Killing and Dying

Le pitch : Tranches de vie et introspection.

L’avis : Un nouveau recueil d’Optic Nerve, c’est toujours un évènement et la maison d’édition d’Adrain Tomine le sait bien. Cette fois encore, on a le droit au traitement de luxe : belle reliure et surcouverture en plastique transparent imprimé, très classe. Forcément, partant de là, on a pas envie d’être déçu, d’autant qu’avec Shortcomings, paru il y a dix ans déjà, on était resté sur la meilleure des impressions. Malheureusement, la déception, quoique relative, est bien là. Killing and Dying propose six histoires courtes  assez inégales selon moi. Les meilleurs morceaux sont plutôt à trouver dans la seconde moitié de l’ouvrage. C’est là que se retrouve le mieux les qualités d’auteurs de Tomine, et en particulier la finesse de l’introspection de ses personnages. Cela dit, rien de vraiment touchant, si ce n’est l’histoire titre. Elle met en scène une ado aspirant à devenir comédienne de stand-up qui affronte le scepticisme de son père et le cancer de sa mère. Le poids des non-dits entre le père et la fille donne une vraie force au récit. A contrario, les deux premières histoires m’ont laissé de marbre. Bref, ça reste tout à fait recommendable, mais je conseillerai plutôt à ceux qui veulent découvrir Adrian Tomine d’aller voir du côté de ses travaux antérieurs.

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Injection vol. 2

Le pitch : Une enquête de Vivek Headland sur la disparition d’un fantôme sexuel, l’apparition d’un jambon humain et le possible rôle de l’injection dans l’affaire.

L’avis : Le deuxième tome d’Injection a beaucoup en commun avec le premier, tout en s’en distinguant nettement. On retrouve un niveau d’exigence plutôt relevé, de par une narration complexe et une intrigue franchement barrée, avec certaines clés de compréhension qui ne sont tendues que de loin au lecteur. Là où ça diffère, en revanche, c’est que l’essentiel du scénario tourne cette fois autour d’un seul des personnages principaux, le super-détective Vivek Headland. Pour la peine, l’histoire est construite comme une enquête avec, cerise sur le gâteau, une solide dose d’humour. Je me suis franchement marré. Pour la peine, j’ai trouvé la lecture beaucoup plus gratifiante, et ce malgré les doutes que je peux avoir sur la justesse de ma compréhension de ce qu’est vraiment l’injection et comment elle agit. Bref, Warren Ellis joue avec ses lecteurs, plutôt brillamment mais au risque de les perdre. Il est aidé en cela par un Declan Shalvey parfaitement à son aise. L’exercice est suffisamment bien réussi pour que je signe pour la suite de la série, quand elle arrivera, c’est-à-dire pas avant longtemps vu son rythme de parution actuel.

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Injection vol. 1

Le pitch : Une bande de génie affrontent leur création techno-mystique.

L’avis : Injection, c’est du Warren Ellis pur jus. On retrouve en particulier quelques éléments centraux de Planetary : une bande de génies spécialisés à gros caractères qui travaillent à la marge entre science et magie. Le récit est cependant parmi les plus exigeants de ce que l’auteur a l’habitude de fournir. La narration est tout sauf linéaire, les éléments de compréhension de la problématiques sont distillés très progressivement et certains dialogues demandent de s’accrocher. Tout ça fait une lecture pas toujours gratifiante, mais qui a le mérite d’introduire solidement les bases de l’histoire. Un tome d’introduction, donc, qui paraît prometteur, mais j’attends le tome 2 avant de me décider de suivre Warren Ellis dans son trip techno-mystique.

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