The Private Eye

Le pitch : Dans un monde futuriste où internet a disparu et où la presse fait appliquer la justice, un détective privé se fait embarquer dans une enquête bien plus grande qu’elle n’y paraît.

L’avis : Avant de parler des qualités de l’ouvrage, un mot sur ses particularités. Premièrement, il s’agit d’une série publiée initialement en digital sur le modèle du « paie ce que tu veux ». Pari osé de la part de BKV et Marcos Martin, qui s’est avéré payant puisque, apparemment, ça leur a rapporté pas mal d’argent. Sans surprise, même si les auteurs ont laissé penser le contraire pendant longtemps, la série a fini par avoir le droit d’être imprimée, en version deluxe, pas donnée, bien entendu. La deuxième originalité réside dans le format horizontal qui a été préservé dans la version papier. Nous voilà donc avec une édition reliée qui pèse son poids et dont la manipulation n’est franchement pas aisée. C’est à peu près le seul défaut qu’on pourra reprocher à l’ouvrage. Pour le reste, c’est du pur plaisir de lecture. L’intrigue est accrocheuse, le rythme est relevé, les dialogues délicieusement habiles, l’environnement futuriste plein d’originalité et de bonne idée. Bref, c’est du très bon BKV, ce qui n’est pas peu dire. Comme si cela ne suffisait pas Marcos Martin est tout aussi brillant, que ce soit dans le registre du dynamisme de la narration, de l’expression des personnages ou encore du design du monde dans lequel tout ce petit monde évolue. Si j’avais un tout petit bémol à formuler, ce serait juste que la fin, même si je la trouve réussie dans son exécution, n’est pas tout-à-fait à la hauteur des enjeux sociétaux que l’histoire soulève. Mais bon, à ce niveau de maîtrise, c’est presque du pinaillage. C’est avant tout une très bonne lecture, chaudement recommandée.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Lazarus vol. 4

Le pitch : Guerre ouverte entre familles et subtiles intrigues au sein des Carlyle.

L’avis : Lazarus a fini en tête de mon best of 2015. Vue la qualité de ce nouveau tome, Il n’y a guère de doute sur le fait qu’il soit inclus dans celui de 2017 (cela dit en passant – oups ! – j’ai oublié de faire celui de 2016). Cette fois, le récit est recentré sur les Carlyle qui doivent gérer une guerre sans la direction de leur stratège de père. Les relations entre les nombreux personnages secondaires sont très habilement mises en scène. Quant à Forever, elle est au centre d’une opération militaire riche en action, ce qui donne une tonalité assez différente à ce tome par rapport aux précédents. Les scènes de combat sont traitées sur un mode très réaliste. Michael Lark fait preuve d’une efficacité redoutable dans ce registre. Bref, Lazarus confirme être une des meilleure séries du moment. Mangez-en !

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Injection vol. 2

Le pitch : Une enquête de Vivek Headland sur la disparition d’un fantôme sexuel, l’apparition d’un jambon humain et le possible rôle de l’injection dans l’affaire.

L’avis : Le deuxième tome d’Injection a beaucoup en commun avec le premier, tout en s’en distinguant nettement. On retrouve un niveau d’exigence plutôt relevé, de par une narration complexe et une intrigue franchement barrée, avec certaines clés de compréhension qui ne sont tendues que de loin au lecteur. Là où ça diffère, en revanche, c’est que l’essentiel du scénario tourne cette fois autour d’un seul des personnages principaux, le super-détective Vivek Headland. Pour la peine, l’histoire est construite comme une enquête avec, cerise sur le gâteau, une solide dose d’humour. Je me suis franchement marré. Pour la peine, j’ai trouvé la lecture beaucoup plus gratifiante, et ce malgré les doutes que je peux avoir sur la justesse de ma compréhension de ce qu’est vraiment l’injection et comment elle agit. Bref, Warren Ellis joue avec ses lecteurs, plutôt brillamment mais au risque de les perdre. Il est aidé en cela par un Declan Shalvey parfaitement à son aise. L’exercice est suffisamment bien réussi pour que je signe pour la suite de la série, quand elle arrivera, c’est-à-dire pas avant longtemps vu son rythme de parution actuel.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Injection vol. 1

Le pitch : Une bande de génie affrontent leur création techno-mystique.

L’avis : Injection, c’est du Warren Ellis pur jus. On retrouve en particulier quelques éléments centraux de Planetary : une bande de génies spécialisés à gros caractères qui travaillent à la marge entre science et magie. Le récit est cependant parmi les plus exigeants de ce que l’auteur a l’habitude de fournir. La narration est tout sauf linéaire, les éléments de compréhension de la problématiques sont distillés très progressivement et certains dialogues demandent de s’accrocher. Tout ça fait une lecture pas toujours gratifiante, mais qui a le mérite d’introduire solidement les bases de l’histoire. Un tome d’introduction, donc, qui paraît prometteur, mais j’attends le tome 2 avant de me décider de suivre Warren Ellis dans son trip techno-mystique.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Tokyo Ghost vol. 1: Atomic Garden

Le pitch : En 2089, dans un monde d’opulence dominé par les technologies de l’information, deux agents sont envoyés au Japon, là où la technologie est bannie.

L’avis : Belle réussite que ce premier tome de Tokyo Ghost. Ce n’est pas vraiment une surprise, car Remender, quand il est en forme, fournit des lectures stimulantes et Sean Murphy est toujours éblouissant. C’est le cas ici sur les deux tableaux. Le scénario n’a rien de franchement subtil. Le peuple gavé d’information jusqu’à l’addiction la plus extrême, le cynisme absolu des conglomérats qui entretiennent le système, et par opposition, l’idéalisme écolo-humaniste de leurs adversaires, tout ça est à la limite du caricatural, mais, en même temps, c’est très bien exécuté, avec quelques très bonnes idées. Ca fait au final un environnement fort intéressant. Par ailleurs, le récit alterne les scènes d’action rocambolesques et les moments consacrés au développement des personnages. Bien-sûr, tout cela est sublimé par le travail de Sean Murphy, totalement dans son élément. Il reprend d’ailleurs pas mal des thèmes de son Punk Rock Jesus. Le dessin est riche, détaillé et ultra-dynamique. On se demande vraiment comment il arrive à fournir des planches aussi travaillées à un rythme pareil. Chapeau bas, encore une fois.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Bitch Planet vol. 1: Extraordinary Machine

Le pitch : Dans une société ultra-patriarchale, une prison pour femmes trop peu conciliante est prise dans une embrouille où sport, politique et médias se mêlent.

L’avis : Avec Pretty Deadly, on ne peut pas dire que ma première expérience de l’écriture de Kelly Sue DeConnick ait été très convaincante. Malgré tout, je me suis laissé tenté par Bitch Planet, et bien m’en a pris. C’est un récit qui aborde le féminisme avec beaucoup d’originalité. D’ailleurs, le récit dépasse le cas de la condition féminine. C’est à la fois un récit carcéral et une satire du monde actuel vu au travers du spectre d’une société ultra-patriarchale. J’ai vraiment beaucoup aimé l’approche. Beaucoup de personnages sont introduits ici. Assez bizarrement, on a un épisode centré sur un personnage secondaire, alors que les pièces maitresses ne sont pas encore véritablement développées. J’imagine que ça viendra par la suite. Côté dessin, j’ai retrouvé avec plaisir Valentine De Landro que je ne connaissais que de quelques pages d’X-Factor. Il fait ici un très bon boulot, avec des planches vivantes et des personnages bien définis. Je signe sans hésitation pour la suite.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Empty Zone Vol. 1: Conversations With The Dead

Le pitch : Une mercenaire cyborg maniaco-dépressive est rattrapée par le lourd passé qu’elle traine depuis l’époque où elle faisait parti d’une troupe de soldats d’élite.

L’avis : Jason Shawn Alexander est un surdoué du dessin. Ca, on le savait déjà. Avec Empty Zone, j’étais curieux de voir ce qu’il allait donner au scénario et, ma foi, il s’en tire plutôt bien. Empty Zone, c’est du cyberpunk noir de chez glauque. Alexander soigne son monde post-apocalyptique et on se laisse facilement happer par l’ambiance. L’intrigue n’est pas mal non plus dans le sens où l’auteur avance habilement ses pièces pour dévoiler progressivement les dessous du mystère. Au-delà, ce n’est pas non plus d’une très grande originalité. L’héroïne torturée et sexy qui botte le cul de tout le monde, on a déjà vu ça ailleurs. Et puis Alexander le scénariste a quand-même un peu tendance à écrire pour faire plaisir à Alexander le dessinateur et ça se fait parfois un peu au détriment de l’histoire. Le bon côté dans tout ça, c’est que c’est assez délicieux à regarder. Certaines planches sont sublimes. Au final, j’ai beaucoup apprécié ce tome d’introduction. Reste à savoir si ça va tenir sur la longueur.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Alex + Ada vol. 3

Le pitch : Quand le bras armé de la justice rattrape le couple interdit…

L’avis : Ce troisième tome est la conclusion de la série de science fiction romantique proposée par Sarah Vaughn et Jonathan Luna. Les deux tourtereaux au centre de l’histoire n’ont pas vraiment le temps de vivre leur passion avant d’être rattrapés par la justice. Le premier tiers continue d’explorer la thématique de l’amour interdit dans une société qui a peur, puis c’est la séance de la fuite avec son lot d’action, avant de terminer par un épilogue qui déroule 25 ans en vitesse accélérée. J’ai trouvé la conclusion satisfaisante dans l’ensemble, quoiqu’un peu rapide et manquant d’impact émotionnel. C’est une histoire plus intéressante, de par les questions qu’elle pose, que touchante, ce qui est un petit peu dommage pour une histoire d’amour. Bref, je recommanderais plus vivement cette série aux amateurs de science fiction qui fait réfléchir qu’aux coeurs d’artichaut.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Wytches vol. 1

Le pitch : La famille Rooks vient de déménager pour fuir une série d’évènements qui les a secoués. Mais les bois qui jouxtent leur maison cachent des forces maléfiques.

L’avis : Ces derniers temps, je me laisse pas mal tenter par des comics d’horreur. Pourtant, c’est un genre qui peut vite me lasser. Comme, en plus, le thème de Wytches ressemble grandement à celui de Harrow County, j’avais un peu peur d’avoir fait l’achat de trop avec ce TPB. Que nenni ! Wytches est une vrai réussite dans le genre et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le scénario est très bien construit. Il distille savamment les éléments de l’intrigue pour tenir le lecteur en haleine de bout en bout. La première moitié de l’histoire est un modèle de mise en place du climat d’épouvante, tandis que la seconde moitié dévoile les ressorts de l’intrigue, avec son lot de rebondissements. Au-delà de ses qualités de récit d’horreur, le scénario fait la part belle aux personnages. On se rend compte d’ailleurs dans les postfaces à chaque numéro, qui sont regroupés à la fin du tome, que la personnalité du père autant que celle de la fille est largement inspirée de l’histoire personnelle de Scott Snyder. C’est peut-être pour ça que leurs dialogues sonnent aussi juste. Et puis enfin, il y le travail de Jock, un de ses meilleurs jusqu’ici, qui participe grandement au succès de l’ensemble. L’association avec Matt Hollingsworth aux couleurs fonctionne diablement bien pour créer des ambiances pesantes et, là encore, l’expression des personnages est soignée. La conclusion de l’histoire m’a un peu surprise sur le coup, mais elle a du sens. En tout cas, elle appelle une suite. J’en serai sans aucun doute.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Velvet vol. 2: The Secret Lives of Dead Men

Le pitch : Tout en évitant ceux qui la traquent, Velvet poursuit ceux qui l’ont piégée.

L’avis : Après un début réussi, Velvet confirme, et de fort belle manière. L’intrigue est dense, avec de multiples rebondissements et un rythme parfaitement maitrisé. Certes, c’est tellement bien huilé que ça perd en crédibilité, mais c’est vraiment difficile de ne pas se faire happer par les évènements qui s’enchainent. Les dialogues et les voix off sont excellentes, comme toujours avec Brubaker. Quant aux dessins d’Epting, sublimés par les couleurs de Bretweiser, ils sont de toute beauté. Là encore, on sent la maîtrise du vétéran. Tout ça fait un tome 2 qui s’avale d’un trait et ne laisse en bouche que l’impatience d’avoir la suite en main.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF