Ex Machina vol. 10: Term Limits

L’histoire : Mitchell Hundred doit se positionner sur la question de la pilule abortive, dont son bras droit et potentiel successeur souhaiterait faciliter la distribution à New York. Le choix de Mitchell risque bien d’être déterminé autant par ses ambitions politiques que par ses convictions. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il a une nouvelle ennemie aux pouvoirs dépassant les siens et qui est bien décidée à déclencher l’apocalypse.

L’avis : Suite et fin d’une série commencée il y a bien longtemps déjà et, autant le dire tout de suite, j’ai bien du mal à dire si je trouve cette conclusion satisfaisante ou pas. D’une certaine façon, ce dernier tome est fidèle à la philosophie initiale de la série, puisqu’elle entremêle une intrigue politique et une bonne tranche de SF super-héroïque. Nous sommes dans la dernière ligne droite. On trépigne donc à l’idée de connaître enfin le mystère derrière les pouvoirs de Hundred et, comme la narration est plutôt soutenue et efficace, j’ai bien eu du mal à ne pas avaler l’ouvrage d’une seule bouchée. Sur ce point au moins, ce tome est une vraie réussite.

Le feu d’artifice final arrive à l’avant-dernier épisode et ressemble un peu à un gros pétard mouillé. D’une certaine façon, j’attendais quelque chose si ce n’est de plus surprenant, au moins de plus percutant. Ensuite, BKV nous refait le coup de l’épilogue à la narration éclatée avec un bond en avant dans le temps, tout comme sur Y: The Last Man. La conclusion se révèle plutôt noire, avec une bonne dose de cynisme, et les personnages secondaires en prennent pour leur grade. On est triste pour eux. Dans le paquet, il y a des éléments de réflexion sur ce que représente le comics de superhéros et sur la corruption du pouvoir politique.

Côté dessin, Tony Harris semble lui aussi pris dans le tourbillon de l’histoire. Si l’essentiel du tome est illustré dans le style propre et hautement photo-référencé qui a caractérisé la série jusqu’ici, certains passages sont encrés de façon beaucoup plus brute. Sur quelques planches, on se demande même si la colorisation n’a été faite à partir des crayonnés. Cela donne l’impression d’un travail fait dans l’urgence, mais, quelque part, ce n’est pas une mauvaise chose, car ça arrive à un moment de l’histoire riche en action et où tout va très vite.

Tout ça fait une fin gentiment bordélique qui m’a plutôt désarçonnée. A vrai dire, mon sentiment maintenant, c’est qu’il faudrait que je relise la série dans son intégralité pour voir si cette fin est une apothéose ou une espèce de cabriole. En attendant, je ne me suis pas ennuyé et j’apprécie que BKV ait bouclé la série. J’espère juste maintenant qu’il fera son retour dans le monde du comics. Son écriture si particulière me manque déjà.

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Absolute Planetary vol. 1 & 2

L’histoire : Planetary, une organisation secrète spécialisée dans la découverte des mystères de notre monde et d’ailleurs, recrute Elijah Snow, un quasi-centenaire aux origines inconnues.

L’avis : Enfin ! J’aurais attendu longtemps avant de pouvoir lire la conclusion de cette série débutée en 1999 et qui aura souffert d’un rythme de parution plus qu’erratique, à tel point qu’arrivé au numéro 18, j’ai lâché l’affaire et patiemment attendu qu’un recueil d’exception soit proposé. C’est le cas avec cette Absolute Edition, grand format avec papier, reliures et coffrets luxueuse. L’attente aura-t-elle valu le coup ? Très certainement.

Planetary se lit bien mieux d’une seule traite que numéro par numéro. C’est plutôt paradoxal, car l’essentiel du premier volume regroupe une série d’histoires courtes, a priori sans grand rapport les unes avec les autres. Il semble s’agir pour Warren Ellis de détourner nombre de figures de la littérature populaire (Tarzan, Sherlock Holmes, Godzilla…) et du comics pour en faire des objets de découverte pour ses aventuriers de l’étrange. Ca donne lieu à une lecture à plusieurs niveaux très gratifiante. En fait, au-delà d’un jeu fort intelligent avec une collection d’icônes, tout ça forme un tableau bien cohérent au fil de la découverte des origines des personnages principaux et de leurs ennemis, The Four. L’affrontement avec ces sinistres quatre fantastiques prend ensuite le dessus, ce qui change beaucoup la nature de l’histoire. L’ensemble forme une histoire passionnante, avec une narration pleine de souffle, et les élucubrations pseudo-scientifiques de Warren Ellis stimulent l’esprit. La barre ayant été placée bien haute, le final a presque été décevant pour moi. Après réflexion, sans être transcendante, je trouve la conclusion satisfaisante.

Étant donné la durée de parution de la série, pas étonnant de constater une sacrée évolution du dessin de John Cassaday. S’il montre son potentiel dès le début de la série, avec un dessin percutant et des cadrages osés, c’est dans le second volume qu’il explose. Le trait devient plus maîtrisé, plus détaillé et on s’en prend vraiment plein les mirettes. Bien entendu, c’est là que le format Absolute prend tout son sens.

Au final, je ne crierai pas au chef d’oeuvre comme tant d’autres l’on fait, mais Planetary reste une lecture d’exception. Vraiment, si vous avez envie de vous offrir cette lecture, lâchez la centaine d’euros que vous coutera cette édition. Elle en vaut largement le coup.

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A God Somewhere

L’histoire : Suite à une mystérieuse explosion ayant ravagé son immeuble, Eric, sorti indemne du carnage, se découvre des pouvoirs extraordinaires et qui vont progressivement le transformer.

L’avis : DC venant d’annoncer la fin de sa branche Wildstorm, A God Somewhere pourrait bien tenir lieu de bouquet final en ce qui me concerne. Avec aux commandes deux auteurs que j’affectionne particulièrement, le bouquet avait toute les chances d’être splendide et, dans l’ensemble, il ne déçoit pas.

Arcudi nous propose une histoire à deux niveaux. Tout d’abord, il s’agit d’explorer la façon dont le pouvoir va transformer le psychisme d’un individu ordinaire, le plongeant dans un délire mystique qui peu à peu va le déconnecter de ses attaches émotionnelles et lui faire commettre le pire. Le scénario s’attache également à décrire les répercussions de ces évènements sur les proches d’Eric, en particulier son meilleur ami qui tirera des bénéfices secondaires de la célébrité d’Eric et qui devra ensuite gérer l’ambivalence de ses sentiments vis-à-vis de lui lorsque les choses vont déraper. Tout ça est fort bien raconté, avec des aller-retours entre présent et passé bien menés. Il y dans le récit beaucoup d’intensité et les dialogues sont justes, comme toujours avec Arcudi. Au niveau du dessins, Peter Snejbjerg réussit, comme sur Battlefields: Dear Billy un remarquable travail d’équilibriste qui consiste à dessiner des scènes d’une rare violence avec son trait rond et doux.

Au final, ce qu’on peut reprocher à A God Somewhere, c’est d’être confiné dans un graphic novel trop court. Il y a dans le récit des ellipses qui produisent des ruptures de rythmes regrettables, à mon avis, et certains aspects du scénarios sont sous-exploités. J’aurais bien vu tout ça respirer un peu plus en étant raconté au fil de deux ou trois tomes plutôt qu’un seul. Il n’empêche que, même en l’état, cela reste une lecture plus que recommandable.

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Ex Machina vol. 9: Ring Out the Old

L’histoire : Le passé de Mitchell Hundred refait surface à plusieurs titres et menace de ruiner son avenir politique. Au passage, l’origine de ses pouvoirs se dévoile.

L’avis : Après un tome un peu décevant, puis un bien moins bon encore, j’avais peur qu’Ex Machina ne soit sur la mauvaise pente. Heureusement, ce tome 9, dernier avant la conclusion, redresse très nettement la barre.

L’ouvrage démarre doucement sur une touche d’humour, puisque BKV et Tony Harris se mettent eux-même en scène en tant que créateurs de comics postulant à la réalisation de la biographie en image de Hundred. C’est l’occasion de quelques clins d’œil savoureux, avec une jolie pirouette de fin écrite par Garth Ennis et dessinée par Jim Lee.

Vient ensuite un numéro spécial dont j’ai eu un peu de mal à comprendre le sens dans le contexte général de la série, mais qui se lit fort bien et, surtout, qui bénéficie d’un travail remarquable de John Paul Leon au dessin. Ca fait la deuxième fois que le bonhomme excelle sur Ex Machina et il faut bien dire que la prestation de Tony Harris pâlit en comparaison, même si les deux dessinateurs ne jouent pas dans le même registre. Je ne suis pas aussi critique que certains sur l’utilisation à outrance que Harris fait de la référence photo, mais c’est vrai que certaines cases passent moins bien que d’autres. Il y a par exemple un moment où Kremlin jette une haltère sur son écran de télé qui est particulièrement mal foutue.

Les quatre épisodes suivants forment le cœur de l’ouvrage. Hundred doit faire face à une nouvelle menace, ce qui l’oblige à remettre les mains dans le cambouis (ou plutôt dans les égouts). Parallèlement, le plan de Kremlin commence à aboutir, balayant au passage une grosse partie du mystère entourant l’origine des pouvoirs de Hundred. Certains regretteront peut-être que ce qui faisait l’intérêt de la série au départ, c’est-à-dire les problématiques politiques et sociétales que devaient gérer le maire de NYC, est quasi-absent de l’histoire, mais, personnellement, j’ai trouvé le scénario captivant et prometteur d’un final palpitant. Je conseillerais donc à ceux qui ont lâché la série en cours de route ou qui s’apprêtaient à le faire de raccrocher leur wagon à ce stade pour pouvoir profiter pleinement de la conclusion.

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The Winter Men

L’histoire : Durant le guerre froide, l’URSS a mené un programme de super-soldats avec à sa tête The Hammer of Revolution, une icône aux pouvoirs extra-ordinaires. En parallèle, des agents des forces spéciales russes, équipés d’armures à haute force de feu, formaient les Red-11. Bien des années plus tard, dans une Russie gangrénée au plus haut niveau par la mafia, The Hammer a disparu et les quelques survivants des Red-11 se sont reconvertis, chacun dans un registre différent. L’enlèvement d’un fillette récemment transplantée va renouer leurs destins.

L’avis : Certaines critiques sont plus difficiles à réaliser que d’autres. Celle de The Winter Men en fait partie, car j’avoue ne pas trop savoir par quel bout la prendre. Thématiquement déjà, il s’agit d’une histoire à plusieurs couches. Tantôt polar, tantôt thriller politique, le scénario fait la part belle au drame psychologique et au contexte social d’une Russie en décomposition. Les éléments superhéroïques ne sont là en fait qu’en toile de fond.

La structure du scénario est tout aussi complexe et inhabituelle, à l’image du rythme de publication que la série a connu lors de sa parution sous forme de fascicules. Les trois premiers épisodes, sorties mensuellement en 2005, forment un tout et racontent sous forme de compte-rendu fait à la CIA l’enquête du personnage principal sur la gamine disparue. Le quatrième épisode, probablement mon favori, est paru quelques mois plus tard. Il s’agit d’un interlude qui raconte 24 heures dans la vie de deux des personnages. C’est moralement ambigu, mais plutôt drôle. Encore un hiatus de quelques mois dans la publication et on a le droit cette fois à un épisode de guerre des gangs sous fond de corruption politique. Puis, il aura fallu attendre 3 ans pour avoir la conclusion de l’histoire. Cette fois, le mystère qui entoure The Hammer est éclairci, répondant au passage aux questions posées tout le long de la série.

Au global, mon sentiment est très mitigé. La narration est par moment totalement brillante, inventive, avec des scènes de dialogues délicieuses. La complexité et les ellipses du scénario font de l’ouvrage une lecture exigeante, qui prend du temps si on veut éviter de se perdre. Il y a bien quelques passages sur lesquels ma compréhension a buté, mais, dans l’ensemble, tout va bien jusqu’à l’épisode final, 40 pages où j’ai passé la moitié de mon temps à me demander la signification de ce que j’étais en train de lire. Trop de contenu, des transitions abruptes et des dialogues parfois obscurs. Bref, j’avais l’impression d’assister au déraillement fracassant d’un train lancé trop vite. C’est dommage, car ça a franchement gâché mon plaisir. Je me suis consolé avec le dessin de John Paul Leon, qui, lui, n’a pas faibli d’un iota tout le long de l’ouvrage. Je crois pouvoir dire que c’est l’un de ses meilleurs travaux, et ce n’est pas peu dire au vu des qualités du bonhomme. Rien que pour ça, l’achat se justifie.

Quelle note puis-je donc donner à The Winter Men ? Allons-y pour un B, mais c’est clairement la synthèse d’impressions extrêmement contrastées.

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Ex Machina vol. 8: Dirty Tricks

L’histoire : Une motarde masquée et sexy réalise des actions d’éclat au dépend de Georges Bush, peu de temps avant son passage à New York pour le congrès du parti républicain. Ce faisant, elle met en fâcheuse posture le maire, pour lequel elle semble avoir un petit faible.

L’avis : J’avais déjà le sentiment qu’Ex Machina était en perte de vitesse depuis le dernier tome, mais ce nouveau volume est plus décevant encore. Pour moi, Ex Machina était un habile mélange de politique, de questions de société et d’univers superhéroïque, avec quelques touches d’humour souvent bien senties. Cette fois, on a le droit à une espèce de farce burlesque avec au centre le personnage de Trouble, au look accrocheur, certes, mais qui ne fournit pas grand chose de substantiel. A côté de ça, on voit Mitchell Hundred sur ses chiottes en train de galérer à écrire ses discours ou encore un couple d’amants se faire surprendre en pleine partie de jambes en l’air au bureau. L’aspect politique se résume au positionnement de Hundred vis-à-vis du parti républicain de Bush et au risque que représenterait l’annulation de leur convention pour l’image du maire de New-York. Bref, quelques blagues de potache au milieu d’un scénario sans réel intérêt.

J’ai toujours trouvé que le travail d’Harris sur cette série était intéressant, ne serait-ce que parce que ça ne ressemble à rien d’existant sur le marché, mais il faut bien dire que le côté roman-photo qui caractérise ses planches n’est pas toujours du meilleur effet. Ici, le problème m’a semblé plus aigu que d’habitude, avec en particulier des postures caricaturales lors des scènes les plus exubérantes, mais c’est peut-être les faiblesses du scénario qui rejaillissent sur le dessin.

Le parallèle entre ce tome et le précédent continue, puisque, cette fois encore, l’ouvrage se termine par un épisode qui se suffit à lui-même. Il s’agit cette fois de Masquerade, un numéro spécial initialement publié en 2007, qui porte sur le droit à manifester masqué (ça ne vous rappelle pas une certaine loi anti-foulard chez nous ?), avec en toile de fond la question pour Hundred d’interdire ou pas une manifestation du KKK à New-York. Le scénario nous livre aussi un éclairage sur les premiers jour d’Hundred après l’accident qui lui a donné ses pouvoirs, avant même qu’il n’endosse son costume de héros. C’est très finement écrit, passionnant et, ce qui ne gâche rien, remarquablement illustré par John Paul Leon. Bref, c’est tout ce que l’arc Dirty Tricks n’est pas, ce qui donne d’autant plus de regret.

Pour conclure, vous aurez compris que mon enthousiasme vis-à-vis de la série a grandement diminué. Cela dit, je continuerai à la lire jusqu’à la fin, annoncée par Brian K. Vaughan au n°50 (encore 1 ou 2 TPB donc). La dernière planche avant Masquerade revient d’ailleurs au personnage de Kremlin qui déclare que nous en sommes « là où la fin commence ». Ca me va très bien. Il était temps que BKV conclue l’affaire et, comme il a prouvé avec le dernier tome de Y The Last Man qu’il savait conclure ses séries au long court, je suis optimiste pour la suite.

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Ex Machina vol. 7: Ex Cathedra

L’histoire : Mitchell Hundred est invité à Rome pour une audience avec le Pape. Pendant qu’il s’interroge sur la signification qu’une telle visite peut avoir pour lui, un mystérieux assassin russe compte transformer la rencontre en tuerie.

L’avis : Ex Machina continuent de reposer sur ce qui fait sa force depuis le début : le concept original du super-héros devenu maire de New York, une structure narrative solide et efficace, des dialogues souvent très bons et la constance du dessin de Tony Harris, à conditions toutefois de ne pas être allergique à l’usage qu’il fait de la référence photo. Tout cela fait de Ex Cathedra un épisode agréable à lire. Malgré tout, j’ai ressenti une certaine frustration à la lecture de ce volume, et ce pour deux raisons.

Tout d’abord, je m’attendais à ce que Brian K. Vaughan attaque de front la question des relations entre religion et politique aux Etats-Unis. Or, c’est à peine effleuré. Le scénario concerne plus l’ambivalence personnelle de Mitchell Hundred vis-à-vis de la religion, ainsi que les interrogations du Vatican sur l’être surnaturel qu’il est. En soi, ça ne fait pas une mauvaise histoire, mais j’attendais quelque chose de plus substantiel sur le plan politique.

Le deuxième raison est peut-être plus sérieuse, car elle touche au cœur de la série. L’intrigue principale d’Ex Machina, en dehors des différentes questions de sociétés que la série aborde, réside dans l’origine des pouvoirs de Hundred. L’information a tout d’abord été délivrée au compte goutte, essentiellement au travers de la présentation de Pherson, dont les pouvoirs ressemblent étrangement à ceux de notre héros. Dans le dernier tome, l’apparition du voyageur dimensionnel a fait avancer le schmilblick un peu plus. A ce stade, j’avais très envie d’en savoir plus. Or, on n’apprend rien du tout sur ce plan dans Ex Cathedra. En termes de nouveauté, on a le droit à la place à l’introduction d’un nouvel ennemi, puisqu’ils semblerait que le gouvernement russes en ait après Hundred. A noter d’ailleurs que la façon dont l’assassin russe s’en prend au héros ne tient pas debout. Bref, le scénario est assez décevant sur ce point. J’espère que l’intrigue principale avancera un peu plus dans le prochain tome.

Je termine quand-même sur une note positive, car le dernier épisode du TPB est tout simplement excellent. Il raconte l’histoire du commissaire Angotti, depuis son enfance jusqu’à l’arrivée de Mitchell Hundred dans le siège de la mairie de NY, en passant par l’échec de son mariage. Le scénario est dense et remarquablement bien exécuté. Pour la peine, c’est du grand Ex Machina qui fait vite oublier les faiblesses de l’histoire qui précède.

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Stormwatch: PHD vol. 2

L’histoire : La Post Human Division quitte son commissariat de quartier pour aller rendre visite à Stormwatch Prime. Les deux équipes diffèrent sur à peu prêt tous les plans, mais Jackson King souhaitent les confronter pour qu’ils se nourrissent des forces et des faiblesses des uns et des autres. La mayonnaise prend plus ou moins bien jusqu’à ce qu’un des membres se fasse tirer en pleine tête. L’enquête débute alors pour déterminer qui est l’auteur du crime, sachant qu’il ne peut se trouver qu’au sein d’une des deux équipes.

L’avis : Le vol. 1 de cette série a été un véritable plaisir à lire. Christos Gage avait réussi à créer une galerie de personnages éclectiques, originaux et pleins de potentiel, tant dans leur individualité qu’en groupe. Doug Mankhe, au dessin, avait su leur donner corps de façon remarquable, avec tout le talent qu’ont lui connait. Malheureusement, il est remplacé pour ce second et dernier tome par Andy Smith et on assiste à un carnage. C’est un dessinateur sans personnalité qui s’était fait connaitre comme la doublure de Bart Sears, un dessinateur à la mode durant les années 90. Déjà, il ne s’exprimait pas par son originalité, mais j’avais le souvenir qu’il avait au moins le mérite d’être un technicien honorable. Visiblement, j’étais indulgent à l’époque, car on a le droit ici à des faux-pas à répétition : angles de vue inadaptés, postures étranges, expressions faciales décalées. Les petites donzelles bien roulées qui traversent l’histoire sont loin de faire oublier toutes ces lacunes. Côté scénario, la chute de niveau n’est pas aussi grande, mais on sent tout de même que Gage marque le pas. Je ne sais pas si c’est le manque de succès commercial de la série, son interruption prématurée ou le manque d’émulation dû au changement de dessinateur, mais la qualité du script est nettement en baisse. La série prend d’ailleurs par moment un tour plus orienté vers l’enquête policière, dont un épisode au parfum d’Agatha Christie. J’ai trouvé ça vraiment peu inspiré. Il reste quelques bons moments qui laissent un goût de regret. Si cette série avait trouvé son public dès le début de sa parution, on aurait peut-être eu droit à un grand run de Stormwatch, comme il y en a eu auparavant. Tant pis ! En attendant, je ne saurais trop vous recommander d’investir dans le premier tome, qui se lit très bien tout seul, et d’éviter le second.

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Pour acheter : le premier tome

The Highwaymen

L’histoire : En 2021, Monroe et McQueen sont d’anciens agents pas si secrets que ça qui devraient être à la retraite. Mais, un cambriolage dans un bâtiment sécurisé quelque part dans le Bronx déclenche une procédure vieille de 30 ans. Il semblerait que le défunt président Clinton ait laissé dans la nature du temps de son mandat une jeune femme qui pourrait être une formidable arme de destruction massive. A charge pour les deux agents de la retrouver et de l’escorter en lieu sûr.

L’avis : Après Monster Attack Network, Marc Bernardin et Adam Freeman nous servent à nouveau une histoire rocambolesque qui va à 100 à l’heure. Le fond de l’histoire est différent, mais la recette est la même : de l’action, des effets spéciaux, de l’humour et des répliques qui percutent, avec une pointe de violence pour relever le tout. C’est du divertissement pur, sans prétention, et ça fonctionne globalement bien. Cela dit, c’est complètement invraisemblable, et, même si ça ne se veut pas crédible, c’est parfois un peu too much. Idem pour les dialogues. J’ai toujours eu un peu de mal avec les gars qui s’échangent des vannes alors qu’ils sont en train de frôler la mort, à la Die Hard. Tout ça m’a fait lever les yeux au ciel plusieurs fois pendant ma lecture. Côté dessin, Lee Garbett fait du sous-Frank Quitely. Dit comme ça, c’est un peu dur, car, même si c’est vrai que le dessin n’est pas particulièrement original, ça reste du bon boulot, dynamique et efficace. Tout ça fait un comics assez plaisant, mais qui ne vole pas bien haut. A garder pour un jour où vous avez débranché le cerveau.

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Ex Machina vol. 6: Power Down

L’histoire : L’arrivée d’un étrange barbu en scaphandre provoque une massive coupure d’électricité à New York. Mitchell Hundred doit donc gérer la crise en tant que maire de la ville, mais également sur un plan plus personnel. En effet, il semble que l’énergumène électrovore a des liens avec la source des pouvoirs de notre héros.

L’avis : Pas de réelle dimension politique pour ce nouveau chapitre dans l’histoire de l’ex-superhéros devenu maire de New York, contrairement aux précédents (dépénalisation des drogues, mariage homosexuel, etc.). L’intrigue tourne essentiel- lement autour du nouveau venu par qui pourrait arriver des réponses quant à la nature des pouvoirs de Mitchell. La série perd donc (temporairement) de son originalité, mais je dois bien dire que ça n’a pas gâché mon plaisir. Ca reste du BKV, avec le talent de conteur qu’on lui connait. Côté dessin, il y a toujours un petit côté roman photo qui me chiffonne, avec ses poses un peu statiques, propres à l’utilisation à outrance de la référence photo. Mais il faut bien dire que Tony Harris fait ça avec beaucoup de talent, et aussi beaucoup de constance. Pas le moindre signe de baisse de régime depuis le début de la série, et pourtant il y a à l’évidence une sacrée dose de boulot pour chaque épisode, vu le soin apporté à l’encrage. La réussite tient surement dans le plaisir qu’on les auteurs à collaborer. Le bonus du TPB, qui montre les coulisses de la réalisation du comics, donne clairement cette impression en tout cas.

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