Injection vol. 2

Le pitch : Une enquête de Vivek Headland sur la disparition d’un fantôme sexuel, l’apparition d’un jambon humain et le possible rôle de l’injection dans l’affaire.

L’avis : Le deuxième tome d’Injection a beaucoup en commun avec le premier, tout en s’en distinguant nettement. On retrouve un niveau d’exigence plutôt relevé, de par une narration complexe et une intrigue franchement barrée, avec certaines clés de compréhension qui ne sont tendues que de loin au lecteur. Là où ça diffère, en revanche, c’est que l’essentiel du scénario tourne cette fois autour d’un seul des personnages principaux, le super-détective Vivek Headland. Pour la peine, l’histoire est construite comme une enquête avec, cerise sur le gâteau, une solide dose d’humour. Je me suis franchement marré. Pour la peine, j’ai trouvé la lecture beaucoup plus gratifiante, et ce malgré les doutes que je peux avoir sur la justesse de ma compréhension de ce qu’est vraiment l’injection et comment elle agit. Bref, Warren Ellis joue avec ses lecteurs, plutôt brillamment mais au risque de les perdre. Il est aidé en cela par un Declan Shalvey parfaitement à son aise. L’exercice est suffisamment bien réussi pour que je signe pour la suite de la série, quand elle arrivera, c’est-à-dire pas avant longtemps vu son rythme de parution actuel.

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B.P.R.D. Hell on Earth vol. 11: Flesh and Stone

Le pitch : A proximité d’un village abandonné, une escouade du B.P.R.D. recherche un monstre qui pourrait être à l’origine de nombreuses disparitions.

L’avis : Je dois bien dire que je ne sais plus bien où on en est avec B.P.R.D. Ca fait un moment que la série n’a plus de direction bien définie. C’est l’enfer sur terre et le B.P.R.D., main dans la main avec l’armée, s’évertue à tuer quelques monstres parmi la multitude qui pullulent sur la planète. C’est un peu comme d’assister au spectacle du gars qui écope sans fin avec son seau dans un bateau qui coule. En plus, les personnages habituels sont mis au second plan. Tout ça pourrait nourrir pas mal de déception, mais, en fait, non. On a tout de même Howard dont on découvre progressivement la vie antérieure. On a Iosif et Varvara qui continuent d’entretenir une drôle de relation. Tout ça est fort bien dialogué, comme d’habitude avec Arcudi. Et puis, on a toujours une bonne dose d’action. Et c’est là qu’entre en jeu James Harren, avec son style énergique et énergisant. Plus ça va, plus j’apprécie son travail et plus je trouve qu’il a toute sa place dans cette mouture apocalyptique de B.P.R.D. Bref, j’ai encore bien apprécié ce nouvel opus. J’enchaine d’ailleurs directement avec le suivant.

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Empty Zone Vol. 1: Conversations With The Dead

Le pitch : Une mercenaire cyborg maniaco-dépressive est rattrapée par le lourd passé qu’elle traine depuis l’époque où elle faisait parti d’une troupe de soldats d’élite.

L’avis : Jason Shawn Alexander est un surdoué du dessin. Ca, on le savait déjà. Avec Empty Zone, j’étais curieux de voir ce qu’il allait donner au scénario et, ma foi, il s’en tire plutôt bien. Empty Zone, c’est du cyberpunk noir de chez glauque. Alexander soigne son monde post-apocalyptique et on se laisse facilement happer par l’ambiance. L’intrigue n’est pas mal non plus dans le sens où l’auteur avance habilement ses pièces pour dévoiler progressivement les dessous du mystère. Au-delà, ce n’est pas non plus d’une très grande originalité. L’héroïne torturée et sexy qui botte le cul de tout le monde, on a déjà vu ça ailleurs. Et puis Alexander le scénariste a quand-même un peu tendance à écrire pour faire plaisir à Alexander le dessinateur et ça se fait parfois un peu au détriment de l’histoire. Le bon côté dans tout ça, c’est que c’est assez délicieux à regarder. Certaines planches sont sublimes. Au final, j’ai beaucoup apprécié ce tome d’introduction. Reste à savoir si ça va tenir sur la longueur.

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Southern Bastards vol. 2: Gridiron

Le pitch : L’adolescence de celui qui deviendra le redoutable Coach Boss.

L’avis : Plutôt que de continuer dans la lancée du premier tome, Jason Aaron nous propose de revenir sur le passé du salaud de l’histoire. Sans surprise, c’est un passé fait de violence et de vexation qui explique, sans véritablement l’excuser, le tempérament de fer et le goût du sang d’Euless Boss. Sans surprise non plus, le récit est d’une grande intensité, comme sait si bien le faire le scénariste. Le style rugueux et torturé de Jason Latour est également parfait pour cet exercice. Reste, comme pour le premier tome, un ou deux bémols à mon enthousiasme, notamment le caractère quasi-mystique du vieux black qui prend Euless sous son aile et son rôle à la fin de l’histoire. Mais bon, ça sent bon le sud pourri, alors on en redemande.

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Descender vol 1: Tin Stars

Le pitch : Tim 21, robot companion pour enfant, se réveille après dix ans de sommeil dans un monde où les robots sont jugés responsables d’une catastrophe planétaire.

L’avis : Descender plaira sans aucun doute à ceux qui, comme moi, sont friands de récits futuristes nous renvoyant à la place de la robotique dans notre société. Ce n’est pas tant que le récit de Lemire explore explicitement ces question, mais en mettant au centre de l’intrigue un robot emphatique, la réflexion s’impose assez naturellement. Pour le reste, c’est un récit de SF de facture assez classique, avec une galeries de personnages, humains ou robots, déjà bien développée. J’ai eu un petit peu de mal avec le robot mineur et sa psychologie agressive à deux neurones, mais le reste m’a convaincu. Comme, par ailleurs, la série bénéficie d’une joli travail de Dustin Nguyen, très élégant au maniement du crayon mais aussi à la mise en couleur en aquarelle, ce premier tome en appelle un second. Ca tombe bien, il vient de sortir.

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Harrow County vol. 1: Countless Haints

Le pitch : Des difficultés d’être la réincarnation d’une sorcière quand on a 18 ans dans le sud de l’Amérique au début du siècle dernier.

L’avis : Cullen Bunn semble avoir apprécié ses collaborations ponctuelles avec Tyler Crook sur The Sixth Gun puisque les voilà tous les deux en train de nous raconter une histoire de jeune fille qui se découvre brutalement être la réincarnation d’une sorcière brulée dix-huit ans plus tôt. Dans l’ensemble, le récit fonctionne bien. L’ambivalence de l’héroïne, dont l’innocence de la jeunesse est rattrapée par la noirceur de ses origines, est un des moteurs de l’histoire. Les personnages secondaires sont également soignés. L’autre point fort est sans conteste le dessin de Tyler Crook, qui fait la démonstration de ses qualités habituelles de narration et d’expressivité, et qui nous offre en plus un beau travail en aquarelle sur les couleurs. Le seul bémol qui m’empêche d’être totalement enthousiaste est le script de Cullen Bunn que j’ai trouvé par moments un peu lourd, un peu trop explicite. J’ai trouvé aussi les cliffhangers de fin d’épisodes un peu mous du genou. Cela dit, l’impression globale est très bonne et je ne pense pas pouvoir résister à l’appel de cette jeune sorcière lorsque l’heure de commander le tome 2 viendra.

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Deadly Class vol. 2: Kids of the Black Hole

Le pitch : Romance et violence chez des ados assassins.

L’avis : Le premier tome de Deadly Class fut l’une des belles surprises de 2015. Ce deuxième tome poursuit sur la lancée de fort belle manière. Remender développe ses personnages, en particulier avec deux épisodes qui reviennent sur le passé de deux des personnages principaux. Le triangle amoureux esquissé dans le tome précédent monte en régime. Rien de particulièrement original sur ce point, mais ça fonctionne correctement. Un peu de comédie tendance scatologique qui m’a bien fait rire, et puis on termine avec une scène d’action menée tambour battant. C’est d’ailleurs une des caractéristiques du récit en général. Tout est mené à un rythme endiablé, à la limite du déraillement parfois, mais Remender s’en sort bien. Il faut dire qu’il peut compter sur l’énergie du trait de Wes Craig. Son style est vraiment très dynamique, même si je l’ai trouvé moins précis que dans le premier tome. Ca reste tout de même un travail remarquable. Tout ça termine sur un gros cliffhanger. Heureusement, j’ai le tome 3 déjà sous la main.

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Saga vol. 5

Le pitch : Pendant que certaines cherchent le remède qui sauvera la peau de The Will, d’autres se font prendre en otage ou cherchent à rejoindre leur famille.

L’avis : C’est confirmé : après un tome 4 un cran en dessous des précédents, il semble bien que Saga a un peu perdu de sa superbe. Pourtant, la série conserve de nombreuses qualités : un univers de SF original et déjanté, une galerie de personnages riche et intéressante, quelques chouettes moments bien racontés et les dessins toujours agréables de Fiona Staples. Cependant, je trouve que l’écriture a perdu de sa précision et de sa brillance. La narration va un peu dans tous les sens par moment et certains évènements importants (des morts, notamment) n’ont pas l’impact attendu. L’humour se fait également moins fin. Là où j’éclatais de rire à coup de répliques bien senties, j’ai souri tout au plus cette fois à un humour qui se fait plus burlesque et plus gras aussi. Certains diront que je fais la fine bouffe et ils auront peut-être un peu raison, car la série reste de très bonne tenue, mais par rapport aux sommets de ses débuts, je trouve qu’il y a quand-même de quoi être un peu déçu. Ca ne m’empêchera pas de lire la suite, cela dit.

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Saga vol. 4

Le pitch : Marko, Alana et Hazel vivent cachés et des tensions apparaissent. Pendant ce temps, les autres protagonistes convergent vers eux, chacun avec ses motivations.

L’avis : Je regrettais dans mon Best of Comics from Mars 2015 de ne pas avoir lu ce tome de Saga, pressentant qu’il aurait pu y occuper une bonne place. Et bien non. Il aurait pris la dixième place au lieu de Hawkeye, mais pas mieux. C’est déjà pas mal, me direz-vous, et, de fait, Saga reste une lecture très recommandable. On y retrouve de très belles répliques, une narration sans faille et les dessins de Fiona Staples toujours aussi agréables. Tout ce qui met en scène Prince Robot IV et ses proches est même particulièrement réussi. Cela dit, j’ai trouvé que la série marquait le pas en ce qui concerne Marko et Alana. L’intrigue les concernant avance peu, si ce n’est au travers de problèmes presque ordinaires qui ne les rendent pas très sympathiques. Dans la mesure où leur union représente quelque chose de très fort dans la série, j’ai trouvé ça assez décevant. Tout ça prépare peut-être le terrain pour des rebondissements dont BKV a le secret. C’est ce qu’on verra dans le tome 5, que j’entame maintenant avec grand plaisir.

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Mouse Guard: Baldwin the Brave and Other Tales

Le pitch : Quelques histoires racontées à de jeunes souris qui deviendront des héros de leur peuple.

L’avis : Ce nouveau recueil de Mouse Guard ne fait qu’une petite centaine de pages. Il regroupe des histoires courtes réalisées pour les Free Comic Books Days par David Petersen, agrémentées de deux inédites. Toutes ont en commun de mettre en scène les protagonistes de la série lorsqu’ils étaient enfants (ou presque, le dernier récit dérogeant légèrement à la règle), l’histoire qui leur est raconté étant fondatrice de leurs personnalités. En cela, David Petersen réussit parfaitement son objectif qui était de produire des histoires accessibles aux nouveaux lecteurs tout en satisfaisant les anciens. Autre satisfaction attendue : le dessin est somptueux et porte habilement le récit. Les histoires sont en soi un peu trop courtes pour être à la hauteur des précédentes, en particulier la dernière, conte chanté qui s’avale en une bouchée. Clairement, j’aurais préféré lire le quatrième tome de la série plutôt que ces fines tranches de Mouse Guard, mais je ne boude pas mon plaisir.

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