The Walking Dead vol. 17: Something to Fear

Le pitch : Rick décide d’affronter les Saviors, un groupe faisant régner la terreur parmi les communautés alentours, mais il va le payer au prix fort.

L’avis : Ça faisait deux tomes que Kirkman faisait souffler un vent d’optimisme sur The Walking Dead. Bien entendu, personne n’était dupe et on se doutait bien que c’était pour mieux se prendre une grosse claque dans la foulée. Et bien, vous en aurez deux pour le prix d’une, puisque pas moins de deux des protagonistes principaux passent de vie à trépas. La première mort est aussi subite qu’inattendue. A ce titre, ma première impression a été celle d’un gâchis. Pourquoi donc éliminer avec autant de nonchalance un personnage aussi intéressant ? Mais je me suis rapidement rappelé que c’est justement ce qui fait l’intérêt de cette série : tout peut arriver à n’importe quel moment et personne n’est à l’abri. La deuxième mort est beaucoup plus mise en scène et son impact est plus fort, déjà parce qu’il s’agit d’un personnage présent depuis les débuts de la série, et puis aussi par la violence, graphique autant que psychologique, des circonstances de sa mort. Au passage, on découvre Negan, le chef des Saviors. Avec lui, on est pas dans la nuance de gris. C’est un salop de la pire espèce, cruel, froid et calculateur. Bref, vous l’aurez compris, Kirkman fait ce qu’il sait faire de mieux : du scénar choc, asséné à coup de batte de baseball (en l’occurrence, celle de Negan est garnie de fil barbelé, parce que sinon, ça serait trop doux). A côté de ça, il y a relativement peu de matière à réflexion. Kirkman prend tout le même le temps de développer certains de ses personnages, notamment la relation entre Rick et Andrea, Sur le plan technique, comme d’habitude, la narration de Kirkman n’est pas toujours très fluide et les dessins d’Adlard sont toujours aussi solides. Tout ça fait un récit vraiment pas fin, mais qu’on avale en deux coups de cuillère à pot. Simple, brutal, mais efficace, en somme. Allez, la suite, svp !

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

American Vampire vol. 3

Le pitch : Deux aventures en pleines seconde guerre mondiale. Dans la première, Pearl et Henry s’envolent pour une île du pacifique où se développe une nouvelle race de vampires. Dans la seconde, Felicia et Cash partent à la recherche d’un remède au vampirisme dans un château infesté de monstres nazis.

L’avis : Ce troisième opus d’American Vampire s’inscrit dans la lignes droite des deux tomes précédents. On change à nouveau de décennie pour mettre les protagonistes en face des méchants de l’époque, soit les japonais et les allemands, qui chacun dans leur style se sont accoquiné avec les vampires. Dans l’ensemble, la lecture est plaisante. C’est bien écrit, bourré d’action et Snyder décline la mythologie des vampires de façon fort intéressante. On découvre de nouvelles races de vampires, nouvelles ou archaïques, et les relations qu’elles entretiennent. En revanche, mon enthousiasme bute toujours sur les deux mêmes éléments qui sont autant de défauts pour moi. D’une, l’espèce de romantisme à l’eau de rose qui lie les personnages me laisse totalement froid. De deux, nombres de scènes d’action ne sont pas crédibles pour un sou, ce qui fait des rebondissement qui tombent à plat. Tout ça est quand même un peu gênant.

Côté dessin, on a le droit à un hors-d’œuvre offert par Danijel Zezelj, ce qui est toujours un plaisir. Ensuite, on retrouve Rafael Albuquerque qui n’est pas mon dessinateur préféré, loin s’en faut, mais qui délivre dans l’ensemble une belle prestation, avec juste quelques planches moins réussies que d’autres. Enfin, on a le droit à un feu d’artifice tiré par Sean Murphy. C’est en grande partie grâce à lui que le dernier volet de l’ouvrage est le plus réussi. Vraiment du très joli travail !

Au final, je ne sais pas trop sur quel pied danser avec cette série. D’un côté, j’ai des réticences sur des éléments qui sont au cœur de la série : les personnages de Pearl et Henry, leur relation amoureuse tartignole et les dessins d’Albuquerque qui ont du mal à m’emballer. Si on ajoute à ça quelques roulements d’yeux dans les scènes d’action, il y a largement de quoi ne pas chercher à aller plus loin. Cela dit, je suis quand-même très tenté de continuer à lire cette série pour voir où elle mène. Nous verrons lorsque sortira le vol. 4 si l’envie est toujours là.

Pour voir : le travail de Zezelj, Albuquerque et Murphy
Pour acheter : en VO ou en VF

Nexus Omnibus vol. 1

Le pitch : Doté de pouvoirs cosmique qui le rendent tout puissant, Nexus souffre de cauchemars incapacitants à propos de meurtriers de masse. La seule façon de soulager ses souffrances est d’en éliminer la cause, ce qui fait de lui un intouchable bourreau.

L’avis : Il y a quelques mois, je vous ai chroniqué le dernier opus en date de la saga Nexus. Cette fois, il s’agit de la réédition des tout premiers épisodes, publiés au début des années 80. N’ayant jamais eu l’occasion de les lire, j’étais à la fois impatient et anxieux de combler cette lacune. L’appréhension venait du fait que, possiblement, les débuts de cette série mythique n’était peut-être pas à la hauteur de mes souvenirs.

De fait, j’ai bien cru au début de ma lecture que l’intérêt était limité. Tout d’abord, côté scénario, j’ai été surpris de constater que la plupart des personnages et de l’environnement que j’ai connus sont introduits dès les premiers épisodes. Je m’attendais plutôt à voir les choses se construire peu à peu. Or, si tout est déjà là dès le début (à l’exception notable de celui à qui Nexus doit ses pouvoirs, ce qui reste pour l’instant un mystère), quelles surprises pouvait-on attendre ? Côté dessin, Steve Rude montre de grandes qualités dès le premier épisode, mais il présente encore quelques faiblesses de jeunesse. Comme le rythme de la narration n’est pas non plus sans défaut, je commençais à me dire que cette lecture, sans être déplaisante, n’était peut-être pas indispensable.

Au fil des épisodes, l’enthousiasme est monté. Le scénario introduit de nombreux personnages que je ne connaissais pas dans des histoires ayant à la fois le souffle qu’on attend d’une saga cosmique et les bizarreries burlesques qui font la marque de fabrique de Nexus. Certains moments sont vraiment savoureux. Et puis, surtout, Steve Rude ne tarde pas à atteindre son rythme de croisière et c’est aussi beau, élégant et riche de détails qu’on pouvait l’espérer. Au bout d’un moment, il cède la main pour l’encrage à Eric Shanower et le trait gagne encore en précision. On a aussi le droit à quelques mini-chapitres pris en charge par des dessinateur invités (Bill Willingham, par exemple), qui n’ont pas le niveau de Rude, mais qui ne démérite pas. L’impression mitigée du début a donc rapidement fait place à beaucoup de plaisir et c’est sans hésitation que je vais enchainer sur le second omnibus, qui sort incessamment sous peu.

Pour voir : les premières pages de l’ouvrage, mais allez voir aussi un aperçu du vol. 2, plus représentatif de la qualité du dessin
Pour acheter : click

Rasl vol. 4: The Lost Journals of Nikola Tesla

Avis express : Une petite chronique rapide pour bien finir l’année 2012. Elle porte sur le dernier tome de Rasl qui, sans franchement décevoir, n’est pas  enthousiasmant qu’espéré. Du côté du positif, une narration toujours aussi solide, la qualité du coup de crayon de Jeff Smith et le concept des mondes parallèles comme une extension des théories de Nikola Tesla qui est bien mené à son terme. Ce que j’ai trouvé moins réussi, c’est un coup de théâtre final très prévisible et l’absence d’explication sur les origines et les motivations de Sal. Petite frustration finale donc, mais, dans l’ensemble, Rasl vaut largement de le détour.

Pour voir : quelques pages du tome précédent
Pour acheter : click

Casanova vol. 3: Avaritia

Le pitch : Sous l’égide de son père, Casanova navigue dans le continuum spatiotemporel pour détruire dimension après dimension. A l’occasion d’une de ses missions, il découvre la véritable identité de Xéno et change alors de stratégie pour sauver le monde.

L’avis : Le pitch, je vous l’ai fait simple et bien plus rationnel (si on veut) que le bouquin lui-même. Les deux premiers tomes de Casanova sont deux petits bijoux délirants qui vous entrainent dans une sorte de montagne russe cérébrale, parfois déroutante mais toujours jubilatoire. Avec ce troisième épisode, Fraction et Bá passent la vitesse supérieure au risque de faire dérailler le manège. Au début, ça va encore. Le rythme est frénétique au fil des changements de dimensions et on ne sait pas bien où l’histoire nous mène, mais soit, on se laisse entrainer. Le script est quelque part assez répétitif, mais il donne l’occasion à Gabriel Bá de livrer quelques pages énergiques et somptueuses. Dans le dernier tiers, j’avoue ne plus avoir compris grand chose. Au final, l’impression est donc contrastée entre un what-the-fuck dubitatif et le sentiment d’avoir faire l’expérience d’un épisode psychédélique à bouffées jubilatoires. On sent que les deux auteurs ont été jusqu’au bout de leur liberté artistique et, en tant que lecteur, j’ai envie de leur dire merci de m’avoir offert ce moment de lecture hors du commun. Cela dit, au final, j’ai pris beaucoup moins de plaisir qu’avec les deux premiers tomes, la faute à de trop nombreux moments de déconnexion, faute de comprendre ce qui se passait.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Nexus: Space Opera

Le pitch : Alors que Nexus est occupé à la naissance de son fils, l’intolérance de la religion elvonique provoque le chaos à Ylum.

L’avis : Nexus fut pour moi une énorme découverte au début des années 90, au même titre que Grendel par exemple, lorsque j’ai poussé la porte d’un comics shop pour la première fois. Ce que j’adorais, c’était le mélange de SF débridé et de super-héros cosmique, sur fond d’ambiguïté morale et politique. Malheureusement, les ventes ont déclinèrent au point où la série n’était pu viable. Après un long hiatus, Steve Rude a décidé d’auto-publier quatre nouveaux épisodes, collectés ici. Bien entendu, pas moyen de le commander sur le net. Il aura fallu attendre trois ans et un passage à San Francisco (à l’excellent comic shop Isotope tenu par le non moins excellent James Simes) pour que je mette la main dessus cet été (ben oui, il y a 6 mois, voilà où j’en suis rendu de mon retard de lecture).

La première impression a été que je retrouvais de vieux amis qui n’avait pas vieilli. Baron et Rude ne cherchent d’ailleurs pas à mettre les nouveaux lecteurs à l’aise. Tous les personnages principaux et secondaires sont là avec leur histoire et j’ai même eu un peu de mal à me rappeler qui était qui. On retrouve également tout ce qui fait Nexus, l’équivoque morale du dictateur bienveillant, son monde éclectique et baroque, ses personnages hauts en couleur et l’élégance du trait de Steve Rude. Tout ça donnent de bonnes raisons de ce réjouir. Cela dit, j’ai trouvé que le scénario péchait parfois, avec des moments mal rythmés et un peu brouillons. Il faudrait que je relise mes vieux Nexus (ce qui ne va pas tarder, car Dark Horse republient toute l’œuvre sous forme d’Omnibus) pour comparer, mais j’avais un meilleur souvenir du travail de Mike Baron. Bref, j’ai pris plaisir à retrouver Nexus et sa bande, mais peut-être pas autant que je pouvais l’espérer.

Pour voir : pas de preview de Space Opera, mais une interview de Baron & Rude avec deux planches récentes publiées dans DHP
Pour acheter : indisponible sur le net français, mais vous pouvez toujours le commander directement à Steve Rude

Fables vol. 17: Inherit the Wind

Le pitch : Les Fables retournent à la ferme, sauf Bigby et Snow White qui doivent résoudre le problème de savoir qui parmi leurs enfants sera le nouveau vent du nord.

L’avis : Voilà très clairement ce qu’on peut appeler un tome de transition. Bill Willingham explore sur un rythme tranquille les conséquences de la mise en coffre de Mister Dark et, surtout, il prépare le terrain pour la suite. L’intrigue principale concerne les enfants de Bigby et Snow White avec un petit suspense qui ne m’a pas violemment tenu en haleine, mais qui a le mérite de trouver une conclusion qui rend curieux de la suite. Parallèlement, on suit Bufkin au pays d’Oz et l’ex-infirmière devenu compagne de Mister Dark. J’ai trouvé le zapping entre les différents lieux parfois un peu rapide, mais, dans l’ensemble, ça se lit bien.

Finalement, le plus enthousiasmant dans ce tome sans grand relief reste le dessin de Mark Buckingham. Je l’ai trouvé toujours aussi élégant, avec la rondeur et la douceur des débuts de Fables. Depuis maintenant pas mal de temps, il avait adopté un trait moins souple, plus sous influence Kirbyesque, ce qui n’est pas un mal en soit, mais je préfère définitivement quand il adopte un style plus rond. Quant au dernier épisode, il compile les pages d’une poignées de dessinateurs dont, entre autres, le toujours fiable P. Craig Russell, les revenants Adam Hughes et Rick Leonardi et le très bon Ramón Bachs que je ne connaissais pas.

Donc, très clairement, il ne s’agit pas du meilleur tome de la série, mais, rien que pour le dessin, il vaut largement le détour, en attendant la suite qu’on espère un peu plus relevée.

Pour voir : click
Pour acheter : click

The Boys vol. 11: Over the Hill with the Swords of a Thousand Men

Le pitch : Un accident impliquant le président des Etats-Unis fait exploser la cocote-minute contenant le Homelander, Vougth American et les Boys.

L’avis : Puisqu’il s’agit de l’avant-dernier tome de The Boys, je m’attendais à ce que les éléments de la conclusion se mettent en place, mais pas à ce que ça aille si vite. En effet, si le tome démarre plutôt doucement avec Garth Ennis qui continue à développer les intrigues secondaires (la famille de Mother’s Milk, le couple Hughie-Starlight, etc), le fameux accident présidentiel que j’évoquais plus haut fait basculer le récit vers la résolution de l’affrontement entre Butcher et Homelander, avec Vougth American au milieu. Avec un suspense maitrisé, Garth Ennis fait efficacement monter la pression et nous réserve une surprise de taille. Le tout se conclut dans un déluge de violence. Je suis resté pantois devant le « The end » de la dernière case, qui aurait très bien pu être un point final à la série, en effet, sauf que Butcher nous réserve visiblement encore des surprises. J’avoue être très curieux de ce que va donner la seconde partie de cette conclusion en deux temps. Côté dessin, Russ Braun est aux manettes sur l’essentiel du tome et, sans être extraordinaire, c’est tout-à-fait plaisant. Malheureusement, sur le dernier épisode, il a dû appeler à la rescousse John McCrea, lui même assisté de Keith Burns, et certaines planches sentent gravement l’urgence, ce qui vient un peu gâcher la conclusion. Cela dit, vivement la suite.

Pour voir : click
Pour acheter : click

The Walking Dead vol. 16: A Larger World

Le pitch : Un nouvel arrivant affirme qu’il existe d’autres communautés de survivants, prêtes à collaborer pour survivre. Rick s’interroge sur les réelles intentions de cet homme et de ceux qu’il représente.

L’avis : Ce seizième volet de la série ressemble sous bien des aspects au tome précédent. La thématique de l’expansion et de la reconquête du monde est toujours là et prend même une autre dimension avec pour Rick la perspective de collaborer avec d’autres communautés. Le rythme reste relativement lent et la présence des zombies est anecdotique, ce qui ne manquera pas de frustrer ceux qui préfèrent quand The Walking Dead tabasse. J’imagine qu’ils se consoleront avec la conclusion qui promet une violente confrontation. Pour ceux qui préfèrent le développement des personnages, ils auront de quoi faire avec en particulier Andrea, Carl et bien-sûr Rick. Sur la forme, on est également dans la lignée du tome précédent avec peu de monologues (ouf !) et des pleines pages inutiles (Rrrr !). Kirkman, comme à son habitude, ne soigne pas toujours ses transitions, mais dans l’ensemble, j’ai trouvé ce tome mieux écrit que les précédents. Côté dessin, rien à redire à la prestation de Charlie Adlard, toujours aussi régulier et apte à respecter l’identité des personnages. Au final, on a donc un tome plutôt réussi, qui fait avancer la série en introduisant de nouvelles perspectives, en attendant la suite.

Pour voir : click
Pour acheter : click

American Vampire vol. 2

Le pitch : En 1935 à Las Vegas, le shérif du coin enquête sur la mort de businessmen qui pourrait bien impliquer un certain Skinner Sweet, vampire de son état.

L’avis : Après un premier tome satisfaisant, mais loin d’être à la hauteur des louanges que j’ai pu lire par ailleurs, j’attendais ce second tome de pied ferme, en me demandant si ça allait vraiment décoller ou se crasher lamentablement. En fait, ni l’un, ni l’autre. Le tome 2 est dans la lignée directe du premier, c’est-à-dire globalement réussi, avec de bons passages très bien écrits, mais aussi quelques scènes beaucoup moins emballantes. Certains rebondissements tombent un peu à plat, comme la révélation de l’identité et des motivations du mystérieux vampire dans la première partie ou encore la découverte du trafic opérant dans le bar de jazz dans la seconde histoire. Côté dessin, c’est un peu la même impression. Rafael Albuquerque et Mateus Santolouco ont tout les deux des styles cohérents, plutôt énergiques et bruts de décoffrage, à l’encrage tout sauf propre. Dans l’ensemble, c’est plaisant à lire, mais certaines pages donnent l’impression d’un certain manque de travail, ce qui m’empêche d’être tout à fait enthousiaste. Bref, c’est loin d’être une mauvaise lecture et je viens même de commander le troisième tome, qui inclut, il faut le dire, une mini-série dessinée par Sean Murphy. Cela dit, au-delà, si la qualité du scénario ne monte pas d’un cran, je ne suis pas sûr de continuer.

Pour voir : le travail de Mateus Santolouco
Pour acheter : click