Daredevil by Mark Waid vol. 3

Le pitch : Daredevil s’allie avec Spiderman, le Punisher et les Vengeurs pour que l’omegadrive ne tombe pas entre de mauvaises mains.

L’avis : J’ai terminé la critique du tome précédent en constatant une baisse de niveau par rapport au premier et en croisant les doigts pour que la tendance s’inverse. Souhait non-exhaussé, malheureusement. Malgré quelques très bons moments, ce volume 3 souffre des mêmes problèmes que le précédent, en pire : un crossover pas essentiel, des dessins inconsistants et l’omegadrive au centre du scénario. Moi qui pensait qu’on en était débarrassé, je m’étais trompé. Le problème, c’est que cette histoire de disque dur accroché au cou de Daredevil avec tous les cartels du crime qui tournent autour mais qui n’arrivent jamais à le récupérer n’est pas crédible pour un sou. Même avec les qualités d’écriture de Waid, une mauvaise histoire reste une mauvaise histoire.

Ca commence avec un crossover en trois parties, co-écrit par Mark Waid et Greg Rucka. Si j’ai trouvé l’épisode du milieu plutôt réussi, les deux autres sont d’un intérêt limité, d’autant plus qu’on en est toujours au même point à la fin : Daredevil ne s’est toujours pas débarrassé de l’omegadrive. Marco Checchetto officie sur les trois épisodes. Techniquement, c’est solide, mais ça m’a laissé relativement froid. Vient ensuite sans aucun doute le meilleur épisode de l’ouvrage qui mêle romance et réminiscences du passé d’étudiant de Matt et Foggy. C’est assez savoureux, d’autant que Chris Samnee, le nouveau dessinateur régulier de la série, fait un démarrage en fanfare. Malheureusement, on a le droit à un fill-in assez médiocre de Khoi Pham juste après. Le scénario n’a rien d’emballant non plus, mais il a le mérite de nous débarrasser de l’omegadrive. J’espère que cette fois, c’est la bonne. Daredevil se retrouve ensuite téléporté en Lavterie pour une histoire un peu rocambolesque, mais intéressante, car Mark Waid y traite de façon originale les pouvoirs de son héros. Comme, en plus, ces deux épisodes sont illustrés par Chris Samnee, ça se lit fort bien.

Au final, l’impression est très mitigée, puisqu’on alterne le meilleur avec peut-être pas le pire, mais du franchement moins bon. Il n’empêche que je reste assez curieux de la suite des évènements, notamment de la relation Matt-Foggy et des éventuelles conséquences des derniers évènements sur les pouvoirs de DD. Et comme le volume 4 est dessiné pour l’essentiel par Samnee, je me laisserai peut-être tenter. On verra.

Pour voir : le travail de Marco Checchetto et Chris Samnee
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Daredevil by Mark Waid vol. 2

Le pitch : En possession de l’Omegadrive, Daredevil est au centre de l’attention des cartels du crime, ce qui va lui faire croiser la route de quelques connaissances, amis et ennemis.

L’avis : Après un premier tome délicieux, Mark Waid remet le couvert. Ça démarre plutôt bien avec un épisode de Noël (que certains trouveront peut-être un peu trop plein de bons sentiments) solidement écrit par Waid et surtout remarquablement illustré par Paolo Rivera. Vient ensuite un mini-crossover avec Spiderman (que certains ne trouveront peut-être pas indispensable) avec Black Cat au milieu, ce qui forme un trio amoureux plutôt drôle. Les deux épisodes sont pris en charge par Emma Rios et Kano qui font du bon boulot chacun dans leur genre (que certains trouveront trop différents l’un de l’autre pour faire une lecture homogène). On enchaine avec deux épisodes mettant en scène l’Homme Taupe, plutôt intéressants notamment sur la façon dont ils traitent le rapport au corps des défunts, avec à nouveau le très bon Paolo Rivera au dessin. Enfin, on termine avec un épisode qui règle au moins temporairement le problème Omegadrive, ce qui est une bonne chose car ça commençait à devenir sacrément peu crédible (certains diront d’ailleurs que la résolution est franchement tiré par les cheveux). Khoi Pham réalise ici un travail correct, sans plus.

Dans l’ensemble, tout ceci fait une lecture agréable. Les qualités d’écriture de Mark Waid fournissent quelques très bons moments. Quant au dessin, il est de très bonne facture malgré un manque certain d’homogénéité. Si vous avez l’esprit chagrin et ne lisez que ce qu’il y a entre parenthèses dans ma critique, vous aurez surtout retenu qu’il y a pas mal de bémols à mon enthousiasme, et c’est vrai. C’est bon, mais c’est quand-même sensiblement moins bon que le premier volume. J’enchaine dans la foulée avec le troisième et j’espère sincèrement que la tendance va s’inverser.

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The Sixth Gun vol. 4: A Town Called Penance

Le pitch : Becky part à la recherche de Drake, ce qui l’amène à Penance et son puits auquel il ne vaut mieux pas boire.

L’avis : Les trois premiers épisode de ce tome 3 continuent sur la bonne lancée du précédent. On y retrouve Becky qui se durcit sous l’influence de son arme, Drake qui morfle dans les mains des Chevaliers de Salomon et les habitants de la ville de Penance qui réservent leur lot de surprise. Tout ça est solide et très engageant. Vient ensuite un épisode muet plutôt réussi du point de vue narratif, mais qui souffre d’un manque de crédibilité dans les scènes d’action. J’avais déjà noté le problème dans le tome précédent et je trouve un peu dommage que ça se répète. L’épisode suivant conclut de façon satisfaisante le sauvetage de Drake par Becky et pose quelques jalons pour la suite de l’histoire. Dans tout ça, Brian Hurtt fait toujours preuve de la belle régularité qu’on lui connait. Enfin, le dernier épisode nous fait changer de décor, puisqu’il est consacré à Kirby Hale avec des illustrations de Tyler Crook, lui aussi montrant de belles qualités. Bref, voilà encore un très bon tome de The Sixth Gun. Je me suis cependant surpris en fermant le bouquin à avoir envie de voir arriver rapidement la conclusion. Or, d’après la dernière interview de Cullen Bunn que j’ai pu lire, on est parti pour une cinquantaine d’épisodes, soit encore au moins autant que ce qui est déjà paru en TPB. J’espère ne pas me lasser avant l’heure. En tout cas, je signe pour le tome 5, c’est sûr.

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The Walking Dead vol. 17: Something to Fear

Le pitch : Rick décide d’affronter les Saviors, un groupe faisant régner la terreur parmi les communautés alentours, mais il va le payer au prix fort.

L’avis : Ça faisait deux tomes que Kirkman faisait souffler un vent d’optimisme sur The Walking Dead. Bien entendu, personne n’était dupe et on se doutait bien que c’était pour mieux se prendre une grosse claque dans la foulée. Et bien, vous en aurez deux pour le prix d’une, puisque pas moins de deux des protagonistes principaux passent de vie à trépas. La première mort est aussi subite qu’inattendue. A ce titre, ma première impression a été celle d’un gâchis. Pourquoi donc éliminer avec autant de nonchalance un personnage aussi intéressant ? Mais je me suis rapidement rappelé que c’est justement ce qui fait l’intérêt de cette série : tout peut arriver à n’importe quel moment et personne n’est à l’abri. La deuxième mort est beaucoup plus mise en scène et son impact est plus fort, déjà parce qu’il s’agit d’un personnage présent depuis les débuts de la série, et puis aussi par la violence, graphique autant que psychologique, des circonstances de sa mort. Au passage, on découvre Negan, le chef des Saviors. Avec lui, on est pas dans la nuance de gris. C’est un salop de la pire espèce, cruel, froid et calculateur. Bref, vous l’aurez compris, Kirkman fait ce qu’il sait faire de mieux : du scénar choc, asséné à coup de batte de baseball (en l’occurrence, celle de Negan est garnie de fil barbelé, parce que sinon, ça serait trop doux). A côté de ça, il y a relativement peu de matière à réflexion. Kirkman prend tout le même le temps de développer certains de ses personnages, notamment la relation entre Rick et Andrea, Sur le plan technique, comme d’habitude, la narration de Kirkman n’est pas toujours très fluide et les dessins d’Adlard sont toujours aussi solides. Tout ça fait un récit vraiment pas fin, mais qu’on avale en deux coups de cuillère à pot. Simple, brutal, mais efficace, en somme. Allez, la suite, svp !

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Scalped vol. 10: Trail’s End

Le pitch : Un dernier tour de piste pour les protagonistes de la réserve de Prairie Rose.

L’avis : Le tome précédent de Scalped, un des meilleurs de la série, s’est terminé sur un cliffhanger de folie. Voilà donc une bonne raison de se jeter sur ce dizième et ultime volume, mais je dois bien dire que j’avais tout de même une pointe d’appréhension à l’idée que la conclusion de l’histoire ne soit pas à la hauteur de cette fabuleuse série. Et bien, après lecture, aucune déception, loin de là.

De façon surprenante après ce fameux cliffhanger, Jason Aaron coupe les gaz en début de volume. Il introduit même un ellipse de huit mois durant lesquelles la pression retombe complètement. Dash, en particulier, semble apaisé et près à tourner la page. Bien entendu, le calme n’est que temporaire. Jason Aaron relance la machine à coup de pied dans le cul jusqu’à une scène d’affrontement généralisé dans un casino en mode feu d’artifice. Toute cette mécanique de violence est diablement efficace et fait la part belle au personnages, comme toujours. Le seul petit bémol que j’émettrai concerne le relation entre Dash et Red Crow que j’ai trouvé un chouïa forcé par instant. Il y a en particulier une première scène d’affrontement dans un cimetière qui, à mon avis, n’était pas indispensable. Mais ce qui est surtout remarquable dans cette conclusion, et dans le dernier épisode en particulier, c’est la façon dont les personnages ont évolué. Ce qui est assez tragique, c’est que tout ce changement revient à une sorte de chaise musicale. Carol prend la place de Granny poor Bear, Maggie Rock Medicine celle de Carol, Red Crow celle de Catcher, Dino celle de Red Crow. Quant à Dash, il a fait un tour complet pour se rassoir différent, mais à la même place. Dans tout ça, le sentiment est fort que personne, ni chacun des personnages, ni la réserve indienne dans son ensemble, n’a gagné quoi que ce soit dans l’histoire.

Jusqu’au bout, Scalped n’aura pas déçu. C’est pour moi l’une des meilleures séries de BD jamais produites qui s’achève, tous genres confondus. Tout ce que j’espère maintenant, c’est que Jason Aaron arrête de traire la vache à lait Marvel, ou tout du moins arrête de ne faire que ça, car son écriture va me manquer. Quant à R.M. Guéra, excellent sur ce tome cela dit en passant, je le retrouverai avec plaisir sur l’adaptation de Django Unchained, mais j’espère surtout qu’il trouvera un nouveau projet à la hauteur de ce qu’a été Scalped.

Pour voir : rien trouvé pour ce tome, mais vous pouvez toujours jeter un oeil à un ancien numéro
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Absolute Dark Knight

Le pitch : Bien longtemps après avoir abandonné le costume de Batman, Bruce Wayne, écœuré par ce qu’est devenu Gotham, décide de reprendre du service et ça ne convient pas à tout le monde.

L’avis : Je n’ai pas trop l’habitude d’acheter des rééditions au format grand luxe tel que ces Absolute proposés par DC. La seule exception jusqu’ici, je l’ai faite pour Planetary. Alors, pourquoi donc cet Absolute Dark Knight ? Parce que mon édition Zenda en VF de The Dark Knigth Returns ne me satisfaisait plus ? Pour mon amour de cet abruti de Frank Miller ? Ou parce que je n’en pouvais plus de ne jamais avoir lu The Dark Knigth Strikes Again ? Non, rien de tout cela. C’est juste que j’ai eu l’occasion de me l’offrir pour 10€ suite à une monumentale erreur de prix d’Amazon. Merci Amazon ! L’acheter, c’est bien, mais le lire, c’est mieux. J’aurais mis trois ans et demi à le faire. Il faut dire que le bouquin fait son poids et n’est pas facile à manipuler. Difficile de le trimballer dans le tram en allant au boulot. J’ai donc profité d’une semaine de vacances pour enfin lui faire un sort. Résultat ? L’impression est plus que contrastée.

D’un côté, j’ai pris un plaisir certain à lire The Dark Knigth Returns en VO pour la première fois. L’œuvre a plutôt bien vieilli, même au dessin. C’est méchant, nerveux, délicieusement cynique et la narration de Miller a du souffle, sans conteste. Clairement, parmi les classiques des années 80, ce n’est pas le plus subtil, mais il tient quand-même bien sa place.

Avec The Dark Knigth Strikes Again, la chute de niveau est vertigineuse. Il n’y a franchement pas grand chose à garder. Mis à part quelques idées rigolotes (Flash coincé dans sa roue à hamster, par exemple), le scénario n’a pas grand intérêt. La narration est bordélique à souhait, entrecoupée à l’écœurement par les commentaires débiles de téléspectateurs ou de bimbos ridicules. A la fin, je me contentais de diagonaliser ces passages. Quant au dessin, c’est du Frank Miller plus que décontracté. Certaines pleines pages ne valent même pas une dédicace faite en 3 minutes sur un coin de table et ce n’est pas la colorisation criarde qui va combler le vide. Bref, Frank Miller a fait un énorme pied de nez à DC tout en encaissant leur chèque, sauf que, au passage, il s’est aussi royalement foutu de la gueule de ses lecteurs.

Au final, je ne suis pas mécontent de mon investissement. Dix euros pour la VO d’un classique dans une emballage de très belle facture, c’est parfait. Pour pouvoir vraiment en profiter, il faut juste oublier la seconde partie de l’ouvrage.

Pour voir : la planche la plus célèbre de DKR
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