Nexus: Into the Past and Other Stories

Le pitch : Nexus affronte fantômes, insectes et assassin en série.

L’avis : J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Nexus, un des comics que j’ai suivi avec le plus de plaisir dans les années 90. Ce recueil réunit les dernières histoires courtes concoctées par le tandem Baron & Rude. Les deux premières se lisent bien, sans grande surprise mais avec toujours le bonheur de retrouver l’élégance du trait de Steve Rude. La troisième, la plus longue, monte le niveau de folie d’un cran, avec Holmes, Watson et Wells mis dans la boucle d’une course poursuite temporelle entre Nexus et John Clayborn. C’est du grand n’importe quoi, ce qui aurait pu donner du grand Nexus. Malheureusement, la fin est catastrophique. A la lecture, on se demande comment le scénario a pu dérailler de la sorte. L’explication est fournie dans la postface par Steve Rude. En gros, les deux auteurs se sont engueulés, Rude a tout réécrit, franchement mal, et il assume. Dommage de rester sur cette mauvaise impression, d’autant qu’il est fort probable que les deux compères ne collaboreront plus. Dommage de mal finir une si belle oeuvre, messieurs.

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Nexus Omnibus vol. 5

Le pitch : Horatio Hellpop ayant rendu son tablier, le Merk trouve de nouveaux prétendants au titre de Nexus.

L’avis : Dans la lignée des tomes précédents, ce nouvel omnibus recueille des contributions de qualités relativement variables, mais néanmoins intéressantes. Côté scénrario, Mike Baron reste aux commandes de l’histoire principale où Horiato s’efface. Sans disparaître, il devient nettement secondaire, ainsi que Sundra et les autres personnages qui gravitent autour de lui. Le projecteur est plutôt sur les soeurs Loomis, puis sur leur successeur à la fonction de Nexus. L’impression d’ensemble est que le scénario flotte un peu, qu’il manque un peu de perspective. Cela dit, Baron explore les thèmes de la religion, de la vie publique, du commerce et du libéralisme, souvent de façon intéressante et encore d’actualité.

Côté dessin, Steve Rude alterne avec Paul Smith et d’autres remplaçants ponctuels avant de laisser la main à Greg Guler puis Tony Akins. Le style de Greg Guler est très daté et son trait pas toujours à la hauteur. Tony Akins est meilleur, mais il faut bien dire que l’absence prolongée de Steve Rude rend la fin de l’ouvrage bien moins enthousiasmante.

Arrivé au tiers du bouquin, les épisodes raccourcissent pour laisser à nouveau la place aux backup de Judas Hammer. Cette fois, Mike Baron délègue le scénario à Roger Salik et Ian Carney. Au dessin, on trouve quelques inconnus mais aussi pas mal de talents en devenir comme Steve Epting et Phil Hester. La qualité de tout ça est très variable, là encore.

Bref, on sent que ce 5ème opus marque le début de la période qui aura mené au hiatus de la série avant qu’elle ne rennaise chez Dark Horse, là où je l’ai découverte au début des années 90. Il ne reste qu’un omnibus pour faire la jonction, mais je pense que je vais faire l’impasse, car Nexus sans Steve Rude, ce n’est pas vraiment Nexus. En tout cas, un grand merci à Dark Horse d’avoir republié ces vieilleries qui font parties des classiques du comics indépendants et que je regrettais de ne pas avoir lu.

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Nexus Omnibus vol. 4

Le pitch : Nexus exécute, Nexus sauve le système solaire, Nexus démissionne.

L’avis : Ce quatrième omnibus se divise grosso modo en 3 parties. La première est excellente. Elle offre du Nexus pur jus, avec quatre missions d’exécution de criminels, plus un épisode centré sur Kreed. Le deuxième gros tiers met en scène le retour de Nexus et Judas dans le monde en forme de bol. Ils y retrouve Badger, qui donne une vraie touche de légèreté au récit. Là encore, je me suis fait franchement plaisir. Les derniers épisodes font la part belle à Ylum et sa campagne présidentielle et aux sœurs Loomis. J’ai un peu moins aimé cette partie, d’autant que Paul Smith, en alternance avec Steve Rude, montre des signes de fatigue, lui qui jusqu’ici avait soutenu la comparaison avec son compère dessinateur. Du côté des backups, c’est Judas la star, comme dans le tome précédent. Le niveau est très variable, allant d’histoires enlevées et bien exécutées à quelques bouche-trous sans intérêt et franchement mal dessinés. Mais bon, soyons clair, on ne lit pas Nexus pour les backups. Les vraies tranches de plaisirs sont fournies par le tandem Baron-Rude et tant que ce sera le cas, je poursuivrai l’achat des omnibus proposés par Dark Horse.

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Nexus Omnibus vol. 3

Le pitch : Quand Nexus élimine les criminels de masse, ça ne fait pas un plis. Quand il délègue les exécutions ou la gestion d’Ylum, c’est parfois plus compliqué.

L’avis : Ce troisième omnibus est un chouia inférieur au deux précédents. Sans être inintéressant, j’ai trouvé le scénario globalement moins relevé, peut-être parce qu’il est plus dispersé. Il y a quand-même quelques épisodes qui sortent du lot, surtout sur la fin du tome. Côté dessin, les épisodes dessinés par Steve Rude sont un pur régal et valent à eux seuls l’achat du bouquin. Lorsqu’il cède la place à des guest stars, pourtant pas des manches (Mignola jeune, Rick Veitch, Garcia-Lopez, Jackson Guice), c’est franchement moins bien. Il n’y a guère que Paul Smith qui ne souffre pas trop de la comparaison. Il signe ici deux épisodes que j’ai vraiment beaucoup apprécié. Apparemment, il devient par la suite la doublure régulière de Steve Rude. Ça promet un vol. 4 de grande qualité.

Un épisode de Nexus, c’est deux tiers de Nexus et un tiers de backup. Le dernier tome m’avait filé une indigestion de Clonezone. Le comique pas très drôle refait ici une apparition, puis disparaît pour laisser la place à Judah The Hammer. Le personnage est bien plus sympathique, mais, dans l’ensemble, les histoires courtes qui le mettent en scène sont d’un intérêt limité. Comme en plus, c’est un défilé d’illustrateurs inconnus et pas toujours bons, ça devient vite lassant. Il y a quand-même deux ou trois épisodes qui relèvent le niveau, notamment un où il dévergonde un de ses neveux, mais ça fait peu sur l’ensemble.

Bref, du très bon Nexus, du un peu moins bon et des backup plutôt médiocres, ça fait une moyenne qui dit « peut mieux faire ». Vu ce que j’ai feuilleté du vol. 4, déjà commandé et reçu, ce sera le cas.

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Nexus Omnibus vol. 2

Le pitch : Pour se débarrasser de ses cauchemars, Nexus se fait implanter un dispositif dont les effets secondaires sur sa personnalité sont délétères.

L’avis : Avec le premier Nexus Omnibus, on a pu assister à la mise sur orbite de cet étonnant objet de SF qu’est Nexus, du décollage un peu hésitant jusqu’au rythme de croisière établi. Le volume 2 continue tranquillement sur la lancée. Quand je dis tranquillement, cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien. Au contraire, Nexus passe par un épisode maniaco-dépressif, découvre l’origine de ses pouvoirs, les perd temporairement, affronte une armée d’invasion et règle ses comptes. Tout ça fait une intrigue pas passionnante de bout en bout, car certains épisodes sont plus rythmés que d’autres, mais globalement intéressante et qui bénéficie d’une riche galerie de personnage. Et puis, surtout, Steve Rude nous régale les yeux. C’est un pur bonheur à lire.

Les derniers épisodes du tome 1 étaient systématiquement complétés par une histoire courte sur un des personnages secondaires (en particulier Sundra) Ce dont je ne me doutais pas, c’est que non seulement ces 8 pages de backup allaient devenir systématiques, mais surtout qu’elles allaient être consacrées presque exclusivement à Clonezone, l’alligator comique. Pour la peine, j’ai trouvé ça un peu répétitif. Certains de ces interludes m’ont gentiment chatouillé les zygomatiques, d’autres m’ont plutôt ennuyé. C’est Mark A. Nelson qui assure l’essentiel de la partie graphique. Il ne démérite pas, loin de là, mais il a le malheur d’être systématiquement pris en sandwich par Steve Rude et la comparaison est… rude. A noter pour être complet qu’Eric Shanower assure deux mini-épisodes en début d’ouvrage qui ne concernent pas Clonezone. Quant à Keith Giffen, il illustre un épisode tout entier mettant en scène Nexus, Judas et le Badger, épisode très sympathique, mais dont je me suis demandé ce qu’il faisait là.

Bref, tout ça fait une très bonne lecture et j’ai toujours envie de poursuivre la lecture des aventures de Nexus. J’espère juste que Clonezone se fera un peu plus discret à l’avenir.

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Nexus Omnibus vol. 1

Le pitch : Doté de pouvoirs cosmique qui le rendent tout puissant, Nexus souffre de cauchemars incapacitants à propos de meurtriers de masse. La seule façon de soulager ses souffrances est d’en éliminer la cause, ce qui fait de lui un intouchable bourreau.

L’avis : Il y a quelques mois, je vous ai chroniqué le dernier opus en date de la saga Nexus. Cette fois, il s’agit de la réédition des tout premiers épisodes, publiés au début des années 80. N’ayant jamais eu l’occasion de les lire, j’étais à la fois impatient et anxieux de combler cette lacune. L’appréhension venait du fait que, possiblement, les débuts de cette série mythique n’était peut-être pas à la hauteur de mes souvenirs.

De fait, j’ai bien cru au début de ma lecture que l’intérêt était limité. Tout d’abord, côté scénario, j’ai été surpris de constater que la plupart des personnages et de l’environnement que j’ai connus sont introduits dès les premiers épisodes. Je m’attendais plutôt à voir les choses se construire peu à peu. Or, si tout est déjà là dès le début (à l’exception notable de celui à qui Nexus doit ses pouvoirs, ce qui reste pour l’instant un mystère), quelles surprises pouvait-on attendre ? Côté dessin, Steve Rude montre de grandes qualités dès le premier épisode, mais il présente encore quelques faiblesses de jeunesse. Comme le rythme de la narration n’est pas non plus sans défaut, je commençais à me dire que cette lecture, sans être déplaisante, n’était peut-être pas indispensable.

Au fil des épisodes, l’enthousiasme est monté. Le scénario introduit de nombreux personnages que je ne connaissais pas dans des histoires ayant à la fois le souffle qu’on attend d’une saga cosmique et les bizarreries burlesques qui font la marque de fabrique de Nexus. Certains moments sont vraiment savoureux. Et puis, surtout, Steve Rude ne tarde pas à atteindre son rythme de croisière et c’est aussi beau, élégant et riche de détails qu’on pouvait l’espérer. Au bout d’un moment, il cède la main pour l’encrage à Eric Shanower et le trait gagne encore en précision. On a aussi le droit à quelques mini-chapitres pris en charge par des dessinateur invités (Bill Willingham, par exemple), qui n’ont pas le niveau de Rude, mais qui ne démérite pas. L’impression mitigée du début a donc rapidement fait place à beaucoup de plaisir et c’est sans hésitation que je vais enchainer sur le second omnibus, qui sort incessamment sous peu.

Pour voir : les premières pages de l’ouvrage, mais allez voir aussi un aperçu du vol. 2, plus représentatif de la qualité du dessin
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Nexus: Space Opera

Le pitch : Alors que Nexus est occupé à la naissance de son fils, l’intolérance de la religion elvonique provoque le chaos à Ylum.

L’avis : Nexus fut pour moi une énorme découverte au début des années 90, au même titre que Grendel par exemple, lorsque j’ai poussé la porte d’un comics shop pour la première fois. Ce que j’adorais, c’était le mélange de SF débridé et de super-héros cosmique, sur fond d’ambiguïté morale et politique. Malheureusement, les ventes ont déclinèrent au point où la série n’était pu viable. Après un long hiatus, Steve Rude a décidé d’auto-publier quatre nouveaux épisodes, collectés ici. Bien entendu, pas moyen de le commander sur le net. Il aura fallu attendre trois ans et un passage à San Francisco (à l’excellent comic shop Isotope tenu par le non moins excellent James Simes) pour que je mette la main dessus cet été (ben oui, il y a 6 mois, voilà où j’en suis rendu de mon retard de lecture).

La première impression a été que je retrouvais de vieux amis qui n’avait pas vieilli. Baron et Rude ne cherchent d’ailleurs pas à mettre les nouveaux lecteurs à l’aise. Tous les personnages principaux et secondaires sont là avec leur histoire et j’ai même eu un peu de mal à me rappeler qui était qui. On retrouve également tout ce qui fait Nexus, l’équivoque morale du dictateur bienveillant, son monde éclectique et baroque, ses personnages hauts en couleur et l’élégance du trait de Steve Rude. Tout ça donnent de bonnes raisons de ce réjouir. Cela dit, j’ai trouvé que le scénario péchait parfois, avec des moments mal rythmés et un peu brouillons. Il faudrait que je relise mes vieux Nexus (ce qui ne va pas tarder, car Dark Horse republient toute l’œuvre sous forme d’Omnibus) pour comparer, mais j’avais un meilleur souvenir du travail de Mike Baron. Bref, j’ai pris plaisir à retrouver Nexus et sa bande, mais peut-être pas autant que je pouvais l’espérer.

Pour voir : pas de preview de Space Opera, mais une interview de Baron & Rude avec deux planches récentes publiées dans DHP
Pour acheter : indisponible sur le net français, mais vous pouvez toujours le commander directement à Steve Rude