Abe Sapien vol. 3: Dark and Terrible & the New Race of Man

Le pitch : En fuite du B.P.R.D., Abe se cherche avec un corps nouveau et dans un monde envahi par les monstres.

L’avis : Bien qu’estampillé vol. 3, il s’agit ici du premier recueil de la nouvelle série régulière consacrée à Abe Sapien suite à la transformation physique qu’il a subit dans les pages de B.P.R.D. On suit donc un Abe franchement déboussolé, en rupture avec le Bureau, qui cherche à comprendre ce qu’il est et où il va. Ce qui pourrait être une quête intérieure est vite envahie par autrui, d’autant que se développe une forme de religion liée à l’apparition en masse des monstres dans le monde. Vu son look, Abe devient vite l’objet de fascination de la part des nouveaux croyants qu’il croise. La première partie de l’ouvrage l’amène dans un village isolé mené par un prête fanatique. L’entame de l’histoire met les choses en place, puis ça dégénère en grosse baston. Le scénario cosigné par Mignola et Scott Allie se tient bien, mais ne m’a pas franchement passionné. Ça a surtout été l’occasion de découvrir le dessin de Sebastian Fiumara, lequel cède la place à son frère Max pour la seconde partie. Décidément, après les frères Ba et Moon, l’Amérique du sud regorge de frangins qui collaborent au dessin. J’ai trouvé Max encore meilleur que Sebastian et comme le scénario, cosigné cette fois par John Arcudi, est aussi un cran au dessus, je crois que je vais me laisser convaincre de suivre la suite.

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Hellboy: The Midnight Circus

Le pitch : Hellboy enfant se fait la belle pour aller griller une clope comme un grand, mais il croise un cirque, bien plus intéressant.

L’avis : Voilà une bien belle friandise pour les fans de Hellboy. Mike Mignola met en scène l’enfant-démon tel qu’on peut le voir habituellement dans les pages des B.P.R.D. version années 40. Ce gamin un peu seul, entouré d’adultes dans une base militaire, a envie de grandir, mais il reste un orphelin qui a besoin qu’on s’occupe de lui et qui se raccroche à la figure paternelle du professeur Bruttenholm. Mignola sait indéniablement le rendre attachant. Dans cette petite aventure, Hellboy croise des démons majeurs sans savoir qu’ils le sont et explore le mythe de Pinocchio. C’est un scénario sans prétention qui se lit bien, mais qui pourrait être vite oublié s’il n’était illustré par Duncan Fegredo au sommet de son art. Ses dessins sont vraiment sublimes, avec un travail sur l’encrage de toute beauté, sans oublier les couleurs splendides de Dave Stewart. Vraiment, c’est un pur régal. Finalement, ce qu’on reprochera le plus à cette friandise, c’est qu’elle est un peu petite (56 pages seulement) et diablement chère pour sa taille ($15). Il n’empêche que c’était difficile de résister et que je ne regrette pas d’avoir cédé à la tentation du démon. Vade retro, Fegredo !

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B.P.R.D.: Vampire

Le pitch : Simon Anders décide d’affronter de façon frontale les vampires à l’origine de ses tourments.

L’avis : Vampire est la suite directe de B.P.R.D.: 1948. D’ailleurs, il se déroule également en 48. Mais s’il est intitulé Vampire, au singulier, plutôt que 1949, ce n’est pas tant pour une question de date que parce que l’histoire est totalement centrée sur Anders. Pour raconter cette histoire, Mignola retrouve ceux qui l’avaient commencée avec lui dans l’opus 1947, j’ai nommé les frères Bá et Moon. Leur implication est même plus importante puisqu’ils cosignent le scénario avec Mignola. Merveilleux, me direz-vous ! Oui, mais non. Si l’intrigue est bien accrocheuse au départ, elle manque vite d’un réel souffle. Surtout, ce qui est le plus décevant, c’est que le dessin de Gabriel Bá devient de plus en plus brut, voire brouillon par instant, bien loin de l’élégance et de la fluidité auxquelles il nous a habitué. Soyons clair, du « mauvais » Gabriel Bá reste du bon dessin, mais c’est une relative déception. Donc, au final, j’ai été assez peu convaincu par cet épisode. Il n’empêche que je serai de la partie pour la suite, quand elle viendra, histoire de voir quelle est la destinée du soldat Anders et quelle conséquence cette histoire aura pour Bruttenholm et son B.P.R.D.

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B.P.R.D.: 1948

Le pitch : Bruttenholm et ses hommes partent dans le désert enquêter sur de redoutables monstres apparus suite à des essais atomiques.

L’avis : Après 1946 et 1947, Mike Mignola continue de nous présenter les premières années du B.P.R.D. L’intrigue principale qui tourne autour de l’origine des monstres et du meilleur moyen de s’en débarrasser n’a qu’un intérêt limité. En revanche, c’est l’occasion pour Mignola de développer ses personnages. Bruttenholm rencontre un amour qui lui file entre les doigts. Anders affronte comme il peut les sœurs vampires qui l’habitent. Son comportement génère malaise puis colère chez les autres soldats du B.P.R.D. Quand à Hellboy enfant, il souffre de ne pas être un petit garçon comme les autres. Tout ça donne quelques scènes d’une grande justesse, servis par des personnages bien étoffés et très humains. John Arcudi fait merveille dans ce registre, comme d’habitude. Côté dessin, Max Fiumara reprend les personnages à sa façon et livre une très belle prestation de bout en bout. En plus, ses croquis préparatoires dans la section bonus de l’ouvrage sont de toute beauté. Bref, du très bon B.P.R.D.. J’enchaine d’ailleurs immédiatement avec la suite qui – surprise ! – ne s’intitule pas 1949. Chronique à venir d’ici quelques jours.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 6: The Return of the Master

Le pitch : Pendant qu’une expédition du B.P.R.D. part à la recherche d’un nouveau culte créé par un mystérieux leader en Écosse, Zynco cherche à ressusciter Raspoutine.

L’avis : Moi qui était heureux de retrouver l’intrigue principale de B.P.R.D. après un tome plaisant mais accessoire, me voilà relativement déçu. The Return of the Master n’est pas sans mérite. Il y a quelques bons passages et le scénarios réserve quelques évènements déterminants pour la suite. Malheureusement, j’ai trouvé le développement des personnages très léger pour cette série dont c’est habituellement le point fort. C’est vrai pour les personnages principaux habituels qui ont tous leurs scènes mais sans que ce soit suffisamment consistant pour être intéressant. La troupe envoyée en Écosses est plus mise en valeur, mais, là encore, je suis resté sur ma faim, la faute à une résolution décevante du combat avec leur adversaire. Autre élément de relative déception, je trouve que Tyler Crook marque le pas et je me suis mis à franchement regretter Guy Davis. Bref, je ne vais très clairement pas arrêter une série de la qualité de B.P.R.D. pour un tome relativement décevant, mais j’espère que la série va très vite rebondir.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 5: The Pickens County Horror and Others

Le pitch : Deux missions des troupes de base du B.P.R.D et un retour vers le passé d’un de leur scientifique.

L’avis : Ce volume est un nouvel interlude composé d’histoires courtes sans rapport direct avec l’intrigue en cours dans la série régulière, comme ça arrive régulièrement sur B.P.R.D. A noter également que c’est Scott Allie, et non pas comme d’habitude John Arcudi, qui officie au scénario au côté de Mignola. En cela, il ne s’agit pas d’un tome indispensable, sauf pour les aficionados de l’univers Hellboy. La question est donc de savoir si ce tome mérite en soi d’être acheté. J’ai bien cru que la réponse allait être non suite à la lecture de la première histoire en deux épisodes. Il s’agit d’une histoire de vampire qui ne m’a pas fait grand impression, d’autant que je n’ai pas trouvé Jason Latour au dessin particulièrement inspiré sur ce coup.

Heureusement, les deux histoires suivantes sont plus enthousiasmantes. La première met en scène le vieux savant un peu timbré déjà croisé dans la série. On y retrouve également Hellboy et, sans surprise, ça donne lieu à une grosse baston. Pendant ce temps là, le vieux croise des fantôme et perd la boule. Rien de transcendant côté scénario donc, mais ça se lit bien et, surtout, c’est admirablement bien illustré par Max Fiumara. J’en étais resté à ses premiers travaux de professionnel sur Blackgas avec Warren Ellis. Je soulignais à l’époque son potentiel. Depuis, quelle progression ! Et quand on sait qu’il est maintenant le dessinateur régulier de la série consacrée à Abe Sapien autant dire que je vais manger de l’homme poisson.

Quant à la troisième et dernière histoire de l’ouvrage, elle nous emmène au paléolithique. Le scénario m’a bien tenu en haleine, mais, là encore, c’est surtout le dessin qui m’a le plus séduit. James Harren, croisé dans le dernier tome de B.P.R.D., mais aussi plus récemment encore sur le dernier Conan, livre ici sa meilleure prestation en date, avec toujours cette énergie dans le trait qui donne au scènes d’action beaucoup de puissance.

Bref, un tome peut-être pas indispensable, mais tout de même fort plaisant à lire. N’hésitez pas à y investir vos deniers.

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B.P.R.D.: Hell on Earth vol. 4: The Devil’s Engine & The Long Death

Le pitch : Pendant que Devon essaie de chaperonner Fenix jusqu’au Colorado, Johann traque Daimio pour assouvir sa soif de vengeance.

L’avis : Mignola et Arcudi semblent avoir pris le partie de faire de B.P.R.D. une série d’histoires mettant en scène deux des personnages principaux seulement, quitte à laisser en suspend les autres éléments de l’intrigue. Cette fois, nous avons le droit à deux histoires de longueurs identiques et tout à fait distinctes.

La première, The Devil’s Engine, sert essentiellement à mettre en place la relation entre Devon et Fenix. Certes, il y a pas mal d’action, puisque le tandem passe son temps à essayer d’échapper aux griffes de monstres résolument carnivores, mais l’essentiel n’est pas là. Devon et Fenix apprennent à se connaître, et même à s’apprécier. Mon petit doigt me dit que tout ça pourrait évoluer sur la romance, mais je peux me tromper. En tout cas, ça se lit bien, les dialogues sonnent justes et Tyler Crook assure. Mon seul bémol, mineur, réside dans la façon dont Devon se transforme subitement en bête d’action et de bravoure, lui qui était plutôt pitoyable dans ce registre jusqu’ici. J’ai trouvé ça assez peu crédible.

Avec The Long Death, changement de ton. Johann organise une expédition pour retrouver Daimio et ça vire très vite au carnage. L’histoire est résolument plus gore et la psychologie des personnages cède le pas face aux scènes de combats sanglants. Sur ce terrain, James Harren, un dessinateur que je ne connaissais pas, se révèle diablement efficace et percutant. Le scénario offre une conclusion dramatique qui m’a plutôt surprise. Je suis vraiment très curieux de savoir les conséquences que ça va avoir, en particulier comment Abe et Kate vont réagir aux actions de Johann.

Mon sentiment général est donc toujours aussi positif. Même si la narration est plus linéaire qu’elle ne l’a été et que ce tome n’est pas le plus riche en interactions, Mignola et Arcudi continuent à nous servir des scénarios intéressants en plantant habilement les germes des évènements à venir. Quant au dessin, si Tyler Crook se maintient à ce niveau et continue de laisser la main à des remplaçant de la trempe de James Harren, la série n’a pas de soucis à se faire.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 3: Russia

Le pitch : Kate et Johann répondent à l’appel de leurs homologues russes pour résoudre un cas de possessions et d’apparition de mort-vivant dans une mine désaffectée.

L’avis : Mignola et Arcudi laissent plus ou moins de côté les éléments d’intrigues développés dans le tome précédent. Abe et Devon ne font donc que de brèves apparitions. Kate et Johann occupent le devant de la scène. Face à eux, Iosif, un personnage introduit dans une des mini-séries Abe Sapien que malheureusement je n’ai pas lue. J’ai décidé de ne plus être un complétiste de l’univers Hellboy et c’est la première fois que je m’en mords les doigts. Le personnage est vraiment intéressant et j’aurais aimé en savoir plus sur ses origines. Cela dit, ça n’a pas de réel impact sur l’histoire racontée dans ce tome, une histoire solide et agréablement illustré par Tyler Crook. J’ai trouvé encore assez difficile de ne pas penser à Guy Davis tellement il a marqué la série, mais Tyler Crook s’en sort bien. Il est peut-être moins performant que son illustre prédécesseur dans le registre des monstres et de l’horreur, mais j’aime la douceur de son trait et l’expressivité de ses personnages. A noter qu’un certaine continuité graphique est assurée par le fait qu’il s’est basé pour ce tome sur le travail préparatoire de Guy Davis, sans oublier la supervision de Mignola, comme l’atteste la section d’esquisses de l’ouvrage. En parlant de bonus, on a également droit en guise d’épilogue à quelques pages illustrées par Duncan Fegredo. Elles font le lien entre les derniers évènements concernant Hellboy et l’histoire personnelle de Kate. Là encore, bonne lecture. Sur ce, j’enchaine directement avec le tome suivant qui est déjà paru, en pariant sans grand risque que ça va se maintenir au niveau de qualité auquel cette série nous a habitué.

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Hellboy vol. 12: The Storm and the Fury

Le pitch : Hellboy cherche son chemin au milieu d’un héritage compliqué pour trouver le moyen d’affronter Nimue, celle par qui le fin du monde a toutes les chances d’arriver.

L’avis : The Storm and the Fury conclue l’histoire d’Hellboy commencée au début des années 90 avec Seed of Destruction. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de suite, mais elle sera d’un autre ordre. Je n’en dis pas plus pour ne pas trop dévoiler l’intrigue, mais, vous l’aurez compris, ce tome est essentiel pour les fans de longue date du personnage. En est-il pour autant réussi ? Je dirais que oui et non.

Côté scénario, The Storm, la première partie, finit de mettre en place la confrontation finale entre Hellboy et Nimue, dans le ligne directe de The Wild Hunt. C’est la partie du scénario la plus intéressante. Avec The Fury, Mignola retombe dans ses pires travers. Il nous livre une narration un peu confuse, avec un texte lourd et redondant, et des scènes de baston qui n’en finissent pas. Quant à la conclusion, pourtant chargée de conséquence pour Hellboy et le reste du monde, elle tombe franchement à plat. Je crois que je me serais royalement ennuyé si ce n’était pour les dessins de Duncan Fegredo. Car c’est bien lui qui sauve l’ouvrage et qui lui donne le souffle d’apocalypse qu’il mérite. En parfaite symbiose avec l’immense Dave Stewart aux couleurs, il nous livre des planches sublimes du début jusqu’à la fin. C’est à la limite de la démonstration. A côté, les trois pages d’épilogue de Mignola relèvent de l’amateurisme, ce qui n’est guère encourageant pour la suite, car l’auteur va reprendre entièrement les rênes de la série. En tout cas, un grand bravo à Fegredo, qui a confirmé par son passage sur Hellboy qu’il est l’un des dessinateurs les plus talentueux de sa génération.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 2: Gods and Monsters

Le pitch : Abe et Devon recherchent une adolescente dont les dons divinatoires semblent avoir permis à ceux qui voyagent avec elle d’échapper à des attaques de monstres. Pendant ce temps, Liz, qui pensait s’être enterrée loin de son ancienne vie, se retrouve face à un culte sataniste.

L’avis : Après le reboot de la série (enfin, si on veut, comme je le soulignais la dernière fois), Mignola et Arcudi nous embarquent à la poursuite d’un nouveau personnage qui, à mon avis, a toute les chances d’intégrer le B.P.R.D. à plus ou moins long terme. Outre cette nouveauté plutôt intrigante, la relation entre Abe et Devon, toujours à couteaux tirés, donne lieux à quelques échanges intéressants. Tout cela est illustré par Guy Davis, dont c’est la dernière prestation sur la série. C’est très dommage, mais le regret est atténué par l’arrivée sur l’histoire suivante de Tyler Crook, au style à la fois très différent et prometteur. Difficile à dire pour l’instant comment il arrivera à s’approprier pleinement l’univers de la série, d’autant que cet arc est assez pauvre en monstres, mais j’apprécie clairement son style pour l’instant. Tout cela se termine par un coup de théâtre dont je suis très curieux de connaître les conséquences. La nouvelle série B.P.R.D., à défaut d’avoir pris véritablement un nouveau départ, continue donc sa mutation de fort belle manière.

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