Hellboy: The Midnight Circus

Le pitch : Hellboy enfant se fait la belle pour aller griller une clope comme un grand, mais il croise un cirque, bien plus intéressant.

L’avis : Voilà une bien belle friandise pour les fans de Hellboy. Mike Mignola met en scène l’enfant-démon tel qu’on peut le voir habituellement dans les pages des B.P.R.D. version années 40. Ce gamin un peu seul, entouré d’adultes dans une base militaire, a envie de grandir, mais il reste un orphelin qui a besoin qu’on s’occupe de lui et qui se raccroche à la figure paternelle du professeur Bruttenholm. Mignola sait indéniablement le rendre attachant. Dans cette petite aventure, Hellboy croise des démons majeurs sans savoir qu’ils le sont et explore le mythe de Pinocchio. C’est un scénario sans prétention qui se lit bien, mais qui pourrait être vite oublié s’il n’était illustré par Duncan Fegredo au sommet de son art. Ses dessins sont vraiment sublimes, avec un travail sur l’encrage de toute beauté, sans oublier les couleurs splendides de Dave Stewart. Vraiment, c’est un pur régal. Finalement, ce qu’on reprochera le plus à cette friandise, c’est qu’elle est un peu petite (56 pages seulement) et diablement chère pour sa taille ($15). Il n’empêche que c’était difficile de résister et que je ne regrette pas d’avoir cédé à la tentation du démon. Vade retro, Fegredo !

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The Manhattan Projects vol. 3

Le pitch : Alors que le projet Manhattan s’est octroyé les moyens de ses ambitions, il va subir deux trahisons successives.

L’avis : Alors que le second tome de The Manhattan Projects m’avait particulièrement plu, celui-ci marque clairement le pas. Pourtant, les personnages sont toujours aussi intéressants, les dessins sont toujours aussi plaisants et la série reste originale et bien exécutée. Ce qui manque juste cette fois plus que les autres, c’est un peu de souffle et de dynamisme dans la construction de l’intrigue. Là, j’ai suivi les rebondissements avec un intérêt somme toute assez limité. Même le deuxième chapitre de la guerre au sein de la psyché d’Oppenheimer, aussi barré soit-il, souffre de la comparaison avec celui du tome précédent. Alors, je n’hésiterai pas à commander le tome 4 quand il sortira, mais j’espère sincèrement que Hickman saura redonner un peu plus de punch à son histoire.

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Battling Boy vol. 1

Le pitch : Haggard West, le héros d’Acropolis, est tombé. Ca tombe bien, le temps était venu pour un jeune dieux adolescent de descendre sur terre pour accomplir les exploits qui feront de lui un adulte. Le voilà donc désigné à sa grande surprise défenseur de la cité.

L’avis : Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu du Paul Pope et c’est avec d’autant plus de plaisir que je me suis plongé dans Battling Boy. Le début de l’ouvrage m’a totalement enthousiasmé. Pope revisite les concepts de base des univers superhéroïques avec une petite touche de Godzilla, une pincée de mythologie et une grosse louche de folie. Il fait ça avec la plus grande liberté, beaucoup d’énergie et ça donne des personnages frais qu’on a envie de suivre dans cette étrange ville-continent d’Acropolis. Une fois tout les éléments en place, mon enthousiasme s’est un peu émoussé. Le récit prend un tour satirique lorsque Battling Boy se retrouve dans le bureau du maire où tout le monde cherche à exploiter ses pouvoirs et son image. Pour la peine, c’est un peu bavard et bordélique. Ensuite, l’action reprend ses droits, avec là aussi une impression de joyeux bordel, jusqu’à la conclusion qui n’en est pas une et qui laisse un petit goût d’inachevé en bouche. Étant donné que la suite n’est pas pour demain, j’aurais préféré une fin un peu plus marquée. Au final, l’impression reste très positive et je lirai sans aucun doute la suite en espérant qu’elle soit à la hauteur de l’entame du bouquin plutôt que de la seconde partie.

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Batman vol. 2: The City of Owls

Le pitch : Bruce Wayne se fait attaquer par la Cour des Hiboux jusque dans la Batcave et va découvrir que cette société touche de très près ses proches.

L’avis : Me voilà bien perplexe suite à la lecture du deuxième tome de la série régulière Batman reprise et corrigée (façon new 52) par Scott Snyder. D’un côté, impossible de nier la qualité de l’exécution de ce comics bourré d’énergie. C’est bien écrit, fort joliment illustré, ce qui fait un récit plaisant à lire sur le plan formel. Oui, mais je suis quand-même très gêné par un certain nombre de choses qui touchent à l’essence même du personnage de Batman. Déjà, nombres d’éléments du scénario ne sont pas crédibles pour un sou, car Batman est ici une espèce de surhomme capable d’encaisser des coups qui abattraient un bataillon tout entier. Lorsqu’il est attaqué et surclassé par une pelleté d’ennemi, la solution réside dans une armure surpuissante. Son identité secrète, un détail voyons, tout le monde sait où se trouve la Batcave. Mais où est donc le détective, l’homme de l’ombre qui résout les difficultés grâce à son intelligence plutôt que par la force ? Si on ajoute à ça un nouveau personnage qui bouleverse ce qu’on sait des parents de Bruce Wayne (sans parler du père d’Alfred), tout ça pour faire mousser cette Cour des Hiboux fraichement sortie du chapeau de Snyder, me voilà bien septique. Alors oui, c’est bien réalisé, mais le manque de crédibilité et la violence faite à ce qui définie l’icône Batman fait que j’ai beaucoup de mal à adhérer. A ce stade, j’hésite franchement à poursuivre.

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Lazarus vol. 1

Le pitch : Dans le futur, le pouvoir est détenu par une poignée de familles. Chacune a son Lazarus, un exécuteur doté de toutes les améliorations que la science peut offrir. Forever, la plus jeune des filles Carlyle, est quasi-immortelle, mais elle ne sait pas tout sur sa véritable nature.

L’avis : Très belle surprise que ce Lazarus. Je redoutais pourtant que Greg Rucka nous sorte le personnage de femme à poigne de trop. Or, Forever n’a pas grand chose à voir pour l’instant avec les héroïnes de Queen & Country, Whiteout ou Batwoman. Tout en étant bien plus redoutable physiquement, on s’étonne de sa fragilité, sous psychotropes à son insu et manipulées par les membres de sa famille. Le personnage central s’avère donc très intéressant. L’autre très bonne surprise est le monde dystopique dans lequel l’histoire se déroule. Sans être d’une grande complexité, il fournit des éléments d’intrigues prometteurs. Si on ajoute la performance au dessin du toujours très bon Michael Lark, ça fait un récit passionnant que j’ai avalé d’une traite. Certes, il n’y a que quatre épisodes et demi dans ce premier tome, mais tout de même, impossible de reposer le bouquin avant la fin. J’espère juste maintenant que la suite sera à la hauteur de cette entame vraiment très réussie.

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