Casanova vol. 3: Avaritia

Le pitch : Sous l’égide de son père, Casanova navigue dans le continuum spatiotemporel pour détruire dimension après dimension. A l’occasion d’une de ses missions, il découvre la véritable identité de Xéno et change alors de stratégie pour sauver le monde.

L’avis : Le pitch, je vous l’ai fait simple et bien plus rationnel (si on veut) que le bouquin lui-même. Les deux premiers tomes de Casanova sont deux petits bijoux délirants qui vous entrainent dans une sorte de montagne russe cérébrale, parfois déroutante mais toujours jubilatoire. Avec ce troisième épisode, Fraction et Bá passent la vitesse supérieure au risque de faire dérailler le manège. Au début, ça va encore. Le rythme est frénétique au fil des changements de dimensions et on ne sait pas bien où l’histoire nous mène, mais soit, on se laisse entrainer. Le script est quelque part assez répétitif, mais il donne l’occasion à Gabriel Bá de livrer quelques pages énergiques et somptueuses. Dans le dernier tiers, j’avoue ne plus avoir compris grand chose. Au final, l’impression est donc contrastée entre un what-the-fuck dubitatif et le sentiment d’avoir faire l’expérience d’un épisode psychédélique à bouffées jubilatoires. On sent que les deux auteurs ont été jusqu’au bout de leur liberté artistique et, en tant que lecteur, j’ai envie de leur dire merci de m’avoir offert ce moment de lecture hors du commun. Cela dit, au final, j’ai pris beaucoup moins de plaisir qu’avec les deux premiers tomes, la faute à de trop nombreux moments de déconnexion, faute de comprendre ce qui se passait.

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Criminal vol. 6: The Last of the Innocent

Le pitch : Riley Richards a épousé une de ses amies d’enfance, la fille d’un riche patron, le père n’ayant pas plus d’estime pour lui que la fille. Au moins, leur fortune permet à Riley de financer ses dettes de jeu. Le retour dans sa ville d’origine et les retrouvailles avec d’autres amis restés sur place va inciter Riley à échafauder un meurtre qui va lui permettre de corriger ses erreurs passées.

L’avis : Jusqu’ici Criminal n’a jamais déçu, oscillant entre le très bon et l’excellent. The Last of the Innocent appartient sans aucun doute à la seconde catégorie. Je pense même que c’est le meilleur tome de la série. La réussite de Brubaker et Philips tient dans la façon dont ils mettent en scène les motivations du personnage principal, qu’on trouve dans son enfance et son adolescence jusqu’à son mariage raté. Tous les épisodes du passé sont illustrés dans un style daté, copié sur les comics Archie, une façon d’évoquer la nostalgie d’une époque plus heureuse, même si, peu à peu, on découvre que tout n’était pas si rose. En tout cas, le contraste avec le style noir auquel Sean Philips nous a habitué est très réussi. Autre signe d’un scénario très maitrisé, c’est qu’on en vient à espérer que Riley réussisse son coup, alors même que son plan implique mensonges et sacrifices pour ses amis les plus proches. Le malaise vis-à-vis de l’anti-héros est donc palpable, jusqu’à la conclusion douce-amère de l’histoire. Vraiment, je me suis régalé et j’en redemande. Malheureusement, pas de prochain tome de Criminal en perspective. A la place, ce sera Fatale, la nouvelle série du tandem Brubaker-Philips, publié par Image Comics. J’espère qu’on sera au même niveau de qualité.

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Incognito vol. 2: Bad Influences

L’histoire : Le gouvernement qui emploie maintenant Zack Overkill l’oblige à accepter une mission d’infiltration chez ses anciens partenaires de crime.

L’avis : Dans la lignée du premier tome, Incognito continue d’exploiter le concept du super-criminel contraint à composer avec le gouvernement et amené à affronter ceux qu’il considérait avant comme les siens. Le personnage se retrouve à plusieurs titres dans une position très inconfortable, le cul entre deux chaises. Il n’a la confiance d’aucun des deux camps et il ne peut lui-même s’appuyer sur personne. Et puis, à force de naviguer entre deux eaux, il a lui même du mal à se situer sur la plan des valeurs morales, oscillant entre compassion et tentation de replonger dans ses anciens travers. Il faut dire que les eaux sont troubles pour tout le monde, loin de la vision manichéenne du bien contre le mal. Brubaker exploite plutôt bien le concept au travers d’un mélange des genre entre thriller, pulp et superhéros. Sean Philips est égal à lui-même, toujours très efficace dans ses mises en scène. Cela dit, même si Incognito diffère sur certains points de Sleeper, elle souffre un peu de la comparaison. On a quand-même un peu un sentiment de déjà-vu. Je trouve aussi qu’il y a moins d’intensité que dans les récits que nous propose Criminal. Autrement dit, sans pour autant démériter, Incognito n’est clairement pas le meilleur du tandem Brubaker-Philips. Ca n’en reste pas moins une lecture qui vaut le détour.

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