The Private Eye

Le pitch : Dans un monde futuriste où internet a disparu et où la presse fait appliquer la justice, un détective privé se fait embarquer dans une enquête bien plus grande qu’elle n’y paraît.

L’avis : Avant de parler des qualités de l’ouvrage, un mot sur ses particularités. Premièrement, il s’agit d’une série publiée initialement en digital sur le modèle du « paie ce que tu veux ». Pari osé de la part de BKV et Marcos Martin, qui s’est avéré payant puisque, apparemment, ça leur a rapporté pas mal d’argent. Sans surprise, même si les auteurs ont laissé penser le contraire pendant longtemps, la série a fini par avoir le droit d’être imprimée, en version deluxe, pas donnée, bien entendu. La deuxième originalité réside dans le format horizontal qui a été préservé dans la version papier. Nous voilà donc avec une édition reliée qui pèse son poids et dont la manipulation n’est franchement pas aisée. C’est à peu près le seul défaut qu’on pourra reprocher à l’ouvrage. Pour le reste, c’est du pur plaisir de lecture. L’intrigue est accrocheuse, le rythme est relevé, les dialogues délicieusement habiles, l’environnement futuriste plein d’originalité et de bonne idée. Bref, c’est du très bon BKV, ce qui n’est pas peu dire. Comme si cela ne suffisait pas Marcos Martin est tout aussi brillant, que ce soit dans le registre du dynamisme de la narration, de l’expression des personnages ou encore du design du monde dans lequel tout ce petit monde évolue. Si j’avais un tout petit bémol à formuler, ce serait juste que la fin, même si je la trouve réussie dans son exécution, n’est pas tout-à-fait à la hauteur des enjeux sociétaux que l’histoire soulève. Mais bon, à ce niveau de maîtrise, c’est presque du pinaillage. C’est avant tout une très bonne lecture, chaudement recommandée.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Daredevil by Mark Waid vol. 1

Le pitch : Après une longue période de descente en enfer, Matt Murdock reprend le contrôle de sa vie et ses occupations de justicier.

L’avis : Daredevil est peut-être le personnage Marvel que j’ai le plus assidument suivi depuis que je suis un lecteur de comics. Ça a été le cas pendant mon enfance, mon adolescence et même plus tard. J’ai bien eu un trou au début des années 90, mais je crois bien avoir tout lu de la série régulière depuis la période Smith-Quesada. Pourtant, il y a deux ans, lassé par l’atmosphère déprimante du titre et peu convaincu par le fait qu’Andy Diggle allait renouveler mon intérêt dans le personnage, j’ai fini par jeter l’éponge et je pensais que ça allait être pour longtemps. C’était sans compter sans l’énorme buzz généré par la reprise en main opéré par Mark Waid. Le buzz est-il mérité ? Incontestablement, oui.

Je n’avais qu’un très vague souvenir de ce dont était capable Mark Waid, n’ayant rien lu de lui depuis une dizaine d’année, et je dois bien dire que j’ai été surpris par la finesse et l’intelligence de son écriture. La façon dont il décrit le monde sensoriel de Matt Murdock est pleine d’idée lumineuse et stimulante. Au niveau de l’intrigue, c’est un habile mélange de classicisme et de modernité. C’est léger, parfois drôle, et l’action n’est pas en reste. Le succès de la série doit beaucoup aussi aux qualités de ses dessinateurs. Paolo Rivera fait des merveilles dans un style qui n’a pas été sans me rappeler Steve Rude. Marcos Martin n’est pas en reste. Les deux dessinateurs partagent la capacité d’être aussi à l’aide dans les scènes du quotidien que dans la dynamique de l’action.

Franchement, je ne vois pas quoi redire à cette nouvelle mouture de Daredevil. Le personnage est visiblement entre de bonnes mains et me voilà à nouveau décidé à le suivre sur la longueur.

Pour voir : click
Pour acheter : click