Grendel vs. The Shadow

Le pitch : Hunter Rose se retrouve projeté dans les années 30 où il affronte The Shadow.

L’avis : Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, Grendel fut une de mes séries fétiches et Matt Wagner un des auteurs que je suivais le plus régulièrement. Encore maintenant, tout nouveau Grendel par Matt Wagner est un évènement, d’autant que c’est rare. La dernière fois, c’était il y a six ans déjà. C’est donc avec grand plaisir que je me suis plongé dans ce Grendel vs. The Shadow. La rencontre entre les deux personnages a du sens. D’un côté, un justicier qui oeuvre dans l’ombre et qui joue sur la peur ; de l’autre, un criminel aussi brillant que séduisant. Sans surprise, Matt Wagner exploite à fond la différence de polarité entre les deux et, sans surprise là non plus, c’est brillamment exécuté au niveau narratif, avec de très belles planches dans le pur style de Matt Wagner. Tout ça c’est très bien, mais le scénario ne m’a pas vraiment accroché et, à force de ne pas être surpris, je suis un peu resté sur ma faim. Au final, ça reste une lecture plus que recommandable, mais c’est une déception relative pour moi qui ai tant aimé Grendel. J’aimerais tellement voir Matt Wagner sorte de sa zone de confort (Hunter Rose), en reprenant d’autres occurrences de Grendel (Grendel Prime vient bien évidemment à l’esprit), voire en en créant de nouvelles comme à l’époque bénie des Grendel Tales. Pourvu qu’il m’entende…

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Usagi Yojimbo vol. 18-20

Le pitch : Usagi reprend la route avec Jotaro, son fils caché.

L’avis : Mes lectures estivales auront été mono-thématiques, puisqu’entre deux tomes de Lone Wolf and Cub, je me suis avalé les trois petits formats de Usagi Yojimbo qu’il me restait à lire depuis un moment. Le parallèle avec Lone Wolf and Cub est d’autant plus évident qu’on retrouve dans Usagi les deux personnages de Lone Wolf sous la forme d’un bouc solitaire qui voyage avec son fils dans une charrette. De plus, dans les tomes 18 et 19, Usagi voyage lui aussi avec son fils, hésitant à lui révéler la vérité sur leur lien de filiation. Même si j’ai apprécié les interactions entre les deux personnages et les aventures qu’ils mènent ensemble, j’ai trouvé que le récit n’avait pas l’impact émotionnel qu’on aurait pu t’attendre. Quant au tome 20, il reprend le schéma classique des aventures d’Usagi en solitaire, faites d’histoires courtes parfois très intéressantes, parfois moins. Dans l’ensemble, tout ça fait une lecture très plaisante, mais Usagi Yojimbo souffre de la comparaison directe avec la série qui l’a inspiré. Ca n’enlève rien au grand plaisir que j’ai eu à suivre Usagi jusqu’ici, mais ça me laisse le sentiment d’une lecture pas forcément indispensable à ce stade. Comme par ailleurs, j’ai déjà le tome 21 en anglais, je vais arrêter là. Coup de chapeau tout de même à Stan Sakai qui lui n’arrêtera probablement jamais de nous proposer les aventures du lapin samouraï, et aux éditions Paquet qui continuent à proposer une traduction française à petit prix.

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Ballistic

Le pitch : Un réparateur de climatisation qui voudrait devenir un grand criminel compte pour cela sur son flingue aussi bavard que dévastateur.

L’avis : Difficile de ne pas comparer d’entrée de jeu Ballistic et Transmetropolitan pour leurs univers futuristes déjantés mis en scène par Darrick Robertson. C’est d’ailleurs le point fort de l’ouvrage. A ça, il faut ajouter quelques bons passages, plutôt drôles ou au moins plutôt bien pensés. Pour le reste, c’est un peu écrit comme du Grant Morrison en petite forme. C’est franchement confus par moment et ça n’a pas toujours l’impact voulu. Au final, ça se lit sans déplaisir, mais ça n’a rien d’indispensable.

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Letter 44 vol. 3: Dark Matter

Le pitch : Alors que la troisième guerre mondiale éclate sur terre, l’équipage du Clarke apprend à cohabiter avec les extra-terrestres.

L’avis : Si Letter 44 excelle, c’est bien par son scénario. Ce troisième tome est encore une fois riche en évènements, avec de nombreux rebondissements, en particulier dans les derniers épisodes, et le lecteur est tenu en haleine. Charles Soule ne choisit pas la facilité et gère de main de maître sa galerie de personnages et les fils de l’histoire qui s’entremêlent pour faire une tapisserie du plus belle effet. Si seulement le dessin était au même niveau, ce serait une des séries phares du moment pour moi. Malheureusement, j’ai vraiment du mal avec le style d’Albuquerque. Je lui reconnais de vraies qualités de dynamisme, mais j’ai du mal à supporter les postures et les expressions de ces personnages. A cause de ça, je m’étais presque résolu à arrêter la série, mais le rush de la fin du tome m’a raccroché au train. A ce stade, j’ai donc juste envie que l’histoire se conclue vite mais aussi bien qu’elle a commencée.

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Letter 44 vol. 2: Redshift

Le pitch : Le président Blade s’écarte des plans de son prédécesseur, tout en continuant à cacher l’existence des extraterrestres au public. De leur côté, les membres de l’expédition se rapprochent du danger.

L’avis : Ce deuxième tome de Letter 44 ne déçoit pas dans la mesure où il a les qualités du premier : une intrigue bien menée, avec son lot de surprises et des personnages bien construits. Les deux récits qui évoluent en parallèle sur la terre et dans l’espace se conjuguent bien malgré leur quasi-indépendance à ce stade. En revanche, j’ai été plus gêné que la dernière fois côté dessin. Albuquerque a des qualités de dynamisme qui servent bien la narration, mais ça manquent souvent de finesse avec des corps et des visages distordus à la limite de la caricature. Au final, je ne peux m’empêcher de penser que ce récit captivant serait bien mieux servi par un dessin plus retenu et techniquement plus maitrisé.

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The Walking Dead vol. 25: No Turning Back

Le pitch : La révolte couve dans les communautés. Rick doit faire des choix pour maintenir son autorité.

L’avis : Après le choc du final du tome précédent, Kirkman propose un chapitre beaucoup plus tourné vers les personnages, avec Rick en pièce centrale. Ce qui est le plus appréciable, c’est l’évolution du personnage de Rick. Diminué physiquement, responsable d’un ensemble de communautés, il a pris de la bouteille et doit garder la tête froide alors que ceux qui l’entourent montent dans les tours. Il prend donc conseil, ce qui donne lieu à quelques moments intéressants de caractérisation, mais aussi à quelques scènes de dialogue moins convaincantes. Par ailleurs, la colère de certains des habitants est assez répétitive à la longue. l’impression d’ensemble est donc plutôt bonne, mais pas à la hauteur du tome précédent. Reste à voir comment tout ça va tourner.

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The Walking Dead vol. 23: Whispers Into Screams

Le pitch : Premiers affrontements avec les chuchoteurs, conflits internes et pulsions adolescentes au pays des zombies.

L’avis : Dans le tome précédent, Kirkman a rebattu les cartes en introduisant une ellipse de plusieurs années dans le récit. C’était plutôt bien vu. Cette fois, l’impression est moins bonne. Le récit est largement centré sur Carl et, dans une moindre mesure, sur Maggy. Le début du tome traine en longueur. Ensuite, l’intrigue autour de Carl décolle. La relation qu’il développe avec une jeune captive est probablement trop rapide pour être crédible, même pour un ado, mais l’intrigue est accrocheuse tout de même. Du côté de Maggy, c’est plus laborieux. Elle doit gérer des conflits internes avec des personnages malheureusement trop caricaturaux pour être intéressants. Reste qu’on en découvre un peu plus sur les chuchoteurs, ceux qui sont bien partis pour devenir les nouveaux ennemis de nos héros. Leur psychologie semble différer des adversaires précédents, ce qui laisse penser que Kirkman n’a pas encore commencé à tourner en rond. Au bout de 23 tomes, c’est déjà une réussite.

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Prophet vol. 4: Joining

Le pitch : Voyage au pays de la SF sous acide.

L’avis : Prophet n’est clairement pas une série pour tout le monde, car il faut savoir se laisser porter par un récit étrange, insaisissable, et parfois incompréhensible. Jusqu’ici, j’avais totalement adhéré au trip proposé par Graham, Roy et leurs multiples acolythes. Ce tome-ci m’a offert quelques très beaux moments encore, mais j’ai aussi décroché à plusieurs reprises. La faute à une écriture un peu trop perchée (pour mon humeur du moment, peut-être), mais aussi à quelques faiblesses côté dessin. L’impression générale reste bonne, mais me voilà pour la peine moins pressé que je ne pensais l’être de lire le cinquième et ultime tome de la série.

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Jupiter’s Legacy vol. 1

Le pitch : Conflit politico-familial chez les super-héros.

L’avis : Cela faisait une éternité que je n’avais pas lu du Mark Millar, presque 7 ans avec Marvel 1985. Il faut dire que c’est un scénariste qui écrit des scénario d’une profondeur où l’on ne risque pas de se noyer. C’est encore le cas ici. L’histoire ne propose rien de nouveau dans le fond, les aspects qui auraient pu être les plus élaborés sont traités superficiellement et la psychologie des personnages est limitée. Tout ça a fait un début de lecture plutôt laborieux. En revanche, dès que l’action a démarré, c’est tout de suite devenu plus plaisant. Millar est plus à son aise, avec un script efficace et parfois drôle. Et puis, forcément, lorsqu’on est aidé par Frank Quitely, tout passe mieux. Lorsqu’on s’ennuie, on se dit que c’est au moins très joli à regarder, et quand le rythme augmente, ça se met à dépoter sérieusement. C’est tout de même un sacré virtuose du crayon ! C’est bien grâce à lui que ce premier tome de Jupiter’s Legacy m’a été plutôt agréable. Suffisamment pour lire la suite ? Peut-être pas, sauf si j’ai envie de me prendre ma dose de Quitely dans les mirettes. Nous verrons.

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Trees vol. 1: In Shadow

Le pitch : Dix ans après l’apparition de structures extraterrestres géantes partout dans le monde, l’humanité a appris à vivre avec ces arbres géants, à la fois inertes et menaçants de par l’inconnu qu’ils représentent.

L’avis : Etrange objet que cette nouvelle série de Warren Ellis. L’idée de départ est géniale de par sa simplicité. La vie extraterrestre débarque sur terre de façon massive mais ne fait rien, en tout cas rien qui ne témoigne de l’intérêt que pourrait porter ces êtres venus d’ailleurs à l’humanité. Cependant, leur simple présence bouleverse l’équilibre politique du monde. Nous voilà donc avec un récit de science fiction plein de potentiel, avec énormément de questions ouvertes et peu de réponses pour l’instant. Très accrocheur au premier abord, donc. Là où ça se gâte un peu, c’est que Warren Ellis nous fait découvrir ce monde au travers de quatre ensembles de personnages dans quatre endroits du monde dont une seule (celle en Norvège) semble faire avancer l’intrigue autour des arbres. Pour le reste, c’est nettement moins claire. L’une, en Afrique, est peu développée. L’autre, en Chine, nous parle d’identité sexuelle et semble se conclure avant d’avoir commencée. La dernière, en Italie, est la moins réussie et m’a laissé plutôt dubitatif. L’impression finale, c’est que malgré huit épisodes déjà sous le coude, la série n’a pas vraiment de cap, ce qui n’est pas nécessairement un mal en soi, mais, en l’occurence, ça m’a laissé plus perplexe qu’accroché au récit. Comme Warren Ellis est au commande, je lui laisse le bénéfice du doute. Par ailleurs, le travail de Jason Howard sur la série est très intéressant, en particulier l’ambiance qu’il sait créer dans les villes autour des arbres. Je commanderai donc le deuxième tome sans trop hésiter.

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