Asterios Polyp

L’histoire : Asterios Polyp se laisse dépérir dans son appartement new-yorkais jusqu’au jour où la foudre enflamme l’immeuble. Prenant à peine le temps de sauver un briquet, une montre et un couteau suisse, Asterios s’enfuit et décide de prendre le premier bus vers nul part. De là, il réexaminera son passé, ses bonheurs et ses erreurs.

L’avis : Je sens en démarrant cette critique qu’il va être difficile pour moi d’exprimer tout le génie que David Mazzucchelli a déversé dans cette œuvre. Asterios Polyp est avant tout un tour de force narratif. L’inventivité dont fait preuve l’auteur est totalement incroyable. Il passe son temps à sortir des codes établis pour proposer quelque chose de nouveau qui, à chaque fois, est une démonstration de ce qui différencie la bande-dessinée des autres formats d’expression. Plusieurs planches, par exemple, se réduisent à une ou deux phrases qui appellent une idée, un concept, immédiatement développé par quelques dessins qui donnent quasi-instantanément une profondeur à la phrase telle qu’il aurait fallu des pages de prose pour y arriver. D’autres planches, les plus nombreuses, proposent une narration plus séquentielle, donc plus classique, mais, là aussi, Mazzucchelli propose dans un style élégant et épuré des moments tout à fait savoureux. Tel que je viens de présenter la chose, on pourrait penser qu’Asterios Polyp est un pur exercice formel, mais ce serait ne pas reconnaitre toute la palette des émotions que l’histoire véhicule. C’est surtout vrai en ce qui concerne les relations entre Asterios et sa femme, mais chaque personnage apporte beaucoup. L’usage de la couleur pour transmettre les émotions, les personnalités et les ambiances est d’ailleurs totalement exceptionnel. Il y aurait tellement d’autres choses à dire, sur les réflexions de l’auteur sur la mémoire et la perception, par exemple, ou encore sur le dualisme de la pensée d’Asterios, mais je sens que je risque de me perdre dans une critique hermétique. J’arrête donc là et je conclus en disant qu’Asterios Polyp est un petit chef d’oeuvre ambitieux, qui stimule l’intellect tout en restant étonnamment accessible et qui ravira les vrais amoureux de la BD.

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4 réflexions au sujet de « Asterios Polyp »

  1. Rhalala, la VO, il n’y a que ça de vrai…

    David Mazzuchelli est très connu, et pourtant, il n’a pas produit grand chose. Dans les années 80, il faisait du super-héros. En particulier, il a bossé avec Frank Miller sur Daredevil et sur l’excellent Batman: Year One. Par la suite, il a produit au compte-goutte quelques BD moins mainstream, mais je crois que ça faisait 15 ans qu’il n’avait rien publié. Tu parles d’un retour gagnant !

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