Danger Club vol. 1: Death

Le pitch : Les superhéros et la plupart de leurs ennemis sont morts en affrontant une mystérieuse menace cosmique. Reste maintenant les sidekicks qui doivent s’unir pour sauver la planète.

L’avis : Franchement, lorsque cette série a été annoncée, je me disais qu’il n’y avait aucune chance pour que je la lise. Les très bonnes critiques aidant, je me suis finalement laissé tenté par cette version trash de Teen Titans et je ne le regrette pas. C’est effectivement beaucoup plus original que ça en a l’air. Le scénario est complexe et bénéficie d’une narration aussi exigeante qu’efficace. Quant au dessin, il montre de grande qualités techniques. Bref, voilà deux auteurs dont je n’avais jamais entendu parlé, mais qui n’ont visiblement rien de débutants. La seule chose à regretter, c’est que le tome est trop court et se termine sur un goût de trop peu. Et comme la suite n’est pas près de sortir, la série étant en stand-by depuis des mois suite un problème personnel du coloriste (très bon aussi, cela dit au passage), il va falloir être patient.

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American Vampire vol. 3

Le pitch : Deux aventures en pleines seconde guerre mondiale. Dans la première, Pearl et Henry s’envolent pour une île du pacifique où se développe une nouvelle race de vampires. Dans la seconde, Felicia et Cash partent à la recherche d’un remède au vampirisme dans un château infesté de monstres nazis.

L’avis : Ce troisième opus d’American Vampire s’inscrit dans la lignes droite des deux tomes précédents. On change à nouveau de décennie pour mettre les protagonistes en face des méchants de l’époque, soit les japonais et les allemands, qui chacun dans leur style se sont accoquiné avec les vampires. Dans l’ensemble, la lecture est plaisante. C’est bien écrit, bourré d’action et Snyder décline la mythologie des vampires de façon fort intéressante. On découvre de nouvelles races de vampires, nouvelles ou archaïques, et les relations qu’elles entretiennent. En revanche, mon enthousiasme bute toujours sur les deux mêmes éléments qui sont autant de défauts pour moi. D’une, l’espèce de romantisme à l’eau de rose qui lie les personnages me laisse totalement froid. De deux, nombres de scènes d’action ne sont pas crédibles pour un sou, ce qui fait des rebondissement qui tombent à plat. Tout ça est quand même un peu gênant.

Côté dessin, on a le droit à un hors-d’œuvre offert par Danijel Zezelj, ce qui est toujours un plaisir. Ensuite, on retrouve Rafael Albuquerque qui n’est pas mon dessinateur préféré, loin s’en faut, mais qui délivre dans l’ensemble une belle prestation, avec juste quelques planches moins réussies que d’autres. Enfin, on a le droit à un feu d’artifice tiré par Sean Murphy. C’est en grande partie grâce à lui que le dernier volet de l’ouvrage est le plus réussi. Vraiment du très joli travail !

Au final, je ne sais pas trop sur quel pied danser avec cette série. D’un côté, j’ai des réticences sur des éléments qui sont au cœur de la série : les personnages de Pearl et Henry, leur relation amoureuse tartignole et les dessins d’Albuquerque qui ont du mal à m’emballer. Si on ajoute à ça quelques roulements d’yeux dans les scènes d’action, il y a largement de quoi ne pas chercher à aller plus loin. Cela dit, je suis quand-même très tenté de continuer à lire cette série pour voir où elle mène. Nous verrons lorsque sortira le vol. 4 si l’envie est toujours là.

Pour voir : le travail de Zezelj, Albuquerque et Murphy
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Nexus Omnibus vol. 1

Le pitch : Doté de pouvoirs cosmique qui le rendent tout puissant, Nexus souffre de cauchemars incapacitants à propos de meurtriers de masse. La seule façon de soulager ses souffrances est d’en éliminer la cause, ce qui fait de lui un intouchable bourreau.

L’avis : Il y a quelques mois, je vous ai chroniqué le dernier opus en date de la saga Nexus. Cette fois, il s’agit de la réédition des tout premiers épisodes, publiés au début des années 80. N’ayant jamais eu l’occasion de les lire, j’étais à la fois impatient et anxieux de combler cette lacune. L’appréhension venait du fait que, possiblement, les débuts de cette série mythique n’était peut-être pas à la hauteur de mes souvenirs.

De fait, j’ai bien cru au début de ma lecture que l’intérêt était limité. Tout d’abord, côté scénario, j’ai été surpris de constater que la plupart des personnages et de l’environnement que j’ai connus sont introduits dès les premiers épisodes. Je m’attendais plutôt à voir les choses se construire peu à peu. Or, si tout est déjà là dès le début (à l’exception notable de celui à qui Nexus doit ses pouvoirs, ce qui reste pour l’instant un mystère), quelles surprises pouvait-on attendre ? Côté dessin, Steve Rude montre de grandes qualités dès le premier épisode, mais il présente encore quelques faiblesses de jeunesse. Comme le rythme de la narration n’est pas non plus sans défaut, je commençais à me dire que cette lecture, sans être déplaisante, n’était peut-être pas indispensable.

Au fil des épisodes, l’enthousiasme est monté. Le scénario introduit de nombreux personnages que je ne connaissais pas dans des histoires ayant à la fois le souffle qu’on attend d’une saga cosmique et les bizarreries burlesques qui font la marque de fabrique de Nexus. Certains moments sont vraiment savoureux. Et puis, surtout, Steve Rude ne tarde pas à atteindre son rythme de croisière et c’est aussi beau, élégant et riche de détails qu’on pouvait l’espérer. Au bout d’un moment, il cède la main pour l’encrage à Eric Shanower et le trait gagne encore en précision. On a aussi le droit à quelques mini-chapitres pris en charge par des dessinateur invités (Bill Willingham, par exemple), qui n’ont pas le niveau de Rude, mais qui ne démérite pas. L’impression mitigée du début a donc rapidement fait place à beaucoup de plaisir et c’est sans hésitation que je vais enchainer sur le second omnibus, qui sort incessamment sous peu.

Pour voir : les premières pages de l’ouvrage, mais allez voir aussi un aperçu du vol. 2, plus représentatif de la qualité du dessin
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Saga vol. 1

Le pitch : Alana et Marko, deux combattants de deux races opposées dans une guerre galactique, donnent naissance à une petite fille. Poursuivis pour traitrise par leurs deux races, ils cherchent un moyen d’échapper à leurs poursuivants.

L’avis : Le pitch tel que je viens de l’écrire résume assez bien le cœur de l’intrigue, mais ne pensez pas que Saga est une simple romance sur fond de science-fiction. C’est effectivement un peu ça, mais l’épaisseur du récit réside dans la richesse du casting et la multitude d’idées originales que Brian K. Vaughan injecte en continu au fil de l’histoire. Vous y trouverez dans le désordre une famille royale mi-homme, mi-écran de télévision, un chat détecteur de mensonge, un vaisseau maison close où des orgies pas toujours recommandables prennent place, une fantôme baby-sitter, des artefacts magiques, des arbres-fusées, des races d’extra-terrestres aux allures parfois surprenantes, et j’en passe. Vous y trouverez aussi une galerie de personnages fort intéressants au service d’un récit enlevé, parfois drôle ou touchant. Fiona Staples se fait visiblement plaisir à illustrer tout cela, et nous avec. Bref, Saga est une vraie grosse nouveauté à ne pas rater. J’attends avec impatience la suite.

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100 Bullets: The Deluxe Edition Book 3

Le pitch : Les pièces du puzzle formé par le Trust et les Minutemen commencent à se mettre en place.

L’avis : Tout comme avec les premier et deuxième volumes, 100 Bullets est à la hauteur de sa réputation. Plus ça va, plus l’intrigue générale tournant autour des relations entre le Trust et les Minutemen, avec Graves et Shepherd en points d’articulation principaux, prend de la place. Le gimmick de la mallette avec le flingue et les cents balles intraçables n’est plus là qu’en pointillé. La longueur des arcs a plutôt tendance à s’allonger, il me semble. En tout cas, la lecture se complexifie un peu dans la mesure où on se demande souvent quel est la place de chacun des personnages dans l’intrigue. Comme d’habitude, le script brille de par les qualités de dialoguiste de Brian Azzarello. Parfois, c’est tellement virtuose que ça empiète un peu sur le réalisme, mais ça serait chipoter, car, dans l’ensemble, c’est un bonheur à lire. Azzarello arrive également à donner beaucoup d’âme à certains de ses personnages secondaires. Je pense notamment à ce trompettiste de Jazz dont le sort prend vraiment aux tripes. Côté graphique, Eduardo Risso ne laisse sa place à personne, ce qui est une très bonne chose. Alors, bien entendu, il y a des épisodes où on sent bien que, pris par le temps, le traits est moins précis, plus vite expédié, mais certaines planches sont fabuleuses et, là encore, ce serait faire la fine bouche que de se plaindre. Bref, je continue à me régaler et j’attends impatiemment la suite.

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