Hellboy: The Midnight Circus

Le pitch : Hellboy enfant se fait la belle pour aller griller une clope comme un grand, mais il croise un cirque, bien plus intéressant.

L’avis : Voilà une bien belle friandise pour les fans de Hellboy. Mike Mignola met en scène l’enfant-démon tel qu’on peut le voir habituellement dans les pages des B.P.R.D. version années 40. Ce gamin un peu seul, entouré d’adultes dans une base militaire, a envie de grandir, mais il reste un orphelin qui a besoin qu’on s’occupe de lui et qui se raccroche à la figure paternelle du professeur Bruttenholm. Mignola sait indéniablement le rendre attachant. Dans cette petite aventure, Hellboy croise des démons majeurs sans savoir qu’ils le sont et explore le mythe de Pinocchio. C’est un scénario sans prétention qui se lit bien, mais qui pourrait être vite oublié s’il n’était illustré par Duncan Fegredo au sommet de son art. Ses dessins sont vraiment sublimes, avec un travail sur l’encrage de toute beauté, sans oublier les couleurs splendides de Dave Stewart. Vraiment, c’est un pur régal. Finalement, ce qu’on reprochera le plus à cette friandise, c’est qu’elle est un peu petite (56 pages seulement) et diablement chère pour sa taille ($15). Il n’empêche que c’était difficile de résister et que je ne regrette pas d’avoir cédé à la tentation du démon. Vade retro, Fegredo !

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 3: Russia

Le pitch : Kate et Johann répondent à l’appel de leurs homologues russes pour résoudre un cas de possessions et d’apparition de mort-vivant dans une mine désaffectée.

L’avis : Mignola et Arcudi laissent plus ou moins de côté les éléments d’intrigues développés dans le tome précédent. Abe et Devon ne font donc que de brèves apparitions. Kate et Johann occupent le devant de la scène. Face à eux, Iosif, un personnage introduit dans une des mini-séries Abe Sapien que malheureusement je n’ai pas lue. J’ai décidé de ne plus être un complétiste de l’univers Hellboy et c’est la première fois que je m’en mords les doigts. Le personnage est vraiment intéressant et j’aurais aimé en savoir plus sur ses origines. Cela dit, ça n’a pas de réel impact sur l’histoire racontée dans ce tome, une histoire solide et agréablement illustré par Tyler Crook. J’ai trouvé encore assez difficile de ne pas penser à Guy Davis tellement il a marqué la série, mais Tyler Crook s’en sort bien. Il est peut-être moins performant que son illustre prédécesseur dans le registre des monstres et de l’horreur, mais j’aime la douceur de son trait et l’expressivité de ses personnages. A noter qu’un certaine continuité graphique est assurée par le fait qu’il s’est basé pour ce tome sur le travail préparatoire de Guy Davis, sans oublier la supervision de Mignola, comme l’atteste la section d’esquisses de l’ouvrage. En parlant de bonus, on a également droit en guise d’épilogue à quelques pages illustrées par Duncan Fegredo. Elles font le lien entre les derniers évènements concernant Hellboy et l’histoire personnelle de Kate. Là encore, bonne lecture. Sur ce, j’enchaine directement avec le tome suivant qui est déjà paru, en pariant sans grand risque que ça va se maintenir au niveau de qualité auquel cette série nous a habitué.

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Hellboy vol. 12: The Storm and the Fury

Le pitch : Hellboy cherche son chemin au milieu d’un héritage compliqué pour trouver le moyen d’affronter Nimue, celle par qui le fin du monde a toutes les chances d’arriver.

L’avis : The Storm and the Fury conclue l’histoire d’Hellboy commencée au début des années 90 avec Seed of Destruction. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de suite, mais elle sera d’un autre ordre. Je n’en dis pas plus pour ne pas trop dévoiler l’intrigue, mais, vous l’aurez compris, ce tome est essentiel pour les fans de longue date du personnage. En est-il pour autant réussi ? Je dirais que oui et non.

Côté scénario, The Storm, la première partie, finit de mettre en place la confrontation finale entre Hellboy et Nimue, dans le ligne directe de The Wild Hunt. C’est la partie du scénario la plus intéressante. Avec The Fury, Mignola retombe dans ses pires travers. Il nous livre une narration un peu confuse, avec un texte lourd et redondant, et des scènes de baston qui n’en finissent pas. Quant à la conclusion, pourtant chargée de conséquence pour Hellboy et le reste du monde, elle tombe franchement à plat. Je crois que je me serais royalement ennuyé si ce n’était pour les dessins de Duncan Fegredo. Car c’est bien lui qui sauve l’ouvrage et qui lui donne le souffle d’apocalypse qu’il mérite. En parfaite symbiose avec l’immense Dave Stewart aux couleurs, il nous livre des planches sublimes du début jusqu’à la fin. C’est à la limite de la démonstration. A côté, les trois pages d’épilogue de Mignola relèvent de l’amateurisme, ce qui n’est guère encourageant pour la suite, car l’auteur va reprendre entièrement les rênes de la série. En tout cas, un grand bravo à Fegredo, qui a confirmé par son passage sur Hellboy qu’il est l’un des dessinateurs les plus talentueux de sa génération.

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