Injection vol. 2

Le pitch : Une enquête de Vivek Headland sur la disparition d’un fantôme sexuel, l’apparition d’un jambon humain et le possible rôle de l’injection dans l’affaire.

L’avis : Le deuxième tome d’Injection a beaucoup en commun avec le premier, tout en s’en distinguant nettement. On retrouve un niveau d’exigence plutôt relevé, de par une narration complexe et une intrigue franchement barrée, avec certaines clés de compréhension qui ne sont tendues que de loin au lecteur. Là où ça diffère, en revanche, c’est que l’essentiel du scénario tourne cette fois autour d’un seul des personnages principaux, le super-détective Vivek Headland. Pour la peine, l’histoire est construite comme une enquête avec, cerise sur le gâteau, une solide dose d’humour. Je me suis franchement marré. Pour la peine, j’ai trouvé la lecture beaucoup plus gratifiante, et ce malgré les doutes que je peux avoir sur la justesse de ma compréhension de ce qu’est vraiment l’injection et comment elle agit. Bref, Warren Ellis joue avec ses lecteurs, plutôt brillamment mais au risque de les perdre. Il est aidé en cela par un Declan Shalvey parfaitement à son aise. L’exercice est suffisamment bien réussi pour que je signe pour la suite de la série, quand elle arrivera, c’est-à-dire pas avant longtemps vu son rythme de parution actuel.

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Injection vol. 1

Le pitch : Une bande de génie affrontent leur création techno-mystique.

L’avis : Injection, c’est du Warren Ellis pur jus. On retrouve en particulier quelques éléments centraux de Planetary : une bande de génies spécialisés à gros caractères qui travaillent à la marge entre science et magie. Le récit est cependant parmi les plus exigeants de ce que l’auteur a l’habitude de fournir. La narration est tout sauf linéaire, les éléments de compréhension de la problématiques sont distillés très progressivement et certains dialogues demandent de s’accrocher. Tout ça fait une lecture pas toujours gratifiante, mais qui a le mérite d’introduire solidement les bases de l’histoire. Un tome d’introduction, donc, qui paraît prometteur, mais j’attends le tome 2 avant de me décider de suivre Warren Ellis dans son trip techno-mystique.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 13: End of Days

Le pitch : Des monstres toujours plus gros et le Black Flame à affronter (encore !) sur son terrain.

L’avis : Voilà un tome assez dense, où la plupart des personnages actuels de la série ont un rôle. Les scènes de bataille sont épiques et la fin du récit recèle quelques rebondissements de taille, dont le final qu’on voit arriver depuis un moment et qui est prometteur. Côté dessin, Laurence Campbell ne démérite pas et livre même quelques très belles planches. Cela dit, je trouve que la série a perdu en identité graphique avec la valse actuelle des dessinateurs. Reste deux tomes à venir avant la fin de la série. Je les commanderai et les lirai en même temps, en espérant que le final soit à la hauteur de la longévité de B.P.R.D.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 12: Metamorphosis

Le pitch : Johann commet une boulette, s’interroge et change de peau.

L’avis : Un tome centré sur Johann. La première partie raconte une mission catastrophe où Johann remet en cause le détachement tout ectoplasmique dont il fait preuve. L’introspection est intéressante. En revanche, les dessins de Peter Snejbjerg, pourtant aussi bon qu’à son habitude, ne collent pas vraiment. Dans la seconde partie, Johann investit l’armure de Sledgehammer. Cette fois, les dessins de Julian Totino Tedesco sont parfaitement adaptés et vraiment très bons. Le scénario n’a pas grand chose à se reprocher, si ce n’est la frustration qu’il peut générer chez le lecteur qui, comme moi, n’a pas lu la mini-série Sledgehammer 44.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 11: Flesh and Stone

Le pitch : A proximité d’un village abandonné, une escouade du B.P.R.D. recherche un monstre qui pourrait être à l’origine de nombreuses disparitions.

L’avis : Je dois bien dire que je ne sais plus bien où on en est avec B.P.R.D. Ca fait un moment que la série n’a plus de direction bien définie. C’est l’enfer sur terre et le B.P.R.D., main dans la main avec l’armée, s’évertue à tuer quelques monstres parmi la multitude qui pullulent sur la planète. C’est un peu comme d’assister au spectacle du gars qui écope sans fin avec son seau dans un bateau qui coule. En plus, les personnages habituels sont mis au second plan. Tout ça pourrait nourrir pas mal de déception, mais, en fait, non. On a tout de même Howard dont on découvre progressivement la vie antérieure. On a Iosif et Varvara qui continuent d’entretenir une drôle de relation. Tout ça est fort bien dialogué, comme d’habitude avec Arcudi. Et puis, on a toujours une bonne dose d’action. Et c’est là qu’entre en jeu James Harren, avec son style énergique et énergisant. Plus ça va, plus j’apprécie son travail et plus je trouve qu’il a toute sa place dans cette mouture apocalyptique de B.P.R.D. Bref, j’ai encore bien apprécié ce nouvel opus. J’enchaine d’ailleurs directement avec le suivant.

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Tokyo Ghost vol. 1: Atomic Garden

Le pitch : En 2089, dans un monde d’opulence dominé par les technologies de l’information, deux agents sont envoyés au Japon, là où la technologie est bannie.

L’avis : Belle réussite que ce premier tome de Tokyo Ghost. Ce n’est pas vraiment une surprise, car Remender, quand il est en forme, fournit des lectures stimulantes et Sean Murphy est toujours éblouissant. C’est le cas ici sur les deux tableaux. Le scénario n’a rien de franchement subtil. Le peuple gavé d’information jusqu’à l’addiction la plus extrême, le cynisme absolu des conglomérats qui entretiennent le système, et par opposition, l’idéalisme écolo-humaniste de leurs adversaires, tout ça est à la limite du caricatural, mais, en même temps, c’est très bien exécuté, avec quelques très bonnes idées. Ca fait au final un environnement fort intéressant. Par ailleurs, le récit alterne les scènes d’action rocambolesques et les moments consacrés au développement des personnages. Bien-sûr, tout cela est sublimé par le travail de Sean Murphy, totalement dans son élément. Il reprend d’ailleurs pas mal des thèmes de son Punk Rock Jesus. Le dessin est riche, détaillé et ultra-dynamique. On se demande vraiment comment il arrive à fournir des planches aussi travaillées à un rythme pareil. Chapeau bas, encore une fois.

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The Sixth Gun vol. 8: Hell and High Water

Le pitch : Bataille épique en prélude à l’apocalypse.

L’avis : Alors que The Sixth Gun brillait jusqu’ici par sa régularité, ce huitième et avant-dernier tome ressemble fort à un trou d’air. La faute n’est surement pas du côté du dessin, car Brian Hurtt ne faiblit pas d’un iota. En revanche, j’ai trouvé le récit fort ennuyeux. Les premiers épisodes passent encore, avec notamment l’introduction de celui qui dirigent les Chevaliers de Salomon, même si on se demande bien quel est son rôle si près de la fin de la série. C’est surtout la longue, très longue, bataille entre Drake et sa bande, d’un  côté, et les sbires de Griselda, de l’autre, qui m’a posé problème. C’est franchement loin d’être passionnant, d’autant que Cullen Bunn use et abuse d’une voix off qui alourdit la narration et devient vite répétitive. Reste maintenant la conclusion tant attendue que, bien sûr, je vais lire, au regard de la qualité d’ensemble de la série. J’espère juste qu’elle conclura l’affaire sur une meilleure note que l’avant-dernière.

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Bitch Planet vol. 1: Extraordinary Machine

Le pitch : Dans une société ultra-patriarchale, une prison pour femmes trop peu conciliante est prise dans une embrouille où sport, politique et médias se mêlent.

L’avis : Avec Pretty Deadly, on ne peut pas dire que ma première expérience de l’écriture de Kelly Sue DeConnick ait été très convaincante. Malgré tout, je me suis laissé tenté par Bitch Planet, et bien m’en a pris. C’est un récit qui aborde le féminisme avec beaucoup d’originalité. D’ailleurs, le récit dépasse le cas de la condition féminine. C’est à la fois un récit carcéral et une satire du monde actuel vu au travers du spectre d’une société ultra-patriarchale. J’ai vraiment beaucoup aimé l’approche. Beaucoup de personnages sont introduits ici. Assez bizarrement, on a un épisode centré sur un personnage secondaire, alors que les pièces maitresses ne sont pas encore véritablement développées. J’imagine que ça viendra par la suite. Côté dessin, j’ai retrouvé avec plaisir Valentine De Landro que je ne connaissais que de quelques pages d’X-Factor. Il fait ici un très bon boulot, avec des planches vivantes et des personnages bien définis. Je signe sans hésitation pour la suite.

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Hellboy and the B.P.R.D. vol. 1: 1952

Le pitch : La première mission de Hellboy au Brésil.

L’avis : Ce 1952 s’inscrit dans la lignée des B.P.R.D.: 1946, 1947 et 1948, sauf que, cette fois, Hellboy a grandit et prend part activement à la mission. Autant le dire tout de suite, la mission et la façon dont elle est racontée n’ont rien d’original. C’est du Hellboy pur jus avec quelques éléments de scénario que j’ai trouvés un peu maladroits. Ca reste agréable à lire, d’autant qu’Alex Maleev fait un boulot très soigné et efficace, mais je classe cette oeuvre parmi les productions pas franchement indispensables du Mignolaverse. D’ailleurs, je n’ai pas commandé le 1953 qui est sorti cet été et je vais m’en tenir à cette décision.

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Harrow County vol. 2: Twice Told

Le pitch : Emmy se découvre une soeur jumelle qui embrasse plus facilement qu’elle ses origines maléfiques.

L’avis : Malgré quelques réserves sur l’écriture, j’ai beaucoup apprécié le premier tome de cette série. La suite ne démérite pas franchement dans la mesure où c’est toujours plutôt bien écrit et surtout remarquablement bien illustré par Tyler Crook. Son trait élégant est d’une grande justesse pour exprimer les émotions et les ambiances. La mise en peinture est également du plus bel effet. Seulement voilà, tout ça est au service d’une histoire relativement banale et sans grand relief. En plus, l’élément le plus mystérieux de l’intrigue – d’où vient donc cette soeur jumelle et comment l’a-t-elle retrouvé ? – n’est même pas abordé. En d’autres mots, c’est très bien exécuté, mais ça n’a pas un très grand intérêt. Comme le troisième tome semble être constitué pour moitié par des épisodes de remplissage, je crois que je vais lâcher l’affaire et je vais croiser bien fort les doigts pour que Tyler Crook ne s’attarde pas trop sur ce projet, car j’ai vraiment envie de lire à nouveau son travail.

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