The Manhattan Projects vol. 2

Le pitch : Les membres du projet Manhattan font copain-copain avec leur homologues russes et affrontent de bien loufoques maîtres du monde.

L’avis : J’ai beaucoup apprécié la mise en branle de cette série et le tome 2 ne déçoit pas, même si, de façon assez surprenante, Jonathan Hickman ne rebondit pas sur les derniers évènements du tome précédent. On verra ce qu’Einstein nous réserve plus tard. Pour les reste, c’est du même acabit : un récit loufoque, intelligemment écrit, habité par des personnages hauts en couleur. C’est un peu du grand n’importe quoi, mais du genre jubilatoire, alors on ne va pas se plaindre. Côté dessin, l’impression de raideur que j’ai pu avoir en première lecture a complètement disparu, et ce ne sont pourtant pas les scènes d’action qui manquent. Nick Pitarra a fini de me convaincre. Le dernier épisode, qui introduit la guerre interne s’opérant au sein de la psyché d’Oppenheimer, est particulièrement réussit. Conclusion : j’en redemande.

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Batman vol. 1: The Court of Owls

Le pitch : Bruce wayne, de retour à Gotham, affronte une société secrète et leur exécuteur, qu’il croyait n’être que des légendes urbaines.

L’avis : Il y a quelques semaines, je vous disais tout le bien que je pensais du Batman: The Black Mirror de Scott Snyder, allant même jusqu’à lui décerner un de mes rares A+. Je n’irai pas jusque là pour le premier tome de son run sur la nouvelle série régulière Batman, mais ça ne veut pas dire que Snyder n’a pas frappé un nouveau coup gagnant. Ça reste extrêmement bien écrit, efficace et bien dialogué, avec des cliffhangers savamment dosés à chaque fin d’épisode, ce qui fait que le bouquin est difficile à reposer. La réussite est d’autant plus remarquable que Snyder ne s’appuie sur aucun des ennemis habituels de Batman. Au contraire, il introduit et réussit à rendre intéressants sa Cour des Hiboux et leur assassin, The Talon, même si, en soi, l’existence de cette société depuis des lustres au sein de Gotham sans que Batman n’en est la même idée (et même refuse obstinément d’y croire) m’a semblé assez improbable.

Côté dessin, on retrouve Greg Capullo qui est enfin sorti de l’ornière Spawn dans laquelle il gâchait son talent. Son travail ici est vivant, dynamique et diablement efficace dans les scènes d’action. Il n’y a guère que certains visages qui m’ont un peu gêné, en particulier celui du un peu trop juvénile Bruce Wayne. Cela dit, c’est un bémol mineur et, dans l’ensemble, j’ai trouvé la prestation remarquable.

Allez, vivement la suite !

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Punk Rock Jesus

Le pitch : Une chaine de télévision finance le clonage du Christ pour mettre le nouveau messie au centre d’une émission de téléréalité.

L’avis : Le hasard de la publication en recueil a fait que j’ai lu Punk Rock Jesus peu de temps après Joe the Barbarian. Difficile donc de ne pas faire la comparaison. Et bien, faisons la et comparons d’abord ce qui est le plus directement comparable, c’est-à-dire le dessin de Sean Murphy. Sur ce terrain, je donnerai l’avantage à Punk Rock Jesus, non seulement parce que le noir et blanc va comme un gant au trait de Murphy, mais aussi parce que l’artiste se lâche nettement plus. Ses designs sont extravagants (quelles motos de folies !) et il y a plus de rage dans la mise en scène. Vraiment, je me suis régalé encore une fois.

Côté scénario, l’écriture de Sean Murphy n’a pas grand chose à voir avec celle de Grant Morrison sur Joe. L’idée de départ (cf. le pitch) est excellente. C’est pour l’auteur l’occasion de proposer un satire au vitriol de la télé réalité et de la religion. Le vitriol, ça brûle, ça défigure et autant dire que ça ne fait pas forcément dans à subtilité. A priori, l’agnostique convaincu que je suis est la cible idéale pour apprécier un tel brûlot anti-religieux, mais j’ai quand-même trouvé les personnages franchement caricaturaux par moment. Il n’y a pas un chrétien pour racheter la horde d’extrémistes qui s’agitent dans le récit. Dans l’ensemble, les personnages sont taillés à la hache. Alors, d’un certain point de vue, c’est très punk et donc parfaitement cohérent avec le titre, mais ça fait une lecture dont les ressorts sont un peu raides pour être vraiment efficaces.

Malgré ce bémol, Punk Rock Jesus reste une lecture très recommandable, que je déconseillerais juste aux croyants un tant soit peu allergique à la remise en cause de leur foi.

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