Deadly Class vol. 1: Reagan Youth

Le pitch : Marcus, ado en déshérence, se fait recruter dans un lycée pour assassins professionnels.

L’avis : Parmi les nouvelles productions de Rick Remender, j’attendais beaucoup de Black Science, mais il semblerait que la vraie bonne surprise vienne de Deadly Class. D’après la postface de Remender, il s’agit de son comics le plus personnel, dans lequel il revisite les affres de sa scolarité sous la loupe déformante de cette histoire de lycée du meurtre. De fait, l’entame du livre prend le temps de nous présenter Marcus, le personnage principal, qu’on devine être nourri d’expériences vécues. L’écriture de Remender, tout en introspection, y est particulièrement soignée. La suite n’est pas en reste. L’environnement du lycée et toute la galerie de personnages qui l’habite sont savamment introduits. La seconde partie de l’ouvrage suit Marcus et quelques-uns de ses camarades dans un épisode d’école buissonnière qui tourne sacrément au LSD vinaigré. Le rythme monte d’un cran, puis de deux, avec un déluge de drogue et de violence. J’ai un peu flirté avec l’overdose sur le dernier épisode, mais Remender a arrêté les frais juste à temps. Reste la curiosité de savoir quelles retombées les évènements vont avoir dans le second tome. Côté scénario, c’est donc du très bon Remender. Côté dessin, c’est encore mieux, avec Wes Craig, que je ne connaissais pas et qui livre là un travail remarquable. C’est précis, dynamique, juste dans les expressions et c’est un sans faute côté narration. Cerise sur le gateau, la mise en couleur de Lee Loughridge est excellente et participe à l’identité graphique de la série. Bref, c’est de la très bonne came que je vous conseille d’expérimenter sans modération.

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Abe Sapien vol. 4: The Shape of Things to Come

Le pitch : Abe continue son chemin, croisant sur la route de nouveaux survivants de l’apocalypse et, bien entendu, quelques-un des monstres qui la font.

L’avis : Abe Sapien, c’est un peu un road movie comme la série télévisée Hulk l’était, mais à la sauce Hellboy. Les deux arcs qui composent ce tome sont donc des histoires relativement indépendantes qui mettent en scène des galeries de personnages renouvelées. L’ambiance dans les deux cas est sombre, plutôt réussie, surtout grâce au travail très intéressant des frères Fiumara. Le fil rouge est fourni par un récit secondaire mettant en scène un mystérieux nécromancien. On devine très clairement que c’est lorsque ce récit rencontrera celui de Abe que l’histoire décollera vraiment. En attendant, l’impression générale est celle d’un scénario qui ne sait pas trop où il va. Comme, en plus, j’ai trouvé le script assez confus par moment, j’avoue ne pas être très enthousiasmé par cette série. C’est dommage, car le dessin mérite à lui seul le détour, mais je crois que je vais lasser Abe poursuivre son périple sans moi, en espérant que ça ne nuira pas trop à ma compréhension de l’univers Hellboy/B.P.R.D.

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Velvet vol. 1: Before the Living End

Le pitch : Velvet Templeton, apparemment la simple secrétaire du chef des services secrets britanniques, s’avère être une espionne redoutable lorsqu’elle enquête sur la mort suspecte d’un des agents de l’organisation.

L’avis : Je n’étais a priori pas le client idéal pour cette nouvelle série d’Ed Brubaker. Primo, je ne suis pas particulièrement fan des récits d’espionnage à la James Bond et, là, on est très clairement dans ce registre. On ne peut même pas dire que Brubaker essaie de revisiter le genre de façon originale. La trame de l’histoire est on ne peut plus classique. Secundo, je ne suis pas non plus friand du style ultra-réaliste et très soigné de Steve Epting. C’est propre comme un sou neuf, alors que j’aime un peu plus de liberté dans le trait des dessinateurs que je lis. Oui, mais voilà : tout ça est tout de même sacrément bien exécuté. L’intrigue progresse à un bon rythme. Le suspens est savamment entretenu. Quant à Epting, il est aussi à l’aise dans les scènes d’introspection que dans les scènes d’action. Que ce soit au niveau du cadrage que de l’expression des personnages, rien à redire. C’est diablement bien maitrisé. Je me suis donc laissé conquérir de bonne grâce par ce James Bond en jupons et je vous recommande volontiers de faire de même.

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