Punisher: Franken-Castle

L’histoire : Frank Castle se fait découper façon puzzle par Daken. Une société de monstres vivant dans les égouts récupère et recoud les morceaux du corps avec l’idée de lancer ce drôle de monstre de Frankenstein contre ceux qui veulent les exterminer.

L’avis : Après une prise en main réussie et un second tome très décevant, j’étais curieux de voir ce que Remender allait nous proposer avec son concept de Punisher-Frankenstein. Sur le papier, ça avait tout pour être jubilatoire et, dans l’ensemble, il faut bien dire que l’exécution est à la hauteur des attentes.

Tout commence par l’épisode Dark Reign: The List – Punisher qui n’a aucune autre ambition que de montrer le Punisher se faire découper en rondelle par Daken. Un scénario d’une ligne, donc, et des dessins de John Romita Jr. Je ne suis pas un de ses plus grands fans, mais j’apprécie tout de même son travail et ça faisait tellement longtemps que je ne l’avais pas vu à l’œuvre que j’y ai pris un plaisir certain.

Passé cette rapide introduction, les choses sérieuses commencent. Enfin, quand je dis sérieuses, c’est façon de parler. Bien entendu, étant donné le concept, c’est plus un gros délire qu’autre chose. Cela dit, Remender ne joue pas tant que ça la carte de l’humour. C’est surtout pour lui l’occasion de créer des scènes d’action et de baston plus percutantes les unes que les autres, frôlant souvent le gore. Le récit est très rythmé, pas franchement cérébral (comme on pouvait s’y attendre), mais réussi sur le plan narratif. Je me suis d’autant plus laissé embarquer que Remender est accompagné par son compère Tony Moore. Les deux hommes s’entendent très bien et ça se voit. Je dirais même que Tony Moore n’a jamais été aussi bon. Autant dire que c’est un régal pour les yeux. Lorsqu’il doit passer la main faute de pouvoir enchainer les épisodes, aucun soucis, car ses doublures ne sont pas des manches. Roland Boschi est même carrément brillant par moment. Jefte Palo ne démérite pas non plus, même s’il est clairement un cran en dessous des deux autres gaillards. Bref, toute cette belle équipe réussit haut la main le pari de faire de Franken-Castle une histoire distrayante, pleine d’énergie et visuellement réussie.

Si le TPB s’arrêtait à l’épisode 19, l’ouvrage aurait probablement hérité d’un A. Malheureusement, il se conclut par un cross-over avec la série Dark Wolverine qui vient gâcher l’impression d’ensemble. Les deux épisodes écrits par le tandem Daniel Way/Marjorie Liu et dessinés par Stephen Segovia paraissent bien fades en comparaison de ceux écrits par Rick Remender. On ne peux malheureusement pas vraiment se consoler de ce côté là non plus, car le dernier épisode du cross-over a visiblement été réalisé dans une urgence absolue, Tony Moore se faisant assister de Paco Diaz et John Lucas. Certaines planches sont tellement bâclées que ça fait mal aux yeux. Heureusement, on ne termine pas sur cette mauvaise note, puisqu’il reste encore un épisode de conclusion, correctement mis en scène par Dan Brereton, et qui boucle la boucle en redonnant à Frank Castle son corps d’origine.

Le Punisher ne gardera de toute cette histoire que des traces de sutures. Le lecteur, lui, aura surtout eu l’occasion de se régaler avec Remender et ses acolytes, car si on exclue ce cross-over inutile, Franken-Castle est une belle réussite.

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The Immortal Iron Fist vol. 2: The Seven Capital Cities Of Heaven

L’histoire : Iron Fist se rend à la convocation du seigneur de K’un-Lun pour affronter les représentants des six autres cités mystiques. Pendant ce temps, sur terre, Xao et les hordes d’Hydra poursuivent leur plan visant à détruire K’un-Lun.

L’avis : Du bon et du moins bon dans ce second tome d’Iron Fist. L’histoire se lit plutôt bien dans l’ensemble et les scènes de combat sont tout à fait spectaculaires, surtout quand elles sont prises en charge par David Aja. Sa prestation au dessin m’a encore plus emballée que pour le premier tome. Du design des combattants, exceptionnel, aux ambiances de la Cité, en passant par les scènes de Kung Fu, il n’y a rien à jeter. Son seul défaut est de ne pas prendre en charge l’ensemble de l’histoire. A côté de lui, la kyrielle de dessinateurs impliqués fait pale figure, même si ça reste souvent de bonne facture dans l’absolu. Le moins bon réside essentiellement dans deux des huit épisodes qui constituent l’ouvrage. Il y a tout d’abord le Iron Fist Annual qui s’insère mal au milieu de la série régulière, pas par le contenu de l’histoire, mais par son ton résolument plus pulp. De plus, le dessin de Howard Chaykin et Dan Brereton est loin d’être enthousiasmant. Ensuite, et c’est probablement le plus regrétable, j’ai trouvé le dernier épisode très laborieux. Beaucoup d’action sans relief et une écriture bâclée. Est-ce dû au fait que Brubaker et Fraction passent la main à un autre scénariste pour la suite. Probablement. En tout cas, la fin m’a laissé avec quelques regrets.

Pour voir : David Aja, Tonci Zonjic et Howard Chaykin à l’œuvre
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