Ballistic

Le pitch : Un réparateur de climatisation qui voudrait devenir un grand criminel compte pour cela sur son flingue aussi bavard que dévastateur.

L’avis : Difficile de ne pas comparer d’entrée de jeu Ballistic et Transmetropolitan pour leurs univers futuristes déjantés mis en scène par Darrick Robertson. C’est d’ailleurs le point fort de l’ouvrage. A ça, il faut ajouter quelques bons passages, plutôt drôles ou au moins plutôt bien pensés. Pour le reste, c’est un peu écrit comme du Grant Morrison en petite forme. C’est franchement confus par moment et ça n’a pas toujours l’impact voulu. Au final, ça se lit sans déplaisir, mais ça n’a rien d’indispensable.

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The Boys vol. 12: The Bloody Doors Off

Le pitch : Après la bataille finale avec les superhéros, Butcher met en place la dernière phase de son plan caché. Il trouve sur sa route le reste des Boys.

L’avis : Ca y est, cette fois, c’est bien fini et autant dire que Garth Ennis fait tout pour qu’il n’y ait pas de suite possible, en tout cas pas avec les mêmes personnages. La série aurait très bien pu se conclure avec le tome précédent, mais Garth Ennis a voulu mener l’histoire jusqu’au bout, affirmant par cela le fait que les cinq Boys forment le cœur de la série, bien plus que l’affrontement avec les superhéros débauchés. Nombre d’éléments d’intrigue restés en suspend sont résolus au passage dans un récit bien construit. La première partie ménage bien le suspense. La suite m’a laissé une impression assez mitigée. Difficile de dire exactement pourquoi sans dévoiler l’intrigue à ceux qui ne l’ont pas encore lu. Disons sans rentrer dans les détails que, côté pour, il y a une certaine logique aux évènements et que certaines scènes ont une vrai qualité émotionnelle. Côté contre, j’ai trouvé la psychologie de Butcher un peu difficile à accepter. Son jusqu’au-boutisme meurtrier contrebalancé par son rapport à Hughie est franchement tortueux et j’ai eu un peu de mal à adhérer. Quant à Hughie, je l’ai trouvé un peu trop geignard et facilement manipulable pour apprécier pleinement son rôle dans cette histoire. Côté dessin, Russ Braun mène la barque efficacement sur la plus grosse partie de l’ouvrage. Pour le dernier épisode, il cède la main à Darick Robertson qui vient conclure ce qu’il avait commencé, sans esbroufe, mais les lecteurs de la première heure apprécieront. Bref, ce n’est pas la fin marquante que j’aurais souhaitée, mais ça reste une conclusion satisfaisante à une série sans équivalent. Je pense que la série avait fait son temps et je la vois se terminer sans regret, mais c’est vrai que j’aimerais lui trouver un successeur et que, pour l’instant, je ne vois pas.

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The Boys vol. 10: Butcher, Baker, Candlestickmaker

Le pitch : Les origines de Butcher, de son enfance face à un père violent à son recrutement par Mallory, en passant par une guerre aux Malouines, un mariage et quelques enterrements.

L’avis : Pour la troisième fois après Herogasm et Highland Laddie, le nouveau tome de The Boys est en fait le recueil d’une mini-série publiée en parallèle à la série régulière. Pour la peine, cette fois-ci, le récit est véritablement déconnecté des évènements présents et les autres personnages de l’équipe sont totalement absents. Cela dit, ce n’est pas un hasard si Garth Ennis nous livre l’histoire de Butcher à ce moment précis, car il entre en résonance avec les derniers évènements.

Dans l’ensemble, je dirais que c’est un des meilleurs tomes de la série. La progression de l’intrigue est intéressante, avec des tonalités différentes selon les époques. Le choix de faire raconter tout cela par Butcher lui-même à son père reposant dans son cercueil est bien vu, jusqu’à la scène finale, entre rire et amertume, qui conclue parfaitement l’affaire. Etant donné que le tome est dédié à un personnage particulièrement violent, on aurait pu s’attendre à une débauche de scènes trash. Or, ce n’est pas le cas, mais une scène en particulier (dont je ne dévoilerai rien) ne fait pas dans la dentelle et elle est particulièrement percutante. Finalement, le seul véritable bémol à mon enthousiasme concerne la partie romance du scénario. J’ai trouvé le coup de foudre un peu rapide, la femme un peu trop parfaite et la romance un peu mielleuse. Garth Ennis n’est pas aussi à l’aise sur ce terrain que sur d’autres. Côté dessin, j’ai retrouvé avec grand plaisir le trait de Darick Robertson. J’espère d’ailleurs qu’il rempilera pour la fin de la série régulière, que j’attends maintenant de pied ferme.

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The Boys vol. 7: The Innocents

L’histoire : Butcher découvre la relation entre Hughie et Annie. Il met alors tout en place pour en tirer profit, au détriment du couple.

L’avis : Pas de surprise majeur sur la forme et sur le fond pour ce septième tome de The Boys. Garth Ennis continue de nous proposer son ragoût fait de cul tendance cradingue, d’ultra-violence et de détestation des superhéros, le tout agrémenté d’une bonne dose d’humour. Ce qui fait que la recette reste intéressante, c’est qu’il construit tout cela autour d’un scénario qui donne le sentiment d’assister à une partie d’échec où chacun des pions avance vers une résolution qu’on imagine terrible, sans qu’on sache vraiment qui va faire échec et mat. Cette fois, Butcher apparaît comme un vrai pourri de manipulateur, ce qui n’échappe pas entièrement à Mother Milk. On souffre pour Hughie qui prend de plein fouet les manœuvres de Butcher. Pendant ce temps, The Homelander met en place sa rébellion jusqu’ici larvée. Tout ça s’appuie sur des personnages qui continuent à prendre de l’épaisseur. Bref, l’intrigue avance doucement, mais surement. Au niveau du dessin, trois artistes officient chacun sur sa partie. John McCrea prend en charge le prologue dans un style qui détonne un peu de celui de Darick Robertson, mais très appréciable en soi. Robertson, justement, illustre le chapitre central et c’est un vrai plaisir. Il laisse ensuite la place à Russ Braun, un petit cran en dessous, mais qui ne démérite pas. Bref, The Boys reste de la bonne came et, puisque le tome se conclue sur une note dramatique, me voilà à nouveau avec une franche envie de lire la suite.

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The Boys vol. 6: The Self-Preservation Society

L’histoire : Vought American décide de tester les Boys en leur envoyant Payback, dont le leader Stormfront risque bien de leur donner du fil à retordre.

L’avis : Après Herogasm, The Boys met la pédale douce sur le sexe. La première partie du TPB fait relativement peu avancer les éléments principaux de l’intrigue : Homelander fait la gueule, Annie refuse d’être transformée en icône sexuelle par le service marketing de Vought American, Hughie s’interroge sur sa place dans l’équipe et sur la nécessité de tant de violence. C’est à peu près tout, le reste étant une grosse louche de violence graphique et d’humour noir. Business as usual, en somme. Carlos Ezquerra est au dessin. Sans réellement se démarquer de Darick Robertson, il livre une prestation tout à fait correcte à défaut d’être vraiment enthousiasmante. Les quatre épisodes suivants voient le retour de Darick Robertson pour illustrer les origines des trois des Boys. Celles de Mother Milk sont les plus fouillées et les plus tragiques. Le Frenchman a le droit à un récit d’une crétinerie hilarante où les stéréotypes sur les français sont poussés à l’extrême. L’épisode consacré à The Female m’a un peu laissé sur ma faim, en revanche. Le fil rouge des trois origines est la présence du mystérieux Malory, jusqu’ici uniquement évoqué et qui apparait pour la première fois sans qu’on ne voit jamais son visage. C’est d’ailleurs assez emblématique de la façon dont Garth Ennis gère l’avancement de la série. Il bouge les pièces de l’échiquier très lentement, mais suffisamment pour maintenir l’intérêt du lecteur, tout du moins de celui qui s’y retrouve dans les scènes de trash qui forment le gras de l’histoire. J’imagine que certains lecteurs doivent trouver l’exercice répétitif, mais, moi, je continue d’y trouver mon compte.

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The Boys vol. 4 : We Gotta Go Now

L’histoire : Le millionnaire John Godolkin regroupe autour de lui plusieurs équipes de superhéros connues globalement sous le nom de G-Men. L’ensemble représente une franchise juteuse pour Vought-American jusqu’au jour où l’un des membres de l’équipe phare se suicide en public pour des raisons inexpliquées. Les Boys sont chargés d’enquêter, en particulier Hughie qui doit infiltrer un des groupes.

L’avis : La couverture de ce quatrième tome a une couleur assurément burlesque. Rien d’étonnant pour The Boys et on trouve d’ailleurs à l’intérieur tous les ingrédients habituels de comique trash : sexe, scatologie et hémoglobine sont toujours au rendez-vous. Pourtant, j’ai trouvé qu’ils prenaient moins de place qu’avant. Le trash devient presque anecdotique dans la mesure où l’intrigue ne repose pas du tout sur lui. Je dirai même que la série prend de l’épaisseur en offrant des moments d’émotion assez subtils, bien servis par Darick Robertson qui a décidément beaucoup travaillé l’expressivité de ses personnages. Je trouve aussi que Garth Ennis a relevé le niveau des dialogues. Certains passages sont plus affutés que ce à quoi il nous avait habitué jusqu’ici sur cette série. The Boys est donc en ce qui me concerne sur une pente ascendante. Keep it up, boys!

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The Boys vol. 3: Good For The Soul

L’histoire : Pendant que Hughie et Annie continuent de se rapprocher l’un de l’autre, tout en gardant secrètes leurs activités respectives, chacun des Boys affrontent ses démons personnels. Hughie doit également conjuguer avec le retour parmi les vivants de Blarney Cock. D’ailleurs, The Legend lui demande de renvoyer définitivement l’énergumène dans sa tombe. En échange, il lui donnera un leçon d’histoire.

L’avis : La première partie de ce volume concerne principalement l’histoire d’amour naissante entre Hughie et Annie. Cela donne lieu à quelques moments assez tendres qui tranchent avec le ton général de la série. Qu’à cela ne tienne, Garth Ennis insère au milieu de tout ça un gag qui en fera marrer plus d’un, à moins qu’il ne les dégoute définitivement du cunnilingus. A côté de ça, le scénario effleure également l’histoire personnelle des autres personnages, mais ça reste trop superficiel pour être vraiment intriguant. La seconde partie de l’ouvrage est certainement le meilleur arc de The Boys jusqu’ici. The Legend raconte l’histoire de Vough American, la corporation industrielle qui évolua du statut de simple marchand d’arme à celui de soutien officiel des équipes de super-héros, et en particulier des Seven, l’équipe phare. Ca pue la politique immorale et l’appât du gain. Garth Ennis en profite pour fournir un deuxième niveau de lecture dans lequel il égratigne l’industrie du comics américain. La clé de voute du récit est l’exposé de ce qui s’est passé le 11 septembre 2001, lorsque l’avion détourné s’est écrasé sur le pont de Brooklin plutôt que sur le WTC. Les deux derniers épisodes sont vraiment très réussis. Contrairement au tome précédent, Darick Robertson prend en charge l’ensemble du dessin et c’est tant mieux. Tout cela fait de ce troisième opus le meilleur de la série, à mon avis. A suivre…

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The Exterminators vol. 4: Crossfire and Collateral

L’histoire : Stretch et Saloth participent à une convention sur l’extermination de vermines, ce qui donne l’occasion à Stretch de réexplorer une partie de son passé. De retour chez eux, ils vont devoir affronter, avec toute l’équipe du Bug-Bee-Gone, l’invasion des cafards géants, les fameux Mayan Hissers.

L’avis : Les deux premiers épisodes sont centrés sur Stretch et laissent clairement de côté l’intrigue principale de la série. Comme le personnage est un des plus intéressants de la galerie, ça donne un intermède plutôt plaisant, illustré fort convenablement par Ty Templeton. Les 5 épisodes suivants sont pris en charge par Darick Robertson, très bon comme à son habitude, même si son dessin n’a pas toujours été bien servi par l’encrage de John Lucas. J’ai beaucoup aimé l’expressivité des visages en particulier. Je trouve que Robertson a pas mal progressé sur ce point depuis Transmetropolitan. Au contraire des deux premiers épisodes, l’histoire qui suit est totalement axée sur la guerre entre les insectes et l’humanité. On a le droit à une belle bataille à la fin qui ravira les amateurs d’action trash. J’ai d’ailleurs eu l’impression que Simon Oliver a voulu donner un coup d’accélérateur au scénario pour s’approcher plus vite de la conclusion. A mon avis, il a appris que Vertigo souhaitait arrêter la publication de la série au moment d’écrire ces épisodes. Le coup d’accélérateur n’est pas un mal en soi, mais certains éléments introduits dans les épisodes précédents semblent disparaître de la circulation. Quid de la vieille excentrique sensée déchiffrer les mystères de la boite ? Que devient le fils de Nils fraichement sorti de prison ? Pas de nouvelles de Crone non plus, et j’en oublie. Il reste encore 7 épisodes avant la fin de la série et je serai (agréablement) surpris si Simon Oliver arrive à boucler tout ça proprement. Au final, je ne peux pas dire que j’ai été beaucoup plus convaincu par ce tome que par le précédent, mais je reste suffisamment intrigué pour avoir envie de connaître le dénouement. Je serai donc de la partie pour le 5ème et dernier chapitre de cette série singulière.

Pour voir : quelques planches de Darick Robertson
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The Boys vol. 2: Get Some

L’histoire : Notre équipe de choc cherche tout d’abord à élucider le meurtre d’un jeune homosexuel dans lequel pourrait être impliqué Tek-Knight, super-héros aux pulsions sexuelles incontrôlables, et Swingwing, le sidekick de ce dernier, connu pour être un sympathisant de la cause gay. Puis, direction la Russie, où des morts subites de super-héros pourrait être liées à un complot politique visant à déstabiliser le pays.

L’avis : Au delà du concept (les aventures d’une bande de psychopathes ultra-violents dans un monde de superhéros dépravés), ce second tome ne construit finalement qu’assez peu de chose sur la base des éléments introduits dans le premier. L’affrontement avec les Boys et les Seven (réplique de la JLA) est temporairement mis de côté. Le conflit qu’on subodore venir entre ce psychopathe de Butcher et Wee Hughie reste également latent, même si on sent parfois que le second a du mal avec la violence du premier. Nous avons le droit à la place à deux histoires plus ou moins sous forme d’enquêtes et la série donne l’impression d’avoir déjà atteint son rythme de croisière. La première histoire est plutôt intéressante et bien servie par Darick Robertson. La seconde propose un scénario que j’ai trouvé moins accrocheur. En outre, elle souffre de l’intervention de Peter Snejberg au dessin. C’est pourtant quelqu’un dont j’aime beaucoup le travail habituellement, mais il sert là, à l’évidence, de bouche trou pour permettre à Robertson de souffler. Le mélange des deux styles donne un résultat plutôt médiocre. Au final, malgré une impression globale mitigée, je pense que je lirai la suite.

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Pour acheter : les deux tomes

The Boys vol. 1: The Name Of The Game

L’histoire : Un groupe de 5 personnes, à moitié composés de psychopathes, est financé par le FBI afin de contrôler les super-héros américains. Il faut dire que les héros en question sont dans leur ensemble plus intéressés par la célébrité, la drogue et les orgies sexuelles que par le bien et la sécurité de leurs prochains. La méthode pour les contrôler ? Simple, leur filer une bonne raclée de temps en temps pour qu’ils se rendent bien compte qu’ils ne sont pas intouchables.

L’avis :
L’idée est simple : on prend l’un des scénaristes les plus irrévérencieux qui soit (qui a dit Preacher ?), on l’associe à un dessinateur du même genre (J’ai entendu Transmetropolitan ?) et on leur dit de lâcher les chevaux. Ca donne une série outrageante à souhait, qui applique une épaisse couche de sexe et d’ultra-violence (les deux parfois combinés) au mythe du super-héros. Ils s’en sont tant donné à cœur joie que la série a été sabrée par DC comics, qui la publiait initialement. Paul Levitz, le président de DC, n’a semble-t-il pas apprécié qu’on pervertisse à ce point la bonne vieille Justice League of America. Ennis et Robertson sont donc partis continuer l’aventure chez un autre éditeur. La série étant précédée de cette réputation sulfureuse, je l’attendais avec anticipation et curiosité. Je m’attendais à une grosse baffe et j’ai été un peu déçu à ce niveau. C’est franchement moins drôle et moins explosif que ce que je pensais. Je ne me suis pas ennuyé, loin de là, mais j’ai eu le sentiment que j’assistais à une longue introduction, où les personnages et l’intrigue se mettaient en place. Pour aller vers quoi, je ne sais pas trop. Il est possible que la suite se résume à une confrontation entre des héros pas très héroïques et des anti-héros anti-super-héroïques, à gros coups de têtes qui explosent. Ou alors, Ennis nous prépare quelque chose de plus subtil derrière cette vitrine qui tache. C’est possible, car la galerie de personnages me semble avoir du potentiel. Nous verrons ce que le deuxième tome donne…

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