Sex vol. 1: The Summer of Hard

Le pitch : Le protecteur de Saturn City a rangé son costume de Batman super-héros pour reprendre celui de Bruce Wayne businessman, et ce n’est pas sans difficulté pour lui. Pendant ce temps, Robin son ancien sidekick fait la plonge dans un resto, Catwoman une de ses ancienne adversaire tient un bordel et d’autres laissent libre court à leur brutalité.

L’avis : Écrire sur cette nouvelle série de Joe Casey n’est pas forcément chose facile, car elle échappe pour l’instant à toute catégorisation. C’est un comics de superhéros sans superhéros, un comics libidineux avec juste quelques scènes de sexe assez superficielles et qui n’ont franchement pas grand chose d’émoustillant. Alors qu’est-ce donc ? En substance, je dirais que c’est une histoire 100% character-driven, comme diraient les américains, car l’essentiel du propos est de développer un ensemble de personnages qui, pour l’instant, n’interagissent presque pas. Le rythme de la narration est très lent et il ne se passent pratiquement rien qui fasse avancer l’intrigue pendant les huit épisodes qui composent ce premier recueil. Nous avons donc une série qui n’a pas grand chose en commun avec ce qu’elle est sensée être et qui n’avance pas. Est-ce pour autant un mauvais comics ? Pas du tout, à mon avis.

Ce que j’ai apprécié avant tout, c’est l’ambiance générale, assez fascinante. Joe Casey arrive indubitablement à donner du corps à ses personnages et, au-delà, à la ville dans laquelle ils évoluent. La qualité de l’écriture y est pour quelque chose, le dessin de Piotr Kowalski aussi. Son style réaliste très européen s’assoit sur des qualités techniques indéniables. J’étais assez dubitatif au premier abord vis-à-vis de sa colorisation franchement bariolée, mais finalement, je trouve que ça participe à la définition de l’identité de la ville. En revanche, le lettrage franco-belge affublé de surlignages colorés est d’un goût douteux et parasite la lecture.

Au final, l’œuvre est originale et l’impression positive. Même si on peut légitimement être impatient de voir les évènements se mettre en branle, j’ai envie d’accorder le bénéfice du doute à Joe Casey. J’ai l’impression qu’il sait où il va et que Sex réserve son lot de surprise. La lecture du tome 2 sera décisive.

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The Walking Dead vol. 20: All Out War Part 1

Le pitch : Attaque et contre-attaque dans la guerre qui oppose Rick et Negan.

L’avis : La mèche allumée dans le tome précédent atteint la poudre dans celui-ci et, forcément, ça fait des dégâts. La première phase de l’affrontement se fait pourtant sans trop de victimes, ce qui donne presque la sensation que le plan échafaudé par Rick va limiter la casse. Dans la seconde partie, c’est l’hécatombe, ce qui rajoute de l’intensité à un récit déjà bien tendu au niveau du rythme. La narration est vraiment efficace et j’ai très clairement envie de savoir comment tout ça va se finir. Parti comme c’est, la guerre va couter très cher, autant sur le plan humain que matériel. Mais n’est-ce pas le propre de la guerre ? Côté dessin, Charlie Adlard assure toujours sa tâche aussi efficacement, mais il faut noter qu’il cède l’encrage à Stefano Gaudiano, ce qui fait gagner le dessin en luminosité et en détail. Ce n’est à mon avis ni mieux ni moins bien que l’encrage plus lourd mais très maitrisé d’Adlard ; c’est juste différent. En tout cas, vivement la suite.

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The Walking Dead vol. 19: March to War

Le pitch : Rick prépare la révolte contre Negan.

L’avis : The Walking Dead continue son long bonhomme de chemin avec un tome que j’ai trouvé globalement réussi, malgré quelques petits bémols.

Du côté des bonnes choses, un scénario toujours aussi efficace. Pendant l’essentiel du bouquin, on assiste aux préparatifs secrets des trois villages pour une attaque organisée de Negan. C’est l’occasion de mettre l’accent sur certains des personnages. Je retiendrais surtout Ezequiel, qu’on découvre un peu mieux, et Negan, l’archétype du salop qu’on aime détester. C’est là une des forces de Kirkman, qui bouscule constamment le status quo non seulement en tuant des personnages majeurs, mais aussi en sachant exploiter de nouvelles têtes. Une autre de ses qualités qu’on voit à l’œuvre, c’est sa capacité à surprendre, à créer des ruptures de rythme et à faire furieusement monter la tension. C’est le cas cette fois à cause d’une décision impulsive de Rick qui fait basculer le récit dans une phase d’une rare intensité. Tout ça, ça n’est que du bon.

Côté bémol, on retrouve un script parfois trop haché et des dialogues un peu lourdauds. Comme d’habitude, en somme. Ce qui est moins habituel, c’est le recours à un artifice assez ridicule, celui qui consiste à désarmer un adversaire en lui tirant dans la main. Ca passe dans un Lucky Luke ou même dans un comics de super-héros, mais dans un récit qui se veut aussi réaliste que The Walking Dead, c’est juste ridicule. Le meilleur moyen de désarmer quelqu’un à distance sans le tuer, ce n’est surement pas de viser la main et quand bien même, on y arriverait, il y a toutes les chances que la main soit à moitié arrachée au passage. J’imagine que Kirkman le sait, mais qu’il s’est dit que c’était une scène tellement déjà vue que ça passerait comme une lettre à la poste. Bref, il a choisi la solution de facilité pour créer son rebondissement et c’est dommage.

Bref, un tome globalement très bon avec des ratés dans le détail. C’est comme un bon gros plat de cervelle gluante avec des petits bouts d’os dedans. Il suffit de cracher les trucs durs sans trop se poser de question pour apprécier la barbaque. Brains !!!

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Lone Wolf & Cub Omnibus vol. 3

Le pitch : Ogami Itto et son fils, toujours sur la voie de l’assassin, enchainent les contrats.

L’avis : Que dire de plus que ce que j’ai déjà dit du titre que j’ai placé en tête de mon Best of 2013 si ce n’est qu’il figurera sans aucun doute sur celui de 2014. Les treize épisodes qui constituent ce troisième omnibus sont autant de réussite en termes de narrations. Pourtant, même si la structure de l’histoire peut varier, c’est souvent un peu la même chose, avec en conclusion avec Ogami Itto qui exécute sans coup férir sa cible. Oui, mais chaque histoire réserve sa part de surprise ou des éléments de contextes fascinants pour qui découvre le japon médiéval. Et puis, le dessin a toujours autant de souffle et de maîtrise que c’en est un régal pour les yeux. Dans ces conditions, j’ai bien failli attribuer à la série un troisième A+ consécutif. Si je ne l’ai pas fait, c’est pour deux bémols totalement mineurs. Primo, le héros enchaine les contrats, mais rien de plus, ou presque, alors que j’aurais aimé voir sa quête de vengeance avancer un peu plus. Secundo, il y a quelques scènes qui visent à expliquer certains éléments de contexte que j’ai trouvé un peu didactiques. Même si a posteriori, je trouvais que l’explication se justifiait, je les ai trouvé un peu bavardes sur le coup. Mais bon, je le répète, ces bémols sont complètement occultés par la maestria de l’ensemble. Un chef d’œuvre que je ne saurais que trop vous recommander.

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