Nexus: Into the Past and Other Stories

Le pitch : Nexus affronte fantômes, insectes et assassin en série.

L’avis : J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Nexus, un des comics que j’ai suivi avec le plus de plaisir dans les années 90. Ce recueil réunit les dernières histoires courtes concoctées par le tandem Baron & Rude. Les deux premières se lisent bien, sans grande surprise mais avec toujours le bonheur de retrouver l’élégance du trait de Steve Rude. La troisième, la plus longue, monte le niveau de folie d’un cran, avec Holmes, Watson et Wells mis dans la boucle d’une course poursuite temporelle entre Nexus et John Clayborn. C’est du grand n’importe quoi, ce qui aurait pu donner du grand Nexus. Malheureusement, la fin est catastrophique. A la lecture, on se demande comment le scénario a pu dérailler de la sorte. L’explication est fournie dans la postface par Steve Rude. En gros, les deux auteurs se sont engueulés, Rude a tout réécrit, franchement mal, et il assume. Dommage de rester sur cette mauvaise impression, d’autant qu’il est fort probable que les deux compères ne collaboreront plus. Dommage de mal finir une si belle oeuvre, messieurs.

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Killing and Dying

Le pitch : Tranches de vie et introspection.

L’avis : Un nouveau recueil d’Optic Nerve, c’est toujours un évènement et la maison d’édition d’Adrain Tomine le sait bien. Cette fois encore, on a le droit au traitement de luxe : belle reliure et surcouverture en plastique transparent imprimé, très classe. Forcément, partant de là, on a pas envie d’être déçu, d’autant qu’avec Shortcomings, paru il y a dix ans déjà, on était resté sur la meilleure des impressions. Malheureusement, la déception, quoique relative, est bien là. Killing and Dying propose six histoires courtes  assez inégales selon moi. Les meilleurs morceaux sont plutôt à trouver dans la seconde moitié de l’ouvrage. C’est là que se retrouve le mieux les qualités d’auteurs de Tomine, et en particulier la finesse de l’introspection de ses personnages. Cela dit, rien de vraiment touchant, si ce n’est l’histoire titre. Elle met en scène une ado aspirant à devenir comédienne de stand-up qui affronte le scepticisme de son père et le cancer de sa mère. Le poids des non-dits entre le père et la fille donne une vraie force au récit. A contrario, les deux premières histoires m’ont laissé de marbre. Bref, ça reste tout à fait recommendable, mais je conseillerai plutôt à ceux qui veulent découvrir Adrian Tomine d’aller voir du côté de ses travaux antérieurs.

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Injection vol. 1

Le pitch : Une bande de génie affrontent leur création techno-mystique.

L’avis : Injection, c’est du Warren Ellis pur jus. On retrouve en particulier quelques éléments centraux de Planetary : une bande de génies spécialisés à gros caractères qui travaillent à la marge entre science et magie. Le récit est cependant parmi les plus exigeants de ce que l’auteur a l’habitude de fournir. La narration est tout sauf linéaire, les éléments de compréhension de la problématiques sont distillés très progressivement et certains dialogues demandent de s’accrocher. Tout ça fait une lecture pas toujours gratifiante, mais qui a le mérite d’introduire solidement les bases de l’histoire. Un tome d’introduction, donc, qui paraît prometteur, mais j’attends le tome 2 avant de me décider de suivre Warren Ellis dans son trip techno-mystique.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 13: End of Days

Le pitch : Des monstres toujours plus gros et le Black Flame à affronter (encore !) sur son terrain.

L’avis : Voilà un tome assez dense, où la plupart des personnages actuels de la série ont un rôle. Les scènes de bataille sont épiques et la fin du récit recèle quelques rebondissements de taille, dont le final qu’on voit arriver depuis un moment et qui est prometteur. Côté dessin, Laurence Campbell ne démérite pas et livre même quelques très belles planches. Cela dit, je trouve que la série a perdu en identité graphique avec la valse actuelle des dessinateurs. Reste deux tomes à venir avant la fin de la série. Je les commanderai et les lirai en même temps, en espérant que le final soit à la hauteur de la longévité de B.P.R.D.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 12: Metamorphosis

Le pitch : Johann commet une boulette, s’interroge et change de peau.

L’avis : Un tome centré sur Johann. La première partie raconte une mission catastrophe où Johann remet en cause le détachement tout ectoplasmique dont il fait preuve. L’introspection est intéressante. En revanche, les dessins de Peter Snejbjerg, pourtant aussi bon qu’à son habitude, ne collent pas vraiment. Dans la seconde partie, Johann investit l’armure de Sledgehammer. Cette fois, les dessins de Julian Totino Tedesco sont parfaitement adaptés et vraiment très bons. Le scénario n’a pas grand chose à se reprocher, si ce n’est la frustration qu’il peut générer chez le lecteur qui, comme moi, n’a pas lu la mini-série Sledgehammer 44.

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The Sixth Gun vol. 8: Hell and High Water

Le pitch : Bataille épique en prélude à l’apocalypse.

L’avis : Alors que The Sixth Gun brillait jusqu’ici par sa régularité, ce huitième et avant-dernier tome ressemble fort à un trou d’air. La faute n’est surement pas du côté du dessin, car Brian Hurtt ne faiblit pas d’un iota. En revanche, j’ai trouvé le récit fort ennuyeux. Les premiers épisodes passent encore, avec notamment l’introduction de celui qui dirigent les Chevaliers de Salomon, même si on se demande bien quel est son rôle si près de la fin de la série. C’est surtout la longue, très longue, bataille entre Drake et sa bande, d’un  côté, et les sbires de Griselda, de l’autre, qui m’a posé problème. C’est franchement loin d’être passionnant, d’autant que Cullen Bunn use et abuse d’une voix off qui alourdit la narration et devient vite répétitive. Reste maintenant la conclusion tant attendue que, bien sûr, je vais lire, au regard de la qualité d’ensemble de la série. J’espère juste qu’elle conclura l’affaire sur une meilleure note que l’avant-dernière.

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Hellboy and the B.P.R.D. vol. 1: 1952

Le pitch : La première mission de Hellboy au Brésil.

L’avis : Ce 1952 s’inscrit dans la lignée des B.P.R.D.: 1946, 1947 et 1948, sauf que, cette fois, Hellboy a grandit et prend part activement à la mission. Autant le dire tout de suite, la mission et la façon dont elle est racontée n’ont rien d’original. C’est du Hellboy pur jus avec quelques éléments de scénario que j’ai trouvés un peu maladroits. Ca reste agréable à lire, d’autant qu’Alex Maleev fait un boulot très soigné et efficace, mais je classe cette oeuvre parmi les productions pas franchement indispensables du Mignolaverse. D’ailleurs, je n’ai pas commandé le 1953 qui est sorti cet été et je vais m’en tenir à cette décision.

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Harrow County vol. 2: Twice Told

Le pitch : Emmy se découvre une soeur jumelle qui embrasse plus facilement qu’elle ses origines maléfiques.

L’avis : Malgré quelques réserves sur l’écriture, j’ai beaucoup apprécié le premier tome de cette série. La suite ne démérite pas franchement dans la mesure où c’est toujours plutôt bien écrit et surtout remarquablement bien illustré par Tyler Crook. Son trait élégant est d’une grande justesse pour exprimer les émotions et les ambiances. La mise en peinture est également du plus bel effet. Seulement voilà, tout ça est au service d’une histoire relativement banale et sans grand relief. En plus, l’élément le plus mystérieux de l’intrigue – d’où vient donc cette soeur jumelle et comment l’a-t-elle retrouvé ? – n’est même pas abordé. En d’autres mots, c’est très bien exécuté, mais ça n’a pas un très grand intérêt. Comme le troisième tome semble être constitué pour moitié par des épisodes de remplissage, je crois que je vais lâcher l’affaire et je vais croiser bien fort les doigts pour que Tyler Crook ne s’attarde pas trop sur ce projet, car j’ai vraiment envie de lire à nouveau son travail.

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Alex + Ada vol. 3

Le pitch : Quand le bras armé de la justice rattrape le couple interdit…

L’avis : Ce troisième tome est la conclusion de la série de science fiction romantique proposée par Sarah Vaughn et Jonathan Luna. Les deux tourtereaux au centre de l’histoire n’ont pas vraiment le temps de vivre leur passion avant d’être rattrapés par la justice. Le premier tiers continue d’explorer la thématique de l’amour interdit dans une société qui a peur, puis c’est la séance de la fuite avec son lot d’action, avant de terminer par un épilogue qui déroule 25 ans en vitesse accélérée. J’ai trouvé la conclusion satisfaisante dans l’ensemble, quoiqu’un peu rapide et manquant d’impact émotionnel. C’est une histoire plus intéressante, de par les questions qu’elle pose, que touchante, ce qui est un petit peu dommage pour une histoire d’amour. Bref, je recommanderais plus vivement cette série aux amateurs de science fiction qui fait réfléchir qu’aux coeurs d’artichaut.

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Russian Olive to Red King

Le pitch : Alors qu’Olive part effectuer une mission scientifique en milieu hostile, Red, son compagnon, écrivain à tendance névrotique, affronte l’angoisse de la séparation.

L’avis : Autant commencer tout de suite par l’essentiel : cette BD mérite d’être achetée ne serait-ce que pour les illustrations. Stuart Immonen est un des meilleurs dessinateurs de son époque. C’est vrai quand il dessine du superhéros et c’est encore plus vrai lorsqu’il met son talent au service d’oeuvres plus sensibles, comme ce Russian Olive to Red King ou, avant ça, Moving Pictures. Certaines planches sont de toute beauté et servent admirablement bien le caractère mélancolique de l’histoire. Côté scénario, justement, mon enthousiasme n’est pas à la même hauteur. Si la partie qui concerne Red parvient bien à son but, montrer l’angoisse de la perte de l’autre qui évolue au fil du temps sur un terrain psychologique déjà fragile, la partie qui concerne Olive est nettement plus fade. Tout cela se lit très vite, jusqu’à ce que, surprise, l’ouvrage se transforme en une prose largement déconnectée de l’histoire qui précède. En termes d’illustrations pour ce texte plutôt indigeste, on a le droit à de petites vignettes représentant des carreaux cassés. Un peu dommage, tout de même, quand on a Stuart Immonen sous la main. Bref, vous l’aurez compris, mon impression est plutôt mitigée. Je ne regrette pas mon achat, car je pense que l’oeuvre vaut le détour, mais je suis quand-même largement resté sur ma faim.

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