Fables vol. 22: Farewell

Le pitch : La phase finale de l’affrontement entre Snow White et Rose Red marque la fin de Fabletown telle qu’on l’a connue jusqu’ici.

L’avis : Après treize ans de publication, Fables tire sa révérence. La conclusion est-elle à la hauteur de l’oeuvre ? C’est difficile à dire. D’un côté, elle a le mérite d’exister, c’est-à-dire de proposer une vraie fin, totalement fidèle à l’esprit de la série sans pour autant tomber dans une forme de facilité prévisible. Ensuite, Mark Buckingham part en fanfare avec 80 pages de toute beauté, soignées et élégantes. Malheureusement, toute la tension que Willingham a fait monter dans les derniers tomes s’évapore d’une façon aussi décevante que surprenante. Donc, même si on peut respecter le sens global de cette conclusion, j’aurais vraiment aimé qu’elle se fasse avec un peu plus de punch et de brio.

Une fois l’histoire principale clôturée, on a de nouveau droit à une série d’histoires courtes sur le même modèle que dans le tome précédent. Malgré une belle galerie de dessinateurs, toutes ne sont pas indispensables. Malgré ça, j’ai apprécié le fait les portes du futur nous soient ouvertes, une façon de dire que ces personnages qu’on a suivi si longtemps continuent leur existence sans nous, les lecteurs. En tout cas, un grand merci à Bill Willingham et Mark Buckingham pour toutes ces années de belles lectures, et aussi pour avoir su reconnaitre qu’il était temps de conclure l’aventure.

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Fables vol. 21: Happily Ever After

Le pitch : Le conflit entre Rose red et Snow White monte en puissance. En bonus, quelques scènes d’au revoir, dont certains à des personnages qu’on ne pensait jamais revoir.

L’avis : Après deux tomes plutôt décevants, Fables retrouve des couleurs. Ouf, il était temps ! Alors que le tome précédent ne faisait que mettre en place les pièces de la conclusion, celui-ci a clairement pour objectif de faire monter la pression avant le tout dernier épisode. Certains regretteront peut-être que, pour y arriver, Bill Willingham fait agir ses personnages de façon surprenante. Le cas d’Ozma, en particulier, m’a laissé perplexe. En revanche, j’ai trouvé que le revirement de Rose Red, aussi contre nature puisse-t-il paraître, avait beaucoup de sens au regard de ses origines. Quelque part, une trame narrative s’impose à elle et elle ne peut que s’y conformer. Quoi qu’il en soit, Willingham réussit à faire monter le soufflé et on ne peut aborder le dernier épisode qu’avec envie. Au dessin, Mark Buckingham ne laisse sa place à personne, ce qui aide forcément à la réussite de l’histoire principale. A côté de ça, les guest stars se bousculent au portillon pour illustrer une série de vignettes racontant « la dernière histoire de… » Terry Moore et Jae Lee, notamment, livrent de belles pépites. Côté scénario, c’est assez inégal, mais il y a de bons moments, en particulier pour ceux qui aimèrent le grand n’importe quoi que fut Jack of Fables. Sur ce, j’entame la dernière ligne droite de cette grande série, en espérant qu’elle soit au moins à la hauteur de cet avant-dernier opus.

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Fables vol. 20: Camelot

Le pitch : Rose Red se donne une mission : réinstaurer Camelot et ses chevaliers de la table ronde. Ce faisant, elle se met à dos sa soeur, Blanche-Neige.

L’avis : Aïe, aïe, aïe ! Après ce que j’ai appelé un faux pas, Fables déçoit à nouveau. Ce tome n’est pas sans mérite, puisqu’il met en place des éléments d’intrigues qu’on devine déterminant pour la conclusion de la série, et il y a quelques bons moments. Cependant, j’ai trouvé que l’ensemble n’était guère passionnant, la faute à un récit un peu flottant, sans accroche véritablement forte. Côté dessin, ce n’est pas vraiment mieux. Ca commence par un épisode pris en main pour le très classique Barry Kitson. Ensuite, Mark Buckingham reprend la main, mais pas totalement. Il se fait assister, puis remplacer par Russ Braun, dont j’apprécie le dessin mais qui joue ici les bouche-trous. Quant aux deux derniers épisodes, que j’ai trouvé plutôt ennuyeux, c’est Steve Leialoha qui assure les illustrations, et autant dire qu’il est bien meilleur encreur que dessinateur. Bref, tout ça n’est pas à la hauteur de ce que la série a été. J’espère juste qu’il s’agit seulement d’une mise en place un peu laborieuse avant un bouquet final réussi. Réponse très bientôt.

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Trillium

Le pitch : La rencontre amoureuse d’une botaniste du futur qui cherche dans une fleur la solution à l’extinction de l’humanité, et d’un explorateur des années 20 qui se remet du traumatisme de la guerre de tranchées.

L’avis : Après le très réussi Sweet Tooth, je n’ai pas hésité à suivre Jeff Lemire dans ce récit de SF psychédélique. Le début de l’ouvrage m’a fait croire que j’étais parti pour me régaler. En effet, l’entame pose très bien le contexte et les personnages d’un récit prometteur, très classique sous certains aspects mais plutôt mystérieux. Au tiers du récit, Jeff Lemire change de braquet et fait de la narration expérimentale, avec des compositions en miroir. C’est plutôt réussi, intéressant à lire et à relire, mais il faut dire que ça se fait un peu au dépend de l’immersion dans le récit. Le dernier tiers redevient plus linéaire et met l’accent sur la romance entre les personnages jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée assez plate. L’impact émotionnel recherché ne m’a pas vraiment atteint, malgré une belle prestation de Lemire au dessin. L’impression finale est donc assez mitigée. Ce n’est pas une mauvaise lecture, loin de là, mais la conclusion déçoit.

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The Unwritten vol. 11: Apocalypse

Le pitch : L’affrontement final, entre fiction et réalité.

L’avis : Après le calamiteux crossover avec Fables, suivi d’un tome de meilleure facture mais tout de même inférieur à ce que The Unwritten nous a habitué, j’avoue avoir abordé ce volume de conclusion avec une certaine appréhension. Ca aurait été vraiment dommage de finir sur une mauvaise note pour ce qui a été pendant longtemps une des meilleures séries sur le marché. Heureusement, ce n’est pas le cas. Mike Carey et Peter Gross livrent une fin riche, voire complexe, mais parfaitement cohérente avec ce qu’a été la série depuis le début. La première partie porte sur la quête du Graal sensé sauvé Leviathan ou détruire toute existence. Le mélange entre réalité et fiction, en l’occurence les mythes arthuriens, atteint un niveau d’entrelacement jamais vu jusqu’ici. Ca donne lieu à de très beaux moments de narration, même si certains dialogues en anglais médiéval ne sont pas des plus aisés à comprendre. La partie finale n’est pas moins exigeante, mais l’exercice intellectuel qu’elle demande ne se fait pas au détriment de l’émotion de voir les personnages finir leur parcours, chacun à sa façon. Au final, malgré les faux pas des deux derniers tomes, je ne regrette vraiment pas d’avoir suivi cette série de haute volée et j’espère que le tandem Carey-Gross n’a pas tourné la dernière page de leur collaboration.

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The Unwritten vol. 10: War Stories

Le pitch : Tom Taylor retrouve les siens dans un monde déchiré où fiction et réalité souffrent.

L’avis : Après l’excursion ratée dans le monde de Fables, The Unwritten revient sur le chemin qui le mène vers sa conclusion. Côté dessin, rien à redire, Peter Gross soigne son travail. Côté scénario, c’est plus mitigé. Le monde est plongé dans le chaos, à l’image du Leviathan à l’agonie. Le script reflète ce chaos ce qui, d’une certaine façon, est cohérent. Le problème pour le lecteur, c’est que c’est parfois assez confus et, personnellement, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Reste à savoir maintenant si le dernier tome de la série clôturera de façon satisfaisante cette série jusqu’ici excellente. Je l’espère sincèrement. Verdict très vite.

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The Unwritten vol. 9: The Unwritten Fables

Le pitch : Suite à une erreur d’aiguillage, Tommy se retrouve dans le monde des Fables pour affronter Mister Dark.

L’avis : Faire se rencontrer les univers de Fables et The Unwritten, voilà qui avait beaucoup de sens. Après tout, les deux séries reposent sur un socle fantastique commun : la personnification du pouvoir des oeuvres de fiction. Deux bonnes séries, deux bons scénaristes, deux bons dessinateurs, tout ça faire forcément une mélange de grande qualité, non ? Et bien non, justement. L’alchimie ne fonctionne pas. Mis à part quelques idées intéressantes ça et là, le scénario ne trouve pas son souffle et s’apparente à un jeu de massacre des personnages de Fables. La collaboration entre Peter Gross et Mark Buckingham au dessin n’apporte pas grand chose non plus car le premier ne semble pas spécialement à l’aise pour manier les jouets du second. Et puis, de toute façon, tous les événements sont effacés en un claquement de doigts à la fin, ce qui fait de cette histoire une parenthèse assez vaine, aussitôt oubliée. Dommage.

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The Unwritten vol. 8: Orpheus in the Underworld

Le pitch : Tom part à la recherche de Lizzie au sein des histoires d’enfer sous toutes leurs formes. Pendant ce temps, en Australie, Savoy et Didge enquêtent sur de mystérieux meurtres au centre desquels se trouve un petit garçon qui aime les histoires de zombies.

L’avis : Depuis le début, The Unwritten est un récit d’une grande richesse intellectuelle et d’une grande densité narrative. Cependant, l’intelligence de l’écriture de Mike Carey a toujours rendu la complexité du récit très accessible. Pour la première fois, j’ai quand-même eu un petit peu de mal à le suivre dans les méandres de cet univers qui mélange allègrement mythes et réalité. Je ne sais pas si c’est dû justement au fait que la frontière entre les deux est de moins en moins nette ou si c’est parce que je commence à avoir du mal à me souvenir de tous les évènements antérieurs, mais j’ai eu cette fois le sentiment de ne plus bien savoir d’où on venait et où on allait. Il n’empêche que je ne me suis pas ennuyé une seconde et que la qualité de l’exécution reste élevée. C’est vrai pour l’écriture, et aussi pour le dessin de Peter Gross, fort bien assisté pour deux épisodes par Dean Ormston. Le tome se conclue par une pirouette (littéralement) qui annonce le crossover à venir avec Fables. Le mariage est logique, espérons qu’il soit beau.

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Fables vol. 19: Snow White

Le pitch : La fin des aventures de Bufkin au pays d’Oz et le retour d’un mari oublié qui vient menacer Snow White.

L’avis : Bill Willingham a annoncé il y a peu la fin prochaine de Fables. Ce 19ème tome me fait me demander si cette annonce n’arrive pas un peu tard. De fait, cette série a toujours été relativement constante et il n’y a guère que ses spinoffs qui ont pu décevoir par moment. Cette fois, malheureusement, le faux pas est bien réel. Plusieurs raisons à ça. Tout d’abord, le tome commence par les aventures de Bufkin, initialement parues en backup des épisodes du tome précédent. Mis bout à bout, ces mini-chapitres se révèlent vite ennuyeux. Heureusement, le dernier épisode, clôt la vie de Bufkin de façon satisfaisante. Le soulagement n’est que de courte durée, car le retour à l’intrigue principale n’est pas folichon. Un nouvel adversaire sort d’on ne sait quel chapeau. Il est tellement détestable qu’il en devient désagréable. Snow White se retrouve dans le rôle de la victime pendant que Bigby effectue une quête qui ne mène nul part. En parallèle, la Bête gère une histoire de mariage bidon qui n’est guère intéressante à suivre. Enfin, on a le droit à un combat final dans lequel un personnage majeur meurt sans aucune espèce d’impact émotionnel. Malgré la qualité des dessins de MacManus (quoique gâché par une colorisation fatigante) et surtout Buckingham, qui sauve la baraque, tout ça donne le plus mauvais chapitre de l’histoire de Fables. J’espère sincèrement que ça n’est pas de mauvais augure pour les derniers tomes qui restent avant le point final.

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100 Bullets: The Deluxe Edition Book 5

Le pitch : La confrontation finale entre Graves, qui a bien du mal à tenir ses Minutemen, et les différentes familles du Trust, qui s’entredéchirent.

L’avis : Voici enfin venue la conclusion de ce qui est sans aucun doute un des polars de référence du comics américain. Malheureusement, en ce qui me concerne, elle s’avère relativement décevante. Ce que je redoutais en conclusion de ma critique du tome précédent s’est pleinement réalisé. Azzarello jongle avec une flopée de personnages dont il est de plus en plus difficile de savoir quel rôles ils ont dans l’histoire. Le moins que l’ont puisse dire, c’est que le scénariste ne cherche pas à faciliter le travail du lecteur. Or, même si j’aime les histoires complexes, mon principe est que si je suis obligé de prendre des notes pour m’y retrouver, c’est que le scénariste a mal fait son travail. Donc, pendant l’essentiel de l’ouvrage, je me suis retrouvé dans la situation assez inconfortable d’apprécier les détails de ce que je lisais – car il y a indubitablement des moments de brillance dans ce cinquième tome – tout en n’ayant qu’une vision très floue du tableau complet. En outre, j’ai trouvé la conclusion sans finesse. Les personnages tombent les uns après les autres comme des dominos mal rangés. Sur le dernier épisode, même Eduardo Risso semble peu inspiré, alors qu’il est exemplaire par ailleurs. Au final, 100 Bullets m’aura totalement enthousiasmé pendant trois tomes et demi, soit tout de même environ 70 épisodes, ce qui n’est pas rien et qui justifie en soi la réputation de la série. Puis, elle m’aura perdu en cours de route sans même m’offrir la jolie pirouette finale que j’attendais. Dommage !

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