The Sixth Gun vol. 8: Hell and High Water

Le pitch : Bataille épique en prélude à l’apocalypse.

L’avis : Alors que The Sixth Gun brillait jusqu’ici par sa régularité, ce huitième et avant-dernier tome ressemble fort à un trou d’air. La faute n’est surement pas du côté du dessin, car Brian Hurtt ne faiblit pas d’un iota. En revanche, j’ai trouvé le récit fort ennuyeux. Les premiers épisodes passent encore, avec notamment l’introduction de celui qui dirigent les Chevaliers de Salomon, même si on se demande bien quel est son rôle si près de la fin de la série. C’est surtout la longue, très longue, bataille entre Drake et sa bande, d’un  côté, et les sbires de Griselda, de l’autre, qui m’a posé problème. C’est franchement loin d’être passionnant, d’autant que Cullen Bunn use et abuse d’une voix off qui alourdit la narration et devient vite répétitive. Reste maintenant la conclusion tant attendue que, bien sûr, je vais lire, au regard de la qualité d’ensemble de la série. J’espère juste qu’elle conclura l’affaire sur une meilleure note que l’avant-dernière.

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Ballistic

Le pitch : Un réparateur de climatisation qui voudrait devenir un grand criminel compte pour cela sur son flingue aussi bavard que dévastateur.

L’avis : Difficile de ne pas comparer d’entrée de jeu Ballistic et Transmetropolitan pour leurs univers futuristes déjantés mis en scène par Darrick Robertson. C’est d’ailleurs le point fort de l’ouvrage. A ça, il faut ajouter quelques bons passages, plutôt drôles ou au moins plutôt bien pensés. Pour le reste, c’est un peu écrit comme du Grant Morrison en petite forme. C’est franchement confus par moment et ça n’a pas toujours l’impact voulu. Au final, ça se lit sans déplaisir, mais ça n’a rien d’indispensable.

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Fables vol. 20: Camelot

Le pitch : Rose Red se donne une mission : réinstaurer Camelot et ses chevaliers de la table ronde. Ce faisant, elle se met à dos sa soeur, Blanche-Neige.

L’avis : Aïe, aïe, aïe ! Après ce que j’ai appelé un faux pas, Fables déçoit à nouveau. Ce tome n’est pas sans mérite, puisqu’il met en place des éléments d’intrigues qu’on devine déterminant pour la conclusion de la série, et il y a quelques bons moments. Cependant, j’ai trouvé que l’ensemble n’était guère passionnant, la faute à un récit un peu flottant, sans accroche véritablement forte. Côté dessin, ce n’est pas vraiment mieux. Ca commence par un épisode pris en main pour le très classique Barry Kitson. Ensuite, Mark Buckingham reprend la main, mais pas totalement. Il se fait assister, puis remplacer par Russ Braun, dont j’apprécie le dessin mais qui joue ici les bouche-trous. Quant aux deux derniers épisodes, que j’ai trouvé plutôt ennuyeux, c’est Steve Leialoha qui assure les illustrations, et autant dire qu’il est bien meilleur encreur que dessinateur. Bref, tout ça n’est pas à la hauteur de ce que la série a été. J’espère juste qu’il s’agit seulement d’une mise en place un peu laborieuse avant un bouquet final réussi. Réponse très bientôt.

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Fables vol. 19: Snow White

Le pitch : La fin des aventures de Bufkin au pays d’Oz et le retour d’un mari oublié qui vient menacer Snow White.

L’avis : Bill Willingham a annoncé il y a peu la fin prochaine de Fables. Ce 19ème tome me fait me demander si cette annonce n’arrive pas un peu tard. De fait, cette série a toujours été relativement constante et il n’y a guère que ses spinoffs qui ont pu décevoir par moment. Cette fois, malheureusement, le faux pas est bien réel. Plusieurs raisons à ça. Tout d’abord, le tome commence par les aventures de Bufkin, initialement parues en backup des épisodes du tome précédent. Mis bout à bout, ces mini-chapitres se révèlent vite ennuyeux. Heureusement, le dernier épisode, clôt la vie de Bufkin de façon satisfaisante. Le soulagement n’est que de courte durée, car le retour à l’intrigue principale n’est pas folichon. Un nouvel adversaire sort d’on ne sait quel chapeau. Il est tellement détestable qu’il en devient désagréable. Snow White se retrouve dans le rôle de la victime pendant que Bigby effectue une quête qui ne mène nul part. En parallèle, la Bête gère une histoire de mariage bidon qui n’est guère intéressante à suivre. Enfin, on a le droit à un combat final dans lequel un personnage majeur meurt sans aucune espèce d’impact émotionnel. Malgré la qualité des dessins de MacManus (quoique gâché par une colorisation fatigante) et surtout Buckingham, qui sauve la baraque, tout ça donne le plus mauvais chapitre de l’histoire de Fables. J’espère sincèrement que ça n’est pas de mauvais augure pour les derniers tomes qui restent avant le point final.

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Animal Man vol. 3: Rotworld: The Red Kingdom

Le pitch : Animal Man et Swamp Thing s’allient pour aller affronter Anton Arcane sur son terrain.

L’avis : Voici donc le premier volume du crossover Rotworld entre Animal Man et Swamp Thing. Comme je le disais précédemment, je redoutais un peu ce que ça allait donner. J’ai bien cru que j’allais être agréablement surpris, car l’entame du recueil n’est pas si mauvaise que ça. J’ai suivi avec intérêt les récits parallèles concernant, d’une part, la descente d’Animal Man et Swamp Thing dans le monde du Rot et, d’autre part, Maxine, sa famille et leurs adversaire. Dans les deux cas, la dimension horrifique du récit est toujours aussi réussie, notamment sur les parties prise en charge par Steve Pugh. J’ai aussi bien aimé d’une certaine façon le monde apocalyptique dans lequel se retrouve Animal Man et la relecture des différents héros DC ayant survécu. Malheureusement, tout ça évolue comme on pouvait s’y attendre vers une grosse baston généralisée sans grand intérêt, d’autant que la confrontation finale est illustrée par un Andy Belanger, loin d’être convaincant. Pire, cet épisode réintroduit Swamp Thing qui a visiblement œuvré de son côté (sans qu’on sache quoi exactement) et qui arrive avec une solution toute faite pour changer le cours de l’affrontement. Pour le lecteur, c’est tout bonnement insupportable. C’est l’exemple type du crossover qui perd tout intérêt lorsqu’il est mal compilé en TPB. Heureusement, l’épilogue atténue un peu le désastre. Le récit se recentre sur Animal Man, un des personnages meurt (avec un impact émotionnel immédiat moins fort que ce qu’il aurait pu être), les funérailles sont touchantes et bouleversent le status quo.

Au final, ce qui est sûr, c’est que ce crossover va faire au moins une victime, Swamp Thing. Hors de question que j’achète le TPB correspondant en sachant déjà le fin mot de l’histoire, uniquement pour boucher les trous. Si on regarde les textes de sollicitation, il semblerait même que des épisodes soient reproduits dans les deux TPB, ce qui serait le pompon. Je ne vais même pas chercher à vérifier, j’arrête la série, point barre. Quant à Animal Man, je ne sais pas encore. Les deux derniers épisodes me laisse l’espoir de quelques bonnes histoires encore. On verra.

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Saga of the Swamp Thing Book 2

Le pitch : Swamp Thing va chercher Abby en enfer et lui fait l’amour à sa manière. Entre deux, il fait la connaissance de petits extraterrestres à la recherche d’une planète accueillante.

L’avis : Si vous êtes un habitué des lieux, vous vous êtes peut-être demandé pourquoi je mettais autant de temps à pondre une nouvelle chronique. Et bien, cela tient en partie au fait que j’ai eu peu de temps pour lire ces dernières semaines, mais aussi au fait que je me suis attaqué à une lecture qui s’est avéré laborieuse, celle du deuxième tome de Saga of the Swamp Thing. J’avais pourtant apprécié le premier volume, mais là, j’ai eu le plus grand mal à entrer dedans et je me suis surpris à très souvent reposer le bouquin après la lecture d’un épisode seulement.

L’ouvrage commence par Swamp Thing qui enterre les restes de son propre corps (enfin, celui d’Alec Holland) pour faire la paix avec sa nature d’homme-plante. Intéressant, mais pas passionnant et en tout cas pas aussi touchant qu’escompté. Vient ensuite le plus gros morceau, trois épisodes de la série régulière plus un annuel, qui fait basculer l’histoire dans l’horreur à grand renfort d’insectes grouillants, de corps torturés et de damnés en souffrance. Au passage, tous les personnages de la partie occulte de l’univers DC jouent les guest stars. Certains passages ont beaucoup d’intensité et ont généré un véritable malaise chez moi, mais c’est quand-même globalement très bavard. L’épisode suivant, intitulé Pog, est probablement le plus réussi. Les extraterrestres ont des têtes de mignons jouets, mais leur histoire est plus touchante et tragique que drôle. Vient ensuite un épisode constitué en partie par une réédition d’un classique de Len Wein et Berni Wrigthson dans lequel on apprend qu’il y a eu d’autres Swamp Thing avant Alec Holland. Enfin, le bouquin se conclue par Abby qui déclare maladroitement sa flamme à Swamp Thing avant de s’embarquer avec lui dans un trip sexuel psychédélique. L’idée de mettre en scène la relation intime entre une femme de chair et un homme-plante est excellente, le dessin de Bissette et Totleben est particulièrement réussi, mais l’écriture, aussi virtuose soit-elle, m’a laissé complètement froid. En d’autres mots, j’ai eu le sentiment d’assister à une scène de sexe hyper-intellectualisée, tout dans la sensation, mais sans chaleur et sans impact émotionnel.

Au final, je suis plutôt déçu par ce second tome et je ne lirai pas la suite. C’est très bien écrit, mais souvent au dépend de l’émotion. C’est globalement très bien illustré, mais aussi assez daté. Et puis, on sent bien que ça a été extrêmement novateur à l’époque, mais Vertigo, que Swamp Thing a largement contribué à faire naître, est passé par là depuis et l’impact n’est pas ce qu’il aurait été si je l’avais lu à l’époque. D’ailleurs, je viens d’entamer le Swamp Thing actuel de Snyder et Paquette. On verra ce que ce vent de modernité ajoute ou retire au personnage.

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Mouse Guard: Legends of the Guard vol. 1

L’histoire : June Alley organise un concours parmi les clients de sa taverne. Celui qui racontera la meilleure histoire, ni totalement vraie, ni totalement imaginaire, verra son ardoise effacée.

L’avis : Les habitués de la maison auront peut-être retenu mon enthousiasme débordant pour Mouse Guard, en particulier le second tome. Alors, lorsque David Petersen a décidé d’ouvrir les portes de son œuvre à d’autres auteurs et artistes, je me suis dis pourquoi pas, et lorsque j’ai vu la liste des contributeurs, j’ai senti mes babines sur le point de déborder. Il faut dire qu’il y a du très beau monde : Gene Ha, Jason Shaw Alexander, Guy Davis, Terry Moore, Ted Naifeh, Karl Kerschl et j’en passe. De fait, sur le plan graphique, on s’en prend plein les yeux. A une exception près (que vient donc faire Katie Cook dans cette histoire ?), on oscille entre le très bon et le splendide. En revanche, côté scénario, passez votre chemin, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. La plupart des mini-récits reposent sur des scénarios qu’on peut résumer en 2 lignes, et c’est souvent assez creux, voire franchement ennuyeux. En d’autres termes, il s’agit plutôt d’excuses pour donner l’occasion aux artistes de s’exprimer, plutôt que de véritables histoires. Dans cette affaire, ce sont les transitions entre récits, que David Petersen prend en charge et qui forment le fil conducteur de l’ouvrage, qui sont les plus intéressantes. Tout ça est fort dommage et je ne recommanderais donc Legends of the Guard qu’aux amateurs de belles planches. Si vous ne connaissez pas Mouse Guard, jetez vous sur Fall 1152 et Winter 1152. Là, vous allez vous régaler.

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Cinderella: From Fabletown with Love

L’histoire : Suite à la chute de l’empire, les autorités de Fabletown découvrent que de nombreux objets magiques sont importés illégalement dans notre monde. Pour découvrir la source du marché noir, la Bête missionne Cendrillon, son meilleure agent secret.

L’avis : Ayant beaucoup apprécié les apparitions de Cendrillon dans Fables, j’ai abordé cette mini-série avec beaucoup d’espoir, mais j’ai été déçu. Chris Robertson nous offre une aventure à la James Bond, au travers du filtre des fables classiques comme attendu, avec son lot d’action et de mystère à découvrir, le tout enrobée d’une couche de comédie romantique. L’ensemble est tout juste divertissant, sans réelle surprise, avec quelques aspects assez irritants. Les interactions entre Cendrillon et Aladin, en particulier, m’ont vite fatigué. Le scénario inclut également une histoire secondaire qui porte sur le magasin que tient l’assistant de Cendrillon à Fabletown. Outre le fait d’être totalement déconnectée de l’intrigue principale, elle met en scène un personnage que j’ai trouvé exaspérant.

Côté dessin, j’ai eu le sentiment d’une douche écossaise. Certaines planches sont très réussies, en particulier celles peu découpées, et McManus exploite bien le caractère sexy et dangereuse de Cendrillon. D’autres planches sont médiocres. Certaines pêchent au niveau de l’expressivité des personnages, d’autres au niveau des scènes de combat, assez répétitives. J’ai arrêté de compter le nombre de coups de pied tendus de Cendrillon.

Il s’agit pour moi de la première réelle déception en ce qui concerne Fables et ses spinoffs. Dans l’absolu, pour un lecteur abordant l’univers pour la première fois, j’imagine que la lecture sera divertissante, mais pour qui en a une expérience prolongée, il n’y a pas grande valeur ajoutée.

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The Dark Tower: The Gunslinger Born

L’histoire : Les origines de Roland de Gilead, celui qui deviendra la mythique Gunslinger à la recherche de la Tour Sombre.

L’avis : Avant de commencer, il me semble important de préciser que je n’ai lu aucun des livres composant la saga de La Tour Sombre. Je ne jugerai donc pas l’ouvrage en tant qu’adaptation, mais pour sa valeur propre en tant que BD. Cela dit, j’ai lu mon lot de Stephen King à une certaine époque et j’ai souvent apprécié ses univers fantastiques, ce qui n’est pas étranger à l’attrait que j’ai pu avoir pour cette série. Si on ajoute à ça les participations de Peter David, scénariste souvent brillant, et de Jae Lee au dessin, difficile de résister à l’appel de Gunslinger Born.

L’impression initiale ne fut pas décevante. L’univers de western fantastique qui sert de cadre à l’histoire est plutôt réussi. Quant au dessins de Jae Lee, ils sont d’une rare élégance et techniquement assez splendides. Richard Isanove, qui officie à la fois à l’encrage et à la mise en couleur, nous en met également plein les mirettes. Dès le début tout de même, j’ai trouvé la voie off assez pesante et les dialogues très moyens. L’impression n’a fait que grandir au fil de ma lecture. Clairement, Peter David, cantonné au rôle de script, ne semble pas donner le meilleur de lui-même. Il faut dire que la mise en scène de Robin Furth manque cruellement de relief. Ce problème narratif se retrouve au niveau du dessin, certes fort joli à regarder, mais qui m’a souvent donné l’impression de suivre une succession de belles vignettes plutôt qu’autre chose. De plus, les effets de colorisation d’Isanove viennent combler un manque chronique d’arrière-plans qui finit par lasser.

Au final, tout ça donne une succession de pages fort agréables à regarder, mais au service d’une histoire un peu ennuyeuse, à la narration pataude, avec en son centre une histoire d’amour franchement cul-cul la praline. Ce sera sans moi pour la suite.

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Gigantic

L’histoire : La Terre n’est en réalité qu’un monde artificiel créé de toutes pièces par des producteurs extraterrestres de télé-réalité. Ses habitants ne soupçonnent rien, jusqu’au jour où un robot géant apparaît en plein San Francisco, provoquant de lourds dégâts.

L’avis : Quelle belle idée de départ : mixer Goldorak et The Truman Show dans un déluge de feu. Le script du premier épisode exploite d’ailleurs superbement bien le potentiel du concept de départ et le souffle des dessins d’Eric Nguyen promettent un spectacle plus grand que nature. J’ai bien cru à ce stade que j’allais me régaler à lire une espèce de blockbuster intelligent. Malheureusement, mon enthousiasme est retombé assez vite. Deux choses en particulier m’ont gêné. Primo, je n’ai pas aimé la place que prend le frère de Gigantic dans l’histoire. Dès qu’il intervient, le récit perd en vraisemblance. Secundo, il y a quand-même beaucoup de scènes d’action et l’énergie qu’y développe Nguyen, combinée à une mise en couleur très flashy de Matthew Wilson, a fini par me donner le tournis. Pour finir, la conclusion, assez peu convaincante, est clairement orientée vers une suite qui, a priori, ne verra jamais le jour. Au final, je ne me suis pas ennuyé pendant ma lecture, loin de là, et je continue de penser que l’idée était excellente. C’est juste dommage que l’exécution n’ait pas totalement suivi.

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