Killing and Dying

Le pitch : Tranches de vie et introspection.

L’avis : Un nouveau recueil d’Optic Nerve, c’est toujours un évènement et la maison d’édition d’Adrain Tomine le sait bien. Cette fois encore, on a le droit au traitement de luxe : belle reliure et surcouverture en plastique transparent imprimé, très classe. Forcément, partant de là, on a pas envie d’être déçu, d’autant qu’avec Shortcomings, paru il y a dix ans déjà, on était resté sur la meilleure des impressions. Malheureusement, la déception, quoique relative, est bien là. Killing and Dying propose six histoires courtes  assez inégales selon moi. Les meilleurs morceaux sont plutôt à trouver dans la seconde moitié de l’ouvrage. C’est là que se retrouve le mieux les qualités d’auteurs de Tomine, et en particulier la finesse de l’introspection de ses personnages. Cela dit, rien de vraiment touchant, si ce n’est l’histoire titre. Elle met en scène une ado aspirant à devenir comédienne de stand-up qui affronte le scepticisme de son père et le cancer de sa mère. Le poids des non-dits entre le père et la fille donne une vraie force au récit. A contrario, les deux premières histoires m’ont laissé de marbre. Bref, ça reste tout à fait recommendable, mais je conseillerai plutôt à ceux qui veulent découvrir Adrian Tomine d’aller voir du côté de ses travaux antérieurs.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

B.P.R.D. Hell on Earth vol. 13: End of Days

Le pitch : Des monstres toujours plus gros et le Black Flame à affronter (encore !) sur son terrain.

L’avis : Voilà un tome assez dense, où la plupart des personnages actuels de la série ont un rôle. Les scènes de bataille sont épiques et la fin du récit recèle quelques rebondissements de taille, dont le final qu’on voit arriver depuis un moment et qui est prometteur. Côté dessin, Laurence Campbell ne démérite pas et livre même quelques très belles planches. Cela dit, je trouve que la série a perdu en identité graphique avec la valse actuelle des dessinateurs. Reste deux tomes à venir avant la fin de la série. Je les commanderai et les lirai en même temps, en espérant que le final soit à la hauteur de la longévité de B.P.R.D.

Pour voir : click
Pour acheter : click

B.P.R.D. Hell on Earth vol. 12: Metamorphosis

Le pitch : Johann commet une boulette, s’interroge et change de peau.

L’avis : Un tome centré sur Johann. La première partie raconte une mission catastrophe où Johann remet en cause le détachement tout ectoplasmique dont il fait preuve. L’introspection est intéressante. En revanche, les dessins de Peter Snejbjerg, pourtant aussi bon qu’à son habitude, ne collent pas vraiment. Dans la seconde partie, Johann investit l’armure de Sledgehammer. Cette fois, les dessins de Julian Totino Tedesco sont parfaitement adaptés et vraiment très bons. Le scénario n’a pas grand chose à se reprocher, si ce n’est la frustration qu’il peut générer chez le lecteur qui, comme moi, n’a pas lu la mini-série Sledgehammer 44.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Harrow County vol. 2: Twice Told

Le pitch : Emmy se découvre une soeur jumelle qui embrasse plus facilement qu’elle ses origines maléfiques.

L’avis : Malgré quelques réserves sur l’écriture, j’ai beaucoup apprécié le premier tome de cette série. La suite ne démérite pas franchement dans la mesure où c’est toujours plutôt bien écrit et surtout remarquablement bien illustré par Tyler Crook. Son trait élégant est d’une grande justesse pour exprimer les émotions et les ambiances. La mise en peinture est également du plus bel effet. Seulement voilà, tout ça est au service d’une histoire relativement banale et sans grand relief. En plus, l’élément le plus mystérieux de l’intrigue – d’où vient donc cette soeur jumelle et comment l’a-t-elle retrouvé ? – n’est même pas abordé. En d’autres mots, c’est très bien exécuté, mais ça n’a pas un très grand intérêt. Comme le troisième tome semble être constitué pour moitié par des épisodes de remplissage, je crois que je vais lâcher l’affaire et je vais croiser bien fort les doigts pour que Tyler Crook ne s’attarde pas trop sur ce projet, car j’ai vraiment envie de lire à nouveau son travail.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Alex + Ada vol. 3

Le pitch : Quand le bras armé de la justice rattrape le couple interdit…

L’avis : Ce troisième tome est la conclusion de la série de science fiction romantique proposée par Sarah Vaughn et Jonathan Luna. Les deux tourtereaux au centre de l’histoire n’ont pas vraiment le temps de vivre leur passion avant d’être rattrapés par la justice. Le premier tiers continue d’explorer la thématique de l’amour interdit dans une société qui a peur, puis c’est la séance de la fuite avec son lot d’action, avant de terminer par un épilogue qui déroule 25 ans en vitesse accélérée. J’ai trouvé la conclusion satisfaisante dans l’ensemble, quoiqu’un peu rapide et manquant d’impact émotionnel. C’est une histoire plus intéressante, de par les questions qu’elle pose, que touchante, ce qui est un petit peu dommage pour une histoire d’amour. Bref, je recommanderais plus vivement cette série aux amateurs de science fiction qui fait réfléchir qu’aux coeurs d’artichaut.

Pour voir : click
Pour acheter : click

Grendel vs. The Shadow

Le pitch : Hunter Rose se retrouve projeté dans les années 30 où il affronte The Shadow.

L’avis : Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, Grendel fut une de mes séries fétiches et Matt Wagner un des auteurs que je suivais le plus régulièrement. Encore maintenant, tout nouveau Grendel par Matt Wagner est un évènement, d’autant que c’est rare. La dernière fois, c’était il y a six ans déjà. C’est donc avec grand plaisir que je me suis plongé dans ce Grendel vs. The Shadow. La rencontre entre les deux personnages a du sens. D’un côté, un justicier qui oeuvre dans l’ombre et qui joue sur la peur ; de l’autre, un criminel aussi brillant que séduisant. Sans surprise, Matt Wagner exploite à fond la différence de polarité entre les deux et, sans surprise là non plus, c’est brillamment exécuté au niveau narratif, avec de très belles planches dans le pur style de Matt Wagner. Tout ça c’est très bien, mais le scénario ne m’a pas vraiment accroché et, à force de ne pas être surpris, je suis un peu resté sur ma faim. Au final, ça reste une lecture plus que recommandable, mais c’est une déception relative pour moi qui ai tant aimé Grendel. J’aimerais tellement voir Matt Wagner sorte de sa zone de confort (Hunter Rose), en reprenant d’autres occurrences de Grendel (Grendel Prime vient bien évidemment à l’esprit), voire en en créant de nouvelles comme à l’époque bénie des Grendel Tales. Pourvu qu’il m’entende…

Pour voir : click
Pour acheter : click

Letter 44 vol. 3: Dark Matter

Le pitch : Alors que la troisième guerre mondiale éclate sur terre, l’équipage du Clarke apprend à cohabiter avec les extra-terrestres.

L’avis : Si Letter 44 excelle, c’est bien par son scénario. Ce troisième tome est encore une fois riche en évènements, avec de nombreux rebondissements, en particulier dans les derniers épisodes, et le lecteur est tenu en haleine. Charles Soule ne choisit pas la facilité et gère de main de maître sa galerie de personnages et les fils de l’histoire qui s’entremêlent pour faire une tapisserie du plus belle effet. Si seulement le dessin était au même niveau, ce serait une des séries phares du moment pour moi. Malheureusement, j’ai vraiment du mal avec le style d’Albuquerque. Je lui reconnais de vraies qualités de dynamisme, mais j’ai du mal à supporter les postures et les expressions de ces personnages. A cause de ça, je m’étais presque résolu à arrêter la série, mais le rush de la fin du tome m’a raccroché au train. A ce stade, j’ai donc juste envie que l’histoire se conclue vite mais aussi bien qu’elle a commencée.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Letter 44 vol. 2: Redshift

Le pitch : Le président Blade s’écarte des plans de son prédécesseur, tout en continuant à cacher l’existence des extraterrestres au public. De leur côté, les membres de l’expédition se rapprochent du danger.

L’avis : Ce deuxième tome de Letter 44 ne déçoit pas dans la mesure où il a les qualités du premier : une intrigue bien menée, avec son lot de surprises et des personnages bien construits. Les deux récits qui évoluent en parallèle sur la terre et dans l’espace se conjuguent bien malgré leur quasi-indépendance à ce stade. En revanche, j’ai été plus gêné que la dernière fois côté dessin. Albuquerque a des qualités de dynamisme qui servent bien la narration, mais ça manquent souvent de finesse avec des corps et des visages distordus à la limite de la caricature. Au final, je ne peux m’empêcher de penser que ce récit captivant serait bien mieux servi par un dessin plus retenu et techniquement plus maitrisé.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

The Walking Dead vol. 25: No Turning Back

Le pitch : La révolte couve dans les communautés. Rick doit faire des choix pour maintenir son autorité.

L’avis : Après le choc du final du tome précédent, Kirkman propose un chapitre beaucoup plus tourné vers les personnages, avec Rick en pièce centrale. Ce qui est le plus appréciable, c’est l’évolution du personnage de Rick. Diminué physiquement, responsable d’un ensemble de communautés, il a pris de la bouteille et doit garder la tête froide alors que ceux qui l’entourent montent dans les tours. Il prend donc conseil, ce qui donne lieu à quelques moments intéressants de caractérisation, mais aussi à quelques scènes de dialogue moins convaincantes. Par ailleurs, la colère de certains des habitants est assez répétitive à la longue. l’impression d’ensemble est donc plutôt bonne, mais pas à la hauteur du tome précédent. Reste à voir comment tout ça va tourner.

Pour voir : click
Pour acheter : en VO ou en VF

Prophet vol. 4: Joining

Le pitch : Voyage au pays de la SF sous acide.

L’avis : Prophet n’est clairement pas une série pour tout le monde, car il faut savoir se laisser porter par un récit étrange, insaisissable, et parfois incompréhensible. Jusqu’ici, j’avais totalement adhéré au trip proposé par Graham, Roy et leurs multiples acolythes. Ce tome-ci m’a offert quelques très beaux moments encore, mais j’ai aussi décroché à plusieurs reprises. La faute à une écriture un peu trop perchée (pour mon humeur du moment, peut-être), mais aussi à quelques faiblesses côté dessin. L’impression générale reste bonne, mais me voilà pour la peine moins pressé que je ne pensais l’être de lire le cinquième et ultime tome de la série.

Pour voir : click
Pour acheter : click