Animal Man vol. 3: Rotworld: The Red Kingdom

Le pitch : Animal Man et Swamp Thing s’allient pour aller affronter Anton Arcane sur son terrain.

L’avis : Voici donc le premier volume du crossover Rotworld entre Animal Man et Swamp Thing. Comme je le disais précédemment, je redoutais un peu ce que ça allait donner. J’ai bien cru que j’allais être agréablement surpris, car l’entame du recueil n’est pas si mauvaise que ça. J’ai suivi avec intérêt les récits parallèles concernant, d’une part, la descente d’Animal Man et Swamp Thing dans le monde du Rot et, d’autre part, Maxine, sa famille et leurs adversaire. Dans les deux cas, la dimension horrifique du récit est toujours aussi réussie, notamment sur les parties prise en charge par Steve Pugh. J’ai aussi bien aimé d’une certaine façon le monde apocalyptique dans lequel se retrouve Animal Man et la relecture des différents héros DC ayant survécu. Malheureusement, tout ça évolue comme on pouvait s’y attendre vers une grosse baston généralisée sans grand intérêt, d’autant que la confrontation finale est illustrée par un Andy Belanger, loin d’être convaincant. Pire, cet épisode réintroduit Swamp Thing qui a visiblement œuvré de son côté (sans qu’on sache quoi exactement) et qui arrive avec une solution toute faite pour changer le cours de l’affrontement. Pour le lecteur, c’est tout bonnement insupportable. C’est l’exemple type du crossover qui perd tout intérêt lorsqu’il est mal compilé en TPB. Heureusement, l’épilogue atténue un peu le désastre. Le récit se recentre sur Animal Man, un des personnages meurt (avec un impact émotionnel immédiat moins fort que ce qu’il aurait pu être), les funérailles sont touchantes et bouleversent le status quo.

Au final, ce qui est sûr, c’est que ce crossover va faire au moins une victime, Swamp Thing. Hors de question que j’achète le TPB correspondant en sachant déjà le fin mot de l’histoire, uniquement pour boucher les trous. Si on regarde les textes de sollicitation, il semblerait même que des épisodes soient reproduits dans les deux TPB, ce qui serait le pompon. Je ne vais même pas chercher à vérifier, j’arrête la série, point barre. Quant à Animal Man, je ne sais pas encore. Les deux derniers épisodes me laisse l’espoir de quelques bonnes histoires encore. On verra.

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Locke & Key vol. 5: Clockworks

Le pitch : Grâce à une nouvelle clé, les enfants Locke explorent le passé et découvrent les origines de leurs problèmes.

L’avis : Le cinquième et avant-dernier tome de Locke & Key est celui des grandes révélations. D’où viennent les clés, que se cache-t-il dans les grottes, comment Dodge/Zack est-il devenu ce qu’il est ? Toutes ces questions trouvent leurs réponses, ce qui est forcément assez satisfaisant pour le lecteur. Ce que j’ai particulièrement apprécié également, c’est que la découverte de l’histoire du père des enfants et de ses compagnons met beaucoup de lien à tout un ensemble d’évènements des tomes précédents. Chacun des personnages de l’entourage du père avait été traité dans le présent indépendamment des autres et, tout d’un coup, on découvre leurs relations et comment cela a déterminé leur devenir. Tout ça laisse relativement peu de places aux protagonistes habituels, mais l’intrigue qui les concerne avance tout de même, avec quelques scènes marquantes. Tout est en place maintenant pour le grand final dont l’issue semble bien imprévisible. Côté dessin, rien à dire de plus que ce que j’ai déjà dit. Gabriel Rodriguez est remarquable de constance et de justesse. Bref, j’en redemande et comme le prochain tome sera le dernier, je vais forcément l’ouvrir avec fébrilité.

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Fatale vol. 3: West of Hell

Le pitch : A travers les époques, Josephine et celles qui l’ont précédée doivent conjuguer avec le pouvoir maudit dont elles disposent.

L’avis : Contrairement aux tomes précédents, le récit que nous propose Ed Brubaker et Sean Philips n’est pas centré uniquement sur Josephine. A la place, on a le droit à une collection d’épisodes indépendants se déroulant au moyen-âge en France, au XIXème dans l’ouest américain, pendant la seconde guerre mondiale, et j’en passe. Tout cela permet de prendre un peu de recul et de mettre en perspective la nature du pouvoir que Joséphine exerce sur les hommes. Toutefois, Brubaker ne lève pas véritablement le voile sur la nature exacte du mystère. Certains regretteront peut-être la brièveté de chacun des récits. Moi, je me suis régalé avec chacune de ces pépites, avec juste un petit bémol sur le dernier épisode que j’ai trouvé moins crédible. Côté dessin, pas le moindre bémol, c’est un sans faute de Sean Philips, au sommet de son art. Fatale confirme donc tout son potentiel à envouter le lecteur.

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Prophet vol. 2: Brothers

Le pitch : Le John Prophet original est réveillé, prêt à affronter l’armée de ses clones au service de l’Earth Empire. Pour cela, il part à la recherche d’anciens compagnons d’arme.

L’avis : Le premier tome de Prophet était caractérisé par un récit non-linéaire, totalement fascinant mais qui m’a laissé franchement interrogatif sur les liens entre les différents John Prophet mis en scène. Ce second tome est beaucoup plus linéaire et répond en grande partie à mes interrogations. Cela veut-il dire que Prophet rentre dans le rang et perd de son originalité ? Sûrement pas ! C’est toujours de la SF aussi déglinguée, remplie de bonnes et étranges idées. De façon assez habile, Brandon Graham intègre d’autres personnages de Rob Liefeld, les rendant bien plus intéressants qu’ils ne l’étaient à la base. Côté dessin, c’est Giannis Milonogiannis qui fait l’essentiel du boulot. Son style moebiusien assez brut colle parfaitement à la série. Mais c’est Farel Dalrymple, plus précis, qui m’a le plus enthousiasmé dans l’unique épisode qu’il a pris en charge. Tout ça fait de Prophet une réussite confirmée. Vivement la suite.

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Conan vol. 13: Queen of the Black Coast

Le pitch : Conan échappe par la mer à la justice de la cité d’Argos et tombe rapidement sur le vaisseau puis dans les bras de Bêlit, redoutable reine pirate.

L’avis : Autant le dire d’entrée, je ne suis pas particulièrement fan de Conan. Malgré cela, Dark Horse a réussi à me faire acheter quatre TPB lorsque Kurt Busiek et Cary Nord ont repris le personnage en main il y a déjà quelques années. J’ai fini par me lasser, sans surprise. La série est passée de mains en mains et voilà qu’ils me refont le coup du tandem d’auteurs auquel il est difficile de résister, en l’occurrence Brian Wood et Becky Cloonan.

De fait, je n’ai pas été déçu par cette nouvelle collaboration entre les deux compères. Brian Wood est visiblement très à l’aise avec le personnage. Il nous donne accès à son ressenti au travers d’une voix off très présente, comme il sait bien le faire, avec des émotions plutôt inhabituelles chez ce Conan encore jeune, comme la peur et la passion amoureuse. Becky Cloonan, que je n’aurais a priori pas trop vu sur ce titre, illustre tout ça avec beaucoup d’énergie mais aussi de finesse, montrant encore une fois ses qualités d’artiste protéiforme. Rajoutez à ça les couleurs splendides de Dave Stewart et vous avez un trio gagnant. Sur la seconde moitié du bouquin, c’est James Harren, déjà aperçu sur B.P.R.D., qui reprend le flambeau. C’est moins fin, plus brutal que Becky Cloonan, mais ce n’est pas vraiment un problème, car le scénario fait la part belle à la violence.

A défaut d’être véritablement original, tout ça fait une très bonne lecture que je vais très probablement prolonger d’un tome pour conclure l’histoire avec Bêlit. Ensuite, rien n’est moins sûr, car, quand-même, ça reste du Conan.

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