Sex vol. 2: Supercool

Le pitch : Sexe et recherche du sens de la vie dans une cité privée de son superhéros emblématique.

L’avis : J’ai presque envie de vous renvoyer à ma critique du premier tome de Sex, car mon avis n’a guère évolué depuis. Il s’agit bel et bien d’une série inclassable, qui mélange les genres sans vraiment en reprendre les caractéristiques centrales. Les passages pornographiques sont les plus déroutants, car, à plusieurs reprises, j’ai trouvé qu’ils parasitaient l’histoire plus qu’autre chose. En même temps, quand on les considèrent plus globalement, on se rend compte qu’ils sont cohérents avec la personnalité et l’humeur de chacun des personnages. En ce sens, ils servent le récit. L’autre aspect déroutant, c’est le manque de direction de l’histoire. C’est bien écrit, donc très plaisant à lire, mais on ne sait pas où ça va. J’accepte volontiers de me laisser porter par l’histoire, mais tout de même… Je reste au final suffisamment intrigué, et aussi assez séduit par la partie graphique. Je vais donc probablement continuer cette lecture, mais c’est tangent.

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Southern Bastards vol. 1: Here Was a Man

Le pitch : Earl revient dans l’Alabama rural de son enfance pour vider la maison de son oncle décédé. Pressé de fuir le souvenir de son père, il va cependant se faire entrainer dans un affrontement avec la figure d’autorité du coin.

L’avis : Depuis la fin de Scalped, j’attendais avec impatience le retour de Jason Aaron à ce qu’il sait faire de mieux : des récits réalistes sans concessions. Cette fois, il nous plonge dans le sud cul terreux, stéréotype de l’Amérique crasseuse, violente et imbécile. C’est bien construit, bien dialogué et les personnages ont une belle épaisseur, comme on pouvait s’y attendre. Un autre bon point réside dans le dessin de Jason Latour, dont le style brut et pêchu colle parfaitement au récit. Malgré tout, j’ai été un peu gêné par quelques accrocs au réalisme (l’apparition de la batte de baseball, la facilité avec laquelle notre héros vieillissant fout une branlée à une bande de jeunes durs, etc.), ce qui me fait dire que, à ce stade, Southern Bastards est un cran en dessous de Scalped. Mais comme la conclusion de ce premier tome est excellente, je signe sans hésitation pour la suite qui promet d’être mouvementée.

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Moon Knight vol. 1: From the Dead

Le pitch : Moon Knight, super-héros mystique à la personnalité fragmentée, résout des enquêtes à coups de tatane.

L’avis : Je n’ai que peu d’expérience de Moon Knight, personnage secondaire (pour ne pas dire mineur) de l’univers Marvel, et c’est uniquement la perspective de voir Warren Ellis jouer avec qui m’a motivé à lire un comics lui étant consacré. Bien m’en a pris. La redéfinition du héros, quoique originale, est assez vite pliée. Les six courtes histoires qui forment le recueil n’ont rien de franchement originales non plus. En revanche, l’exécution est remarquable. Warren Ellis donne une leçon de narration à qui veut bien l’apprendre. C’est pêchu, vif, parfois drôle et toujours intelligemment écrit. Warren Ellis fait économie de mot et va directement à l’essentiel tout en faisant preuve d’inventivité, et tout ça avec, semble-t-il, la plus grande décontraction. Pour réussir l’exercice, il lui fallait le partenaire adéquat au dessin. Sans aucun doute, Declan Shalvey était un très bon choix. Il a réussit à donner une vraie identité graphique au personnage principal et la narration graphique dans les scènes d’action est à la hauteur du script. Tout cela se lit très vite, mais avec grand plaisir. Dans la mesure où les auteurs ont décidé de passer la main dès le deuxième tome, je resterai sur cette très bonne impression, sans donner suite.

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Letter 44 vol. 1: Escape Velocity

Le pitch : Franchement élu à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama Stephen Blades découvre qu’une grande partie de la politique guerrière de son prédécesseur était déterminée par la découverte d’une présence extra-terrestre à portée de fusée. Justement, la mission secrète envoyée pour enquêter s’approche de sa destination.

L’avis : Letter 44 nous offre deux récits en parallèle. Le premier se déroule sur terre et met en scène les intrigues politiques d’un président qui doit gérer une situation à laquelle il ne s’attendait pas. Il ne peut donc pas opérer la rupture qu’il comptait incarner, ou tout du moins pas de la même façon. Par ailleurs, il n’est pas entouré que d’amis. La seconde met en scène la dimension fantastique de l’histoire, avec un bon suspens sur la nature des extra-terrestres et une bande d’explorateurs aux personnalités bien campées. Le mélange des genres opère bien et l’intrigue est accrocheuse. Difficile de ne pas se prendre au jeu. Côté dessin, je ne suis pas particulièrement fan du style d’Alberto Alburquerque, assez porté sur la caricature. Cela dit, sa narration est bonne, il fait preuve d’une grande constance et il a le mérite de donner une vraie identité visuelle à la série. Donc, au final, je me suis aussi laissé convaincre par le dessin. La suite est donc commandée.

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