B.P.R.D. Hell on Earth vol. 6: The Return of the Master

Le pitch : Pendant qu’une expédition du B.P.R.D. part à la recherche d’un nouveau culte créé par un mystérieux leader en Écosse, Zynco cherche à ressusciter Raspoutine.

L’avis : Moi qui était heureux de retrouver l’intrigue principale de B.P.R.D. après un tome plaisant mais accessoire, me voilà relativement déçu. The Return of the Master n’est pas sans mérite. Il y a quelques bons passages et le scénarios réserve quelques évènements déterminants pour la suite. Malheureusement, j’ai trouvé le développement des personnages très léger pour cette série dont c’est habituellement le point fort. C’est vrai pour les personnages principaux habituels qui ont tous leurs scènes mais sans que ce soit suffisamment consistant pour être intéressant. La troupe envoyée en Écosses est plus mise en valeur, mais, là encore, je suis resté sur ma faim, la faute à une résolution décevante du combat avec leur adversaire. Autre élément de relative déception, je trouve que Tyler Crook marque le pas et je me suis mis à franchement regretter Guy Davis. Bref, je ne vais très clairement pas arrêter une série de la qualité de B.P.R.D. pour un tome relativement décevant, mais j’espère que la série va très vite rebondir.

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B.P.R.D.: Hell on Earth vol. 4: The Devil’s Engine & The Long Death

Le pitch : Pendant que Devon essaie de chaperonner Fenix jusqu’au Colorado, Johann traque Daimio pour assouvir sa soif de vengeance.

L’avis : Mignola et Arcudi semblent avoir pris le partie de faire de B.P.R.D. une série d’histoires mettant en scène deux des personnages principaux seulement, quitte à laisser en suspend les autres éléments de l’intrigue. Cette fois, nous avons le droit à deux histoires de longueurs identiques et tout à fait distinctes.

La première, The Devil’s Engine, sert essentiellement à mettre en place la relation entre Devon et Fenix. Certes, il y a pas mal d’action, puisque le tandem passe son temps à essayer d’échapper aux griffes de monstres résolument carnivores, mais l’essentiel n’est pas là. Devon et Fenix apprennent à se connaître, et même à s’apprécier. Mon petit doigt me dit que tout ça pourrait évoluer sur la romance, mais je peux me tromper. En tout cas, ça se lit bien, les dialogues sonnent justes et Tyler Crook assure. Mon seul bémol, mineur, réside dans la façon dont Devon se transforme subitement en bête d’action et de bravoure, lui qui était plutôt pitoyable dans ce registre jusqu’ici. J’ai trouvé ça assez peu crédible.

Avec The Long Death, changement de ton. Johann organise une expédition pour retrouver Daimio et ça vire très vite au carnage. L’histoire est résolument plus gore et la psychologie des personnages cède le pas face aux scènes de combats sanglants. Sur ce terrain, James Harren, un dessinateur que je ne connaissais pas, se révèle diablement efficace et percutant. Le scénario offre une conclusion dramatique qui m’a plutôt surprise. Je suis vraiment très curieux de savoir les conséquences que ça va avoir, en particulier comment Abe et Kate vont réagir aux actions de Johann.

Mon sentiment général est donc toujours aussi positif. Même si la narration est plus linéaire qu’elle ne l’a été et que ce tome n’est pas le plus riche en interactions, Mignola et Arcudi continuent à nous servir des scénarios intéressants en plantant habilement les germes des évènements à venir. Quant au dessin, si Tyler Crook se maintient à ce niveau et continue de laisser la main à des remplaçant de la trempe de James Harren, la série n’a pas de soucis à se faire.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 3: Russia

Le pitch : Kate et Johann répondent à l’appel de leurs homologues russes pour résoudre un cas de possessions et d’apparition de mort-vivant dans une mine désaffectée.

L’avis : Mignola et Arcudi laissent plus ou moins de côté les éléments d’intrigues développés dans le tome précédent. Abe et Devon ne font donc que de brèves apparitions. Kate et Johann occupent le devant de la scène. Face à eux, Iosif, un personnage introduit dans une des mini-séries Abe Sapien que malheureusement je n’ai pas lue. J’ai décidé de ne plus être un complétiste de l’univers Hellboy et c’est la première fois que je m’en mords les doigts. Le personnage est vraiment intéressant et j’aurais aimé en savoir plus sur ses origines. Cela dit, ça n’a pas de réel impact sur l’histoire racontée dans ce tome, une histoire solide et agréablement illustré par Tyler Crook. J’ai trouvé encore assez difficile de ne pas penser à Guy Davis tellement il a marqué la série, mais Tyler Crook s’en sort bien. Il est peut-être moins performant que son illustre prédécesseur dans le registre des monstres et de l’horreur, mais j’aime la douceur de son trait et l’expressivité de ses personnages. A noter qu’un certaine continuité graphique est assurée par le fait qu’il s’est basé pour ce tome sur le travail préparatoire de Guy Davis, sans oublier la supervision de Mignola, comme l’atteste la section d’esquisses de l’ouvrage. En parlant de bonus, on a également droit en guise d’épilogue à quelques pages illustrées par Duncan Fegredo. Elles font le lien entre les derniers évènements concernant Hellboy et l’histoire personnelle de Kate. Là encore, bonne lecture. Sur ce, j’enchaine directement avec le tome suivant qui est déjà paru, en pariant sans grand risque que ça va se maintenir au niveau de qualité auquel cette série nous a habitué.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 2: Gods and Monsters

Le pitch : Abe et Devon recherchent une adolescente dont les dons divinatoires semblent avoir permis à ceux qui voyagent avec elle d’échapper à des attaques de monstres. Pendant ce temps, Liz, qui pensait s’être enterrée loin de son ancienne vie, se retrouve face à un culte sataniste.

L’avis : Après le reboot de la série (enfin, si on veut, comme je le soulignais la dernière fois), Mignola et Arcudi nous embarquent à la poursuite d’un nouveau personnage qui, à mon avis, a toute les chances d’intégrer le B.P.R.D. à plus ou moins long terme. Outre cette nouveauté plutôt intrigante, la relation entre Abe et Devon, toujours à couteaux tirés, donne lieux à quelques échanges intéressants. Tout cela est illustré par Guy Davis, dont c’est la dernière prestation sur la série. C’est très dommage, mais le regret est atténué par l’arrivée sur l’histoire suivante de Tyler Crook, au style à la fois très différent et prometteur. Difficile à dire pour l’instant comment il arrivera à s’approprier pleinement l’univers de la série, d’autant que cet arc est assez pauvre en monstres, mais j’apprécie clairement son style pour l’instant. Tout cela se termine par un coup de théâtre dont je suis très curieux de connaître les conséquences. La nouvelle série B.P.R.D., à défaut d’avoir pris véritablement un nouveau départ, continue donc sa mutation de fort belle manière.

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B.P.R.D.: Being Human

Le pitch : Quatre histoires ayant marqué le passé des membres du B.P.R.D.

L’avis : Comme le dernier tome d’Hellboy, Being Human est un recueil d’histoires courtes parues sous forme de mini-séries ou de one-shot. La première histoire est la plus longue. Elle met en scène Liz encore adolescente qui se retrouve au centre d’une histoire de fantôme. Ce la donne l’occasion à Mike Mignola et Scott Allie de nous livrer quelques détails sur les circonstances de l’incendie ayant causé la mort des parents de Liz. Le scénario et les dessins de Karl Moline tiennent la route, mais sans être franchement enthousiasmants. Les quelques pages qui suivent sont illustrées par Guy Davis et font écho à la première histoire, même si Liz partage la vedette avec Abe. L’histoire est trop courte pour être vraiment marquante, mais c’est un plaisir de retrouver Guy Davis, surtout sachant qu’on ne le verra plus sur la série régulière. Vient ensuite une nouvelle co-production Mignola/Corben, encore une fois très réussie. Elle met en scène l’homoncules Roger en plein questionnement existentiel lors de l’une de ses premières sorties avec Hellboy. Enfin, Mignola et Arcudi s’allient à l’excellent Ben Stenbeck pour nous livrer le récit de la mort de Johann Kraus et les raisons qui l’ont poussé à rejoindre le B.P.R.D. Au final, tout ça fait une lecture de plus en plus plaisante au fur et à mesure qu’on enchaine les histoires. Dans l’absolu, ce ne sont pas des récits indispensables, mais, étant donné qu’on en apprend plus sur les origines de deux des personnages principaux de B.P.R.D., les fans de la série auraient bien tord de faire l’impasse.

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Pour acheter : Publié dans B+, Ben Stenbeck, Dark Horse, Guy Davis, John Arcudi, Karl Moline, Mike Mignola, Richard Corben, Scott Allie