Black Kiss

L’histoire : Cass Pollack est poursuivi par des flics corrompus qui se débrouillent pour le faire accuser d’un double meurtre. Très vite, il va tomber sur deux femmes intimement liées, une starlette et une prostituée, qui vont lui proposer leur aide, à condition qu’il récupère un film compromettant pour l’une d’elle.

L’avis : J’ai lu quelques-uns des comics produits par Howard Chaykin depuis le début des années 90, mais pas ce qui a précédé, en particulier American Flagg et Black Kiss, ses deux œuvres les plus emblématiques, voire cultes. Dynamite rééditant le second, je n’ai pas hésité longtemps avant de le commander.

Je m’attendais à lire une espèce de polar érotique et c’est effectivement comme ça que l’affaire démarre, plutôt bien d’ailleurs. L’intrigue se met bien en place dans un Los Angeles digne de Ellroy ou Chandler. Les dialogues sont crus et percutants, les personnages plus immoraux les uns que les autres. Tout ça oscille entre violence, sexe et touches d’humour plutôt réussies. Côté dessin, c’est du Chaykin tout craché, quoique plus brut que ce qu’il propose maintenant et, par moment, lorgnant vers le Frank Miller de la même époque. En tout cas, ça se lit très bien.

Un peu avant la moitié du bouquin, Chaykin passe la vitesse supérieure. On glisse progressivement de l’érotisme vers le porno trash. Toutes les perversions sexuelles possibles y passent : transexualité, nécrophilie, inceste, viol et j’en passe. La violence n’est pas en reste. Très clairement, il ne s’agit pas d’un comics à mettre entre toutes les mains, même majeures. Je comprends pourquoi l’œuvre a autant choqué à l’époque. Personnellement, je pense que j’y aurais trouvé mon compte si le côté débridé de la chose n’avait pas fait dérailler le scénario. L’intrigue devient en effet plutôt confuse et on a du mal à suivre quelles sont les motivations de certains personnages. Tout retombe plus ou moins sur ses pattes à la fin, avec un nouveau rebondissement qui catapulte l’histoire dans le domaine du fantastique. Pour finir, Chaykin propose une conclusion assez peu convaincante.

Au final, je ne regrette pas cette lecture, malgré ses défauts. A mon avis, l’œuvre n’est pas à la hauteur de sa réputation, mais elle percute méchamment et a le mérite de proposer un mélange des genres inédit à l’époque et pas reproduit depuis, à ma connaissance. En tout cas, on ne me fera pas croire qu’Howard Chaykin était clean quand il a écrit ça. A croire que la coke circule bien à L.A.

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