Abe Sapien vol. 4: The Shape of Things to Come

Le pitch : Abe continue son chemin, croisant sur la route de nouveaux survivants de l’apocalypse et, bien entendu, quelques-un des monstres qui la font.

L’avis : Abe Sapien, c’est un peu un road movie comme la série télévisée Hulk l’était, mais à la sauce Hellboy. Les deux arcs qui composent ce tome sont donc des histoires relativement indépendantes qui mettent en scène des galeries de personnages renouvelées. L’ambiance dans les deux cas est sombre, plutôt réussie, surtout grâce au travail très intéressant des frères Fiumara. Le fil rouge est fourni par un récit secondaire mettant en scène un mystérieux nécromancien. On devine très clairement que c’est lorsque ce récit rencontrera celui de Abe que l’histoire décollera vraiment. En attendant, l’impression générale est celle d’un scénario qui ne sait pas trop où il va. Comme, en plus, j’ai trouvé le script assez confus par moment, j’avoue ne pas être très enthousiasmé par cette série. C’est dommage, car le dessin mérite à lui seul le détour, mais je crois que je vais lasser Abe poursuivre son périple sans moi, en espérant que ça ne nuira pas trop à ma compréhension de l’univers Hellboy/B.P.R.D.

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Abe Sapien vol. 3: Dark and Terrible & the New Race of Man

Le pitch : En fuite du B.P.R.D., Abe se cherche avec un corps nouveau et dans un monde envahi par les monstres.

L’avis : Bien qu’estampillé vol. 3, il s’agit ici du premier recueil de la nouvelle série régulière consacrée à Abe Sapien suite à la transformation physique qu’il a subit dans les pages de B.P.R.D. On suit donc un Abe franchement déboussolé, en rupture avec le Bureau, qui cherche à comprendre ce qu’il est et où il va. Ce qui pourrait être une quête intérieure est vite envahie par autrui, d’autant que se développe une forme de religion liée à l’apparition en masse des monstres dans le monde. Vu son look, Abe devient vite l’objet de fascination de la part des nouveaux croyants qu’il croise. La première partie de l’ouvrage l’amène dans un village isolé mené par un prête fanatique. L’entame de l’histoire met les choses en place, puis ça dégénère en grosse baston. Le scénario cosigné par Mignola et Scott Allie se tient bien, mais ne m’a pas franchement passionné. Ça a surtout été l’occasion de découvrir le dessin de Sebastian Fiumara, lequel cède la place à son frère Max pour la seconde partie. Décidément, après les frères Ba et Moon, l’Amérique du sud regorge de frangins qui collaborent au dessin. J’ai trouvé Max encore meilleur que Sebastian et comme le scénario, cosigné cette fois par John Arcudi, est aussi un cran au dessus, je crois que je vais me laisser convaincre de suivre la suite.

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B.P.R.D.: 1948

Le pitch : Bruttenholm et ses hommes partent dans le désert enquêter sur de redoutables monstres apparus suite à des essais atomiques.

L’avis : Après 1946 et 1947, Mike Mignola continue de nous présenter les premières années du B.P.R.D. L’intrigue principale qui tourne autour de l’origine des monstres et du meilleur moyen de s’en débarrasser n’a qu’un intérêt limité. En revanche, c’est l’occasion pour Mignola de développer ses personnages. Bruttenholm rencontre un amour qui lui file entre les doigts. Anders affronte comme il peut les sœurs vampires qui l’habitent. Son comportement génère malaise puis colère chez les autres soldats du B.P.R.D. Quand à Hellboy enfant, il souffre de ne pas être un petit garçon comme les autres. Tout ça donne quelques scènes d’une grande justesse, servis par des personnages bien étoffés et très humains. John Arcudi fait merveille dans ce registre, comme d’habitude. Côté dessin, Max Fiumara reprend les personnages à sa façon et livre une très belle prestation de bout en bout. En plus, ses croquis préparatoires dans la section bonus de l’ouvrage sont de toute beauté. Bref, du très bon B.P.R.D.. J’enchaine d’ailleurs immédiatement avec la suite qui – surprise ! – ne s’intitule pas 1949. Chronique à venir d’ici quelques jours.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 5: The Pickens County Horror and Others

Le pitch : Deux missions des troupes de base du B.P.R.D et un retour vers le passé d’un de leur scientifique.

L’avis : Ce volume est un nouvel interlude composé d’histoires courtes sans rapport direct avec l’intrigue en cours dans la série régulière, comme ça arrive régulièrement sur B.P.R.D. A noter également que c’est Scott Allie, et non pas comme d’habitude John Arcudi, qui officie au scénario au côté de Mignola. En cela, il ne s’agit pas d’un tome indispensable, sauf pour les aficionados de l’univers Hellboy. La question est donc de savoir si ce tome mérite en soi d’être acheté. J’ai bien cru que la réponse allait être non suite à la lecture de la première histoire en deux épisodes. Il s’agit d’une histoire de vampire qui ne m’a pas fait grand impression, d’autant que je n’ai pas trouvé Jason Latour au dessin particulièrement inspiré sur ce coup.

Heureusement, les deux histoires suivantes sont plus enthousiasmantes. La première met en scène le vieux savant un peu timbré déjà croisé dans la série. On y retrouve également Hellboy et, sans surprise, ça donne lieu à une grosse baston. Pendant ce temps là, le vieux croise des fantôme et perd la boule. Rien de transcendant côté scénario donc, mais ça se lit bien et, surtout, c’est admirablement bien illustré par Max Fiumara. J’en étais resté à ses premiers travaux de professionnel sur Blackgas avec Warren Ellis. Je soulignais à l’époque son potentiel. Depuis, quelle progression ! Et quand on sait qu’il est maintenant le dessinateur régulier de la série consacrée à Abe Sapien autant dire que je vais manger de l’homme poisson.

Quant à la troisième et dernière histoire de l’ouvrage, elle nous emmène au paléolithique. Le scénario m’a bien tenu en haleine, mais, là encore, c’est surtout le dessin qui m’a le plus séduit. James Harren, croisé dans le dernier tome de B.P.R.D., mais aussi plus récemment encore sur le dernier Conan, livre ici sa meilleure prestation en date, avec toujours cette énergie dans le trait qui donne au scènes d’action beaucoup de puissance.

Bref, un tome peut-être pas indispensable, mais tout de même fort plaisant à lire. N’hésitez pas à y investir vos deniers.

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