Trillium

Le pitch : La rencontre amoureuse d’une botaniste du futur qui cherche dans une fleur la solution à l’extinction de l’humanité, et d’un explorateur des années 20 qui se remet du traumatisme de la guerre de tranchées.

L’avis : Après le très réussi Sweet Tooth, je n’ai pas hésité à suivre Jeff Lemire dans ce récit de SF psychédélique. Le début de l’ouvrage m’a fait croire que j’étais parti pour me régaler. En effet, l’entame pose très bien le contexte et les personnages d’un récit prometteur, très classique sous certains aspects mais plutôt mystérieux. Au tiers du récit, Jeff Lemire change de braquet et fait de la narration expérimentale, avec des compositions en miroir. C’est plutôt réussi, intéressant à lire et à relire, mais il faut dire que ça se fait un peu au dépend de l’immersion dans le récit. Le dernier tiers redevient plus linéaire et met l’accent sur la romance entre les personnages jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée assez plate. L’impact émotionnel recherché ne m’a pas vraiment atteint, malgré une belle prestation de Lemire au dessin. L’impression finale est donc assez mitigée. Ce n’est pas une mauvaise lecture, loin de là, mais la conclusion déçoit.

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Lazarus vol. 3

Le pitch : Toutes les grandes familles et leurs Lazari se réunissent en conclave pour régler un différent entre les Carlyle et les Hock.

L’avis : Décidément, cette série s’améliore de tome en tome. Le premier, centré sur la famille Carlyle, était déjà très bon. Le second donnait déjà un peu plus de perspective à la société de castes dans laquelle s’inscrit l’histoire. Le troisième présente maintenant la totalité des familles, leurs alliances et leur inimitiés, ainsi que les codes de conduite qu’ils se sont donnés pour limiter leurs conflits. Cela donne à la série un côté Game of Thrones, version futuriste, qui est assez fascinant. A côté de ça, Rucka ne néglige pas la psychologie de ses personnages, en particulier celle de Forever qu’on sent de plus en plus sur la corde raide émotionnelle. Ajouter à ça une très belle scène de combat au sabre, remarquablement bien maitrisée par Michael Lark, et un cliffhanger assassin, et nous voilà avec un tome qui frôle la perfection. Ca mérite bien un petit A+.

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Lazarus vol. 2

Le pitch : L’enfance de Forever et la marche d’une famille qui a tout perdu vers l’espoir d’une ascension sociale.

L’avis : Après une entame réussie, Greg Rucka et Michael Lark transforment l’essai. Comme le pitch le suggère, ce tome se divise en deux intrigues distinctes qui ne se rejoignent qu’à la fin. La présentation de l’enfance de Forever ne recèle pas de réelle surprise. Elle est entièrement tournée vers l’entrainement à devenir une véritable arme de guerre, avec un père aussi dur que manipulateur. C’est bien raconté, avec quelques passages assez touchants. Cela dit, c’est la seconde intrigue qui m’a le plus passionné. La poignée de nouveaux personnages qu’elle met en scène est très bien introduit et, surtout, le système de caste qui forme cette société dystopique est présenté plus en détail. On sent tout le potentiel d’histoire qu’il offre. Bref, c’est du bon Rucka, assisté de main de maître par un Michael Lark aussi précis que régulier. J’entame le tome 3 dès que possible.

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Flashpoint

Le pitch : Un beau jour, The Flash se réveille et le monde autour de lui a changé. Ben pourquoi ? Cherche pas, c’est juste pour rebooter l’univers DC.

L’avis : Les habitués de la maison vont se demander pourquoi j’ai acheté le recueil de cette mini-série. Autant le préciser tout de suite, je ne l’ai pas acheté, mais reçu par erreur à l’occasion d’une autre commande. « Tant qu’à faire, je le lirai à l’occasion », me suis-je dit, d’autant que Flashpoint est le point de départ du New 52, le reboot de l’univers DC qui a fait tant de bruit et rapporté tant d’argent à la Warner. Après trois tomes consécutifs de The Unwritten, je me suis dis que le moment était venu, histoire de mettre un peu au repos mes neurones. Misère, mais quelle erreur ! L’incohérence du scénario est-elle que ça a été tout sauf reposant. Je ne parle même pas de l’épaisseur des personnages qui va de l’OCB slim au Rizla+ ordinaire, mais pas plus. Dans tous les cas, on voit au travers. La plus grande victime de l’histoire est Batman qui passe la moitié du bouquin à se faire désirer parce ce que – oohh ! – c’est un maitre tacticien et qui finalement… ne fait rien, sauf pleurer comme une midinette à la fin. Au dessin, on trouve Andy Kubert qui nous propose une prestation regardable, mais sans âme et totalement stéréotypée. Ouillouillouille, quelle merdouille !

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The Unwritten vol. 11: Apocalypse

Le pitch : L’affrontement final, entre fiction et réalité.

L’avis : Après le calamiteux crossover avec Fables, suivi d’un tome de meilleure facture mais tout de même inférieur à ce que The Unwritten nous a habitué, j’avoue avoir abordé ce volume de conclusion avec une certaine appréhension. Ca aurait été vraiment dommage de finir sur une mauvaise note pour ce qui a été pendant longtemps une des meilleures séries sur le marché. Heureusement, ce n’est pas le cas. Mike Carey et Peter Gross livrent une fin riche, voire complexe, mais parfaitement cohérente avec ce qu’a été la série depuis le début. La première partie porte sur la quête du Graal sensé sauvé Leviathan ou détruire toute existence. Le mélange entre réalité et fiction, en l’occurence les mythes arthuriens, atteint un niveau d’entrelacement jamais vu jusqu’ici. Ca donne lieu à de très beaux moments de narration, même si certains dialogues en anglais médiéval ne sont pas des plus aisés à comprendre. La partie finale n’est pas moins exigeante, mais l’exercice intellectuel qu’elle demande ne se fait pas au détriment de l’émotion de voir les personnages finir leur parcours, chacun à sa façon. Au final, malgré les faux pas des deux derniers tomes, je ne regrette vraiment pas d’avoir suivi cette série de haute volée et j’espère que le tandem Carey-Gross n’a pas tourné la dernière page de leur collaboration.

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