Injection vol. 2

Le pitch : Une enquête de Vivek Headland sur la disparition d’un fantôme sexuel, l’apparition d’un jambon humain et le possible rôle de l’injection dans l’affaire.

L’avis : Le deuxième tome d’Injection a beaucoup en commun avec le premier, tout en s’en distinguant nettement. On retrouve un niveau d’exigence plutôt relevé, de par une narration complexe et une intrigue franchement barrée, avec certaines clés de compréhension qui ne sont tendues que de loin au lecteur. Là où ça diffère, en revanche, c’est que l’essentiel du scénario tourne cette fois autour d’un seul des personnages principaux, le super-détective Vivek Headland. Pour la peine, l’histoire est construite comme une enquête avec, cerise sur le gâteau, une solide dose d’humour. Je me suis franchement marré. Pour la peine, j’ai trouvé la lecture beaucoup plus gratifiante, et ce malgré les doutes que je peux avoir sur la justesse de ma compréhension de ce qu’est vraiment l’injection et comment elle agit. Bref, Warren Ellis joue avec ses lecteurs, plutôt brillamment mais au risque de les perdre. Il est aidé en cela par un Declan Shalvey parfaitement à son aise. L’exercice est suffisamment bien réussi pour que je signe pour la suite de la série, quand elle arrivera, c’est-à-dire pas avant longtemps vu son rythme de parution actuel.

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Injection vol. 1

Le pitch : Une bande de génie affrontent leur création techno-mystique.

L’avis : Injection, c’est du Warren Ellis pur jus. On retrouve en particulier quelques éléments centraux de Planetary : une bande de génies spécialisés à gros caractères qui travaillent à la marge entre science et magie. Le récit est cependant parmi les plus exigeants de ce que l’auteur a l’habitude de fournir. La narration est tout sauf linéaire, les éléments de compréhension de la problématiques sont distillés très progressivement et certains dialogues demandent de s’accrocher. Tout ça fait une lecture pas toujours gratifiante, mais qui a le mérite d’introduire solidement les bases de l’histoire. Un tome d’introduction, donc, qui paraît prometteur, mais j’attends le tome 2 avant de me décider de suivre Warren Ellis dans son trip techno-mystique.

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Trees vol. 1: In Shadow

Le pitch : Dix ans après l’apparition de structures extraterrestres géantes partout dans le monde, l’humanité a appris à vivre avec ces arbres géants, à la fois inertes et menaçants de par l’inconnu qu’ils représentent.

L’avis : Etrange objet que cette nouvelle série de Warren Ellis. L’idée de départ est géniale de par sa simplicité. La vie extraterrestre débarque sur terre de façon massive mais ne fait rien, en tout cas rien qui ne témoigne de l’intérêt que pourrait porter ces êtres venus d’ailleurs à l’humanité. Cependant, leur simple présence bouleverse l’équilibre politique du monde. Nous voilà donc avec un récit de science fiction plein de potentiel, avec énormément de questions ouvertes et peu de réponses pour l’instant. Très accrocheur au premier abord, donc. Là où ça se gâte un peu, c’est que Warren Ellis nous fait découvrir ce monde au travers de quatre ensembles de personnages dans quatre endroits du monde dont une seule (celle en Norvège) semble faire avancer l’intrigue autour des arbres. Pour le reste, c’est nettement moins claire. L’une, en Afrique, est peu développée. L’autre, en Chine, nous parle d’identité sexuelle et semble se conclure avant d’avoir commencée. La dernière, en Italie, est la moins réussie et m’a laissé plutôt dubitatif. L’impression finale, c’est que malgré huit épisodes déjà sous le coude, la série n’a pas vraiment de cap, ce qui n’est pas nécessairement un mal en soi, mais, en l’occurence, ça m’a laissé plus perplexe qu’accroché au récit. Comme Warren Ellis est au commande, je lui laisse le bénéfice du doute. Par ailleurs, le travail de Jason Howard sur la série est très intéressant, en particulier l’ambiance qu’il sait créer dans les villes autour des arbres. Je commanderai donc le deuxième tome sans trop hésiter.

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Moon Knight vol. 1: From the Dead

Le pitch : Moon Knight, super-héros mystique à la personnalité fragmentée, résout des enquêtes à coups de tatane.

L’avis : Je n’ai que peu d’expérience de Moon Knight, personnage secondaire (pour ne pas dire mineur) de l’univers Marvel, et c’est uniquement la perspective de voir Warren Ellis jouer avec qui m’a motivé à lire un comics lui étant consacré. Bien m’en a pris. La redéfinition du héros, quoique originale, est assez vite pliée. Les six courtes histoires qui forment le recueil n’ont rien de franchement originales non plus. En revanche, l’exécution est remarquable. Warren Ellis donne une leçon de narration à qui veut bien l’apprendre. C’est pêchu, vif, parfois drôle et toujours intelligemment écrit. Warren Ellis fait économie de mot et va directement à l’essentiel tout en faisant preuve d’inventivité, et tout ça avec, semble-t-il, la plus grande décontraction. Pour réussir l’exercice, il lui fallait le partenaire adéquat au dessin. Sans aucun doute, Declan Shalvey était un très bon choix. Il a réussit à donner une vraie identité graphique au personnage principal et la narration graphique dans les scènes d’action est à la hauteur du script. Tout cela se lit très vite, mais avec grand plaisir. Dans la mesure où les auteurs ont décidé de passer la main dès le deuxième tome, je resterai sur cette très bonne impression, sans donner suite.

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Freakangels vol. 6

Le pitch : Enfin tous réunis, les Freakangels cherchent à corriger leurs erreurs passées, au sein de leur groupe, mais surtout à l’extérieur.

L’avis : Freakangels est une série qui a démarré très fort et qui n’aura guère baissé de niveau pendant longtemps. Le dernier tome commençait juste à montrer de petits signes d’essoufflement. Il était donc temps que Warren Ellis conclue l’affaire et, ma foi, il le fait de façon plutôt satisfaisante. Le scénario est un peu bavard par moment, mais la conclusion fait sens. Les personnages font d’une certaine façon la paix avec leur passé et passe à l’étape suivante de leur vie. Sans véritablement laisser penser qu’il y aura une suite, j’ai trouvé que Warren Ellis ne fermait pas totalement la porte. Qui vivra verra. A noter cette fois encore la belle régularité de Paul Duffield au dessin. Dans l’ensemble, les 864 planches de Freakangels méritent largement le détour, que vous la lisiez sur le web ou en six TPB chez Avatar.

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Supergod

Le pitch : Le récit de l’apocalypse consécutive à l’affrontement de surhommes créés par les nations du monde dans la plus folle course à l’armement envisageable.

L’avis : Après Black Summer et No Hero, Warren Ellis conclue son triptyque sur les super-héros à la sauce Avatar. Autant le dire tout de suite, Supergod est le volet qui m’a le moins plu. Pourtant, le concept de départ est intéressant : et si la course à l’arme nucléaire avait été une course aux superpouvoirs où chaque nation aurait cherché à créer de toute pièce une entité ayant le potentiel de rayer l’ennemi de la carte ? L’exécution n’est pas mauvaise sur certains points. Quelques-uns de ces demi-dieux sont bien pensés, ce qui contribue à donner du souffle à certaines scènes. Malheureusement, d’autres personnages sont sous-utilisés et semblent même en trop dans l’histoire, car on a du mal à voir ce qu’ils apportent si ce n’est une certaine forme de confusion dans la narration. En parlant de la narration, Warren Ellis utilise comme vecteur du récit un scientifique racontant au téléphone à un de ses homologue l’histoire de la création des surhommes et de leurs affrontements. J’ai trouvé ce personnage assez exaspérant dans son attitude et sa façon de s’exprimer. Il est très typique des personnages cyniques auquel Warren Ellis aime donner de la voie. D’habitude, j’aime ses traits d’esprit, mais cette fois, ça n’a pas vraiment fonctionné. Côté dessin, Garrie Gastonny fait un boulot peut-être pas diablement original, mais très propre et plutôt efficace. Au final, j’ai l’impression d’avoir écrit plus de mal que de bien de Supergod, alors que cette lecture a été loin d’être désagréable. C’est juste que j’attendais plus de son auteur.

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