Richard Stark’s Parker: Slayground

Le pitch : Après un casse qui dérape (littéralement), Parker se retrouve retranché dans un parc d’attraction fermé pour l’hiver.

L’avis : Peu de chose à dire de plus que ce que j’ai déjà écrit sur les trois tomes précédents. Darwyn Cooke nous offre une fois de plus une belle tranche de polar taillé dans le filet. Quand je dis belle, c’est en terme de qualité, mais pas de quantité, puisque ce volume est sensiblement plus court que les précédents, et ce malgré une histoire courte d’une dizaine de page qui vient compléter l’histoire principale. Certains regretteront le goût de trop peu que l’ouvrage laisse ne bouche. Sur le fond, l’intrigue n’a rien de renversant. C’est du polar très classique, très riche en action et peu porté sur le développement des personnages. Parker est toujours aussi balèze, à la limite de la crédibilité. Mais là où Darwyn Cooke excelle, encore et toujours, c’est sur la narration. Quelle virtuosité ! Quel rythme ! Je me suis encore régalé devant tant de maîtrise, même si ce fut trop court.

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Mouse Guard: Legends of the Guard vol. 2

Le pitch : June Alley organise un nouveau concours de contes dans sa taverne avec pour récompense pour le gagnant l’ardoise de l’année effacée.

L’avis : Malgré la vraie déception que m’avait procurée le premier volume de Legends of the Guard, je n’ai pas résisté à l’envie d’acheter son successeur, tellement j’aime l’univers de David Petersen. Pendant la première moitié de l’ouvrage, j’ai bien cru que mon impression allait être la même : un enchainement de récits trop courts et pas toujours très inspirés ne font pas un bon recueil. En plus, j’ai trouvé les dessins un cran en dessous de ceux du premier tome, avec des styles graphiques pas toujours adaptés à Mouse Guard. Cependant, à partir du récit d’Eric Cannete et jusqu’à la fin, j’ai nettement plus apprécié, comme si David Petersen avait gardé ses meilleurs cartouches pour la fin. Malgré tout, les scènes de transition prises en main par Petersen lui-même surnagent au milieu de tout, ce qui démontre encore plus tout le talent du bonhomme. Alors voilà, très clairement, ces Legends of the Guard n’ont pas le souffle de la série dont ils dérivent, mais ça vaut tout de même le détour.

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100 Bullets: The Deluxe Edition Book 5

Le pitch : La confrontation finale entre Graves, qui a bien du mal à tenir ses Minutemen, et les différentes familles du Trust, qui s’entredéchirent.

L’avis : Voici enfin venue la conclusion de ce qui est sans aucun doute un des polars de référence du comics américain. Malheureusement, en ce qui me concerne, elle s’avère relativement décevante. Ce que je redoutais en conclusion de ma critique du tome précédent s’est pleinement réalisé. Azzarello jongle avec une flopée de personnages dont il est de plus en plus difficile de savoir quel rôles ils ont dans l’histoire. Le moins que l’ont puisse dire, c’est que le scénariste ne cherche pas à faciliter le travail du lecteur. Or, même si j’aime les histoires complexes, mon principe est que si je suis obligé de prendre des notes pour m’y retrouver, c’est que le scénariste a mal fait son travail. Donc, pendant l’essentiel de l’ouvrage, je me suis retrouvé dans la situation assez inconfortable d’apprécier les détails de ce que je lisais – car il y a indubitablement des moments de brillance dans ce cinquième tome – tout en n’ayant qu’une vision très floue du tableau complet. En outre, j’ai trouvé la conclusion sans finesse. Les personnages tombent les uns après les autres comme des dominos mal rangés. Sur le dernier épisode, même Eduardo Risso semble peu inspiré, alors qu’il est exemplaire par ailleurs. Au final, 100 Bullets m’aura totalement enthousiasmé pendant trois tomes et demi, soit tout de même environ 70 épisodes, ce qui n’est pas rien et qui justifie en soi la réputation de la série. Puis, elle m’aura perdu en cours de route sans même m’offrir la jolie pirouette finale que j’attendais. Dommage !

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Abe Sapien vol. 3: Dark and Terrible & the New Race of Man

Le pitch : En fuite du B.P.R.D., Abe se cherche avec un corps nouveau et dans un monde envahi par les monstres.

L’avis : Bien qu’estampillé vol. 3, il s’agit ici du premier recueil de la nouvelle série régulière consacrée à Abe Sapien suite à la transformation physique qu’il a subit dans les pages de B.P.R.D. On suit donc un Abe franchement déboussolé, en rupture avec le Bureau, qui cherche à comprendre ce qu’il est et où il va. Ce qui pourrait être une quête intérieure est vite envahie par autrui, d’autant que se développe une forme de religion liée à l’apparition en masse des monstres dans le monde. Vu son look, Abe devient vite l’objet de fascination de la part des nouveaux croyants qu’il croise. La première partie de l’ouvrage l’amène dans un village isolé mené par un prête fanatique. L’entame de l’histoire met les choses en place, puis ça dégénère en grosse baston. Le scénario cosigné par Mignola et Scott Allie se tient bien, mais ne m’a pas franchement passionné. Ça a surtout été l’occasion de découvrir le dessin de Sebastian Fiumara, lequel cède la place à son frère Max pour la seconde partie. Décidément, après les frères Ba et Moon, l’Amérique du sud regorge de frangins qui collaborent au dessin. J’ai trouvé Max encore meilleur que Sebastian et comme le scénario, cosigné cette fois par John Arcudi, est aussi un cran au dessus, je crois que je vais me laisser convaincre de suivre la suite.

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Nexus Omnibus vol. 4

Le pitch : Nexus exécute, Nexus sauve le système solaire, Nexus démissionne.

L’avis : Ce quatrième omnibus se divise grosso modo en 3 parties. La première est excellente. Elle offre du Nexus pur jus, avec quatre missions d’exécution de criminels, plus un épisode centré sur Kreed. Le deuxième gros tiers met en scène le retour de Nexus et Judas dans le monde en forme de bol. Ils y retrouve Badger, qui donne une vraie touche de légèreté au récit. Là encore, je me suis fait franchement plaisir. Les derniers épisodes font la part belle à Ylum et sa campagne présidentielle et aux sœurs Loomis. J’ai un peu moins aimé cette partie, d’autant que Paul Smith, en alternance avec Steve Rude, montre des signes de fatigue, lui qui jusqu’ici avait soutenu la comparaison avec son compère dessinateur. Du côté des backups, c’est Judas la star, comme dans le tome précédent. Le niveau est très variable, allant d’histoires enlevées et bien exécutées à quelques bouche-trous sans intérêt et franchement mal dessinés. Mais bon, soyons clair, on ne lit pas Nexus pour les backups. Les vraies tranches de plaisirs sont fournies par le tandem Baron-Rude et tant que ce sera le cas, je poursuivrai l’achat des omnibus proposés par Dark Horse.

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