Tokyo Ghost vol. 1: Atomic Garden

Le pitch : En 2089, dans un monde d’opulence dominé par les technologies de l’information, deux agents sont envoyés au Japon, là où la technologie est bannie.

L’avis : Belle réussite que ce premier tome de Tokyo Ghost. Ce n’est pas vraiment une surprise, car Remender, quand il est en forme, fournit des lectures stimulantes et Sean Murphy est toujours éblouissant. C’est le cas ici sur les deux tableaux. Le scénario n’a rien de franchement subtil. Le peuple gavé d’information jusqu’à l’addiction la plus extrême, le cynisme absolu des conglomérats qui entretiennent le système, et par opposition, l’idéalisme écolo-humaniste de leurs adversaires, tout ça est à la limite du caricatural, mais, en même temps, c’est très bien exécuté, avec quelques très bonnes idées. Ca fait au final un environnement fort intéressant. Par ailleurs, le récit alterne les scènes d’action rocambolesques et les moments consacrés au développement des personnages. Bien-sûr, tout cela est sublimé par le travail de Sean Murphy, totalement dans son élément. Il reprend d’ailleurs pas mal des thèmes de son Punk Rock Jesus. Le dessin est riche, détaillé et ultra-dynamique. On se demande vraiment comment il arrive à fournir des planches aussi travaillées à un rythme pareil. Chapeau bas, encore une fois.

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Deadly Class vol. 3: The Snake Pit

Le pitch : Action survitaminée et dépression adolescente.

L’avis : Encore un très bon tome de Deadly Class. On reprend l’histoire là où on l’avait laissée, en pleine action, et ça va à 200 à l’heure pendant deux épisodes. Lorsque la poussière retombe, Marcus est mal en point psychologiquement. Remender met alors en scène les affres de l’adolescence, sur le plan social et émotionnel, le tout exacerbé par un abus de drogue en tout genre. En gros, Marcus perd pied jusqu’au dernier épisode où l’action reprend le dessus, et de fort belle manière. Encore une fois, on a le droit à un pur cliffhanger. Tout ça est fort bien mené par Remender, et Wes Craig n’est pas en reste. Si quelques planches auraient mérité un peu plus de finition, c’est globalement du très haut niveau. Vivement la suite !

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Deadly Class vol. 2: Kids of the Black Hole

Le pitch : Romance et violence chez des ados assassins.

L’avis : Le premier tome de Deadly Class fut l’une des belles surprises de 2015. Ce deuxième tome poursuit sur la lancée de fort belle manière. Remender développe ses personnages, en particulier avec deux épisodes qui reviennent sur le passé de deux des personnages principaux. Le triangle amoureux esquissé dans le tome précédent monte en régime. Rien de particulièrement original sur ce point, mais ça fonctionne correctement. Un peu de comédie tendance scatologique qui m’a bien fait rire, et puis on termine avec une scène d’action menée tambour battant. C’est d’ailleurs une des caractéristiques du récit en général. Tout est mené à un rythme endiablé, à la limite du déraillement parfois, mais Remender s’en sort bien. Il faut dire qu’il peut compter sur l’énergie du trait de Wes Craig. Son style est vraiment très dynamique, même si je l’ai trouvé moins précis que dans le premier tome. Ca reste tout de même un travail remarquable. Tout ça termine sur un gros cliffhanger. Heureusement, j’ai le tome 3 déjà sous la main.

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Deadly Class vol. 1: Reagan Youth

Le pitch : Marcus, ado en déshérence, se fait recruter dans un lycée pour assassins professionnels.

L’avis : Parmi les nouvelles productions de Rick Remender, j’attendais beaucoup de Black Science, mais il semblerait que la vraie bonne surprise vienne de Deadly Class. D’après la postface de Remender, il s’agit de son comics le plus personnel, dans lequel il revisite les affres de sa scolarité sous la loupe déformante de cette histoire de lycée du meurtre. De fait, l’entame du livre prend le temps de nous présenter Marcus, le personnage principal, qu’on devine être nourri d’expériences vécues. L’écriture de Remender, tout en introspection, y est particulièrement soignée. La suite n’est pas en reste. L’environnement du lycée et toute la galerie de personnages qui l’habite sont savamment introduits. La seconde partie de l’ouvrage suit Marcus et quelques-uns de ses camarades dans un épisode d’école buissonnière qui tourne sacrément au LSD vinaigré. Le rythme monte d’un cran, puis de deux, avec un déluge de drogue et de violence. J’ai un peu flirté avec l’overdose sur le dernier épisode, mais Remender a arrêté les frais juste à temps. Reste la curiosité de savoir quelles retombées les évènements vont avoir dans le second tome. Côté scénario, c’est donc du très bon Remender. Côté dessin, c’est encore mieux, avec Wes Craig, que je ne connaissais pas et qui livre là un travail remarquable. C’est précis, dynamique, juste dans les expressions et c’est un sans faute côté narration. Cerise sur le gateau, la mise en couleur de Lee Loughridge est excellente et participe à l’identité graphique de la série. Bref, c’est de la très bonne came que je vous conseille d’expérimenter sans modération.

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Black Science vol.1: How to Fall Forever

Le pitch : Science fiction pulp multidimensionnelle.

L’avis : C’est avec grand plaisir que je me suis plongé dans ce qui peut être considéré comme le successeur de Fear Agent, un des grandes réussites de Rick Remender. Dans l’ensemble, je n’ai pas été déçu. On retrouve là sa patte faite de personnages aux personnalités bien trempées, d’action à rebondissement et de narration énergique. Les différentes dimensions explorées sont pleines d’idées plutôt originales, bien servies par le dessin du talentueux Matteo Scalera et la mise en couleur vivifiante de Dean White. Cela dit, le récit manque parfois de maitrise, surtout dans la deuxième partie de l’ouvrage. A force d’être énergique, la narration connait quelques heurts qui nuisent à la fluidité de la lecture. Côté dessin aussi, ça s’emballe peut-être un peu trop au risque de frôler la caricature par moment. J’ai eu aussi parfois quelques difficultés à distinguer certains personnages. Malgré ces quelques bémols, je suis partant pour la suite, non seulement parce que Fear Agent a montré les capacités de Remender à écrire de la très bonne SF, mais aussi parce que j’ai le sentiment qu’on est pas au bout de nos surprises avec les multiples sauts dimensionnels qui s’annoncent. A suivre, donc.

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Uncanny X-Force vol. 4: The Dark Angel Saga – Book 2

Le pitch : Archangel s’apprête à déclencher l’apocalypse. A X-Force de l’en empêcher, quitte à y laisser des plumes.

L’avis : Après un book 1 assez calamiteux, je me demandais ce que la fin de cette saga allait me réserver. Je me disais bien que le retour de Jerome Opeña allait changer la donne, mais quid du scénario ? Et bien, c’est du solide. Il est riche en action, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est très rythmé, efficace et ça bastonne fort. Remender réussit à donner sa place à tous les personnages et à donner à chacun sa propre voix. J’ai beaucoup apprécié également l’originalité avec laquelle les pouvoirs de certains d’entre eux s’exprimaient. Certes, Remender pousse un peu le bouchon parfois (on est bien au-delà de toute crédibilité avec ce à quoi Deadpool et Wolverine survivent), mais il arrivent surtout à traiter certains pouvoirs de façon très originale (Iceberg full power, c’est juste brillant, par exemple). Au milieu de toute cette action plutôt tendue, Deadpool balancent quelques vannes bien senties. Quant à la touche de romance/émotion, là aussi ça fonctionne, en particulier lors de cette jolie scène où Psylocke fait vivre en accéléré à Warren la vie qu’ils n’auront jamais ensemble. Bien entendu, la réussite de tout ceci doit beaucoup à la qualité des illustrations de Jerome Opeña dont le trait allie précision et dynamisme. Le dernier épisode du tome est une sorte d’épilogue qui prépare la suite. Opeña laisse place à Robbi Rodriguez et – ouch ! – le retour à la normalité est difficile. C’est d’ailleurs ce qui fait que je ne donnerai pas suite à cette série. Les quelques previews que j’ai pu voir ne me laisse entrevoir rien qui vaille. Autant terminer sur une note positive.

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Fear Agent vol. 6: Out of Step

Le pitch : Vieillissant, solitaire et traqué par ses ennemis, Heath découvre la vérité derrière l’invasion Tetaldiennne. Suite à cette révélation, il décide de mener un dernier acte de résistance pour inverser le cours de l’histoire.

L’avis : Après plus de deux ans d’attente, voici enfin la conclusion de Fear Agent. Il était temps, mais l’attente en valait la peine. Rick Remender clôt l’affaire de main de maître. Tout d’abord, il y a les révélations que j’évoque dans le pitch. Ne comptez pas sur moi pour vous les dévoiler, mais ce que je peux en dire, c’est que non seulement elles sont surprenantes, mais surtout elles apportent de la cohérence et même de la cohésion à l’ensemble de la saga. Fear Agent a toujours été une série à rebondissements, mais ce qu’on pouvait percevoir jusqu’ici comme des pirouettes du scénario pour relancer l’action prend du sens dans le chapitre final. C’est plutôt bien vu. Les toutes dernières pages de l’ouvrage sont également à mettre au crédit de Remender. Fear Agent, ce n’est pas qu’un grand récit de SF, c’est aussi l’histoire d’un homme rongé de l’intérieur par son histoire familiale et la culpabilité. Son alcoolisme faisait rire au début et a pris son sens, forcément beaucoup moins drôle, au fil de l’histoire. Tout ça a fait de Heath Huston un personnage avec une vrai épaisseur et j’ai trouvé que Remender l’a mené au bout de son chemin avec beaucoup de brio.

Bref, une fort belle conclusion dont le seul bémol réside dans un dessin pas désagréable, mais irrégulier. Mike Hawthorne et Tony Moore s’associent sur l’ensemble des cinq épisodes, même s’il est clair qu’Hawthorne a pris en charge en très grande partie certains passages. Sur le reste, on voit la contribution de Moore, mais ce n’est pas aussi bon que lorsqu’il se consacrait entièrement à la série. On est loin aussi du brio d’Opeña sur d’autres tomes. Ca reste correcte sur le plan graphique dans l’absolu, mais un peu décevant tout de même par rapport à ce que la série a connu.

Maintenant, je n’ai qu’une envie : relire les six volumes d’un trait avec en tête les révélations de la fin. Peu probable que j’ai le temps de le faire, mais ça le mériterait. En tout cas, si vous hésitez à vous lancer dans la lecture de cette série, je vous y encourage très vivement.

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Uncanny X-Force vol. 3: The Dark Angel Saga – Book 1

Le pitch : Archangel prend le dessus sur Warren Worthington. Ses co-équipiers vont chercher dans une autre dimension le moyen de le sauver.

L’avis : Décidément, Uncanny X-Force a l’art de me prendre à contrepied. Je m’attendais à être plus ou moins déçu par le tome précédent, et j’ai été agréablement surpris. Ce troisième opus s’annonçait quant à lui chargé en caractérisation, vu la chute annoncée d’un des personnages principaux, et j’ai eu le droit au contraire à un récit sans âme tout qui aurait certainement contenté l’adolescent que j’étais, mais sûrement pas l’adulte que je suis aujourd’hui.

Le tome est divisé en deux parties. La première raconte comment Archangel en vient à libérer ses chaines au sein de la psyché de Worthington. L’intrigue n’est pas inintéressante, au contraire, tout du moins dans deux des trois épisodes. Celui du milieu, qui met en scène Wolverine à la poursuite d’un ancien tortionnaire nazi sous la pression de Magneto se laisse lire mais est assez convenu. Là où ça pêche sérieusement, en revanche, c’est au niveau du dessin. Billy Tan est un tâcheron sans caractère. Il y a notamment quatre pages pleines mettant en scène Magneto quasiment sans parole. Elles sont d’une rare insipidité.

Mark Books sur la seconde partie fait à peine mieux. C’est plus vivant, certes, mais c’est d’un manque d’originalité à se décrocher la mâchoire. Ce n’est malheureusement pas le scénario qui a réveillé mon intérêt. Si vous aimez Remender, ne cherchez pas ici ce qui fait l’attrait de son style. Il se contente ici de nous livrer ce qui ressemble à une œuvre de commande dont le cahier des charges était le suivant : beaucoup de baston dans un univers alternatif où vous donnerez l’occasion au dessinateur de faire quelques pleines pages présentant des variations apocalyptiques autour du thème des X-Men. Saupoudrez de romance sur le thème « on ne devrait pas s’embrasser, mais vraiment c’est plus fort que nous, embrassons nous ». Resoupoudrez un coup au cas où le lecteur n’aurait pas compris la première fois. Malheureusement, le cahier des charges a été appliqué à la lettre.

Bref, ce troisième volume d’Uncanny X-Force est médiocre, pour ne pas dire pire. Je croise les doigts pour que la suite retrouve le niveau des deux premiers tomes. A minima, ça sera vrai côté dessin, puisque Opeña sera de retour. Ouf !

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Uncanny X-Force vol. 2: Deathlok Nation

Le pitch : Tout d’abord, X-Force affronte Lady Deathstrike et sa bande de Reavers, et ça charcle ! Puis, X-Force s’allie à Deathlok pour affronter une bande de super-cyborgs venus du futur, et ça charcle !

L’avis : Après une entame encourageante, j’avais un petit peu peur que X-Force marque le pas, ne serait-ce que parce que Jerome Opeña quittait déjà le navire. Or, pas du tout. Déjà, côté scénario, Remender rebondit bien sur la fin choc du volume précédent. Chaque personnage a ses états d’âme au regard de ce qui a été commis, chacun à sa façon. Ca ne les empêche pas de maintenir cette position très radicale de X-Men tueurs, notamment lorsqu’ils affrontent les Reavers. Ça tabasse, et Remender est clairement dans son élément dans ce registre. Mon seul bémol concerne, comme pour le tome précédent, quelques traits d’humour déplacés, notamment lorsque Fantomex balance une ou deux vannes alors qu’il vient de subir un évènement qui aurait dû mettre son moral à terre. Concernant mes craintes quant au départ d’Opeña, j’ai été agréablement surpris. Rafael Albuquerque pour le premier épisode et Esad Ribic pour le reste font du très bon boulot et savent retranscrire, chacun dans son style, la nervosité des scripts de Remender. Bref, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde et je m’apprête avec grand plaisir à attaquer la suite. A très bientôt donc pour la critique du volume 3.

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Uncanny X-Force vol. 1: Apocalypse Solution

Le pitch : Wolverine et sa nouvelle équipe de X-Men tueurs prennent pour cible la réincarnation d’Apocalypse dans un corps d’enfant.

L’avis : Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu quelque chose en rapport avec l’univers des X-Men et il fallait bien le tandem Remender-Opeña pour m’y entrainer à nouveau. Heureusement, la série ne traine pas trop de casseroles derrière elle. Il y a bien certaines allusions aux évènements antérieurs qui me sont passées au dessus de la tête, et puis je n’ai aucune idée d’où vient ce Fantomex qui appartient à l’équipe, mais tout ça reste accessoire au scénario.

Remender nous propose du X-Men qui tranche dans le vif et, pour bien poser la problématique, il met d’entrée ses personnages devant un dilemme presque classique : faut-il tuer un enfant avant même qu’il ne commette les crimes abominables qu’on lui connait dans le futur ? Sans vouloir dévoiler la chute, je pense qu’on peut dire que Remender affiche clairement qu’il ne fera pas dans la dentelle avec cette équipe. On en attendait pas moins de lui. Pour arriver là, vous aurez le droit à un scénario nerveux, bourré d’action, avec quelques touches d’humour dont certaines n’étaient peut-être pas indispensables. Les personnages sont bien dans le rôle, même Deadpool qui est tout de même parfois difficile à suivre dans ses délires. Plus que le scénario, c’est surtout le dessin d’Opeña qui fait la réussite de ce premier tome d’Uncanny X-Force. Ce mec a un sens du mouvement et de la composition qui ne cessera jamais de m’étonner. Son dessin est de plus en plus détaillé, je trouve, ce qui ne gâche rien. J’ai également beaucoup aimé le travail de design des nouveaux cavaliers d’Apocalypse.

Bref, tout cela ne m’a fait aucunement regretté ce retour à l’univers X. J’espère seulement pouvoir rempiler avec X-Force le temps de quelques tomes, avant que la série ne soit interrompue par un crossover à la con.

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