Nexus: Into the Past and Other Stories

Le pitch : Nexus affronte fantômes, insectes et assassin en série.

L’avis : J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Nexus, un des comics que j’ai suivi avec le plus de plaisir dans les années 90. Ce recueil réunit les dernières histoires courtes concoctées par le tandem Baron & Rude. Les deux premières se lisent bien, sans grande surprise mais avec toujours le bonheur de retrouver l’élégance du trait de Steve Rude. La troisième, la plus longue, monte le niveau de folie d’un cran, avec Holmes, Watson et Wells mis dans la boucle d’une course poursuite temporelle entre Nexus et John Clayborn. C’est du grand n’importe quoi, ce qui aurait pu donner du grand Nexus. Malheureusement, la fin est catastrophique. A la lecture, on se demande comment le scénario a pu dérailler de la sorte. L’explication est fournie dans la postface par Steve Rude. En gros, les deux auteurs se sont engueulés, Rude a tout réécrit, franchement mal, et il assume. Dommage de rester sur cette mauvaise impression, d’autant qu’il est fort probable que les deux compères ne collaboreront plus. Dommage de mal finir une si belle oeuvre, messieurs.

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Injection vol. 1

Le pitch : Une bande de génie affrontent leur création techno-mystique.

L’avis : Injection, c’est du Warren Ellis pur jus. On retrouve en particulier quelques éléments centraux de Planetary : une bande de génies spécialisés à gros caractères qui travaillent à la marge entre science et magie. Le récit est cependant parmi les plus exigeants de ce que l’auteur a l’habitude de fournir. La narration est tout sauf linéaire, les éléments de compréhension de la problématiques sont distillés très progressivement et certains dialogues demandent de s’accrocher. Tout ça fait une lecture pas toujours gratifiante, mais qui a le mérite d’introduire solidement les bases de l’histoire. Un tome d’introduction, donc, qui paraît prometteur, mais j’attends le tome 2 avant de me décider de suivre Warren Ellis dans son trip techno-mystique.

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Hellboy and the B.P.R.D. vol. 1: 1952

Le pitch : La première mission de Hellboy au Brésil.

L’avis : Ce 1952 s’inscrit dans la lignée des B.P.R.D.: 1946, 1947 et 1948, sauf que, cette fois, Hellboy a grandit et prend part activement à la mission. Autant le dire tout de suite, la mission et la façon dont elle est racontée n’ont rien d’original. C’est du Hellboy pur jus avec quelques éléments de scénario que j’ai trouvés un peu maladroits. Ca reste agréable à lire, d’autant qu’Alex Maleev fait un boulot très soigné et efficace, mais je classe cette oeuvre parmi les productions pas franchement indispensables du Mignolaverse. D’ailleurs, je n’ai pas commandé le 1953 qui est sorti cet été et je vais m’en tenir à cette décision.

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Russian Olive to Red King

Le pitch : Alors qu’Olive part effectuer une mission scientifique en milieu hostile, Red, son compagnon, écrivain à tendance névrotique, affronte l’angoisse de la séparation.

L’avis : Autant commencer tout de suite par l’essentiel : cette BD mérite d’être achetée ne serait-ce que pour les illustrations. Stuart Immonen est un des meilleurs dessinateurs de son époque. C’est vrai quand il dessine du superhéros et c’est encore plus vrai lorsqu’il met son talent au service d’oeuvres plus sensibles, comme ce Russian Olive to Red King ou, avant ça, Moving Pictures. Certaines planches sont de toute beauté et servent admirablement bien le caractère mélancolique de l’histoire. Côté scénario, justement, mon enthousiasme n’est pas à la même hauteur. Si la partie qui concerne Red parvient bien à son but, montrer l’angoisse de la perte de l’autre qui évolue au fil du temps sur un terrain psychologique déjà fragile, la partie qui concerne Olive est nettement plus fade. Tout cela se lit très vite, jusqu’à ce que, surprise, l’ouvrage se transforme en une prose largement déconnectée de l’histoire qui précède. En termes d’illustrations pour ce texte plutôt indigeste, on a le droit à de petites vignettes représentant des carreaux cassés. Un peu dommage, tout de même, quand on a Stuart Immonen sous la main. Bref, vous l’aurez compris, mon impression est plutôt mitigée. Je ne regrette pas mon achat, car je pense que l’oeuvre vaut le détour, mais je suis quand-même largement resté sur ma faim.

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Usagi Yojimbo vol. 18-20

Le pitch : Usagi reprend la route avec Jotaro, son fils caché.

L’avis : Mes lectures estivales auront été mono-thématiques, puisqu’entre deux tomes de Lone Wolf and Cub, je me suis avalé les trois petits formats de Usagi Yojimbo qu’il me restait à lire depuis un moment. Le parallèle avec Lone Wolf and Cub est d’autant plus évident qu’on retrouve dans Usagi les deux personnages de Lone Wolf sous la forme d’un bouc solitaire qui voyage avec son fils dans une charrette. De plus, dans les tomes 18 et 19, Usagi voyage lui aussi avec son fils, hésitant à lui révéler la vérité sur leur lien de filiation. Même si j’ai apprécié les interactions entre les deux personnages et les aventures qu’ils mènent ensemble, j’ai trouvé que le récit n’avait pas l’impact émotionnel qu’on aurait pu t’attendre. Quant au tome 20, il reprend le schéma classique des aventures d’Usagi en solitaire, faites d’histoires courtes parfois très intéressantes, parfois moins. Dans l’ensemble, tout ça fait une lecture très plaisante, mais Usagi Yojimbo souffre de la comparaison directe avec la série qui l’a inspiré. Ca n’enlève rien au grand plaisir que j’ai eu à suivre Usagi jusqu’ici, mais ça me laisse le sentiment d’une lecture pas forcément indispensable à ce stade. Comme par ailleurs, j’ai déjà le tome 21 en anglais, je vais arrêter là. Coup de chapeau tout de même à Stan Sakai qui lui n’arrêtera probablement jamais de nous proposer les aventures du lapin samouraï, et aux éditions Paquet qui continuent à proposer une traduction française à petit prix.

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The Walking Dead vol. 23: Whispers Into Screams

Le pitch : Premiers affrontements avec les chuchoteurs, conflits internes et pulsions adolescentes au pays des zombies.

L’avis : Dans le tome précédent, Kirkman a rebattu les cartes en introduisant une ellipse de plusieurs années dans le récit. C’était plutôt bien vu. Cette fois, l’impression est moins bonne. Le récit est largement centré sur Carl et, dans une moindre mesure, sur Maggy. Le début du tome traine en longueur. Ensuite, l’intrigue autour de Carl décolle. La relation qu’il développe avec une jeune captive est probablement trop rapide pour être crédible, même pour un ado, mais l’intrigue est accrocheuse tout de même. Du côté de Maggy, c’est plus laborieux. Elle doit gérer des conflits internes avec des personnages malheureusement trop caricaturaux pour être intéressants. Reste qu’on en découvre un peu plus sur les chuchoteurs, ceux qui sont bien partis pour devenir les nouveaux ennemis de nos héros. Leur psychologie semble différer des adversaires précédents, ce qui laisse penser que Kirkman n’a pas encore commencé à tourner en rond. Au bout de 23 tomes, c’est déjà une réussite.

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Fatale vol. 5: Curse the Demon

Le pitch : Josephine entraine Nicolas avec elle sur le chemin qui pourrait la libérer de sa malédiction, quel qu’en soit le prix.

L’avis : Voilà la conclusion de Fatale, une série dont je n’ai dit que du bien jusqu’ici. Malheureusement, ce ne sera pas le cas cette fois. Pourtant, il y a plein de bons points à souligner. Sean Philips fait un travail éblouissant par moment et il y a quelques scènes très bien écrites, notamment celles où Nicolas s’abandonne totalement à sa passion dévorante pour Jo ou encore l’évocation du fils de cette dernière. Ce dernier point aurait d’ailleurs pu  être autrement plus développé dans le cadre de la série. Et puis vient la conclusion que j’ai trouvée confuse, peu gratifiante et, par conséquent, pas du tout à la hauteur de la série. Ca ne cache pas totalement le plaisir éprouvé à la lecture de cette série, mais c’est dommage de terminer sur une mauvaise note quand le concert fut si mélodieux.

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The Superior Foes of Spider-Man vol. 2: The Crime of the Century

Le pitch : Origines et mésaventures d’une bande de loosers aux superpouvoirs.

L’avis : Après un premier tome hilarant, The Superior Foes of Spider-Man marque le pas. Il faut dire que, mis à part le second épisode qui s’avère être le meilleur de tous, aucun n’est entièrement pris en charge par Nick Spencer et Steve Lieber. C’est d’abord Steve Lieber qui, ayant certainement besoin de souffler, partage la responsabilité du dessin avec Rich Ellis. Forcément, le niveau baisse d’un cran. Ensuite, c’est Spencer qui rejoint Lieber en vacances. Il file la main à James Asmus, puis à une collection de scénaristes, qui chacun travaille avec un ou plusieurs dessinateurs. Ajoutez à ça le fait que le dernier épisode ne porte même pas sur les personnages habituels de la série et vous obtenez sans surprise un ensemble assez décousu. Cela dit, ça reste plutôt drôle et agréable. On est quand-même plus dans le domaine du sourire que de l’éclat de rire. Bref, ce tome 2 n’est pas désagréable mais pas franchement indispensable. J’enchaine sur le troisième et dernier volume qui devrait normalement remettre la série sur les rails pour, j’espère, une conclusion à la hauteur du début.

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Trillium

Le pitch : La rencontre amoureuse d’une botaniste du futur qui cherche dans une fleur la solution à l’extinction de l’humanité, et d’un explorateur des années 20 qui se remet du traumatisme de la guerre de tranchées.

L’avis : Après le très réussi Sweet Tooth, je n’ai pas hésité à suivre Jeff Lemire dans ce récit de SF psychédélique. Le début de l’ouvrage m’a fait croire que j’étais parti pour me régaler. En effet, l’entame pose très bien le contexte et les personnages d’un récit prometteur, très classique sous certains aspects mais plutôt mystérieux. Au tiers du récit, Jeff Lemire change de braquet et fait de la narration expérimentale, avec des compositions en miroir. C’est plutôt réussi, intéressant à lire et à relire, mais il faut dire que ça se fait un peu au dépend de l’immersion dans le récit. Le dernier tiers redevient plus linéaire et met l’accent sur la romance entre les personnages jusqu’à une conclusion que j’ai trouvée assez plate. L’impact émotionnel recherché ne m’a pas vraiment atteint, malgré une belle prestation de Lemire au dessin. L’impression finale est donc assez mitigée. Ce n’est pas une mauvaise lecture, loin de là, mais la conclusion déçoit.

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The Unwritten vol. 10: War Stories

Le pitch : Tom Taylor retrouve les siens dans un monde déchiré où fiction et réalité souffrent.

L’avis : Après l’excursion ratée dans le monde de Fables, The Unwritten revient sur le chemin qui le mène vers sa conclusion. Côté dessin, rien à redire, Peter Gross soigne son travail. Côté scénario, c’est plus mitigé. Le monde est plongé dans le chaos, à l’image du Leviathan à l’agonie. Le script reflète ce chaos ce qui, d’une certaine façon, est cohérent. Le problème pour le lecteur, c’est que c’est parfois assez confus et, personnellement, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Reste à savoir maintenant si le dernier tome de la série clôturera de façon satisfaisante cette série jusqu’ici excellente. Je l’espère sincèrement. Verdict très vite.

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