Hawkeye vol. 4: Rio Bravo

Le pitch : Clint rêve de dessins animés et reçoit la visite de son frère, avant l’affrontement final avec la pègre russe et leur redoutable tueur à gage.

L’avis : Suite et fin du run de Matt Fraction sur Hawkeye et, autant le dire tout de suite, cet ultime volume n’a rien à voir avec la déception que fut le précédent. On retrouve Clint, le superhéros loser, et une belle brochette d’artistes, ce qui change tout. Le premier épisode est un peu particulier, car presque entièrement raconté au travers d’un dessin animé pour enfant. L’exercice est original, les illustrations de Chris Eliopoulos très sympathiques, mais ça n’est pas aussi réussi que ça aurait pu l’être. Je me souviens d’un Chris Eliopoulos hilarant dans les pages de Savage Dragon. Là, j’ai souri, guère plus. Ensuite, changement complet de ton, puisque Matt Fraction revient sur l’enfance de Clint et sur sa relation avec son père violent. Il établit les liens forgés avec son frère dans ce contexte, qu’il développera par la suite. Francesco Francavilla est, comme d’habitude, remarquable au dessin. Il est cependant éclipsé par l’incroyable David Aja, qui reprend les rênes pour les derniers épisodes. Ses qualités sont multiples. Matt Fraction s’appuie sur ses capacités de narrateur, notamment lors d’un épisode presque entièrement raconté dans un langage des signes peu orthodoxe. Le trait est toujours aussi élégant, y compris dans les scènes d’action qui forment l’essentiel des deux derniers épisodes. Le scénario est globalement très bon, même si tout n’est pas très crédible. Je commençais aussi à en avoir un peu marre de ces truands russes au vocabulaire trop répétitif. En revanche, les dernières pages forment une conclusion parfaite à la collaboration entre Fraction et Aja. C’est ce qui s’appelle tirer dans le mille. Bravo messieurs !

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Hawkeye vol. 3: L.A. Woman

Le pitch : Kate s’installe à L.A., se déclare détective privé pour ne pas être fauchée, se fait des amis et affronte Madame Masque.

L’avis : Pour composer le troisième recueil de la Hawkeye, Marvel a pris l’option de regrouper plusieurs épisodes mettant en scène Kate Bishop. Pas de Clint Barton en vue cette fois, si ce n’est dans les toutes premières pages. Le résultat s’avère assez malheureux, car si le contraste entre les deux personnages est intéressant, Kate prise isolément est assez agaçante pour qui ne s’amuse pas de son esprit post-adolescent. Beaucoup d’agitation, de grimaces, de répliques qui claquent et qui alignent les références. Au final, je n’ai qu’assez rarement souri à ce qui s’apparente pourtant à une pure comédie. Comme un malheur n’arrive jamais seul, Kate est servie par des dessins relativement médiocres. Javier Pulido, même s’il n’est pas David Aja, s’en sort bien sur le premier épisode. En revanche, Annie Wu, qui prend en charge le reste, a un style approximatif et parfois confus. Tout ça fait un recueil très décevant au regard des deux tomes précédents. Le suivant devrait heureusement redresser la barre avec le retour de Barton et de Aja.

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The Superior Foes of Spider-Man vol. 3: Game Over

Le pitch : Plan machiavélique, trahison et crétinerie chez Boomerang et cie.

L’avis : Après un deuxième tome assez décousu et très nettement inférieur au premier, The Superior Foes of Spider-Man se conclue de façon tout à fait satisfaisante. Cette fois, Nick Spencer et Steve Lieber sont aux commandes de bout en bout. Côté dessin, rien à redire, Lieber maitrise son sujet sans faiblir, ou presque. Côté scénario, je dois dire que j’ai trouvé la première partie drôle, mais sans plus, car j’avais la sensation que la série commençait à tourner en rond. Tous les personnages, à force d’être fidèles à eux-mêmes, commençaient à toujours rebondir sur les mêmes ressorts comiques. Heureusement, les deux derniers épisodes concluent très bien l’affaire. Les plans de Boomerang donnent lieu à des situations ubuesques. Ca part dans tous les sens, une sorte d’Ocean Eleven en plus bordélique et moins classe, jusqu’à la dernière pirouette qui forme un point final réussi. Au global, je pense que les auteurs ont bien fait de ne pas chercher à trop prolonger la série, car elle se serait vite essoufflée, mais, pour ce qu’elle aura durée, ce fut un joli vent de fraicheur dans le petit monde des superslips.

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The Superior Foes of Spider-Man vol. 2: The Crime of the Century

Le pitch : Origines et mésaventures d’une bande de loosers aux superpouvoirs.

L’avis : Après un premier tome hilarant, The Superior Foes of Spider-Man marque le pas. Il faut dire que, mis à part le second épisode qui s’avère être le meilleur de tous, aucun n’est entièrement pris en charge par Nick Spencer et Steve Lieber. C’est d’abord Steve Lieber qui, ayant certainement besoin de souffler, partage la responsabilité du dessin avec Rich Ellis. Forcément, le niveau baisse d’un cran. Ensuite, c’est Spencer qui rejoint Lieber en vacances. Il file la main à James Asmus, puis à une collection de scénaristes, qui chacun travaille avec un ou plusieurs dessinateurs. Ajoutez à ça le fait que le dernier épisode ne porte même pas sur les personnages habituels de la série et vous obtenez sans surprise un ensemble assez décousu. Cela dit, ça reste plutôt drôle et agréable. On est quand-même plus dans le domaine du sourire que de l’éclat de rire. Bref, ce tome 2 n’est pas désagréable mais pas franchement indispensable. J’enchaine sur le troisième et dernier volume qui devrait normalement remettre la série sur les rails pour, j’espère, une conclusion à la hauteur du début.

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Moon Knight vol. 1: From the Dead

Le pitch : Moon Knight, super-héros mystique à la personnalité fragmentée, résout des enquêtes à coups de tatane.

L’avis : Je n’ai que peu d’expérience de Moon Knight, personnage secondaire (pour ne pas dire mineur) de l’univers Marvel, et c’est uniquement la perspective de voir Warren Ellis jouer avec qui m’a motivé à lire un comics lui étant consacré. Bien m’en a pris. La redéfinition du héros, quoique originale, est assez vite pliée. Les six courtes histoires qui forment le recueil n’ont rien de franchement originales non plus. En revanche, l’exécution est remarquable. Warren Ellis donne une leçon de narration à qui veut bien l’apprendre. C’est pêchu, vif, parfois drôle et toujours intelligemment écrit. Warren Ellis fait économie de mot et va directement à l’essentiel tout en faisant preuve d’inventivité, et tout ça avec, semble-t-il, la plus grande décontraction. Pour réussir l’exercice, il lui fallait le partenaire adéquat au dessin. Sans aucun doute, Declan Shalvey était un très bon choix. Il a réussit à donner une vraie identité graphique au personnage principal et la narration graphique dans les scènes d’action est à la hauteur du script. Tout cela se lit très vite, mais avec grand plaisir. Dans la mesure où les auteurs ont décidé de passer la main dès le deuxième tome, je resterai sur cette très bonne impression, sans donner suite.

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Thor: God of Thunder vol. 2: Godbomb

Le pitch : Les trois Thors affrontent Gorr, bien décidé à faire exploser la mère de toutes les bombes.

L’avis : Ce second tome de la reprise de Thor par Jason Aaron commence par la présentation des origines de Gorr. Rien de bien particulier à signaler. En gros, Gorr a eu une vie de merde, il s’est rendu compte que prier les dieux pour que ça aille mieux ne changeait rien à la donne et le hasard a fait qu’il a reçu le pouvoir de leur faire payer ses illusions perdues. Tout ça est illustré par le très classique mais néanmoins efficace Butch Guice. La suite reprend le cours de l’histoire du tome précédent en faisant converger les trois Thors vers Gorr, avec un gros fight à la clé. En surface, il y a pas mal de choses assez plaisantes. Aaron distille quelques idées intéressantes et quelques touches d’humour bien senties dans un récit qui fait la part belle aux démonstrations de pouvoirs. Esad Ribic livre quelques planches splendides qui valent largement le coup d’oeil. Il n’en reste pas moins que tout ça manque cruellement de substance et repose sur des ressorts scénaristiques totalement improbables. Impossible dans ces conditions de se faire véritablement happer par le récit. C’est plutôt agréable à lire, mais ça s’oublie aussitôt. Dans ces conditions, je ne lirai pas la suite.

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Daredevil by Mark Waid vol. 5

Le pitch : Matt continue de subir les assauts d’un mystérieux ennemi qui lui en veut, tout en essayant de soutenir Foggy en proie à la maladie.

L’avis : Le run de Mark Waid sur Daredevil a réservé jusqu’ici des moments vraiment brillants, et d’autres moins bons. C’est pourquoi, poussé par la nécessité de réduire mon volume de lecture en retard, j’ai décidé de ne pas poursuivre la série au-delà du tome 5. Autant dire que ce ne sera pas sans regret, car ce tome est peut-être le meilleur de la série si on excepte le premier qui était irréprochable. Waid trouve un très bon équilibre entre scènes d’action et scènes d’amitié. C’est efficace et souvent touchant. Quant à Samnee, il prouve une fois encore qu’il est un excellent narrateur. Au final, les deux tomes suivants étant annoncés comme moins bons, je maintiens ma décision d’arrêter, mais je vais avoir du mal à résister à l’envie de replonger avec le reboot de la série.

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The Superior Foes of Spider-Man vol. 1: Getting the Band Back Together

Critique post-estivale express : Comment transformer une poignée de super-vilains ringards, boomerang en tête, et en faire une bande de comiques immoraux et néanmoins attachants ? Demandez à Nick Spencer. Visiblement, il sait comment s’y prendre. Cette nouvelle série, dans laquelle Spider-Man n’apparaît pas cela dit en passant, est remplie de pépites rigolotes qui font souffler un vent frais chez Marvel. Le toujours très bon Steve Lieber, qu’on a plutôt l’habitude de voir sur de l’indé et des scénarios plus sérieux, semble étonnamment dans son élément. Avec Superior Foes, on est sur le même terrain que Hawkeye, en moins virtuose mais en plus drôle encore. Il n’y a franchement pas d’hésitation à avoir. Faites vous donc plaisir tant que ça dure, car la série va rapidement s’arrêter.

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Thor: God of Thunder vol. 1: The God Butcher

Le pitch : A trois époques différentes de sa vie d’immortel, Thor affronte Gorr, le décimateur de Dieux.

L’avis : Ca faisait longtemps que je n’avais pas cédé aux sirènes de Jason Aaron chez Marvel, la faute à des impressions assez mitigées sur Ghost Rider, puis sur Punisher MAX. Mais depuis la fin de Scalped, la tentation était plus forte et j’ai fini par craquer avec Thor. L’impression est cette fois un peu meilleure, sans être tout à fait enthousiasmante. Du côté des bonnes choses, j’ai apprécié l’entrelacement des trois époques, avec chaque Thor très distinct des deux autres et des transitions bien maitrisées. J’ai aussi aimé le souffle de certains passages et quelques bonnes idées comme l’amnésie qui frappe nécessairement les Dieux dont les facultés cognitives ne dépassent pas celles des hommes. Quant à Esad Ribic, la précision de son trait et le dynamisme de ses planches est vraiment très plaisant, malgré une mise en couleur parfois trop clinquante. Ce que j’ai moins aimé, c’est le côté franchement bavard de certaines scènes, notamment celles où Goor crachent sa haine des Dieux et se délecte des souffrances qu’il leur inflige. Ca en fait un personnage unidimensionnel, pour l’instant pas très intéressant. J’espère que le second tome, qui va présenter ses origines, lui donnera un peu plus d’épaisseur. Enfin, petit détail qui n’a rien à voir avec la qualité de la BD en soi, mais qui m’a sensiblement agacé : la présence un peu partout dans le bouquin de marqueurs AR rouge et blanc signalant la possibilité d’avoir du contenu supplémentaire en réalité augmenté. J’ai essayé, ça n’a pas fonctionné, mais quand bien même ça aurait été le cas, c’est du pur gadget qui vient défigurer les planches de Ribic. Ca, clairement, ce n’est pas la meilleure idée de Marvel, la maison qui est sensé en avoir.

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Daredevil by Mark Waid vol. 4

Le pitch : De retour de Lavterie, Daredevil se fait nettoyer le cerveau par Ant-Man. Pendant ce temps, Foggy doute sérieusement de la santé mentale de Matt.

L’avis : Le premier épisode de ce nouvel opus de Daredevil par Mark Waid règle les séquelles du tome précédent. L’histoire sans grande originalité est plaisante, sans plus. Vient ensuite un petit flashback pas franchement plus marquant et illustré par Mike Allred avec qui j’ai vraiment du mal ces derniers temps. Il faudrait vraiment qu’il arrête de demander à sa femme de s’occuper des couleurs de ses planches, car ça ne lui rend pas service. Arrive ensuite la plat de résistance du recueil. L’intrigue est accrocheuse et ménage un certain suspense. Il y a quelques très bonnes idées, mais aussi quelques éléments moins crédibles. Si on ajoute une poignée de scènes brillamment écrites, c’est plutôt une réussite. Côté dessin, c’est Chris Samnee qui officie. Sans surprise, c’est du très bon boulot : trait agréable, jolie narration et personnages soignés. Malgré tout, il semble souffrir sur certaines planches du rythme de la publication mensuelle. Ce ne sont que quelques baisses de régime ponctuelles, mais ça modère un peu mon enthousiasme. Au final, Daredevil reste une bonne lecture que je vais très probablement poursuivre encore un peu.

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