Fables vol. 18: Cubs in Toyland

Le pitch : Therese a reçu un drôle de cadeau de Noël, un bateau en plastique qui lui parle et qui va l’inciter à partir de chez elle pour devenir la reine d’un monde de jouets. L’aventure va être moins amusante que prévue.

L’avis : Après Inherit the Wind, ce nouvel opus de Fables est à nouveau centré sur les loupiots de Bigby et Snow. D’ailleurs, les premiers épisodes m’ont fait la même impression que le tome précédent, celle d’un histoire pas désagréable, mais pas franchement passionnante, dont l’intérêt réside surtout dans les dessins de Mark Buckingham. Comme, en plus, cette histoire de sombre monde des jouets fait furieusement penser à The Stuff of Legend, ce n’est pas dans l’originalité que la série allait trouver son salut. Mais l’histoire avançant, le récit prend un tour véritablement noir et dur, avec beaucoup de violence physique et psychologique pour les enfants et leurs compagnons. C’est une véritable rupture dans la mesure où les petits Wolf étaient jusqu’ici signes de joie, d’insouciance et de légèreté dans l’univers de Fables. Les évènements racontés ici changent radicalement la donne et je suis très curieux de voir comment Bigby, Snow et le reste de leurs enfants vont réagir à tout ça. L’ouvrage se conclut par un retour vers le passé de Bigby, du temps où il était le monstre qui terrorisait tout le monde. L’histoire le met face à son destin qui lui est prédit par une sorcière. C’est plutôt bien écrit et surtout très joliment illustré par le trop rare Gene Ha. Donc, au final, malgré un début plutôt tiède, Fables prouve qu’il en a encore sous la godasse et c’est tant mieux.

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The Boys vol. 12: The Bloody Doors Off

Le pitch : Après la bataille finale avec les superhéros, Butcher met en place la dernière phase de son plan caché. Il trouve sur sa route le reste des Boys.

L’avis : Ca y est, cette fois, c’est bien fini et autant dire que Garth Ennis fait tout pour qu’il n’y ait pas de suite possible, en tout cas pas avec les mêmes personnages. La série aurait très bien pu se conclure avec le tome précédent, mais Garth Ennis a voulu mener l’histoire jusqu’au bout, affirmant par cela le fait que les cinq Boys forment le cœur de la série, bien plus que l’affrontement avec les superhéros débauchés. Nombre d’éléments d’intrigue restés en suspend sont résolus au passage dans un récit bien construit. La première partie ménage bien le suspense. La suite m’a laissé une impression assez mitigée. Difficile de dire exactement pourquoi sans dévoiler l’intrigue à ceux qui ne l’ont pas encore lu. Disons sans rentrer dans les détails que, côté pour, il y a une certaine logique aux évènements et que certaines scènes ont une vrai qualité émotionnelle. Côté contre, j’ai trouvé la psychologie de Butcher un peu difficile à accepter. Son jusqu’au-boutisme meurtrier contrebalancé par son rapport à Hughie est franchement tortueux et j’ai eu un peu de mal à adhérer. Quant à Hughie, je l’ai trouvé un peu trop geignard et facilement manipulable pour apprécier pleinement son rôle dans cette histoire. Côté dessin, Russ Braun mène la barque efficacement sur la plus grosse partie de l’ouvrage. Pour le dernier épisode, il cède la main à Darick Robertson qui vient conclure ce qu’il avait commencé, sans esbroufe, mais les lecteurs de la première heure apprécieront. Bref, ce n’est pas la fin marquante que j’aurais souhaitée, mais ça reste une conclusion satisfaisante à une série sans équivalent. Je pense que la série avait fait son temps et je la vois se terminer sans regret, mais c’est vrai que j’aimerais lui trouver un successeur et que, pour l’instant, je ne vois pas.

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Spécial Origines

Le pitch : La vie vue par un gamin d’une dizaine d’années fan de superhéros Marvel dans les années 80.

L’avis : Une fois n’est pas coutume, je fais la promo d’un comics auto-produit, français de surcroit. Il faut dire que ce Spécial Origines est un vrai coup de cœur. Ça tient en partie au fait que l’auteur et moi avons beaucoup en commun, à commencer par notre passion du comics ancrée dans l’enfance. Le premier comics du petit Fred, 9 ans, le Strange Special Origines n°163bis fut l’un de mes tout premier comics. Pour être précis, je me souviens encore de mon premier Strange, le n°158, acheté sur une aire d’autoroute en allant aux sports d’hivers. Le second fut le 163, suivit de la plupart des parutions Lug sorties cet été de 1983, y compris ce fameux Spécial Origines. Bref, Fred Boot et moi avons le même âge, la même passion et nous sommes aussi issus du même milieu social, ce qui n’est pas sans incidence, car j’ai beaucoup aimé la façon tendre et cruelle à la fois avec laquelle Fred Boot croque les classes populaires des années 80. J’ai beaucoup aimé aussi l’intelligence avec laquelle il détourne plein d’éléments clés dans l’univers Marvel de l’époque pour les intégrer dans la vie réelle. Bien entendu, ceux qui n’ont pas les références risquent de passer à côté. Cela dit, j’invite tout le monde à lire les dix courtes histoires de ce bouquin, car c’est avant tout une BD remarquablement bien écrite et illustrée, un petit bijou d’humour, qui sait être touchant par instant.

Fred Boot publie ses histoires sur la toile et vous pouvez profiter de tout ça gratuitement en suivant le lien ci-dessous. Il a également réussi à financer en crowdfunding un tirage papier de belle qualité. La plupart ont déjà été distribué aux financeurs, mais, si vous aussi vous vous régalez des planches en lignes, vous pourrez lui dire merci en payant 5€ (frais de port inclus) pour acquérir un des exemplaires restants. Avec un peu de chances, vous aurez peut-être même droit comme moi à une dédicace personnalisée… de Martian Manhunter, bien-sûr.

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Fatale vol. 2: The Devil’s Business

Le pitch : Dans les années 70, Josephine vit recluse avec sa bonne pour seule compagnie, mais l’irruption dans son jardin d’un acteur raté en possession d’une mystérieuse bobine et de sa copine blessée par la secte du coin va la forcer à affronter à nouveau ses démons.

L’avis : J’ai beaucoup aimé le premier tome de Fatale, même s’il m’a laissé un peu sur ma faim en première lecture. A la relecture, je me suis régalé, surtout que j’avais la suite sous la main. Pas de frustration cette fois. Avec ce tome 2, on fait un bond de 20 ans dans le temps pour se retrouver en pleine débauche hollywoodienne, avec des orgies qui fleurent bon le satanisme. Jo, elle, est loin de participer à tout ça. Elle est en mode ermite, ce qui est le meilleur moyen pour elle de contrôler sa malédiction. A la fin du bouquin, elle s’assume mieux et reprend une attitude beaucoup offensive. L’évolution du personnage au fil de l’histoire est vraiment intéressante. Miles, l’autre protagoniste principal de l’histoire, est un peu moins bien développé et je ne me suis guère ému de son sort. Cela dit, le récit est accrocheur et mené avec beaucoup de maîtrise par Ed Brubaker, avec Sean Philips égal à lui-même au dessin. Donc, au final, ce n’est peut-être pas le plus marquant des chapitres de la collaboration entre les deux hommes, mais ça reste de la très bonne came dont je suis curieux de connaître la suite.

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Northlanders vol. 7: The Icelandic Trilogy

Le pitch : Les quatre premiers siècles de l’histoire islandaise vus au travers du destin d’une famille et d’un clan.

L’avis : Pour le dernier tome de la série, Brian Wood se voulait ambitieux en racontant l’histoire de l’Islande dans le cadre d’une trilogie couvrant trois générations. On assiste d’abord à l’installation d’une famille fuyant la monarchie norvégienne, puis à l’arrivée du christianisme, puis à la fin de la logique des clans pour aller vers une société plus globale et politisée. Tout ça est fort intéressant d’un certain point de vue et Brian Wood arrive par moment à rendre son récit accrocheur en s’appuyant sur des personnages bien campés. Malheureusement, le récit est inégal. Entre deux bons moments, je me suis surpris parfois à m’ennuyer et, comme parfois avec Wood, certains ressorts du scénario manque cruellement de finesse. Les dernières pages forment une belle conclusion à ce volume particulier et à la série en générale, cela dit.

Côté dessin, trois actes égal trois dessinateurs dont aucun ne démérite, ni ne brille. Paul Azaceta fait du bon boulot, mais est moins précis dans l’exécution que ce qu’il a pu faire sur B.P.R.D., par exemple. Sur le second acte, Declan Shalvey m’a fait une forte première impression, mais ne m’a pas plus emballé que ça au final, la faute à un certain manque de subtilité dans l’expression des personnages. Enfin, Danijel Zezelj assure, comme d’habitude, mais on l’a vu plus inspiré.

Bref, tout ça ne fait pas une mauvaise lecture, mais c’est loin d’être un bouquet final. En fait, ce dernier tome est à l’image de la série dans son ensemble, et même plus généralement du travail de Brian Wood, brillant par moment dans l’écriture, mais souvent inégal. Il faut croire que les moments de brillance surpassent le reste, car il fort probable que je le suive sur les aventures d’un autre barbare, j’ai nommé le Conan qu’il a repris chez Dark Horse. Je dis ça, mais j’avais prévu de suivre The Massive après l’arrêt de DMZ et je ne l’ai pas fait. Qui vivra verra…

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Hawkeye vol. 1: My Life As A Weapon

Le pitch : Les aventures de Hawkeye (ou plutôt des Hawkeyes, le vieux et la jeunette) lorsqu’il n’est pas avec les Avengers.

L’avis : Voilà une série qui a réussi à attirer des critiques dithyrambiques quasi-unanimes et, sans aller comme certains jusqu’à crier au chef d’œuvre, je ne vais pas être très original. En effet, il y a plein de bonnes choses à en dire. Matt Fraction a réussi un coup de maître en traitant un personnage sans grand intérêt a priori avec beaucoup d’intelligence et de maitrise. C’est du comics de superhéros qui ne se prend pas au sérieux, et qui mêle humour et action avec beaucoup de virtuosité narrative. Les trois premiers épisodes, qui sont autant d’histoires courtes, sont particulièrement délicieux. Il doivent beaucoup à David Aja, non seulement techniquement irréprochable, mais visiblement complètement en phase avec son scénariste pour proposer une mise en scène originale et pimentée. Les deux épisodes qui suivent paraissent presque banals par comparaison, mais ce ne serait pas faire justice à Javier Pulido que de dire cela. Lui aussi fait du très bon boulot. Le recueil se conclut par un épisode des Young Avengers qui met en scène la première rencontre entre Clint Barton et celle qui a pris son nom lorsque tout le monde le croyait mort. Pour la peine, l’impression de classicisme est cette fois très nette, et ceci pour deux raisons. Primo, Matt Fraction ne propose sur ce coup rien de bien original. Secundo, c’est Alan Davis au dessin, toujours aussi efficace avec la même recette depuis les années 80. Bref, ce dernier épisode est loin d’être désagréable, mais il n’apporte pas grand chose, si ce n’est un petit arrière-goût amer de s’être fait fourgué quelques pages de plus pour faire monter le prix. Une mauvaise habitude chez Marvel. Ce n’est pas ça qui a gâché mon plaisir et je signe sans hésitation pour la suite.

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Hard Time: 50 to Life & Sixteen

Le pitch : Avec son pote, Ethan, 15 ans, veut donner une leçon aux gars de son bahut qui le respectent pas. Ce qui ne devait être qu’un coup d’éclat dérape, avec morts et blessés à la clé. Condamné à 50 ans de prison, l’adolescent se voit enfermé, mais il découvre en même temps que son esprit peut s’évader de son corps en sommeil.

L’avis : Hard Time, c’est l’histoire d’une série de grande qualité injustement boudée par les lecteurs. C’est aussi l’histoire d’une aberration de la politique éditoriale de DC. Le premier recueil, 50 to Life, est sorti en 2004, mais n’a as eu de suite. Jusqu’ici rien de vraiment anormal, puisqu’on imagine que l’opération n’aurait pas été rentable. Mais alors pourquoi donc sortir ce volume 2 huit ans plus tard, soit quatre ans après la mort du scénariste, sans même rééditer le tome 1 ? Mystère, mais ce n’est pas moi qui vais me plaindre, car j’avais très envie de lire la suite.

Et quel plaisir j’ai eu à relire 50 to Life puis à enchainer avec Sixteen ! Hard Time, c’est la rencontre heureuse entre un récit carcéral, avec sa dose de de claustrophobie, de violence, et de tension entre gangs communautaires, et un récit fantastique qui dévoile progressivement la nature des pouvoirs d’extra-corporéalité d’Ethan. Steve Gerber maitrise son sujet, avec une narration bien rythmée, des dialogues crédibles et une galerie de personnages bien campés. Quant à Brian Hurtt, il livre un travail de grande qualité, toujours très régulier, égal à ce qu’il a pu faire sur Queen & Country, The Damned ou The Sixth Gun.

Le dernier épisode de Sixteen m’a laissé penser que Steve Gerber accélérait le rythme du récit pour conclure son histoire, mais, à ma grande surprise, il a ouvert de nombreuses portes pour la suite. En même temps, la dernière page se conclut par un « What a shame » que j’ai interprété comme l’expression d’un regret de l’auteur de ne pouvoir continuer. Peut-être le sort de la série était-il incertain à l’époque. Quoi qu’il en soit, il se trouve que Hard Time a bel et bien eu une suite quelques mois plus tard, avant d’être définitivement annulée sept épisodes plus tard. Tout ce que j’espère maintenant, c’est que les gens de DC vont être cohérents et publier un troisième recueil. Toujours rien d’annoncé, ce qui n’est pas bon signe. Si rien ne vient, ce ne sera pas quel dommage, mais quel honte pour eux.

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Animal Man vol. 2: Animal vs. Man

Le pitch : Buddy Baker se retrouve sur la route avec sa famille, mais ils ne vont pas tarder à se faire rattraper par les forces du Rot.

L’avis : Après un premier tome réussi, j’ai eu peur que cette série s’essouffle dès l’entame du second. Les deux premiers épisodes ne m’ont en effet pas franchement convaincu, la faute à une intrigue qui avance peu, un personnage secondaire (la belle-mère) insupportable et un dessin inconsistant, puisque Travel Foreman et Steve Pugh, aux styles très différents, se partagent le boulot. Au troisième épisode, Travel Foreman quitte le navire et Steve Pugh montre enfin toutes ses capacités à illustrer un titre d’horreur graphique tel qu’Animal Man. Ensuite, changement de style avec Timothy Green II qui fait lui aussi un très bon boulot sur l’Annual de la série. C’est l’occasion pour Jeff Lemire de nous ramener fin XIXème pour raconter l’histoire d’un ancien Animal Man au destin très parallèle à celui de Buddy Baker. Après cette petite digression, on revient dans le présent et Buddy rencontre les Totems du Red, subit quelques transformations et retrouve sa famille. Steve Pugh reprend la main, puis la cède à Alberto Ponticelli, puis la reprend à nouveau pour l’épisode 0 qui revient sur les origines d’Animal Man. Vous l’aurez compris, côté dessin, ça ne tient pas en place, mais on ne va se plaindre, car, mis à part les deux premiers épisodes, c’est plutôt du travail de grande qualité. Le scénario aussi tient bien la route, avec quelques bonnes idées qui rendent attrayante cette espèce de mythologie selon laquelle le monde est gouverné entre trois forces à l’équilibre précaire. Quant aux personnages, si la belle-mère est effectivement à flinguer, les enfants, eux, sont très bien écrits. La suite, ce sera le crossover avec Swamp Thing, qui, j’espère, ne fera pas retomber le soufflet.

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