The Fade Out vol. 1: Act One

Le pitch : Meurtre et mystère dans le Hollywood de l’après guerre.

L’avis : Après Fatale et son mélange de polar noir et de fantastique, Brubaker et Philips reviennent avec une ligne plus réaliste qu’ils situent cette fois dans la période trouble du maccarthysme et dans le milieu pas franchement plus net de Hollywood, avec ses beautés fatales, ses faux-semblants et ses excès d’alcool. On pense évidemment à James Ellroy et plus particulièrement à L.A. Confidential. Nombre de personnages gravitent autour du mystère qui entoure la mort de l’actrice. Cela fait une intrigue assez dense, très noire et pour tout dire très prometteuse. Côté exécution, rien à redire pour l’instant. La mécanique Brubaker/Philips est remarquablement bien huilée, comme d’habitude, sans oublier la très belle mise en couleur d’Elizabeth Breitweiser. La série ne comportera que trois tomes et je suis optimiste sur le fait que l’ensemble fasse un récit de haute tenue. J’attaque d’ailleurs dans la foulée la seconde partie.

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Trees vol. 1: In Shadow

Le pitch : Dix ans après l’apparition de structures extraterrestres géantes partout dans le monde, l’humanité a appris à vivre avec ces arbres géants, à la fois inertes et menaçants de par l’inconnu qu’ils représentent.

L’avis : Etrange objet que cette nouvelle série de Warren Ellis. L’idée de départ est géniale de par sa simplicité. La vie extraterrestre débarque sur terre de façon massive mais ne fait rien, en tout cas rien qui ne témoigne de l’intérêt que pourrait porter ces êtres venus d’ailleurs à l’humanité. Cependant, leur simple présence bouleverse l’équilibre politique du monde. Nous voilà donc avec un récit de science fiction plein de potentiel, avec énormément de questions ouvertes et peu de réponses pour l’instant. Très accrocheur au premier abord, donc. Là où ça se gâte un peu, c’est que Warren Ellis nous fait découvrir ce monde au travers de quatre ensembles de personnages dans quatre endroits du monde dont une seule (celle en Norvège) semble faire avancer l’intrigue autour des arbres. Pour le reste, c’est nettement moins claire. L’une, en Afrique, est peu développée. L’autre, en Chine, nous parle d’identité sexuelle et semble se conclure avant d’avoir commencée. La dernière, en Italie, est la moins réussie et m’a laissé plutôt dubitatif. L’impression finale, c’est que malgré huit épisodes déjà sous le coude, la série n’a pas vraiment de cap, ce qui n’est pas nécessairement un mal en soi, mais, en l’occurence, ça m’a laissé plus perplexe qu’accroché au récit. Comme Warren Ellis est au commande, je lui laisse le bénéfice du doute. Par ailleurs, le travail de Jason Howard sur la série est très intéressant, en particulier l’ambiance qu’il sait créer dans les villes autour des arbres. Je commanderai donc le deuxième tome sans trop hésiter.

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The Sculptor

Le pitch : Un sculpteur passe un marché avec la mort : en échange du pouvoir de façonner ce qu’il veut avec ses mains, il réduit sa vie à 200 jours durant lesquels il va pouvoir développer son art. Et l’amour dans tout ça ?

L’avis : Avec The Sculptor, Scott McCloud réussit plutôt bien la synthèse du fantastique et de la tranche de vie réaliste. Malgré les éléments surnaturels, le récit reste très terre-à-terre et le coeur de l’histoire concerne surtout les émotions des personnages, qu’il s’agisse des affres de la création dont souffre David, des épisodes cyclothymiques de Meg et de leur relation amoureuse à tous les deux. Le pouvoir que le héros acquiert donne lieu à de scènes de sculpture surréalistes, mais en même temps très figuratives. C’est un peu regrettable, d’ailleurs. Avec un tel pouvoir de mise en forme de la matière, les limites de la création sont celles de l’imagination. Or, le personnage reste étonnamment concrets dans ses productions. D’un point de vue formel, Scott McCloud expérimente un peu, ce qui donne quelques beaux passages du point de vue narratif, mais l’ensemble reste relativement sage et plutôt linéaire. Le trait est précis et agréable. Au final, j’ai pris plaisir à lire cette histoire, même si j’ai le sentiment qu’elle aurait pu être plus concise. Ce beau pavé de 500 pages aurait pu maigrir un peu pour délivrer l’émotion sous forme un peu plus concentrée et en faisant l’économie de certains personnages secondaires pas tout à fait indispensables.

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The Infinite Loop tome 1

Le pitch : Love story entre une nettoyeuse d’anomalies temporelles et une de celles qu’elle aurait dû effacer.

Le pitch : Ce n’est ni l’édition Glénat de The Infinite Loop, ni sa traduction américaine parue chez IDW que je vais commenter, mais la toute première édition que les auteurs ont réussi à financer sur la plateforme participative Ulule. Pourquoi avoir soutenu ce projet plutôt qu’un autre ? Essentiellement parce que les dessins d’Elsa Charretier me semblaient très prometteurs et que je ne dis jamais non à une petite tranche de SF. A l’ouverture du bouquin, une dédicace soignée d’Elsa (merci à elle) pour bien démarrer, puis une grosse centaine de pages qui ne gâchent en rien le plaisir des yeux. Le trait est précis et élégant. Les mises en pages recherchées, dynamiques et même vertigineuses lors des phases de transitions temporelles. Quelques innovations narratives plutôt réussies complètent la bonne impression d’ensemble, notamment l’utilisation de diagrammes en bloc lorsque l’héroïne est dans des situations de prise de décision. Tout ça est très sympathique, mais sert un scénario plutôt bancal. Le fond de l’histoire n’est pas inintéressant, mais le script souffre de multiples maux : problèmes de rythme, quelques scènes bavardes, dialogues peu crédibles et humour qui tombe à plat. Je suis vraiment resté à la surface du récit, faute de pouvoir adhérer un minimum aux personnages et au déroulement des évènements. Au final, vous l’aurez compris, l’impression est très mitigée. L’oeuvre est très clairement tirée par le haut par les dessins d’Elsa Charretier, qui a toutes les chances de faire une très belle carrière. J’invite tout le monde à découvrir The Infinite Loop pour son travail. Au-delà, en ce qui me concerne, j’attendrai qu’elle officie sur une autre série pour la voir évoluer.

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