupations de justicier.

L’avis : Daredevil est peut-être le personnage Marvel que j’ai le plus assidument suivi depuis que je suis un lecteur de comics. Ça a été le cas pendant mon enfance, mon adolescence et même plus tard. J’ai bien eu un trou au début des années 90, mais je crois bien avoir tout lu de la série régulière depuis la période Smith-Quesada. Pourtant, il y a deux ans, lassé par l’atmosphère déprimante du titre et peu convaincu par le fait qu’Andy Diggle allait renouveler mon intérêt dans le personnage, j’ai fini par jeter l’éponge et je pensais que ça allait être pour longtemps. C’était sans compter sans l’énorme buzz généré par la reprise en main opéré par Mark Waid. Le buzz est-il mérité ? Incontestablement, oui.

Je n’avais qu’un très vague souvenir de ce dont était capable Mark Waid, n’ayant rien lu de lui depuis une dizaine d’année, et je dois bien dire que j’ai été surpris par la finesse et l’intelligence de son écriture. La façon dont il décrit le monde sensoriel de Matt Murdock est pleine d’idée lumineuse et stimulante. Au niveau de l’intrigue, c’est un habile mélange de classicisme et de modernité. C’est léger, parfois drôle, et l’action n’est pas en reste. Le succès de la série doit beaucoup aussi aux qualités de ses dessinateurs. Paolo Rivera fait des merveilles dans un style qui n’a pas été sans me rappeler Steve Rude. Marcos Martin n’est pas en reste. Les deux dessinateurs partagent la capacité d’être aussi à l’aide dans les scènes du quotidien que dans la dynamique de l’action.

Franchement, je ne vois pas quoi redire à cette nouvelle mouture de Daredevil. Le personnage est visiblement entre de bonnes mains et me voilà à nouveau décidé à le suivre sur la longueur.

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The Boys vol. 11: Over the Hill with the Swords of a Thousand Men

Le pitch : Un accident impliquant le président des Etats-Unis fait exploser la cocote-minute contenant le Homelander, Vougth American et les Boys.

L’avis : Puisqu’il s’agit de l’avant-dernier tome de The Boys, je m’attendais à ce que les éléments de la conclusion se mettent en place, mais pas à ce que ça aille si vite. En effet, si le tome démarre plutôt doucement avec Garth Ennis qui continue à développer les intrigues secondaires (la famille de Mother’s Milk, le couple Hughie-Starlight, etc), le fameux accident présidentiel que j’évoquais plus haut fait basculer le récit vers la résolution de l’affrontement entre Butcher et Homelander, avec Vougth American au milieu. Avec un suspense maitrisé, Garth Ennis fait efficacement monter la pression et nous réserve une surprise de taille. Le tout se conclut dans un déluge de violence. Je suis resté pantois devant le « The end » de la dernière case, qui aurait très bien pu être un point final à la série, en effet, sauf que Butcher nous réserve visiblement encore des surprises. J’avoue être très curieux de ce que va donner la seconde partie de cette conclusion en deux temps. Côté dessin, Russ Braun est aux manettes sur l’essentiel du tome et, sans être extraordinaire, c’est tout-à-fait plaisant. Malheureusement, sur le dernier épisode, il a dû appeler à la rescousse John McCrea, lui même assisté de Keith Burns, et certaines planches sentent gravement l’urgence, ce qui vient un peu gâcher la conclusion. Cela dit, vivement la suite.

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Uncanny X-Force vol. 4: The Dark Angel Saga – Book 2

Le pitch : Archangel s’apprête à déclencher l’apocalypse. A X-Force de l’en empêcher, quitte à y laisser des plumes.

L’avis : Après un book 1 assez calamiteux, je me demandais ce que la fin de cette saga allait me réserver. Je me disais bien que le retour de Jerome Opeña allait changer la donne, mais quid du scénario ? Et bien, c’est du solide. Il est riche en action, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est très rythmé, efficace et ça bastonne fort. Remender réussit à donner sa place à tous les personnages et à donner à chacun sa propre voix. J’ai beaucoup apprécié également l’originalité avec laquelle les pouvoirs de certains d’entre eux s’exprimaient. Certes, Remender pousse un peu le bouchon parfois (on est bien au-delà de toute crédibilité avec ce à quoi Deadpool et Wolverine survivent), mais il arrivent surtout à traiter certains pouvoirs de façon très originale (Iceberg full power, c’est juste brillant, par exemple). Au milieu de toute cette action plutôt tendue, Deadpool balancent quelques vannes bien senties. Quant à la touche de romance/émotion, là aussi ça fonctionne, en particulier lors de cette jolie scène où Psylocke fait vivre en accéléré à Warren la vie qu’ils n’auront jamais ensemble. Bien entendu, la réussite de tout ceci doit beaucoup à la qualité des illustrations de Jerome Opeña dont le trait allie précision et dynamisme. Le dernier épisode du tome est une sorte d’épilogue qui prépare la suite. Opeña laisse place à Robbi Rodriguez et – ouch ! – le retour à la normalité est difficile. C’est d’ailleurs ce qui fait que je ne donnerai pas suite à cette série. Les quelques previews que j’ai pu voir ne me laisse entrevoir rien qui vaille. Autant terminer sur une note positive.

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Scalped vol. 9: Knuckle Up

Le pitch : Les lignes de collisions entre personnages se croisent et ça pète dans tous les sens.

L’avis : Comme le titre de ce tome le suggère, soyez prévenu, ça tabasse. Ce n’est que l’avant-dernier tome de la série, mais ça ressemble fort à un bouquet final. Comme mise en bouche, vous aurez le droit à l’épisode 50, qui ne fait pas qu’offrir quelques planches de dessinateurs invités pour l’occasion, mais revisite l’histoire du scalping et se termine par la fin tragique d’un des ancêtres de Dash.

Après ces quelques cuirs chevelus arrachés sauvagement, vous serez prêts pour le plat de résistance. Un grand nombre des pièces du puzzle que Jason Aaron a mis en place depuis cinq ans s’emboitent, et ça fait des étincelles. A l’exception notable de Caroll, tout le monde est là. Certains, comme Dino, n’ont que peu de scènes, mais elles comptent. D’autres comme Red Crow, le Sheriff Karnow, Shunka et bien-sûr Dash sont sur le devant de la scène pour un ballet de violence et d’émotion. Le rythme est élevé et l’intrigue si passionnante que c’est vraiment difficile de poser le bouquin avant la conclusion. A la fin, le body count est lourd et la dernière planche vous fera hurler d’avoir à attendre la suite.

Côté dessin, l’ensemble est pris en charge par R.M. Guéra, qui, pour la peine, a un peu de mal à suivre le rythme. Certaines planches sont clairement plus vite exécutées qu’à l’accoutumé. Cela dit, même pressé par le temps, Guéra arrive à donner à ses planches le supplément d’âme et d’énergie que le script d’Aaron requiert. Au final, ça reste largement au dessus de ce que sont capables de faire 99% des dessinateurs actuels.

Bref, ça fait plusieurs tomes que ça me démange de coller un de mes rares A+ à Scalped. Impossible de résister cette fois. Et maintenant, je n’ai plus qu’à trépigner d’impatience en attendant de lire le final de cette série hors du commun.

Pour voir : Pas de preview de ce tome en particulier, mais quelques planches du tome 5 en VF ici.
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The Walking Dead vol. 16: A Larger World

Le pitch : Un nouvel arrivant affirme qu’il existe d’autres communautés de survivants, prêtes à collaborer pour survivre. Rick s’interroge sur les réelles intentions de cet homme et de ceux qu’il représente.

L’avis : Ce seizième volet de la série ressemble sous bien des aspects au tome précédent. La thématique de l’expansion et de la reconquête du monde est toujours là et prend même une autre dimension avec pour Rick la perspective de collaborer avec d’autres communautés. Le rythme reste relativement lent et la présence des zombies est anecdotique, ce qui ne manquera pas de frustrer ceux qui préfèrent quand The Walking Dead tabasse. J’imagine qu’ils se consoleront avec la conclusion qui promet une violente confrontation. Pour ceux qui préfèrent le développement des personnages, ils auront de quoi faire avec en particulier Andrea, Carl et bien-sûr Rick. Sur la forme, on est également dans la lignée du tome précédent avec peu de monologues (ouf !) et des pleines pages inutiles (Rrrr !). Kirkman, comme à son habitude, ne soigne pas toujours ses transitions, mais dans l’ensemble, j’ai trouvé ce tome mieux écrit que les précédents. Côté dessin, rien à redire à la prestation de Charlie Adlard, toujours aussi régulier et apte à respecter l’identité des personnages. Au final, on a donc un tome plutôt réussi, qui fait avancer la série en introduisant de nouvelles perspectives, en attendant la suite.

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Fatale vol. 1: Death Chases Me

Le pitch : Un homme qui vient d’hériter d’un écrivain célèbre tombe instantanément amoureux d’une femme rencontrée le jour de l’enterrement. Rapidement, le passé de l’écrivain va faire écho à cette rencontre.

L’avis : Ed Brubaker et Sean Phillips ont décidément cette constance remarquable d’exploiter un genre dans lequel ils excellent, le polar, en l’attaquant sous tous les angles possibles. Le danger avec cette approche, c’est de risquer de se répéter et de décevoir. Cela arrivera peut-être un jour, mais ce n’est pas le cas avec Fatale. Cette fois, le noir du polar rencontre le noir de l’horreur lovecraftienne et le mélange prend assurément bien, d’autant que Brubaker introduit le fantastique de façon très progressive dans le récit. Du côté de la narration, c’est habilement construit, avec différentes lignes d’intrigue qui évoluent en parallèle. Au centre de tout, cette beauté fatale dont on ne sait finalement pas grand chose et l’influence qu’elle a sur les différents protagonistes masculins. Ça donne un récit assez exigeant mais qui ne perdra que les lecteurs les moins attentifs. Reste que ce premier tome laisse beaucoup de questions en suspend, ce qui peut générer une certaine frustration. C’est finalement le seul bémol à mon enthousiasme, car, côté dessin, rien à redire non plus. Sean Philips reste fidèle au style qui lui est propre, tout en peaufinant sa technique au fil des séries. Je me ferai un plaisir de relire tout ça avant d’attaquer la suite lorsqu’elle sortira.

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