Nexus Omnibus vol. 5

Le pitch : Horatio Hellpop ayant rendu son tablier, le Merk trouve de nouveaux prétendants au titre de Nexus.

L’avis : Dans la lignée des tomes précédents, ce nouvel omnibus recueille des contributions de qualités relativement variables, mais néanmoins intéressantes. Côté scénrario, Mike Baron reste aux commandes de l’histoire principale où Horiato s’efface. Sans disparaître, il devient nettement secondaire, ainsi que Sundra et les autres personnages qui gravitent autour de lui. Le projecteur est plutôt sur les soeurs Loomis, puis sur leur successeur à la fonction de Nexus. L’impression d’ensemble est que le scénario flotte un peu, qu’il manque un peu de perspective. Cela dit, Baron explore les thèmes de la religion, de la vie publique, du commerce et du libéralisme, souvent de façon intéressante et encore d’actualité.

Côté dessin, Steve Rude alterne avec Paul Smith et d’autres remplaçants ponctuels avant de laisser la main à Greg Guler puis Tony Akins. Le style de Greg Guler est très daté et son trait pas toujours à la hauteur. Tony Akins est meilleur, mais il faut bien dire que l’absence prolongée de Steve Rude rend la fin de l’ouvrage bien moins enthousiasmante.

Arrivé au tiers du bouquin, les épisodes raccourcissent pour laisser à nouveau la place aux backup de Judas Hammer. Cette fois, Mike Baron délègue le scénario à Roger Salik et Ian Carney. Au dessin, on trouve quelques inconnus mais aussi pas mal de talents en devenir comme Steve Epting et Phil Hester. La qualité de tout ça est très variable, là encore.

Bref, on sent que ce 5ème opus marque le début de la période qui aura mené au hiatus de la série avant qu’elle ne rennaise chez Dark Horse, là où je l’ai découverte au début des années 90. Il ne reste qu’un omnibus pour faire la jonction, mais je pense que je vais faire l’impasse, car Nexus sans Steve Rude, ce n’est pas vraiment Nexus. En tout cas, un grand merci à Dark Horse d’avoir republié ces vieilleries qui font parties des classiques du comics indépendants et que je regrettais de ne pas avoir lu.

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Best of Comics from Mars 2014

En ces jours sombres où des dessinateurs tombent aux mains de fanatiques, je me penche à nouveau sur les bons moments de lecture comics que l’année précédente nous a réservé. Maigre consolation, mais bon, il faut chercher le plaisir là où il est. Comme chaque année, mon top 10 égrainé à rebours, puis quelques commentaires de synthèse.

#10 – Lazarus vol. 1
Une entrée en matière prometteuse pour cette histoire de femme quasi-immortelle dans un monde dystopique. Greg Rucka et Michael Lark en grande forme.

#9 – Richard Stark’s Parker: Slayground
Un polar très classique, riche en action et diablement rythmé. C’est un peu court pour être pleinement satisfaisant, mais la virtuosité narrative de Darwin Cooke force l’admiration.

#8 – Fatale vol. 4: Pray for Rain
Encore un polar, mais cette fois mâtiné de fantastique. Un tourbillon destructeur de désir, de violence et de rock dans le Seattle des années grunge.

#7 – Prophet vol. 3: Empire
L’OVNI SF de Brandon Graham, fait d’idées bouillonnantes et d’écriture impressionniste, servi par un tandem de dessinateur au diapason du scénario. Insaisissable et fascinant.

#6 – East of West vol. 2: We Are All One
Le parfait mélange entre western moderne, mythologie classique et science fiction. L’intelligence de l’écriture de Hickman et les dessins brillants de Nick Dragotta.

#5 - The Superior Foes of Spider-Man vol. 1: Getting the Band Back Together
Comment transformer une poignée de super-vilains ringards en une bande de comiques immoraux et néanmoins attachants ? Demandez à Steve Lieber et Nick Spencer.

#4 – Afterlife with Archie vol. 1: Escape from Riverdale
Archie à la sauce zombie dessiné par Francesco Francavilla, remarquable dans le registre du flippant. Une belle galerie de personnage et une ambiance oppressante.

#3 – The Stuff of Legend vol. 4: The Toy Collector
Une sorte de Toy Story pour adulte, sombre, passionnante, avec des rebondissements savamment dosés et des personnages touchants, le tout élégamment dessiné.

#2 – Lone Wolf & Cub Omnibus vol. 3 & 4
Poursuite de la réédition d’un chef d’œuvre du manga. Une virtuosité narrative étonnante pour cette histoire de vengeance et d’honneur dans un japon médiéval fascinant.

… and the winner is…

#1 – Saga vol. 3
Brian K. Vaughan et Fiona Staples continuent sur leur belle lancée avec un récit à multiples facettes, intelligent, vif, drôle et touchant. On en redemande !

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. 2013 fut exceptionnelle, 2014 par comparaison restera moins dans les mémoires. Aucun A+ et 10 A en tout et pour tout. Plus ennuyeux, assez peu de nouveautés. Aux deux premières places, on retrouve les deux premiers de l’année dernière, mais dans l’ordre inverse. Ce n’est pas tant que Lone Wolf & Cub ait baissé de qualité, mais l’effet de nouveauté s’est dissipé, alors que Saga reste d’une grande fraicheur. The Stuff of Legend, Parker et le tanden Brubaker/Philips sont des habitués du palmarès. Prophet était déjà là l’année dernière. Et même Afterlife with Archie, qui est probablement le plus inattendu de la sélection, évoque furieusement le Batman: The Black Mirror de 2013, dans la mesure où les deux oeuvres reposent en grande partie sur la capacité de Francavilla à créer des atmosphères angoissantes. Il ne reste après tout ça que trois titres pour aérer la galerie.

Côté maison d’édition, le palmarès reflète une évidence : Image est devenu the place to be pour les auteurs les plus talentueux. Avec pas moins de cinq titres, ils écrasent la concurrence. Pour DC en revanche, c’est la bérézina. Pas étonnant, car tout ce qui faisait le succès de Vertigo est maintenant chez Image. Marvel a réussi à être présent avec, encore une fois après Hawkeye, une nouvelle pépite d’humour. Les quatre places restantes se distribuent entre Dark Horse, IDW et deux indés.

Voilà, il ne me reste plus qu’à vous souhaitez une bonne année comics, en espérant être un peu plus enthousiaste l’année prochaine, avec pleins d’OVNI venus de nul part.

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