The Infinite Loop tome 1

Le pitch : Love story entre une nettoyeuse d’anomalies temporelles et une de celles qu’elle aurait dû effacer.

Le pitch : Ce n’est ni l’édition Glénat de The Infinite Loop, ni sa traduction américaine parue chez IDW que je vais commenter, mais la toute première édition que les auteurs ont réussi à financer sur la plateforme participative Ulule. Pourquoi avoir soutenu ce projet plutôt qu’un autre ? Essentiellement parce que les dessins d’Elsa Charretier me semblaient très prometteurs et que je ne dis jamais non à une petite tranche de SF. A l’ouverture du bouquin, une dédicace soignée d’Elsa (merci à elle) pour bien démarrer, puis une grosse centaine de pages qui ne gâchent en rien le plaisir des yeux. Le trait est précis et élégant. Les mises en pages recherchées, dynamiques et même vertigineuses lors des phases de transitions temporelles. Quelques innovations narratives plutôt réussies complètent la bonne impression d’ensemble, notamment l’utilisation de diagrammes en bloc lorsque l’héroïne est dans des situations de prise de décision. Tout ça est très sympathique, mais sert un scénario plutôt bancal. Le fond de l’histoire n’est pas inintéressant, mais le script souffre de multiples maux : problèmes de rythme, quelques scènes bavardes, dialogues peu crédibles et humour qui tombe à plat. Je suis vraiment resté à la surface du récit, faute de pouvoir adhérer un minimum aux personnages et au déroulement des évènements. Au final, vous l’aurez compris, l’impression est très mitigée. L’oeuvre est très clairement tirée par le haut par les dessins d’Elsa Charretier, qui a toutes les chances de faire une très belle carrière. J’invite tout le monde à découvrir The Infinite Loop pour son travail. Au-delà, en ce qui me concerne, j’attendrai qu’elle officie sur une autre série pour la voir évoluer.

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The League of Extraordinary Gentlemen, Century: 1969

Le pitch : Ce qu’il reste de la Ligue, soit Mina, Alan Quatermain et Lando, rejoint Londres en pleine période psychédélique pour tenter à nouveau de barrer le chemin aux occultistes du mystérieux Haddo.

L’avis : Century 1910 m’avait laissé une impression plutôt positive mais somme toute assez mitigée. Je regrettais en substance un scénario assez léger, un peu trop dilué dans une multitude de références inaccessibles et une prose musicale relativement indigeste. Avec 1969, Alan Moore passe clairement du côté obscur du scénario. L’intrigue est pauvre et peu intéressante pour qui n’a pas envie de déchiffrer les clins d’œil pléthoriques à la culture de l’époque. Les scènes dominées par la prose, chantée ou non, ne sont pas moins ennuyeuses. Quant au bad trip sous acide de Mina et l’atmosphère de sexe débridé propre à l’époque qui est omniprésente durant tout l’épisode, c’est surtout l’occasion pour Kevin O’Neill de se lâcher, ce qui n’est pas désagréable en soi, mais c’est un peu léger pour maintenir l’intérêt de la lecture. Au final, je commence franchement à me demander si Alan Moore est encore capable de produire autre chose que des histoires où il peut étaler l’étendu de sa culture, plutôt que des intrigues passionnantes comme il savait si bien faire. En tout cas, The League of Extraordinary Gentlemen, je crois que c’est terminé pour moi.

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Shadoweyes vol. 1

L’histoire : Scout est une jeune adolescente ayant des velléités de vigilantisme dans une cité où il ne fait pas bon vivre. Sa première intervention pour interrompre une agression se solde pour elle par une brique sur la tête, ce qui la rend inconsciente. A son réveil, elle découvre qu’elle est capable de se transformer en une créature aussi agile que résistante.

L’avis : Après avoir pu apprécier l’originalité du style de Ross Campbell sur Wet Moon, The Abandoned et, plus récemment, dans les pages de House of Mystery, j’étais très curieux de le voir opérer dans le registre du super-héros underground. Malheureusement, je n’ai pas vraiment été convaincu du résultat. Graphiquement, c’est toujours aussi intéressant. L’approche originale qu’à Campbell de l’anatomie et des expressions faciales donne à ses personnages une vrai personnalité. J’ai également bien apprécié le contexte urbain assez désespérant que représente la cité imaginaire de Dranac. Côté scénario, l’impression est beaucoup plus mitigée. La narration est très inégale, plutôt mal équilibrée, et j’ai eu bien du mal à rester plonger dans l’histoire. De plus, les adolescents, qui constituent l’essentiel des personnages, ont eu une tendance certaine à m’exaspérer, que ce soit le caractère peu rationnel de Scout ou l’exubérance de celle qui devient son amie au fil de l’histoire. Au final, j’ai tourné la dernière page sans aucune envie de lire la suite. On aurait pu terminer 2010 de meilleure façon.

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Usagi Yojimbo: Yokai

L’histoire : La nuit où les monstres et fantômes sont de sortie, Usagi vole au secours d’une petite fille arrachée à sa mère et emportée dans la forêt.

L’avis : Ceux qui suivent ce blog assidument (si si, il y en a !) s’étonneront peut-être de me voir mettre une note aussi médiocre à un nouvel opus de Usagi Yojimbo, une série dont j’ai déjà dit beaucoup de bien à deux reprises. Il faut dire que cet hors-série, exceptionnellement en couleur et sorti à l’occasion du 25ème anniversaire de Usagi, s’avère sous bien des points de vue inférieur au standard habituel.

Le scénario tout d’abord est simplissime, une petite histoire de fantômes sans prétention, accessible aux plus jeunes et aux nouveaux lecteurs. Rien de particulièrement étonnant pour Usagi Yojimbo, mais j’ai trouvé le récit globalement assez fade. Cela aurait pu être l’occasion d’en apprendre plus sur les figures classiques du folklore japonais, mais ce n’est pas vraiment le cas. Stan Sakaï avoue lui même dans la post-face qu’il s’est amusé à dessiner des monstres loufoques pour le fun, plutôt que de rester fidèle à ses références.

Côté dessin, la mise en couleur à la peinture à l’eau n’apporte rien. Au contraire, j’ai immédiatement été frappé par la diminution du niveau de détail dans le trait de Sakaï, notamment en ce qui concerne les textures et les ombres, comme si ce rôle était transféré à la couleur. En ce qui me concerne, je préfère de loin le travail de l’auteur en noir et blanc.

Pour couronner ces impressions plutôt mitigées, l’ouvrage est présenté dans un format petit mais luxueux, avec couverture cartonnée en relief, ce qui fait monter le prix à $15 pour 56 pages de BD. Le tout se lit en un petit quart d’heure. C’est cher pour ce que c’est. Bref, grosse déception en ce qui me concerne. Si vous ne connaissez pas Usagi Yojimbo, allez plutôt faire un tour du côté des traductions proposées par les éditions Paquet. Vous en aurez nettement plus pour votre argent.

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Pour acheter : Yokai ou, mieux et moins cher, le premier tome de la série chez Paquet

Ex Machina vol. 8: Dirty Tricks

L’histoire : Une motarde masquée et sexy réalise des actions d’éclat au dépend de Georges Bush, peu de temps avant son passage à New York pour le congrès du parti républicain. Ce faisant, elle met en fâcheuse posture le maire, pour lequel elle semble avoir un petit faible.

L’avis : J’avais déjà le sentiment qu’Ex Machina était en perte de vitesse depuis le dernier tome, mais ce nouveau volume est plus décevant encore. Pour moi, Ex Machina était un habile mélange de politique, de questions de société et d’univers superhéroïque, avec quelques touches d’humour souvent bien senties. Cette fois, on a le droit à une espèce de farce burlesque avec au centre le personnage de Trouble, au look accrocheur, certes, mais qui ne fournit pas grand chose de substantiel. A côté de ça, on voit Mitchell Hundred sur ses chiottes en train de galérer à écrire ses discours ou encore un couple d’amants se faire surprendre en pleine partie de jambes en l’air au bureau. L’aspect politique se résume au positionnement de Hundred vis-à-vis du parti républicain de Bush et au risque que représenterait l’annulation de leur convention pour l’image du maire de New-York. Bref, quelques blagues de potache au milieu d’un scénario sans réel intérêt.

J’ai toujours trouvé que le travail d’Harris sur cette série était intéressant, ne serait-ce que parce que ça ne ressemble à rien d’existant sur le marché, mais il faut bien dire que le côté roman-photo qui caractérise ses planches n’est pas toujours du meilleur effet. Ici, le problème m’a semblé plus aigu que d’habitude, avec en particulier des postures caricaturales lors des scènes les plus exubérantes, mais c’est peut-être les faiblesses du scénario qui rejaillissent sur le dessin.

Le parallèle entre ce tome et le précédent continue, puisque, cette fois encore, l’ouvrage se termine par un épisode qui se suffit à lui-même. Il s’agit cette fois de Masquerade, un numéro spécial initialement publié en 2007, qui porte sur le droit à manifester masqué (ça ne vous rappelle pas une certaine loi anti-foulard chez nous ?), avec en toile de fond la question pour Hundred d’interdire ou pas une manifestation du KKK à New-York. Le scénario nous livre aussi un éclairage sur les premiers jour d’Hundred après l’accident qui lui a donné ses pouvoirs, avant même qu’il n’endosse son costume de héros. C’est très finement écrit, passionnant et, ce qui ne gâche rien, remarquablement illustré par John Paul Leon. Bref, c’est tout ce que l’arc Dirty Tricks n’est pas, ce qui donne d’autant plus de regret.

Pour conclure, vous aurez compris que mon enthousiasme vis-à-vis de la série a grandement diminué. Cela dit, je continuerai à la lire jusqu’à la fin, annoncée par Brian K. Vaughan au n°50 (encore 1 ou 2 TPB donc). La dernière planche avant Masquerade revient d’ailleurs au personnage de Kremlin qui déclare que nous en sommes « là où la fin commence ». Ca me va très bien. Il était temps que BKV conclue l’affaire et, comme il a prouvé avec le dernier tome de Y The Last Man qu’il savait conclure ses séries au long court, je suis optimiste pour la suite.

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Invincible vol. 10: Who’s The Boss?

L’histoire : Alors qu’il affronte Doc Seismic, Invincible en vient à mettre en cause l’intégrité de Cecil Stedman et par là ses relations avec le gouvernement. Pendant ce temps, Oliver, son petit frère a de plus en plus envie de jouer les héros.

L’avis : Après une chronique post-vacances qui m’a éloigné du comics, je fais volte-face avec la critique d’une série de super-héros on ne peut plus générique. Malheureusement, ce sera une critique assez négative. Comme je le redoutais à la suite de le lecture du tome précédent, Invincible file un mauvais coton. Finie la fraicheur des débuts, la légèreté et l’enthousiasme communicatif dont je raffolais a fait place à des histoires plus convenues. La première moitié de ce nouvel opus est même franchement ennuyeuse. Le héros se rebelle contre le méchant représentant du gouvernement pour qui la fin importe plus que les moyens. Bien entendu, le vilain pas beau avait implanté une arme dans le crâne du héros au cas où celui-ci se retournerait contre lui. Heureusement, les amis fidèles sont là et vont trouver la fréquence qui va neutraliser l’arme. Tout ça est archi-bateau, ce qui ne serait pas forcément un mal en soi s’il y avait un peu d’intensité dans la réalisation, mais ce n’est pas le cas. Même Ryan Ottley est nettement en deçà de son niveau habituel, en particulier lorsqu’il a la pénible tâche de mettre en scène une kyrielle de personnages, tout issus d’autre séries Image et venant faire de la figuration sans intérêt. La seconde partie du recueil est nettement meilleure. Kirkman se concentre sur le cercle proche de son personnage principal, en particulier son frère et sa nouvelle copine. Il développe aussi en parallèle un conflit entre criminels qui devrait avoir des conséquences pour Invincible. Chacune des lignes du scénario est plutôt prometteuse. Et comme par hasard, dès que le scénar redécolle, le dessin suit. Tout ça pour dire que je ne sais plus trop quoi penser de la suite. Deux tomes consécutifs franchement moyens, c’est d’habitude plus qu’il n’en faut pour me faire abandonner une série, mais j’ai tout de même une petite hésitation du fait du léger mieux des derniers épisodes.

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Young Liars vol. 1: Daydream Believer

L’histoire : Sadie est une jeune femme particulièrement désinhibée et imprévisible depuis qu’elle a reçu une balle dans la tête. Poussée par ses pulsions et poursuivie par des tueurs à la solde de son père, elle entraine dans sa lignée sa bande d’amis dysfonctionnels. Qu’il s’agisse de danser, de se battre à main nue ou de faire du ski nautique derrière un paquebot, rien ne la retient, pas même Dany, son petit ami. Follement amoureux, il est rongé par la culpabilité d’être celui qui a tiré la fameuse balle.

L’avis : Grosse déception que cette nouvelle série de David Lapham. Je fais pourtant partie de ceux qui considère Stray Bullets comme un véritable chef d’œuvre. Quant à ses dernières productions (Silverfish, Terror Inc.), même si elles n’ont pas atteint un tel niveau d’excellence, elles m’ont toujours fourni de très bons moments de lecture. Ici, j’ai eu peine à reconnaître la patte de l’auteur.

L’histoire est animée par une galerie de personnages plus antipathiques les uns que les autres. Entre Sadie, l’hyperactive qu’on a envie de baffer, et Dany, le transi-amoureux à tendance suicidaire, on trouve un travesti héroïnomane, un ex-mannequin anorexique, une ex-groupie de rock et un pauvre gars obnubilé par le fric. La moindre des choses quand on se repose sur des personnages de ce type, c’est de leur donner une touche d’humanité qui donne envie d’aller voir au-delà de leurs faiblesses. Là, rien, ils sont juste pénibles. Au delà de ça, j’ai trouvé la non-linéarité de la narration plutôt ambitieuse, mais pas toujours réussie. Le rythme est globalement très élevé, ce qui fait que je suis passé trop vite sur certains moments importants. Il y a en outre plusieurs passages ultra-violents. On ne peut pas dire que j’y ai été insensible, au contraire, mais j’ai eu le sentiment en les lisant qu’ils étaient juste là pour provoquer une réaction de répulsion chez moi, pas pour servir l’histoire. Enfin, pour conclure ce tableau peu glorieux, j’ai trouvé le dessin de Lapham moins brillant qu’à l’accoutumée, probablement en partie à cause du rythme de publication qui lui est inhabituel, mais surtout car la mise en couleur le dessert.

Au final, il y a quand même du bon dans cette histoire. Tout n’est pas à jeter et Young Liars a au moins le mérite d’une certaine originalité, mais, franchement, je n’aurais jamais cru un jour si peu adhérer à un comics écrit et dessiné par David Lapham. Je pense qu’il a tenté quelque chose de différent et qu’il s’est planté dans les grandes largeurs. Je sais que d’autres que moi ont apprécié, mais ils ne sont visiblement pas assez nombreux, car la série vient d’être sabrée par Vertigo. Ce sera sans regret pour moi. Allez, David, remets toi au boulot sur Stray Bullets et ça ira mieux.

Pour voir : Le premier épisode en intégral
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En bonus, le trailer officiel de Vertigo :
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Invincible vol. 9: Out of This World

L’histoire : Nolan, père d’Invincible et traitre à la nation viltrumite, a beau être enfermé dans une geôle au fin fond de l’espace, sa présence se fait toujours sentir sur terre. Tout d’abord, la Coalition des Planètes envoie Allen l’alien interroger Mark au sujet de son père. Anissa, émissaire de Viltrum, vient également lui poser quelques questions, mais de façon plus musclée. Sur un plan plus personnel, le demi-frère de Mark, fils de Nolan et d’une extra-terrestre, grandit vitesse grand V et se sentirait bien de prendre exemple sur son grand frère. Quant à la mère de Mark, elle semble décider à refaire sa vie.

L’avis : Lorsque Invincible a commencé à paraître, tout laissait penser qu’il s’agissait d’un comics de super-héros on ne peut plus générique. En un sens, ça l’était, car la recette n’avait rien d’original : l’histoire d’un ado, fils d’un héros adulé du public, qui découvre ses propres pouvoirs tout en continuant de vivre sa vie de lycéen américain. Une sorte de Spiderman, mais avec la force de frappe de Superman et sans les emmerdes de Peter Parker, en somme. Le succès de la série n’est donc pas venu de son originalité, mais de la fraicheur des scénarios. Pour faire simple, c’était du comics qui mettait la banane et tout le monde en redemandait, moi le premier. Ensuite, l’histoire a pris un tournant plus sombre avec les révélations au sujet du père de Mark, mais ça n’a rien gâché au plaisir. Robert Kirkman nous offrait une série vivante et savait nous surprendre. Parfait ! Malheureusement, je trouve que la série s’essouffle. C’était déjà un peu mon impression après la lecture du tome précédent et ça se confirme avec celui-ci. La lecture n’est pas foncièrement désagréable, mais aucun des fils de l’intrigue n’avancent vraiment. On est quasiment au même point à l’arrivée qu’au départ. De plus, Kirkman commet quelques maladresses rythmiques qui ne lui sont pas familières : longueurs, transitions effectuées à la hache, même ses habituels monologues passent moins bien que d’habitude. Côté dessin, Ryan Ottley fait un travail solide, mais sans surprise, la faute au scénario peu inspirant, j’imagine. Bref, ça sent le scénariste qui en roue libre et c’est bien dommage. Je vais tout de même acheter le prochain tome lorsqu’il sortira, en croisant les doigts pour que la série sorte de l’ornière.

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Blackgas

L’histoire : Tyler emmène sa copine sur une île où ses parents ont une maison retirée dans les bois. L’endroit serait parfait pour passer un week-end à s’envoyer en l’air, sauf qu’un tremblement de terre ouvre une faille qui laisse s’échapper un étrange gaz noir. Il envahit le village en contrebas et transforme ses habitants en sorte de zombies sexuellement désinhibés et avides de chair fraiche.

L’avis : Rien d’extraordinairement original ici. Il s’agit de la énième revisite du film de zombie. C’est ultra-gore, ultra-trash, à la limite de la saturation. Clairement, Warren Ellis est ici en roue libre. Comme c’est un excellent scénariste, il construit ça fort bien, avec un bon rythme et certains dialogues qui font mouche, mais ça ne fait clairement pas partie de ses meilleures réalisations. Le dernier épisode en particulier a dû lui demander dix minutes de travail à tout casser. Côté dessin, Max Fiumara fait ici des débuts remarqués. Il n’a pas vraiment un style original, mais c’est très efficace et ils nous sort parfois des angles de vue bien inspirés. Mais où Avatar trouvent-ils tous ses dessinateurs, aussi bons qu’inconnus ? Malheureusement, Fiumara passe la main pour le dernier épisode, et le remplaçant nous pond une vingtaine de pages plutôt calamiteuses. Bref, une bonne histoire pour fan de série Z, que j’ai trouvé satisfaisante dans l’ensemble, mais qui souffre d’une fin indigente.

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Monster Attack Network

L’histoire : Lapuata est une île du Pacifique où il fait bon vivre. Seule ombre au tableau : elle est régulièrement attaquée par des monstres géants, tels qu’on imaginerait les copains de Godzilla. Pour lutter contre ce fléau, les autorités locales ont créé une force d’intervention spécialisée, le Monster Attack Network, chargé de renvoyer les grosses bébêtes là d’où elles viennent en évitant au maximum la casse. Seulement voilà, la fréquence des attaques semble augmenter brutalement, suite à l’arrivée sur l’île d’une certaine personne…

L’avis : Monster Attack Network est l’équivalent d’un bon film d’action américain, mené à un rythme effréné et servi par des dialogues bien sentis, souvent drôles. Rien de bien consistant pour l’intellect, mais ce n’est pas l’ambition du projet. Il s’agit avant tout de divertir à coups de gros monstres et de robots géants, sans pour autant prendre le lecteur pour un débile. En cela, c’est une vraie réussite, surtout venant de deux scénaristes débutants dont c’est le premier comic-book publié, il me semble. Le dessinateur est lui aussi un nouveau venu et, là, c’est plus gênant. Son travail a le mérite de déborder d’énergie et de vivacité. En cela, il accompagne très bien le scénario. Malheureusement, l’énergie se transforme parfois en confusion et on a du mal à s’y retrouver. L’impression est renforcée par le peu de finissions accordées à certaines planches. On a un peu le sentiment que le dessinateur est parfois tellement pressé de passer à la planche suivante qu’il en oublie de finir celle sur laquelle il est sensé bosser. Je suis le premier à préférer un dessin bien en mouvement qui ne s’encombre pas de détail à un dessin bien fignolé mais sans âme (vous avez dit Greg Land ?). Dans ce cas précis, c’est tout de même un peu trop brut de décoffrage. Certains dessins (pas tous, loin de là) frôlent la caricature ou la dédicace réalisée en 20 s sur un coin de table à Angoulême. Je pense sincèrement que Nima Sorat est un dessinateur qui a du style et de réelles qualités, mais il faudrait qu’il fasse preuve d’un peu moins de désinvolture. Au final, une lecture agréable tout de même.

Pour voir de belles planches (mais tout n’est pas aussi bien) : click
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