Thor: God of Thunder vol. 1: The God Butcher

Le pitch : A trois époques différentes de sa vie d’immortel, Thor affronte Gorr, le décimateur de Dieux.

L’avis : Ca faisait longtemps que je n’avais pas cédé aux sirènes de Jason Aaron chez Marvel, la faute à des impressions assez mitigées sur Ghost Rider, puis sur Punisher MAX. Mais depuis la fin de Scalped, la tentation était plus forte et j’ai fini par craquer avec Thor. L’impression est cette fois un peu meilleure, sans être tout à fait enthousiasmante. Du côté des bonnes choses, j’ai apprécié l’entrelacement des trois époques, avec chaque Thor très distinct des deux autres et des transitions bien maitrisées. J’ai aussi aimé le souffle de certains passages et quelques bonnes idées comme l’amnésie qui frappe nécessairement les Dieux dont les facultés cognitives ne dépassent pas celles des hommes. Quant à Esad Ribic, la précision de son trait et le dynamisme de ses planches est vraiment très plaisant, malgré une mise en couleur parfois trop clinquante. Ce que j’ai moins aimé, c’est le côté franchement bavard de certaines scènes, notamment celles où Goor crachent sa haine des Dieux et se délecte des souffrances qu’il leur inflige. Ca en fait un personnage unidimensionnel, pour l’instant pas très intéressant. J’espère que le second tome, qui va présenter ses origines, lui donnera un peu plus d’épaisseur. Enfin, petit détail qui n’a rien à voir avec la qualité de la BD en soi, mais qui m’a sensiblement agacé : la présence un peu partout dans le bouquin de marqueurs AR rouge et blanc signalant la possibilité d’avoir du contenu supplémentaire en réalité augmenté. J’ai essayé, ça n’a pas fonctionné, mais quand bien même ça aurait été le cas, c’est du pur gadget qui vient défigurer les planches de Ribic. Ca, clairement, ce n’est pas la meilleure idée de Marvel, la maison qui est sensé en avoir.

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The Complete Multiple Warheads

Le pitch : Des contrebandiers d’organes aux propriétés étonnantes tracent la route dans un monde post-apocalyptique déjanté.

L’avis : J’attendais avec impatience de lire Multiple Warheads depuis le très recommandé King City. Sans surprise, on est dans le même genre de délire avec toujours cette folie joyeuse et imaginative de Brandon Gramham. Ça bouillonne d’idée tant au niveau du texte que du dessin. En comme Brandon Gramham est vraiment très doué avec un crayon, ça donne une folie élégante portée par une narration efficace. Cette impression outrageusement positive, je ne l’ai malheureusement pas eu jusque la fin. Si le chapitre introductif (en noir et blanc) et la première moitié de la mini-série (en couleur) m’ont enthousiasmé, je me suis peu à peu lassé des errances d’une histoire qui ne semble aller nul part et qui, d’ailleurs, n’aboutit à aucune conclusion. De plus, Brandon Gramham nous offre une frénésie de jeux de mots qui, même s’ils sont futés, finissent pas devenir agaçants. A un certain point, je me suis dit que le scénario se résumait à ces pirouettes linguistiques, ce qui est quand-même un peu léger. A noter qu’en bonus le recueil reproduit la première apparition des personnages dans un mini-comic franchement porno. C’est marrant, mais un peu incongru. Bref, l’impression finale est mitigée : du Brandon Gramham pur jus, c’est une lecture originale et indispensable que je ne peux que recommander, mais partez en sachant que si le voyage sera intéressant, la destination finale risque de vous décevoir.

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Fables vol. 19: Snow White

Le pitch : La fin des aventures de Bufkin au pays d’Oz et le retour d’un mari oublié qui vient menacer Snow White.

L’avis : Bill Willingham a annoncé il y a peu la fin prochaine de Fables. Ce 19ème tome me fait me demander si cette annonce n’arrive pas un peu tard. De fait, cette série a toujours été relativement constante et il n’y a guère que ses spinoffs qui ont pu décevoir par moment. Cette fois, malheureusement, le faux pas est bien réel. Plusieurs raisons à ça. Tout d’abord, le tome commence par les aventures de Bufkin, initialement parues en backup des épisodes du tome précédent. Mis bout à bout, ces mini-chapitres se révèlent vite ennuyeux. Heureusement, le dernier épisode, clôt la vie de Bufkin de façon satisfaisante. Le soulagement n’est que de courte durée, car le retour à l’intrigue principale n’est pas folichon. Un nouvel adversaire sort d’on ne sait quel chapeau. Il est tellement détestable qu’il en devient désagréable. Snow White se retrouve dans le rôle de la victime pendant que Bigby effectue une quête qui ne mène nul part. En parallèle, la Bête gère une histoire de mariage bidon qui n’est guère intéressante à suivre. Enfin, on a le droit à un combat final dans lequel un personnage majeur meurt sans aucune espèce d’impact émotionnel. Malgré la qualité des dessins de MacManus (quoique gâché par une colorisation fatigante) et surtout Buckingham, qui sauve la baraque, tout ça donne le plus mauvais chapitre de l’histoire de Fables. J’espère sincèrement que ça n’est pas de mauvais augure pour les derniers tomes qui restent avant le point final.

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