Letter 44 vol. 3: Dark Matter

Le pitch : Alors que la troisième guerre mondiale éclate sur terre, l’équipage du Clarke apprend à cohabiter avec les extra-terrestres.

L’avis : Si Letter 44 excelle, c’est bien par son scénario. Ce troisième tome est encore une fois riche en évènements, avec de nombreux rebondissements, en particulier dans les derniers épisodes, et le lecteur est tenu en haleine. Charles Soule ne choisit pas la facilité et gère de main de maître sa galerie de personnages et les fils de l’histoire qui s’entremêlent pour faire une tapisserie du plus belle effet. Si seulement le dessin était au même niveau, ce serait une des séries phares du moment pour moi. Malheureusement, j’ai vraiment du mal avec le style d’Albuquerque. Je lui reconnais de vraies qualités de dynamisme, mais j’ai du mal à supporter les postures et les expressions de ces personnages. A cause de ça, je m’étais presque résolu à arrêter la série, mais le rush de la fin du tome m’a raccroché au train. A ce stade, j’ai donc juste envie que l’histoire se conclue vite mais aussi bien qu’elle a commencée.

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Letter 44 vol. 2: Redshift

Le pitch : Le président Blade s’écarte des plans de son prédécesseur, tout en continuant à cacher l’existence des extraterrestres au public. De leur côté, les membres de l’expédition se rapprochent du danger.

L’avis : Ce deuxième tome de Letter 44 ne déçoit pas dans la mesure où il a les qualités du premier : une intrigue bien menée, avec son lot de surprises et des personnages bien construits. Les deux récits qui évoluent en parallèle sur la terre et dans l’espace se conjuguent bien malgré leur quasi-indépendance à ce stade. En revanche, j’ai été plus gêné que la dernière fois côté dessin. Albuquerque a des qualités de dynamisme qui servent bien la narration, mais ça manquent souvent de finesse avec des corps et des visages distordus à la limite de la caricature. Au final, je ne peux m’empêcher de penser que ce récit captivant serait bien mieux servi par un dessin plus retenu et techniquement plus maitrisé.

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The Walking Dead vol. 25: No Turning Back

Le pitch : La révolte couve dans les communautés. Rick doit faire des choix pour maintenir son autorité.

L’avis : Après le choc du final du tome précédent, Kirkman propose un chapitre beaucoup plus tourné vers les personnages, avec Rick en pièce centrale. Ce qui est le plus appréciable, c’est l’évolution du personnage de Rick. Diminué physiquement, responsable d’un ensemble de communautés, il a pris de la bouteille et doit garder la tête froide alors que ceux qui l’entourent montent dans les tours. Il prend donc conseil, ce qui donne lieu à quelques moments intéressants de caractérisation, mais aussi à quelques scènes de dialogue moins convaincantes. Par ailleurs, la colère de certains des habitants est assez répétitive à la longue. l’impression d’ensemble est donc plutôt bonne, mais pas à la hauteur du tome précédent. Reste à voir comment tout ça va tourner.

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The Walking Dead vol. 24: Life and Death

Le pitch : Alors que les différentes communautés se structurent, des divergences fondamentales apparaissent et une nouvelle menace extérieure se précise.

L’avis : Contrairement au tome précédent que j’ai trouvé relativement décevant, celui-ci est l’un des meilleurs depuis longtemps. Tout d’abord, il est dense. Nombre de personnages et leurs interactions sont mis en valeur. Michonne et Ezequiel, Eugene et Rosita, Rick et Negan, Jesus et Maggy, Rick et Carl, pour ne parler que des éléments d’intrigues secondaires. Tout ça s’insère dans deux problématiques centrales. Le premier est le positionnement respectif de Maggy et Rick en tant que chefs de communauté et la façon qu’ils ont de gérer leur autorité. Cela laisse présager des dissentions potentielement déstabilisantes. Le second concerne la communauté des chuchoteurs dont la philosophie se précise. On n’est pas du tout dans le même registre que la lutte frontale avec le gouverneur ou Negan, mais plutôt dans une forme de fanatisme avec lequel il va falloir conjuguer, d’autant qu’ils ont une arme secrète   particulièrement dissuasive. Pour enfoncer le clou, le recueil se termine par un rebondissement qui fait l’effet d’une bombe. J’enchaine avidement la lecture du tome suivant pour en connaitre les répercussions.

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The Walking Dead vol. 23: Whispers Into Screams

Le pitch : Premiers affrontements avec les chuchoteurs, conflits internes et pulsions adolescentes au pays des zombies.

L’avis : Dans le tome précédent, Kirkman a rebattu les cartes en introduisant une ellipse de plusieurs années dans le récit. C’était plutôt bien vu. Cette fois, l’impression est moins bonne. Le récit est largement centré sur Carl et, dans une moindre mesure, sur Maggy. Le début du tome traine en longueur. Ensuite, l’intrigue autour de Carl décolle. La relation qu’il développe avec une jeune captive est probablement trop rapide pour être crédible, même pour un ado, mais l’intrigue est accrocheuse tout de même. Du côté de Maggy, c’est plus laborieux. Elle doit gérer des conflits internes avec des personnages malheureusement trop caricaturaux pour être intéressants. Reste qu’on en découvre un peu plus sur les chuchoteurs, ceux qui sont bien partis pour devenir les nouveaux ennemis de nos héros. Leur psychologie semble différer des adversaires précédents, ce qui laisse penser que Kirkman n’a pas encore commencé à tourner en rond. Au bout de 23 tomes, c’est déjà une réussite.

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Southern Bastards vol. 2: Gridiron

Le pitch : L’adolescence de celui qui deviendra le redoutable Coach Boss.

L’avis : Plutôt que de continuer dans la lancée du premier tome, Jason Aaron nous propose de revenir sur le passé du salaud de l’histoire. Sans surprise, c’est un passé fait de violence et de vexation qui explique, sans véritablement l’excuser, le tempérament de fer et le goût du sang d’Euless Boss. Sans surprise non plus, le récit est d’une grande intensité, comme sait si bien le faire le scénariste. Le style rugueux et torturé de Jason Latour est également parfait pour cet exercice. Reste, comme pour le premier tome, un ou deux bémols à mon enthousiasme, notamment le caractère quasi-mystique du vieux black qui prend Euless sous son aile et son rôle à la fin de l’histoire. Mais bon, ça sent bon le sud pourri, alors on en redemande.

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Descender vol 1: Tin Stars

Le pitch : Tim 21, robot companion pour enfant, se réveille après dix ans de sommeil dans un monde où les robots sont jugés responsables d’une catastrophe planétaire.

L’avis : Descender plaira sans aucun doute à ceux qui, comme moi, sont friands de récits futuristes nous renvoyant à la place de la robotique dans notre société. Ce n’est pas tant que le récit de Lemire explore explicitement ces question, mais en mettant au centre de l’intrigue un robot emphatique, la réflexion s’impose assez naturellement. Pour le reste, c’est un récit de SF de facture assez classique, avec une galeries de personnages, humains ou robots, déjà bien développée. J’ai eu un petit peu de mal avec le robot mineur et sa psychologie agressive à deux neurones, mais le reste m’a convaincu. Comme, par ailleurs, la série bénéficie d’une joli travail de Dustin Nguyen, très élégant au maniement du crayon mais aussi à la mise en couleur en aquarelle, ce premier tome en appelle un second. Ca tombe bien, il vient de sortir.

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Prophet vol. 4: Joining

Le pitch : Voyage au pays de la SF sous acide.

L’avis : Prophet n’est clairement pas une série pour tout le monde, car il faut savoir se laisser porter par un récit étrange, insaisissable, et parfois incompréhensible. Jusqu’ici, j’avais totalement adhéré au trip proposé par Graham, Roy et leurs multiples acolythes. Ce tome-ci m’a offert quelques très beaux moments encore, mais j’ai aussi décroché à plusieurs reprises. La faute à une écriture un peu trop perchée (pour mon humeur du moment, peut-être), mais aussi à quelques faiblesses côté dessin. L’impression générale reste bonne, mais me voilà pour la peine moins pressé que je ne pensais l’être de lire le cinquième et ultime tome de la série.

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Harrow County vol. 1: Countless Haints

Le pitch : Des difficultés d’être la réincarnation d’une sorcière quand on a 18 ans dans le sud de l’Amérique au début du siècle dernier.

L’avis : Cullen Bunn semble avoir apprécié ses collaborations ponctuelles avec Tyler Crook sur The Sixth Gun puisque les voilà tous les deux en train de nous raconter une histoire de jeune fille qui se découvre brutalement être la réincarnation d’une sorcière brulée dix-huit ans plus tôt. Dans l’ensemble, le récit fonctionne bien. L’ambivalence de l’héroïne, dont l’innocence de la jeunesse est rattrapée par la noirceur de ses origines, est un des moteurs de l’histoire. Les personnages secondaires sont également soignés. L’autre point fort est sans conteste le dessin de Tyler Crook, qui fait la démonstration de ses qualités habituelles de narration et d’expressivité, et qui nous offre en plus un beau travail en aquarelle sur les couleurs. Le seul bémol qui m’empêche d’être totalement enthousiaste est le script de Cullen Bunn que j’ai trouvé par moments un peu lourd, un peu trop explicite. J’ai trouvé aussi les cliffhangers de fin d’épisodes un peu mous du genou. Cela dit, l’impression globale est très bonne et je ne pense pas pouvoir résister à l’appel de cette jeune sorcière lorsque l’heure de commander le tome 2 viendra.

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Jupiter’s Legacy vol. 1

Le pitch : Conflit politico-familial chez les super-héros.

L’avis : Cela faisait une éternité que je n’avais pas lu du Mark Millar, presque 7 ans avec Marvel 1985. Il faut dire que c’est un scénariste qui écrit des scénario d’une profondeur où l’on ne risque pas de se noyer. C’est encore le cas ici. L’histoire ne propose rien de nouveau dans le fond, les aspects qui auraient pu être les plus élaborés sont traités superficiellement et la psychologie des personnages est limitée. Tout ça a fait un début de lecture plutôt laborieux. En revanche, dès que l’action a démarré, c’est tout de suite devenu plus plaisant. Millar est plus à son aise, avec un script efficace et parfois drôle. Et puis, forcément, lorsqu’on est aidé par Frank Quitely, tout passe mieux. Lorsqu’on s’ennuie, on se dit que c’est au moins très joli à regarder, et quand le rythme augmente, ça se met à dépoter sérieusement. C’est tout de même un sacré virtuose du crayon ! C’est bien grâce à lui que ce premier tome de Jupiter’s Legacy m’a été plutôt agréable. Suffisamment pour lire la suite ? Peut-être pas, sauf si j’ai envie de me prendre ma dose de Quitely dans les mirettes. Nous verrons.

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