Batman vol. 2: The City of Owls

Le pitch : Bruce Wayne se fait attaquer par la Cour des Hiboux jusque dans la Batcave et va découvrir que cette société touche de très près ses proches.

L’avis : Me voilà bien perplexe suite à la lecture du deuxième tome de la série régulière Batman reprise et corrigée (façon new 52) par Scott Snyder. D’un côté, impossible de nier la qualité de l’exécution de ce comics bourré d’énergie. C’est bien écrit, fort joliment illustré, ce qui fait un récit plaisant à lire sur le plan formel. Oui, mais je suis quand-même très gêné par un certain nombre de choses qui touchent à l’essence même du personnage de Batman. Déjà, nombres d’éléments du scénario ne sont pas crédibles pour un sou, car Batman est ici une espèce de surhomme capable d’encaisser des coups qui abattraient un bataillon tout entier. Lorsqu’il est attaqué et surclassé par une pelleté d’ennemi, la solution réside dans une armure surpuissante. Son identité secrète, un détail voyons, tout le monde sait où se trouve la Batcave. Mais où est donc le détective, l’homme de l’ombre qui résout les difficultés grâce à son intelligence plutôt que par la force ? Si on ajoute à ça un nouveau personnage qui bouleverse ce qu’on sait des parents de Bruce Wayne (sans parler du père d’Alfred), tout ça pour faire mousser cette Cour des Hiboux fraichement sortie du chapeau de Snyder, me voilà bien septique. Alors oui, c’est bien réalisé, mais le manque de crédibilité et la violence faite à ce qui définie l’icône Batman fait que j’ai beaucoup de mal à adhérer. A ce stade, j’hésite franchement à poursuivre.

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Conan vol. 13: Queen of the Black Coast

Le pitch : Conan échappe par la mer à la justice de la cité d’Argos et tombe rapidement sur le vaisseau puis dans les bras de Bêlit, redoutable reine pirate.

L’avis : Autant le dire d’entrée, je ne suis pas particulièrement fan de Conan. Malgré cela, Dark Horse a réussi à me faire acheter quatre TPB lorsque Kurt Busiek et Cary Nord ont repris le personnage en main il y a déjà quelques années. J’ai fini par me lasser, sans surprise. La série est passée de mains en mains et voilà qu’ils me refont le coup du tandem d’auteurs auquel il est difficile de résister, en l’occurrence Brian Wood et Becky Cloonan.

De fait, je n’ai pas été déçu par cette nouvelle collaboration entre les deux compères. Brian Wood est visiblement très à l’aise avec le personnage. Il nous donne accès à son ressenti au travers d’une voix off très présente, comme il sait bien le faire, avec des émotions plutôt inhabituelles chez ce Conan encore jeune, comme la peur et la passion amoureuse. Becky Cloonan, que je n’aurais a priori pas trop vu sur ce titre, illustre tout ça avec beaucoup d’énergie mais aussi de finesse, montrant encore une fois ses qualités d’artiste protéiforme. Rajoutez à ça les couleurs splendides de Dave Stewart et vous avez un trio gagnant. Sur la seconde moitié du bouquin, c’est James Harren, déjà aperçu sur B.P.R.D., qui reprend le flambeau. C’est moins fin, plus brutal que Becky Cloonan, mais ce n’est pas vraiment un problème, car le scénario fait la part belle à la violence.

A défaut d’être véritablement original, tout ça fait une très bonne lecture que je vais très probablement prolonger d’un tome pour conclure l’histoire avec Bêlit. Ensuite, rien n’est moins sûr, car, quand-même, ça reste du Conan.

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Swamp Thing vol. 2: Family Tree

Le pitch : Alec et Abigail, main dans la main, affrontent diverses incarnations du Rot.

L’avis : Après une mise en route que j’ai trouvé diablement efficace, le Swamp Thing de Scott Snyder marque franchement le pas. Pourtant, ce deuxième tome n’est pas sans qualité. Dans l’ensemble, c’est solidement écrit et très bien illustré. Il faut dire que l’ouvrage est servi par une belle brochette de dessinateurs qui, certes, n’ont pas grand chose à voir les uns avec les autres (à l’exception de Paquette et Rudy qui travaillent main dans la main), mais qui délivrent tous un travail à la hauteur de leur talent.

Le problème réside surtout pour moi dans l’intrigue que j’ai trouvé loin d’être passionnante. Ça commence par Swamp Thing qui vole au secours d’Abigail tombé entre les mains de Sethe. De la passion amoureuse, quelques jolies scènes d’horreur, puis une grosse baston qui s’étale sur un bon nombre de pages et c’est plié. Ensuite, revoilà Anton Arcane, le némésis de Swamp Thing et tonton d’Abigail. De la passion amoureuse, quelques jolies scènes d’horreur et une grosse baston… euh, tiens, ça me rappelle quelque chose… Ensuite, on retrouve encore Alec, Abigail et Arcane à des époques et dans des circonstances différentes, mais tout sonne toujours un peu pareil. Ce manque de relief et de réelle surprise, couplé au fait que je trouve Snyder peu convaincant quand il parle d’amour (comme dans American Vampire) ont fait que je me suis quand-même pas mal ennuyé.

Très clairement, je n’ai pas très envie de lire la suite. Oui, mais je vais la lire quand-même, d’une certaine façon, car j’ai déjà commandé le prochain tome d’Animal Man, première partie du crossover entre les deux séries. La question maintenant est de savoir quel scénario va l’emporter : vais-je lire le prochain Swamp Thing grâce à Animal Man ou vais-je lâcher l’affaire, auquel cas Swamp Thing a toute les chances d’entrainer Animal Man dans sa chute. Réponse d’ici quelques semaines.

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Northlanders vol. 5: Metal and Other Stories

L’histoire : Le capitaine d’un navire marchand cherche à découvrir de nouveaux territoires ; un forgeron part en croisade contre les missionnaires chrétiens et pour les beaux yeux de sa belle ; un vieil homme découvre le corps d’une jeune fille inconnue dans un lac gelé.

L’avis : Ce nouvel opus de Northlanders commence plutôt bien par une histoire courte en un seul épisode. On y suit le capitaine d’un navire marchand qui se sent stagner dans les limites du commerce qu’il a l’habitude de pratiquer. Pris d’un désir d’aventure, il va entrainer son équipage dans un voyage vers la folie et la mort autant que vers de nouveaux rivages. Le scénario ne manque pas d’intérêt et la mise en scène de Fiona Staples est intéressante. Une bonne mise en bouche, donc.

Le plat de résistance arrive sous la forme d’un récit à la Bonnie & Clyde qui a ses qualités et ses défauts. Tout ce qui concerne la main mise de la chrétienté sur les territoires viking et la façon dont les personnages réagissent, qu’ils accompagnent ou qu’ils s’opposent, donne du grain à moudre au lecteurs. Pour le reste, on a le droit à une dose de romance, de surnaturel (une première pour Northlanders) et de grosses bastons. Je suis un peu resté sur ma faim après la conclusion. Côté dessin, Burchielli semble moins à l’aise que sur DMZ. Ce n’est pas désagréable à lire, mais ça manque parfois de finesse (ok, on est dans un monde de vikings, mais tout de même).

Le meilleur arrive à la fin avec deux épisodes narrant l’histoire d’un vieil ermite qui découvre une jeune femme congelée dont il ignore tout, mais dont l’histoire va finir par le rattraper. Brian Wood réussi cette fois à brosser une histoire prenante, très bien écrite, avec une réelle qualité émotionnelle. Il est aidé en cela par Becky Cloonan, remarquable pour l’expressivité de ses personnages et la fluidité de sa narration. Très clairement une des meilleures histoires de la série jusqu’ici.

Le bilan de tout cela, c’est que Northlanders conserve son rang. Sans jamais faire un sans faute, la série nous livre de très bons moments de lecture. J’ai presque envie de dire que c’est ce qui caractérise la production de Brian Wood en général. Un auteur doué, rarement totalement satisfaisant, mais capable d’instant de brillance et c’est déjà pas mal.

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Demo vol. 2

L’histoire : Celles de six jeunes adultes, chacun ayant une faculté hors du commun avec laquelle il ou elle doit composer.

L’avis : Si vous cherchez des informations sur Demo, vous tomberez certainement sur des résumés disant qu’il s’agit d’une série sur des jeunes adultes dotés de superpouvoirs, mais traitée de façon très réalistes, sorte de X-Men version indé. Il n’y a rien de moins vrai. Certes, c’était l’idée initiale de Brian Wood et Becky Cloonan, mais ils s’en sont très vite écartés. Dans bien des épisodes, le pouvoir en question n’est qu’un trait de personnalité, une névrose qui habite la vie des personnages. Ce second volume est à ce titre dans la lignée du premier.

Pas de surprise non plus en ce qui concerne les scénarios. Il s’agit avant de récits très introspectifs, souvent racontés à la première personne avec une certaine économie de mots. Brian Wood excelle dans ce genre d’exercice et je lui reconnais encore une fois de réelles qualités d’écriture. En revanche, sur le fond, c’est plus inégal. Si certaines histoires fonctionnent très bien, la dernière en particulier, d’autres m’ont laissé avec l’impression d’un certain manque de substance.

Cela dit, le plus gros atout des deux tomes de Demo est sans conteste le dessin de Becky Cloonan. Sur le premier tome, elle m’avait impressionné par sa versatilité, chaque histoire étant abordée dans un style bien différent des autres, avec parfois des emprunts au manga. Sur le volume 2, le style est plus resserré. Certes, il y a des nuances selon les épisodes, mais la ligne directrice est beaucoup plus marquée. Si on perd en variété, on gagne en qualité, et ce n’est pas peu dire, car la barre était déjà très haute sur le premier opus. Cette fois, j’ai carrément été ébloui par la qualité du trait de l’artiste, mais aussi par sa capacité à véhiculer les émotions des personnages. Vraiment du très, très beau travail.

Bref, encore une lecture très recommandable. Je ne vous garantis pas que tous les scénarios seront à votre goût, mais vous devriez tout de même trouver votre bonheur, ne serait-ce qu’au travers du dessin de Becky Cloonan.

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