B.P.R.D. Hell on Earth vol. 11: Flesh and Stone

Le pitch : A proximité d’un village abandonné, une escouade du B.P.R.D. recherche un monstre qui pourrait être à l’origine de nombreuses disparitions.

L’avis : Je dois bien dire que je ne sais plus bien où on en est avec B.P.R.D. Ca fait un moment que la série n’a plus de direction bien définie. C’est l’enfer sur terre et le B.P.R.D., main dans la main avec l’armée, s’évertue à tuer quelques monstres parmi la multitude qui pullulent sur la planète. C’est un peu comme d’assister au spectacle du gars qui écope sans fin avec son seau dans un bateau qui coule. En plus, les personnages habituels sont mis au second plan. Tout ça pourrait nourrir pas mal de déception, mais, en fait, non. On a tout de même Howard dont on découvre progressivement la vie antérieure. On a Iosif et Varvara qui continuent d’entretenir une drôle de relation. Tout ça est fort bien dialogué, comme d’habitude avec Arcudi. Et puis, on a toujours une bonne dose d’action. Et c’est là qu’entre en jeu James Harren, avec son style énergique et énergisant. Plus ça va, plus j’apprécie son travail et plus je trouve qu’il a toute sa place dans cette mouture apocalyptique de B.P.R.D. Bref, j’ai encore bien apprécié ce nouvel opus. J’enchaine d’ailleurs directement avec le suivant.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 9: The Reign of the Black Flame

Le pitch : Le B.P.R.D. et leurs alliés russes entrent à pied dans New York coupé du monde depuis un an et y affronte le nouveau Black Flame.

L’avis : Après un tome plutôt orienté vers le développement des personnages, B.P.R.D. Hell on Earth remet l’accent sur l’action au travers de cette mission à laquelle tout le monde participent. Le résultat est franchement efficace. New York, ravagé par les monstres et le désespoir de sa population, fournit le cadre d’un guerre urbaine où les troupes avancent avec discipline. Seuls deux électrons libres s’écartent du groupe : Iosif, qui prend des risques et le paye cher, et surtout Liz, dont la mue est impressionnante. Pour la peine, la maîtrise de ses pouvoirs pyrotechniques en font une espèce de torche humaine  gothique et surpuissante. Ce côté presque superhéroïque du récit m’a un peu surpris, mais pourquoi pas. Il faut dire que tout passe bien quand James Harren met en scène l’action avec l’énergie qu’on lui connait. Ca n’est pas toujours subtil, mais ça envoie sévèrement. Le seul bémol à mon enthousiasme concerne la fin du récit, que j’ai trouvé expédiée un peu trop rapidement après le boom final si mignolesque, mais rien de grave. Ce n’est pas ça qui m’empêchera de lire la suite.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 5: The Pickens County Horror and Others

Le pitch : Deux missions des troupes de base du B.P.R.D et un retour vers le passé d’un de leur scientifique.

L’avis : Ce volume est un nouvel interlude composé d’histoires courtes sans rapport direct avec l’intrigue en cours dans la série régulière, comme ça arrive régulièrement sur B.P.R.D. A noter également que c’est Scott Allie, et non pas comme d’habitude John Arcudi, qui officie au scénario au côté de Mignola. En cela, il ne s’agit pas d’un tome indispensable, sauf pour les aficionados de l’univers Hellboy. La question est donc de savoir si ce tome mérite en soi d’être acheté. J’ai bien cru que la réponse allait être non suite à la lecture de la première histoire en deux épisodes. Il s’agit d’une histoire de vampire qui ne m’a pas fait grand impression, d’autant que je n’ai pas trouvé Jason Latour au dessin particulièrement inspiré sur ce coup.

Heureusement, les deux histoires suivantes sont plus enthousiasmantes. La première met en scène le vieux savant un peu timbré déjà croisé dans la série. On y retrouve également Hellboy et, sans surprise, ça donne lieu à une grosse baston. Pendant ce temps là, le vieux croise des fantôme et perd la boule. Rien de transcendant côté scénario donc, mais ça se lit bien et, surtout, c’est admirablement bien illustré par Max Fiumara. J’en étais resté à ses premiers travaux de professionnel sur Blackgas avec Warren Ellis. Je soulignais à l’époque son potentiel. Depuis, quelle progression ! Et quand on sait qu’il est maintenant le dessinateur régulier de la série consacrée à Abe Sapien autant dire que je vais manger de l’homme poisson.

Quant à la troisième et dernière histoire de l’ouvrage, elle nous emmène au paléolithique. Le scénario m’a bien tenu en haleine, mais, là encore, c’est surtout le dessin qui m’a le plus séduit. James Harren, croisé dans le dernier tome de B.P.R.D., mais aussi plus récemment encore sur le dernier Conan, livre ici sa meilleure prestation en date, avec toujours cette énergie dans le trait qui donne au scènes d’action beaucoup de puissance.

Bref, un tome peut-être pas indispensable, mais tout de même fort plaisant à lire. N’hésitez pas à y investir vos deniers.

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Conan vol. 13: Queen of the Black Coast

Le pitch : Conan échappe par la mer à la justice de la cité d’Argos et tombe rapidement sur le vaisseau puis dans les bras de Bêlit, redoutable reine pirate.

L’avis : Autant le dire d’entrée, je ne suis pas particulièrement fan de Conan. Malgré cela, Dark Horse a réussi à me faire acheter quatre TPB lorsque Kurt Busiek et Cary Nord ont repris le personnage en main il y a déjà quelques années. J’ai fini par me lasser, sans surprise. La série est passée de mains en mains et voilà qu’ils me refont le coup du tandem d’auteurs auquel il est difficile de résister, en l’occurrence Brian Wood et Becky Cloonan.

De fait, je n’ai pas été déçu par cette nouvelle collaboration entre les deux compères. Brian Wood est visiblement très à l’aise avec le personnage. Il nous donne accès à son ressenti au travers d’une voix off très présente, comme il sait bien le faire, avec des émotions plutôt inhabituelles chez ce Conan encore jeune, comme la peur et la passion amoureuse. Becky Cloonan, que je n’aurais a priori pas trop vu sur ce titre, illustre tout ça avec beaucoup d’énergie mais aussi de finesse, montrant encore une fois ses qualités d’artiste protéiforme. Rajoutez à ça les couleurs splendides de Dave Stewart et vous avez un trio gagnant. Sur la seconde moitié du bouquin, c’est James Harren, déjà aperçu sur B.P.R.D., qui reprend le flambeau. C’est moins fin, plus brutal que Becky Cloonan, mais ce n’est pas vraiment un problème, car le scénario fait la part belle à la violence.

A défaut d’être véritablement original, tout ça fait une très bonne lecture que je vais très probablement prolonger d’un tome pour conclure l’histoire avec Bêlit. Ensuite, rien n’est moins sûr, car, quand-même, ça reste du Conan.

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B.P.R.D.: Hell on Earth vol. 4: The Devil’s Engine & The Long Death

Le pitch : Pendant que Devon essaie de chaperonner Fenix jusqu’au Colorado, Johann traque Daimio pour assouvir sa soif de vengeance.

L’avis : Mignola et Arcudi semblent avoir pris le partie de faire de B.P.R.D. une série d’histoires mettant en scène deux des personnages principaux seulement, quitte à laisser en suspend les autres éléments de l’intrigue. Cette fois, nous avons le droit à deux histoires de longueurs identiques et tout à fait distinctes.

La première, The Devil’s Engine, sert essentiellement à mettre en place la relation entre Devon et Fenix. Certes, il y a pas mal d’action, puisque le tandem passe son temps à essayer d’échapper aux griffes de monstres résolument carnivores, mais l’essentiel n’est pas là. Devon et Fenix apprennent à se connaître, et même à s’apprécier. Mon petit doigt me dit que tout ça pourrait évoluer sur la romance, mais je peux me tromper. En tout cas, ça se lit bien, les dialogues sonnent justes et Tyler Crook assure. Mon seul bémol, mineur, réside dans la façon dont Devon se transforme subitement en bête d’action et de bravoure, lui qui était plutôt pitoyable dans ce registre jusqu’ici. J’ai trouvé ça assez peu crédible.

Avec The Long Death, changement de ton. Johann organise une expédition pour retrouver Daimio et ça vire très vite au carnage. L’histoire est résolument plus gore et la psychologie des personnages cède le pas face aux scènes de combats sanglants. Sur ce terrain, James Harren, un dessinateur que je ne connaissais pas, se révèle diablement efficace et percutant. Le scénario offre une conclusion dramatique qui m’a plutôt surprise. Je suis vraiment très curieux de savoir les conséquences que ça va avoir, en particulier comment Abe et Kate vont réagir aux actions de Johann.

Mon sentiment général est donc toujours aussi positif. Même si la narration est plus linéaire qu’elle ne l’a été et que ce tome n’est pas le plus riche en interactions, Mignola et Arcudi continuent à nous servir des scénarios intéressants en plantant habilement les germes des évènements à venir. Quant au dessin, si Tyler Crook se maintient à ce niveau et continue de laisser la main à des remplaçant de la trempe de James Harren, la série n’a pas de soucis à se faire.

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