Mouse Guard: Legends of the Guard vol. 2

Le pitch : June Alley organise un nouveau concours de contes dans sa taverne avec pour récompense pour le gagnant l’ardoise de l’année effacée.

L’avis : Malgré la vraie déception que m’avait procurée le premier volume de Legends of the Guard, je n’ai pas résisté à l’envie d’acheter son successeur, tellement j’aime l’univers de David Petersen. Pendant la première moitié de l’ouvrage, j’ai bien cru que mon impression allait être la même : un enchainement de récits trop courts et pas toujours très inspirés ne font pas un bon recueil. En plus, j’ai trouvé les dessins un cran en dessous de ceux du premier tome, avec des styles graphiques pas toujours adaptés à Mouse Guard. Cependant, à partir du récit d’Eric Cannete et jusqu’à la fin, j’ai nettement plus apprécié, comme si David Petersen avait gardé ses meilleurs cartouches pour la fin. Malgré tout, les scènes de transition prises en main par Petersen lui-même surnagent au milieu de tout, ce qui démontre encore plus tout le talent du bonhomme. Alors voilà, très clairement, ces Legends of the Guard n’ont pas le souffle de la série dont ils dérivent, mais ça vaut tout de même le détour.

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Mouse Guard: Legends of the Guard vol. 1

L’histoire : June Alley organise un concours parmi les clients de sa taverne. Celui qui racontera la meilleure histoire, ni totalement vraie, ni totalement imaginaire, verra son ardoise effacée.

L’avis : Les habitués de la maison auront peut-être retenu mon enthousiasme débordant pour Mouse Guard, en particulier le second tome. Alors, lorsque David Petersen a décidé d’ouvrir les portes de son œuvre à d’autres auteurs et artistes, je me suis dis pourquoi pas, et lorsque j’ai vu la liste des contributeurs, j’ai senti mes babines sur le point de déborder. Il faut dire qu’il y a du très beau monde : Gene Ha, Jason Shaw Alexander, Guy Davis, Terry Moore, Ted Naifeh, Karl Kerschl et j’en passe. De fait, sur le plan graphique, on s’en prend plein les yeux. A une exception près (que vient donc faire Katie Cook dans cette histoire ?), on oscille entre le très bon et le splendide. En revanche, côté scénario, passez votre chemin, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. La plupart des mini-récits reposent sur des scénarios qu’on peut résumer en 2 lignes, et c’est souvent assez creux, voire franchement ennuyeux. En d’autres termes, il s’agit plutôt d’excuses pour donner l’occasion aux artistes de s’exprimer, plutôt que de véritables histoires. Dans cette affaire, ce sont les transitions entre récits, que David Petersen prend en charge et qui forment le fil conducteur de l’ouvrage, qui sont les plus intéressantes. Tout ça est fort dommage et je ne recommanderais donc Legends of the Guard qu’aux amateurs de belles planches. Si vous ne connaissez pas Mouse Guard, jetez vous sur Fall 1152 et Winter 1152. Là, vous allez vous régaler.

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Noir

Cela faisait un moment que je ne m’étais pas mis une anthologie sous la dent, mais difficile de résister à ce recueil proposé par Dark Horse, non seulement parce qu’il s’agit de polar noir, un genre que j’apprécie particulièrement, mais surtout à cause de l’impressionnante brochette d’artistes impliqués dans l’affaire.

L’ouvrage commence d’ailleurs très fort avec un morceau de Stray Bullets par David Lapham. C’est intense comme aux grands jours de cette série mythique et on ne peut que se demander pourquoi elle est en hiatus depuis si longtemps. La conclusion est également réjouissante grâce au clin d’œil final de Brian Azzarello à DC Comics et au dessin toujours délicieux des frères Bá et Moon. Entre ces deux pièces, les contributions sont globalement satisfaisantes. Je ne taxerai pas le recueil d’inégal, car on ne peut pas dire qu’il y ait de vilains petits canards au milieu de l’ensemble, mais certaines perles brillent moins qu’elles ne devraient. Même le Criminal de Brubaker et Philips, pourtant dans un noir et blanc qui lui sied parfaitement, se termine trop vite. C’est d’ailleurs le reproche qu’on peut faire à beaucoup des histoires qui composent l’ouvrage : elles laissent un goût de trop peu en bouche. Restent quelques bonnes raisons d’acheter : les dessins splendides de Kano, la narration osée d’Alex de Campi, des découvertes intéressantes, comme les frères Fillbäch ou encore Hugo Petrus, et j’en passe.

Au final, je dirais qu’il ne s’agit probablement pas d’une lecture indispensable, mais je recommande sans hésiter aux fans du genre ce sombre mille-feuille imbibée de meurtre. Ils devraient y trouver leur compte.

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Flight vol. 6

Pour la première fois, Flight déçoit. La recette n’a pourtant pas changé, mais je n’ai cette fois pas trouvé mon compte au milieu de cette collection d’histoires courtes (quoique certaines moins courtes que d’autres, et pas forcément les meilleures).

L’ouvrage démarre par l’habituelle Saga of Rex de Michel Gagné. Je sais que certains sont fans. Personnellement, je trouve un peu ennuyeux à la longue cette épopée SF mystico-romantique. Qu’à cela ne tienne, la suite est beaucoup plus réjouissante. JP Ahonen, comme dans le tome précédent, fournit une des meilleures histoires, cette fois celle, hilarante, d’un ninja au chômage. Suis un épisode de Daisy Kutter de Kazu Kibuishi, puis une nouvelle tranche de rigolade par Graham Annable, suivi d’un western sans grand scénario mais bien foutu par le français Rodolphe Guenoden.

Ça, c’était le pain blanc. A partir de là, je me suis royalement ennuyé. Ça commence par un micro-épisode de SF sans intérêt. Ensuite viennent 42 pages d’une poésie laborieuse même pas jolie à regarder, servie par Cory Godbey. La contribution suivante est mieux illustrée, mais tout aussi insipide. Il y a un petit mieux avec le Kidnapped de Rad Sechrist, puis suivent six histoires pour l’essentiel destinées aux enfants et globalement sans grand intérêt.

Au final, si on fait le compte, ça fait un gros quart de l’ouvrage réellement enthousiasmant. Trop peu pour que j’achète le prochain tome les yeux fermés, comme ça a toujours été le cas jusqu’ici pour les Flight.

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Popgun vol. 2

Deuxième cuvée de Popgun, toujours au format nabuchodonosaure (470 pages) et aux cépages variés. Mon sentiment est au final très similaire à celui que j’ai eu à la lecture du premier : il y a du bon et du moins bon, et le moins bon pèche par manque de scénario. Malgré tout, Popgun vol. 1 m’avait laissé une impression nettement positive, car les bonnes pépites étaient suffisamment nombreuses et enthousiasmantes. C’est nettement moins le cas ici. L’indigence de certains scénarios, et surtout leur succession, rendent l’ensemble plutôt passable. Restent quelques très bonnes contributions, pour l’essentiel regroupées à la fin de l’ouvrage, et qui méritent le détour.

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Flight vol. 5

Cinquième opus du recueil d’histoires courtes édité par Kazu Kibuishi. Comme d’habitude, une collection d’artistes, principalement d’Amérique du Nord, mais pas seulement (il y a même plusieurs français), proposent un florilège de bande-dessinée tout-à-fait intéressant. Les meilleures contributions sont souvent les plus longues. Sans entrer dans le détail, je citerai juste celles de Tony Cliff, Reagan Lodge, Sonny Liew et JP Ahomen parmi mes préférées. Je vous renvoie au lien ci-dessous pour voir de quoi il s’agit. Autour de ces grosses pépites, on trouve plusieurs essais de style, souvent très beaux à regarder, mais pas toujours au service d’un scénario substantiel. C’est un peu habituel dans les Flight et dans les anthologies en général. Je ne m’en plains pas. En revanche, j’ai un peu regretté la couleur très naïve de certaines contributions clairement orientées vers les enfants. Les histoires de Dave Roman et Kean Soo en sont les meilleurs (pire ?) exemples. Ca n’a rien de surprenant venant de Kazu Kibuishi, très porté vers ce genre de chose. Je vous avais déjà parlé de Amulet. Il a également commencé à éditer une série parallèle à Flight, intitulée Flight Explorer, et destinée au plus jeunes. Je m’attendais donc à voir la série mère se focaliser sur des récits plus adultes et ce n’est pas le cas. C’est un peu dommage. Malgré tout, Flight continue à offrir de très bons moments et je ne boude pas complètement mon plaisir.

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Tales of the Fear Agent

L’histoire : Quelques-unes des premières aventures de Heath Huston, exterminateur d’aliens en tout genre, tombeur de femmes et alcoolique notoire.

L’avis : Ce volume regroupe plusieurs histoires initialement présentées en back-up de la série régulière ou en one-shot. Les meilleurs morceaux sont les plus longs (une vingtaine de pages chacun), tous écrits par Rick Remender et illustrés par Kieron Dwyer, Eric Nguyen et Francesco Francavilla. On y retrouve tout ce qui fait le succès de Fear Agent : de la SF tendance rétro, bourrée d’action, assez légère en apparence, mais avec en toile de fond la douleur et la solitude du personnage principal. Les autres histoires sont prises en charge par d’autres scénaristes. Ce sont essentiellement de brefs instants (8 pages) de pure comédie, pas toujours très inspirés, mais souvent bien illustrés. Au final, je dirais que le recueil est un complément honnête à la série régulière. N’hésitez pas si vous êtes fan. Si, au contraire, vous avez envie de goûter pour la première fois aux aventures de Heath Huston, tournez vous plutôt vers le premier volume de la série.

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Popgun vol. 1

L’histoire : Il s’agit du recueil de plus de 50 histoires courtes en tout genre. Vous ne croyez pas que je vais toutes vous les résumer ? ;-)

L’avis : Après les Flight et les 24Seven, Image comics prend décidément l’habitude de produire des recueils de ce type. Cette fois, il ont fait dans le mastodonte avec ce pavé de plus de 450 pages. En plus de la taille, Popgun se distinguent des autres recueils par un plus grand éclectisme en termes de style et de contenu. Les éditeurs du volume, Mark Andrew Smith et Joe Keatinge, décrivent leur bébé comme une cassette de mix où ils se sont fait plaisir en regroupant des gens qu’ils aiment bien, tout simplement. Les florilèges composés de cette façon sont souvent assez inégaux et Popgun ne déroge pas à la règle. Il y a du bon et du moins bon. Il n’y a pas grand chose à dire à propos du moins bon. La plupart du temps, il s’agit de quelques pages sans scénario, ou alors avec un semblant de scénario qui en fait n’est qu’une excuse donnée au dessinateur pour s’exprimer. Personnellement, ça me laisse une impression de vide à chaque fois et je passe très vite à l’histoire suivante. Quant au meilleur de Popgun, il se partage entre les contributions d’auteurs déjà bien installés et celles d’illustres inconnus. On y trouve par exemple Mike Allred, Jim Mahfood, Andy Khun, Erik Larsen, Jonathan Hickman et bien-sûr Mark Andrew Smith lui-même. Ce dernier gratifie le livre de plusieurs histoires, à chaque fois accompagné de très bon dessinateurs. Parmi eux, Dan Hipp, avec qui il reprend les Amazing Joy Buzzards, en couleur cette fois, et je me suis régalé comme d’habitude. Mais les meilleures surprises m’ont été offertes par des auteurs dont je n’avais jamais entendu parler. Difficile de les citer tous, mais je retiendrais avant tout Sheldon Vela et son Supertron, ainsi que Matthew Weldon qui, dans deux styles très différents, a fait un superbe boulot sur The New Brighton Archeological Society et Ellie saves the world. Je me souviendrai de son nom, c’est sûr. Au final, le moins bon pèse un peu sur l’impression d’ensemble, mais le meilleur fait que je suis prêt à signer pour le volume 2, prévu pour cet été.

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The Art of Matt Wagner’s Grendel

Grendel est l’une de mes séries culte, probablement le comics le plus important à mes yeux, et je n’ai pas manqué de me jeter sur ce nouvel Artbook qui y est consacré. Le recueil d’illustrations balaye l’ensemble de la saga Grendel. On y trouve donc beaucoup de dessins et peintures de Matt Wagner, mais pas seulement, puisque de nombreux artistes ont prêté leur talent à Grendel. J’aurais aimé vous faire suivre un parcours illustré, comme pour le Process Recess de James Jean, mais je n’ai malheureusement pas trouvé grand chose, mis à part le maigre preview fourni par Dark Horse. Je vais donc plutôt vous en dire deux mots. Tout d’abord, la production est sans reproche, notamment la reliure et la qualité du papier qui rend justice aux 200 pages illustrées. Splendide ! Les illustrations sont présentées dans l’ordre chronologique des épisodes de la série, alternant reproduction de couvertures, de planches intérieures et de dessins issus des collections personnelles de Matt Wagner, de l’éditrice Diana Schutz et de quelques autres privilégiés. Tout ça est commenté, bien sûr, mais avec parcimonie et c’est très appréciable, car les parties textuelles ne viennent pas interrompre trop lourdement le parcours de l’ouvrage. Pourtant, on apprend beaucoup de choses sur les intentions de l’auteur et sur les choix artistiques qui ont été fait à certains moments. Le livre commence fort logiquement par une large section consacrée à Hunter Rose, le Grendel original (75 pages environ). Plus étonnamment, la section dédiée à Christine Spar est elle aussi assez longue (20 pages) et le côté « sexy » du personnage ressort très fortement. Pas désagréable, ma foi. Ensuite viennent les parties dédiées à Brian Li Sung (beaux dessins de Bernie Mireault), Eppy Thatcher (complètement psyché quand John K. Snyder III s’y colle), Orion Assante (lorsque Grendel évolua du statut de personnage à celui de concept sous-tendant un système dictatorial), puis Grendel Prime (30 pages tout de même, justifiés par la popularité du personnage). Enfin, l’ouvrage de termine par quelques dessins originaux produits spécialement pour l’occasion par quelques stars du moment. Au final, un très bel ouvrage pour les fans de la série, ou plus largement pour ceux qui ont envie de se régaler les yeux avec des images splendides. La seule vraie fausse note à mon goût, et c’est un comble pour un artbook, réside dans le choix de la couverture, aussi morbide que peu réussie.

Pour voir : click, mais ce n’est pas du tout représentatif de l’ouvrage dans son ensemble.
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24Seven vol. 2

Tout comme le premier volume, ce recueil d’histoires courtes met en scène des robots dans des mondes entièrement mécaniques, mais où les sentiments sont bien humains. Parfois, ça donne lieu à des idées plutôt originales. Souvent, il faut bien dire que les scénaristes se contentent d’exploiter le concept à minima, en racontant des tranches de vie humaine, sauf que les protagonistes sont des robots. Cela dit, pourquoi pas, si ça reste de bonnes histoires, et, de façon générale, ça tient bien la route. C’est au niveau du dessin que ce recueil excelle. Des artistes confirmés côtoient d’illustres inconnus. Très peu de fausses notes en tout cas, et pas mal de planches vraiment enthousiasmantes. On s’en prend plein les mirettes.

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